DE L’ACÉTATE DE BARYTE
très-soluble dans Peau*, une chaleur rouge en opère îa décomposition , etc. ( 1 3 1 1).
On ne l’a point encore trouvé dans la nature. Préparé avec la chaux éteinte et l’acide pyro-ligneux, l’on s’en sert pour décomposer le sulfate de soude et obtenir par suite de l’acide acétique concentré (i3o8).
Acétate de Baryte.
1 3 2/j.. L’acétate de baryte peut s’obtenir de même que les précédons , ou bien comme le nitrate de baryte, en traitant par l’acide acétique le sulfure de baryte délayé dans l’eau (901).
Ce sel est très-piquant, très-âcre, sans action sur le tournesol- il cristallise facilement en aiguilles transparentes. Sa décomposition s’opère à la même température que celle de l’acétate de chaux. Exposé à l’air, il s’elïleurit légèrement. 1 00 parties d’eau en dissolvent , suivant Bucholz , 88 parties lorsqu’elle est à i5°, et 92 lorsqu’elle est bouillante. L’alcool en dissout à peine un centième de son poids, etc. ( 1 3 1 1).
Jusqu’à présent l’acétate de baryte est sans usages : seulement on peut l’employer, comme tous les sels de baryte solubles , pour reconnaître la présence de l’acide sulfurique.
De V Acétate de Stfontianc .
i325. Acre , piquant, sans action sur le tournesol , décomposable à une chaleur rouge, inaltérable à l’air, se dissout dans les de son poids d’eau bouillante, etc. (i3i 1) 5 s’obtient sous forme de petits cristaux, en traitant le carbonate de strontiane ou la strontiane très-divîsée par [ le vinaigre distillé ou l’acide qui provient de la distillation du bois, et évaporant la dissolution 5 sans usages.
DES ACÉTATES
De V Acétate de Potasse.
i326. L’acétate de potasse , connu autrefois sous le nom de terre foliée de tartre , à cause de son aspect , et de ce que , pour l’obtenir, on se servait de l’alcali du tartre, a une saveur très-piquante ; il est sans action sur le tournesol; on ne peut l’obtenir cristallisé qu’en paillettes , ou du moins n’est-ce qu’avec beaucoup de temps qu’il cristallise en prismes. C’est peut-être le sel le plus déliquescent qui existe. En effet , lorsqu’il a le contact de l’air , il en attire l’humidité , au point qu’il se couvre presqu’à l’instant même de petites goutelettes : l’eau doit par conséquent en dissoudre plusieurs fois son poids à la température ordinaire, etc. (i3ii).
En chauffant dans une cornue de verre munie d’un récipient entouré de glace et surmonté d’un tube recourbé , un mélange de parties égales d’acétate de potasse et de deutoxide d’arsenic , ces deux corps ne tardent point à se décomposer , et de leur décomposition résultent, i°. du gaz acide carbonique , du gaz hydrogène carboné et du gaz hydrogène arseniqué qui se dégagent par le tube; 2°. deux produits liquides d’une pesanteur spécifique différente , qui se condensent dans le ballon, et qui contiennent ordinairement quelques flocons d’arsenic très-divisé ; 3°. de la potasse en partie carbonatée qui reste au fond de la cornue , et de l’arsenic métallique qui tapisse les parois de son col. ÎI est deux de ces produits que nous ne connaissons point encore, et que nous devons examiner : ce sont lés produits liquides. On les sépare en les versant dans un tube long et étroit, effilé à la lampe , et ne présentant par conséquent qu’une petite ouverture qui permet de les recevoir dans des flacons différons.
Le plus pesant a un aspect huileux , et est légèrement jaque* Il répand dans l’air des vapeurs épaisses > exhale
de l’acétate de potasse. ^5
«ne odeur horriblement fétide qui se communique au loin avec une extrême rapidité , et qui s’attache tellement aux vêtemens , qu’ils en restent imprégnés pendant plusieurs jours. Il ne s’enflamme point par l’approche d’un corps en combustion («). Soumis aune douce chaleur dans une cornue, il ne tarde point à bouillir : ainsi distillé , il conserve toutes ses propriétés primitives. Lorsqu’on en projette quelques gouttes dans un flacon plein d’air, il se forme tout-à-coup un nuage épais , et peu de temps après cet air acquiert la propriété d’éteindre les bougies. Lorsqu’on fait la même expérience dans un flacon plein de gaz carbonique humide , il se produit aussi des vapeurs , moins toutefois que dans le cas précédent ; mais lorsque cet acide est sec , il ne s’en manifeste aucune. On voit donc , d’après cela , que les fumées blanches que ce liquide répand dans l’air dépendent tout à la fois del’oxigène et de l’eau qu’il absorbe.
