DES R É S I K E S
odeur forte , d’une saveur âcre et amère 5 pèse spécifiquement 0,95 ; s’extrait par incision du copaifera officinalis , arbre qui croît dans l’Amérique méridionale et dans les Indes orientales. On l’emploie en médecine comme vulnéraire et détersif.
i5a5. Baume de la Mecque , de Judée. Cette résine découle de Vamyris opobalsamum , arbre qui croît eu Arabie , surtout près de la Mecque : blanchâtre d’abord , elle devient limpide au bout de quelque temps • son odeur est suave 5 sa saveur âcre , amère , astringente ; lorsqu’elle est récente, elle est spécifiquement moins pesante que l’eau. Elle est très-recherchée par les Turcs , et très-rare en Europe.
Celle dont on fait usage en médecine provient de la décoction des rameaux et des feuilles de l’arbre ; elle est plus épaisse et moins odorante que la précédente 5 on l’emploie comme anti-septique et vulnéraire.
M. Vauquelin a fait , sur la nature du baume de la Mecque, des expériences que l’on trouve dans les Ann. de Chim . tom. lxix , p. 221 , et qui tendent à prouver que ce baume renferme différentes substances résineuses.
i526. Résilie copale. Fragile, quelquefois transparente et sans aucune couleur 5 répand , par le frottement, une légère odeur 5 pèse spécifiquement de i.o/fd à i,i39 ; ne se dissout dans l’alcool et dans l’essence de térébenthine qu’à l’aide de précautions particulières , et se distingue , par cela même de la plupart des autres résines • elle provient du rhus copalinurn arbre de l’Amérique septentrionale. On l’emploie dans la préparation des vernis.
1 62 y . Résine élémi. D’un jaune blanchâtre, tirant un peu sur le vert, demi-transparente, d’une odeur approchant de celle du fenouil *, pèse spécifiquement 1,018 ; découle par incision de Vamyris ekpiifçra , % rbustede l’Amé-
rique méridionale; elle nous vient, parla voiedu commerce, sous forme de gâteaux arrondis et enveloppés dans des feuilles d’iris : quelques arbres peu connus d’Arabie et d’Ethiopie en fournissent aussi. On l’emploie en médecine comme anti-septique, fondante et détersive.
1529. Mastic. — Cette résine est en larmes ou grains jaunâtres, demi-transparens et cassans ; chauffée , elle répand une odeur agréable ; on l’extrait par incision du pis-' tacia lentiscus de l’île de Chio ; elle ressemble beaucoup à la sandaraque ; mais elle en diffère en ce que , mise dans la bouche , elle se ramollit, tandis que la sandaraque reste fragile et se brise entre les dents.
Employée en médecine et dans la préparation des vernis.
1530. Sandaraque . — Inodore, en petites larmes arrondies , d’un blanc jaunâtre, transparentes, ayant beaucoup d’analogie avec le mastic*, elle découle du thuya ar ticulata , qui croît en Barbarie 5 on l’emploie en médecine et dans la préparation des vernis *, on s’en sert aussi pour empêcher le papier de boire.
1 53 1 . Sang-dragon . — Cette résine est sèche, friable, d'un rouge foncé et presque brun lorsqu’elle est en masse ; d’un rouge de sang lorsqu’elle est en poudre; sans odeur, sans saveur; elle s’extrait par incision du dracœna draco , et de plusieurs autres végétaux qui croissent dans l’Inde. On en distingue plusieurs espèces dans le commerce : la plus estimée est celle qui nous est apportée en petites masses renfermées dans des feuilles de roseau.
Le sang-dragon est employé dans la préparation des vernis et dans les dentifrices.
i53s. Térébenthine. — D’un blanc légèrement jaunâtre, diaphane, d’une consistance de miel , d’une odeur forte , d’une saveur âcre et amère ; elle découle naturellement ou par incision de plusieurs arbres , tels que les
pins , sapins ; on l’emploie en médecine et dans plusieurs arts.
