ASSIMILATION DU CARBONE
§ 2. Des milliers d’analyses qu’on a faites de ces substances ont prouvé qu’aucune d’elles ne renferme une quantité d’oxygène suffisante pour transformer son carbone en acide carbonique et son hydrogène en eau. Pour qu’une substance ternaire soit formée dans les organes des plantes, il faut donc nécessairement qu’une certaine quantité d’oxvgène soit éliminée. Nous
PAR LE RÈGNE VÉGÉTAL
avons vu que ce sont les feuilles qui sont principalement chargées de cette élimination d’oxygène, et que celle-ci n’a lieu que sous l’influence des rayons solaires. Saussure a constaté encore que les jeunes tiges et les branches vertes se comportent comme les feuilles.
L’absorption de l’acide carbonique par les organes des plantes a été démontrée par de nombreuses expériences. Les feuilles ne dégagent point d’oxygène lorsqu’on les immerge dans de l’eau bouillie ou dans de l’eau chargée d’un alcali qui fixe l’acide carbonique (Scheele). Elles en dégagent dans l’eau de puits, et, mieux encore, dans l’eau artificiellement chargée d'acide carbonique; la proportion de celui-ci diminue alors dans l’eau (Sennebier); lorsqu’il a disparu, tout dégagement d’oxygcne cesse, pour recommencer lorsque, de nouveau, on sature l’eau, d’acide carbonique. Le dégagement de l’oxygène est donc lié à l’absorption de l’acide carbonique,
Ce fait fondamental de la décomposition de l’acide carbonique par les feuilles est démontré facilement par l’expérience suivante, qui peut être reproduite dans un cours public. On remplit un flacon d’une capacité de k ou 5 litres avec une solution faible d’acide carbonique; on y introduit une plante de marais, telle que le Potamogeton perfoliatum; puis, après avoir surmonté ce flacon d’un tube abducteur plongeant dans une cuve à eau, on l’expose au soleil. On constate bientôt un dégagement de gaz qu’on recueille dans l’eau. Ce gaz, qui renferme de l'acide carbonique entraîné, étant agité avec de la potasse, laisse un résidu souvent assez riche en oxygène pour pouvoir rallumer la bougie (Cloëz et Gratiolet).
Pour donner une idée de l’intensité avec laquelle s’accomplit la décomposition du gaz carbonique par les feuilles vertes, nous citeions les chiffres suivants, que M. Boussingault a déduits de ses expériences sur la respiration des feuilles de laurier-rose: une feuille de laurier-rose ayant été exposée au soleil pendant deux jours consécutifs (9 et 10 juillet 186/|), 1 cent, carre de surface foliaire a décomposé 33 cent, cubes de gaz canonique1. C’est la moyenne de six expériences. Une circonstance digne de remarque, c’est que le gaz carbonique