Il est peu soluble dans l’eau. Les alcalis ne l’attaquent que difficilement. Versé dans le chlore gazeux, son inflammation est subite , et sa décomposition complète : après quoi il précipite par l’eau de chaux en blanc, et par l’hydrogène sulfuré en jaune 5 tandis que , saturé de potasse et évaporé, il forme un sel feuilleté, attirant fortement l’humidité de l’air et réunissant les propriétés de l’acétate de potasse.
Dissous dans l’eau et mis en contact avec l’hydrogène sulfuré, il produit un précipité blanc , légèrement jaune , très-divisé, formé principalement d’arsenic et de soufre ^ et qui ne se sépare qu’avec beaucoup de temps d’une sorte
(a) Cependant Cadet et les chimistes de Dijon le regardent comme ayant la propriété' de prendre feu spontanément : pour moi , j'ai observé qu’il ne prenait feu de lui-meme qu’autam qu’il contenait des flocons noirs d’arsenic j et qu’autant que ces flocons avaient le contact de l’air.
<^6 DES ÂCéTÂT ES.
de matière oléagineuse, laquelle vient se rassembler à la surface de la liqueur : celle-ci est alors sensiblement acide, et la potasse y fait bientôt reconnaître la présence de l’acide acétique.
Enfin, en l’exposant à l’air pendant quelques jours , il répand d’abord d’épaisses vapeurs , cristallise ensuite , s’humecte légèrement, se trouble par l’eau de chaux, et donne lieu sur-le-champ , par l’hydrogène sulfuré , à un précipité d’un beau jaune.
De ces expériences , j’ai conclu que ce liquide devait être regardé comme une espèce de savon à base d’acide et d’arsenic , ou comme une sorte d’acétate oléo*arsenicaî ; mais il me paraît très-probable qu'il entre dans sa composition une certaine quantité d’esprit pyro-acétique.
On l’a connu jusqu’à présent sous le nom de liqueur fumante de Cadet , parce que c’est ce chimiste qui en a fait la découverte.
Le produit liquide le moins dense est d’un jaune brunâtre , a l’aspect d’une eau colorée, se combine en toutes proportions avec elle , ne forme qu’un léger nuage dans l’atmosphère, et a beaucoup moins d’odeur que le premier. 11 n’en diffère que par l’eau qu’il contient cl par une plus grande quantité d’acide .acétique qui entre dans sa composition. ( Voyez le Mémoire de Cadet, de l’académie des Sciences ; les Observations des chimistes de Dijon dans la Chimie de Dijon ; et les Annales de Chimie , tom. lii , pag. 54.)
Etat naturel , Préparation , etc. — On trouve l’acétate de potasse en petite quantité, d’après M. Vauquelin, dans la sève de presque tous les arbres. Long-temps on a fait un secret du procédé par lequel 011 l’obtient parfaitement blanc, et tel que l’exige le commerce; aujourd’hui ce procédé est connu de tous les pharmaciens.
lî consiste a prendre de la potasse du commerce bien
DE L'ACÉTATE DESOUDE. ^ 77
blanche, à la dissoudre dans l’eau , à tiltrer la dissolution, et à la verser peu à peu dans du vinaigre distillé, de manière à ne pas saturer tout l’acide. Alors on évapore doucement la liqueur jusqu’à siccité , dans une bassine d’argent, en ayant soin que , pendant toute l’opération , il y ait toujours un petit excès d’acide , et en remuant constamment la liqueur avec une spatule au moment où l’évaporatioii touche à sa fin. Si l’acétate, au lieu d’être acide, était avec excès d’alcali , il se colorerait d’une manière sensible, parce que, suivant l’observation de M. Frémy , la potasse a la propriété de noircir la petite quantité de matière végétale que le vinaigre distillé contient toujours. Cette matière , à la vérité , peut être enlevée par le charbon : aussi , quelques pharmaciens se servent de ce corps pour blanchir la terre foliée. ( Voyez , au reste, pour plus de détails, le Mémoire de M. Frémy, Bulletin de Pharmacie , tom. i, p. 5 12, et ii , p. 672; celui de M. de Bernouilli , t. 1, p. 5i2; et celui de M. Figuier, t. v, p. 4°7-)
L’acétate de potasse n’est employé qu’en médecine , comme fondant.
Acétate de Soude .
1828. L’acétate de soude s’obtient en saturant une dissolution de sous-carbonate de soude par le vinaigre distillé, et la faisant évaporer jusqu’à pellicule. Il cristallise en longs prismes striés , qui contiennent 39,71 d’eau sur 100. Sa saveur est piquante et amère. Exposé au feu , il éprouve d’abord la fusion aqueuse , puis la fusion ignée , et se décompose ensuite. Il est inaltérable à l'air. L’eau , à la teraipé rature ordinaire, en dissout au moins le tiers de son poids ; l’eau bouillante en dissout une plus grande quantité -, il est moins soluble dans l’alcool.
On r emploie dans quelques fabriques pour se procurer de 1 acide acétique; mais alors on le prépare en décompo-