On trouve dans le commerce différentes espèces de térébenthine : la plus renommée est celle de Chio.
1 53 3. On extrait en France une grande quantité de térébenthine du pin maritime ( pi nus marhima ) , qui croît dans les landes de Bordeaux. L’on se procure en même temps plusieurs substances résineuses très - employées , telles quel egalipot, la colophane , la poix , le goudron, ('te. L’importance de ces produits nous engage à entrer dans quelques détails sur leur extraction.
1 534. Sur des arbres de trente ou quarante ans, l’on fait, à partir de leur pied , du mois de février au mois d’octobre , des entailles ou incisions de 8 centimètres de largeur sur i4 millimètres de hauteur; on les renouvelle une ou deux fois par semaine, et on les continue jusqu’à ce que la dernière soit à la hauteur de 2mètres,5() à 2metres,Q2, ce qui arrive ordinairement au bout de quatre ans ; à cette époque, on commence une autre suite d’incisions an côté opposé, et l’on en fait successivement de nouvelles tout amour de l’arbre. Pendant cet intervalle , les anciennes entailles s’étant fermées , on en pratique de nouvelles sur leurs bords ; et on peut, en les faisant avec précaution , obtenir pendant soixante ans de la résine d’un arbre bien soigné dans son exploitation. D’ailleurs, on pratique une petite cavité au pied de l’arbre, dans l’une de ses grosses racines, pour recevoir la résine qui s’écoule , et qu’on nomme térébenthine brute. Celte cavité se remplit ordinairement tous les mois. 11 y a des portions de résine qui se figent pendant l’été à la surface des incisions : on les détache pendant l’hiver \ elles prennent le nom de barras ou de galipot.
La térébenthine brute contient toujours quelques matières étrangères : on la purifie, soit en la fondant , la décantant et la passant à travers un filtre de paille ; soit eu
la mettant dans des barriques dont le fond est percé de petits trous , et exposant ces barriques au soleil. Ce dernier procédé exige beaucoup plus de temps que le premier ; mais aussi la térébenthine qui en provient, et qui s’écoule peu à peu à travers le fond des barriques , est beaucoup plus estimée : elle prend le nom de térébenthine fine > et se ■vend comme celle de Chio , tandis que l’autre , que l’on appelle térébenthine commune , se donne à un prix beaucoup plus bas.
i535. C’est en soumettant la térébenthine commune à la distillation qu’on obtient l’huile essentielle de térébenthine et la colophane , qu’011 appelle aussi brai sec : l’huile essentielle passe dans les récipiens ; la colophane reste dans la cucurbite à l’état liquide 5 par le refroidissement, elle devient solide , brune et cassante.
De 1^5 kilogrammes de térébenthine , 011 retire environ i5 kilogrammes d’essence, et par conséquent 110 kilogrammes de colophane.
x536. Résine. — La résine ordinaire se compose d’environ une partie de galipot et de 3 parties de brai sce. Le mélange est d’abord fondu , puis passé à travers un fibre de paille et mis dans une auge. Lorsqu’il est encore en fusion et bien chaud, 011 jette dessus une quantité plus ou moins grande d’eau froide ; il en résulte un grand dégagement de vapeur et un changement de couleur dans toute la matière , qui devient d’un beau jaune d’or. L’on fait encore de la résine plus belle que la précédente, appelée résine de boutique , en la’composant avec la presque totalité de barras ou galipot , et s’y prenant d’ailleurs de la même manière.
