‹ Traité de chimie biologiqueChapitre 285 sur 570 · DATES · texte numérisé non relu

DATES

TEMPÉRATURE

ambiante.

ACIDE

carbonique exhalé en grammes.

AZOTE

dans l’urine en grammes.

10 Février

31 Janvier

24 Février

21 Janvier

7 Février

Comme dans les expériences précédentes, nous constatons d’une façon générale que les quantités d’acide carbonique exhalées diminuent avec l’élévation de la température, bien que cette diminution ne marche pas régulièrement. Pour les animaux à sang froid, c’est le contraire qui a été observé : la proportion d’acide carbonique exhalée augmente avec la température. M. H. Aubert1 a fait à cet égard les expériences suivantes : il a fait respirer des grenouilles, d’une part, dans une atmosphère d’azote, d’autre part, dans l’air; dans les deux cas la proportion d’acide carbonique a augmenté avec la température, et, résultat conforme à celui qu’avaient observé Régnault et Reiset, les quantités d’acide carbonique exhalées dans un temps donné ont été sensiblement égales, soit que les grenouilles aient respiré -dans l’air, soit qu’elles aient respiré dans l’acide carbonique. L’auteur en tire cette conséquence, évidemment erronée, que l’absorption d’oxygène et la production d’acide carbonique sont des phénomènes indépendants l’un de l’autre. Quoi qu’il en soit, on peut admettre que les animaux à sang froid, chez lesquels la respiration est peu active et qui sont, jusqu’à un certain point, à la merci de la température ambiante, échappent à la nécessité de résister à l’abaissement de la température par l’activité augmentée des phénomènes respiratoires.

Que faut-il conclure de tout cela? sinon que Lavoisier et Graw-

1- Pfiüger's Archiv fier die gesammle Physiologie, t. XXVI, p. 293. wurtz. — BIOL. 30

ford avaient justement reconnu la corrélation qui existe entre l’activité de la respiration et la production de chaleur. Un animal qui a besoin de s’échauffer davantage brûle plus de matériaux combustibles, absorbe par conséquent plus d’oxygène et exhale plus d’acide carbonique. Et l’on ne saurait assez insister sur ce point, que l’oxygène employé dans les phénomènes de la respiration pour former de l’acide carbonique et de l’eau dégage, par ce fait, autant de chaleur qu’en produiraient en brûlant dans l’oxygène les substances désassimilées, quelles que soient d’ailleurs les réactions intermédiaires qui peuvent se passer dans l’économie. En un mot, que la combustion se fasse brusquement, ou successivement en plusieurs phases, qu’elle soit précédée ou accompagnée de phénomènes d’hydratation, de fermentation, de dédoublement, le résultat final, en supposant que l’oxydation soit complète, sera toujours une production de chaleur équivalente à la chaleur de combustion des matériaux disparus.

§207 .Influence de V abaissement de la température du corps. — Nous avons vu plus haut qu’un animal à sang chaud réagit contre le refroidissement de son corps, par l’activité plus grande des phénomènes respiratoires, de façon à maintenir sensiblement constante sa température propre. Il peut arriver néanmoins que celle-ci s’abaisse par l'influence prolongée d’un froid rigoureux et surtout par l’immersion dans des bains froids. Lorsque cette immersion est de courte durée, elle produit les effets que nous venons de décrire, c’est-à-dire une augmentation de la quantité d’oxygène absorbée et delà quantité d’acide carbonique exhalée h II n’en est plus ainsi lorsque la température propre de l’animal s’abaisse sous l’influence d’une immersion prolongée dans un milieu froid. Les mouvements respiratoires deviennent alors moins profonds et moins fréquents2, l’absorption de l’oxygène diminue aussi bien que l’exhalation d’acide carbonique. La proportion d’oxygène contenue dans le sang baisse, ainsi que l’ont établi MM. Mathieu et Urbain dans des expériences faites sur des chiens refroidis. Les animaux finissent par tomber dans un état d’engourdissement qui rappelle le sommeil des hibernants.

1. Rôhrig et Zuntz. Archiv für die gesctmmle Physiol., 1871, t. IV, p. 67.

Page 1