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HÉMOGLOBINE RÉDUITE

sorption caractéristique de l’hémoglobine réduite (p. 304). Cette solution se dessèche dans le vide, ou dans l’air sec en une masse amorphe, sans fournir de cristaux.

On peut aussi chasser l’oxygène de l’oxyhémoglobine en faisant passer pendant longtemps à travers la solution un courant de gaz hydrogène. D’un autre côté, si l’on conserve longtemps, en tube scellé, une solution d’oxyhémoglobine, l’oxygène finit par être consommé, et la solution, qui prend des reflets violacés, renferme de l’hémoglobine réduite. Enfin nous avons déjà fait remarquer que certains agents réducteurs (page 304) convertissent rapidement l’oxyhémoglobine en hémoglobine réduite.

L’hémoglobine réduite donne la bande d’absorption indiquée page 304. Elle absorbe l’oxygène lorsqu’on la met en contact, ou mieux lorsqu’on l’agite avec ce gaz. Une solution concentrée d’hémoglobine de chien ou de cochon d’Inde exposée à l’air, à une basse température, ne tarde pas à déposer une masse cristalline rouge clair d’oxyhémoglobine.

L’oxyde de carbone et le bioxyde d’azote sont pareillement absorbés par l’hémoglobine réduite avec formation des combinaisons décrites p. 309 et 310.

La solution aqueuse d’hémoglobine réduite est coagulée par l’ébullition en donnant un précipité rouge qui se sépare d’une liqueur pareillement colorée en rouge. Le précipité est formé par de la matière albuminoïde coagulée ; il renferme aussi, de même que la solution rouge elle-même, un produit de dédoublement voisin de l’hématine et que M. Hoppe-Seyler a désigné sous le nom d' hèmochromogène (page 314).

Le sublimé corrosif forme dans la solution d’hémoglobine réduite un précipité gris rougeâtre; l’alun donne d’abord une liqueur rouge, puis un faible précipité brun rouge. Les acides étendus dédoublent l’hémoglobine réduite en matière albuminoïde et en hémochromogène. Sous l’influence des acides concentrés, ce dernier corps est décomposé lui-même , avec formation d’hématoporphyrine (page 314) et d'un sel ferreux qui reste en dissolution (Hoppe-Seyler).

L’hydrogène sulfuré ne réagit pas sur une solution d’hémoglobine réduite, et peut être déplacé de cette solution par un courant d’hydrogène.

LE SANG

H ÉMATINE

§ 138. Ce corps, qui est un produit de dédoublement de l’oxyhémoglobine, a été obtenu d’abord à l’état impur par Lecanu 1 qui l’avait désigné sous le nom d ’lièmatosine.

On le rencontre quelquefois, mais rarement, dans d’anciens foyers hémorrhagiques et dans le canal intestinal, où il se forme par l’action du suc gastrique sur du sang extravasé. Après une ingestion abondante d’aliments contenant du sang, les fèces renferment de l’hématine. L’urine en contient quelquefois; il en est ainsi dans les cas d’empoisonnement par l’hydrogène arsénié.

L’hématine est, en effet, un produit de dédoublement de l’oxyhémoglobine, mais, d’après M. Hoppe-Seyler, la présence de l’oxygène est une condition nécessaire à la formation de ce produit.

Préparation. — 1° Pour obtenir l’hématine à l’état de pureté, on peut employer du chlorhydrate d’hématine cristallisé. On opère de la manière suivante :

Du sang défibriné est mélangé arec un grand excès d'une solution de chlorure de sodium au dixième, et ce mélange est abandonné à lui-même pendant 2k heures. Les globules gonflés se déposent, en formant une sorte de bouillie qu’on sépare par décantation de la liqueur surnageante, et qu’on introduit dans un ballon avec de Peau. Le liquide est ensuite agité avec la moitié de son volume d’éther, et le tout est abandonné au repos. Sous l’influence de l’éther, l’hémoglobine est entrée en solution dans l’eau. L’éther ayant été séparé, la solution aqueuse est abandonnée à l’évaporation dans une atmosphère sèche, à la température ordinaire, sur des assiettes plates, jusqu’à ce qu’elle soit réduite en consistance sirupeuse; le sirop est délayé dans 10 à 20 fois son volume d’acide acétique glacial, et, après agitation, le tout est chauffé au bain-marie pendant une ou deux heures. Des cristaux de chlorhydrate d’hématine se séparent bientôt, et la quantité en augmente à mesure que l’on chauffe, tandis que l’acide acétique retient les matières

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