1037. Poix noire . — 11 reste dans la paille que Ton emploie comme filtre une certaine quantité de térébenthine , de résine et de copeaux résineux : l’on s’en sert pour se procurer la poix noire. À cet effet l’on jette suc-
cessivement cette paille par paquet dans lin four dont la forme est sensiblement ovale, de 3 à 4 mètres de haut et d’environ 18 décimètres de diamètre dans sa plus grande largeur. Ce four présente deux ouvertures : l’une supérieure , assez grande , par laquelle on le charge ; et l’autre inférieure, beaucoup plus petite, par laquelle s’écoulent les produits 5 à celle-ci, qui se trouve au milieu d\i carrelage, correspond une petite cavité carrée appelée réservoir, et au fond de ce réservoir est adaptée une gouttière verticale qui établit une communication entre le four et une cuve servant de récipient. Lorsqu’un paquet est presqu’entièrement brûlé, on en jette un autre , et ainsi de suite , pendant une quinzaine de jours. Alors un ouvrier descend dans le four, le nettoie, et l’on reprend le travail. De chaque paquet l’on retire une certaine quantité d’un liquide visqueux , noir, qui , par la gouttière , se rend dans le récipient : c’est la poix grasse ou pegle grasse dont l’on se sert pour faire le brai gras, comme nous le dirons lout-àl’heure , et qui, pour être versée dans le commerce, n’a plus besoin que d’ètre cuite dans une chaudière de fonte, de manière à se prendre en masse par le refroidissement. C’est ordinairement dans des moules de terre noire qu’on la conserve et qu’on l’expédie.
1 53 7 bis. Poix jaune ou poix de Bourgogne. — Quelques personnes prétendent que cette espèce de poix h’est que du galîpot fondu et mis en contact avec le vinaigre. Dans les Landes, on prépare quelquefois une matière analogue en faisant fondre du galipot , y ajoutant quelque peu d’essence de térébenthine, et passant le tout à travers un filtre.
i538. Goudron. — Il arrive une époque à laquelle les arbres ne sont plus capables de fournir de térébenthine 5 alors on en retire du goudron : pour cela , on fend le bois en bûches d’une grosseur médiocre, et de 7 à 8 décimètres
de long ; puis , lorsque les bûches sont à un certain degré de sécheresse, on les refend de manière à les diviser convenablement. L’abattage des pins se fait ordinairement en hiver , et c’est au commencement du printemps qu’on procède à l’extraction du goudron. L’appareil dans lequel on fait cette extraction prend le nom de four , et se compose de trois parties principales, savoir: l’aire, la cave ou le récipient, et la gouttière. L’aire est une surface circulaire, un peu concave, présentant une ouverture ronde an centre, carrelée depuis cette ouverture jusqu’aux deux tiers du rayon , et couverte d’ailleurs dans tout son pourtour d’argile battue. La cave ou le récipient est une fosse placée à quelques décimètres au-dessous de l’aire, et garnie dans tout son intérieur de madriers équarris et parfaitement joints entre eux. Enfin la gouttière est un conduit qui s’adapte à l’ouverture de l’aire , et qui établit une communication entre elle et la fosse.
Lorsqu'on veut extraire le goudron, on commence par implanter sur l’aire, à l’orifice de la gouttière , une longue perche verticale 5 après quoi l’on place le bois tout autour v de la perche, à peu près de la même manière que le font les charbonniers (1 69^). On établit ainsi quatre à cinq lits les uns sur les autres , qui vont on se rétrécissant de manière à former une sorte de cône tronqué. Ce cône, qui varie beaucoup dans ses dimensions, soit en largeur, soit eu hauteur, prend le nom de bûcha", 011 le recouvre de gazon , et vingwquatre heures après , la perche étant retirée, on y met le jeu au moyen de copeaux que l’on place dans des ouvertures pratiquées à l’entour du bûcher et à lleur de l’aire , en ayant soin de ^boucher chaque ouverture quelque temps après l’inflammation des copeaux. Des signes que nous ne rapporterons point ici permettent aux ouvriers de reconnaître si l’opération va bien. Nous ajouterons seulement à ce que nous venons de dire , i°. que U
aBt
térébenthine s’écoule peu à peu du bois, abandonne une partie de son essence, et se rassemble sur l’aire, dont on tient la gouttière bouchée ; 20. que, parce moyen , la térébenthine s’altère, se colore en noir, se transforme en goudron , et se sépare de l’eau et de l’acide acétique que le bois en se décomposant peut former ; 3°. que ce n’est que vers le troisième jour qu’on ouvre la gouttière pour la première fois, et, qu’à dater de cette époque, on l’ouvre deux ou trois fois par jour; 4°* c{ue ^es goudrons des Landes , préparés de cette manière, valent ceux du Nord, auxquels le commerce cependant accorde la préférence; 5°. qu’on peut toujours améliorer ceux qui sont de mauvaise qualité en les recuisant pour vaporiser l’eau et l’acide pyroligneux qui lesaltèrent, et les décantant après les avoir tenus en fusion tranquille pour les séparer du sable ou des matières terreuses avec lesquels ils sont ordinairement mêlés: 6°. qu’enfin, dans le cas où ils ne seraient point assez liquides, il suffit de les mêler avec un peu d’huile de térébenthine pour leur donner le degré de fluidité convenable.
iôBq. Brai gras. — Parties égales de goudron , de brai sec et de poix grasse , cuits ensemble dans une chaudière de fouie, forment le brai gras; on le met dans des futailles, ou bien on le coule en moule : une plus grande quantité de bi 'ai sec ajoutée à ce mélange forme la poix bâtarde.
j 54o. JSoir de fumée. — Enfin, il est encore un autre produit que l’on prépare dans les Landes : c’est le noir de fumée. L’operation consiste à brûler des matières résineuses, du biai sec, par exemple, dans une chambre de planches de sapin, tapissée de grosses toiles. Le brai sec se place dans des pots en terre ou dans des marmites en fer; on y met le feu , et l’on lient la chambre fermée tant que la combustion dure. Cette combustion donne lieu à une fumée épaisse qui se tamise à travers la toile,
et dépose dessus le noir, que Fon enlève de temps en temps (a).
Des Gommes-résines.
1 54 1 • Lorsqu’on fait des incisions aux tiges , aux brandies ou aux racines de quelques végétaux , il en découle un suc laiteux qui se durcit peu à peu à l’air, et qui parait formé de résine et d’huile essentielle , tenues en suspension dans de l’eau chargée souvent de gomme et de plusieurs autres matières végétales : c’est à ce suc devenu ainsi solide qu’on donne le nom de gomme-résine ; nom. impropre, puisqu’il donne une fausse idée du corps qu’il représente. Quoique les gommes-résines ne soient, d’après ce qui précède, que des mélanges de substances immédiates , nous en ferons Fhistoire d’une manière particulière, parce qu’il en est plusieurs qui sont employées , surtout en médecine.
î ogo.. Les gommes-résines sont contenues dans les vaisseaux propres des végétaux. On les obtient , en général , comme nous venons de le dire , par incision, et évaporation spontanée. Elles sont toutes solides , plus pesantes que l’eau -, presque toutes sont opaques et très-cassantes ; la plupart ont une saveur âcre et une forte odeur ; leur couleur est très-variable.
L’eau les dissout en partie*, il en est de même de l’alcool. La dissolution aqueuse ne devient que difficilement transparente. Lorsqu’on verse de Peau dans la dissolution alcoolique, elle se trouble sur-le-champ, la partie résineuse s’en sépare dans un état de division extrême , et donne à la liqueur Faspect laiteux. Il paraît , d’après M. Hatchett, qu’elles sont solubles à chaud dans la potasse
(a) C’est rie M. Darraeq qne le tiens ce qne je viens de rapporter sut IVxploi ration ries pins et sur les produits qu’on en retire.
et la soude en liqueur ; et que l’acide sulfurique , après en avoir opéré la solution , les convertit peu à peu en charbon et en tannin artificiel. (Voyez Tannin . )
Il s’en fautbeaucoup que toutes les gommes-résines soient employées ; on ne se sert, pour ainsi dire, que des suivantes :
i543. Assa fœtida. — En masse, d’un brun rougeâtre, opaque, parsemé de petits fragmens blancs , d’une odeur fétide et alliacée.
On l’extrait par incision delà racine du ferula assa fœtida. Il nous vient des Indes orientales , et est composé , d’après M. Pelletier, de : résine particulière, 65 5 huile volatile, 3,6o* gomme, 19,445 bassorine (1667), 11,66; malate acide de chaux, o,3o. ( Bulletin de Pharmacie , lom. ni, pag. 556.)
1 544* Gomme ammoniaque. — En masse ou en larmes, d’un jaune pâle , d’une odeur faible et désagréable , d’une saveur nauséabonde et mêlée d’amertume; elle s’obtient par incision d’une plante inconnue de la famille des ombellifères , et nous est apportée des Indes orientales; elle est composée , d’après M. Braconnot , de : gomme, 1 B,4 5 résine, 70; matière glutiniforme , 4)45 eau , 6,0 ; perte , 1,5. (Voyez Annales de Chimie , tom. lxviii , pag. 69.)
1 54 5. Euphorbe. — En larmes irrégulières , jaunâtre , inodore , friable, d’une saveur âcre et caustique , irritant \iolcmment l’organe de l’odorat lorsqu’on en respire en poudre, même une très-petite quantité. On l’extrait par incision, en Egypte , de Y euphorbia officinarum et de Yeuphorbia antiquorum ; il est composé, d’après M. Pelletier, de résine, 60,80 ; malate de chaux, 12,20 ; malate de potasse, 1,80; cire, i4,4o 5 bassorine et ligneux, 2; huile volatile et eau , 8 ; perte , 0,80. ( Bulletin de Pharmacie , tom. iv, pag. 5o2. )
1546. Galbanum. — En masse , peu fragile, roussâtre extérieurement, blanchâtre intérieurement, opaque ou
quelquefois demi-transparent , d’une odeur forte d'une saveur âcre et amère. On l’obtient par des incisions fades au collet de la racine du bubon galbanum , et par l’évaporation du suc laiteux qui en découle ; il nous vient de l’Ethiopie , et contient , d’après M. Pelletier ( Bulletin do Pharmacie , tom. iv , pag. gy ) : résine , 66,86 ; gomme , 19,28 ; bois et corps étrangers, 7,52 ; malate acide de chaux (des traces); huile volatile et perte, 6,34*
i54y. Gomme-gutte. - — En masse , d’un jaune brun à l extérieur et d’un jaune rougeâtre à l’intérieur, opaque, inodore, friable, d’une cassure vitreuse, donnant par la trituration une poudre d’un beau jaune , presqu’insipide d’abord , puis âcre et amère.
Elle s’extrait par incision du cambogia gutta , et nous vient des Indes orientales. On l’emploie non-seulement en médecine , mais encore en peinture. Composée , d’après M. Braconnot, de gomme, 20; résine, 80. (Voyez Ann. de Chim. , tom. lxviii, p. 36. )
i548. Myrrhe . — En larmes ou en grains de différentes grosseurs, roussâtre ou d’un jaune brun , plus ou moins transparente, d’une cassure vitreuse, d’une odeur agréable , d’une saveur amère et légèrement âcre.
On l’obtient par incision d’une plante peu connue; elle nous vient de l’Arabie et de l’Ethiopie. Suivant M. Pelletier ( Bulletin de Pharmacie , t. iv , p. 54) , elle est formée de résine , 84 5 gomme , 66.
i549* Oliban (encens des anciens). En masse ou en larmes plus ou moins transparentes , jaunâtre , fragile , d’une saveur amère et nauséabonde , répandant en brûlant une odeur agréable.
On l’extrait du juniperus lycia , arbre qui croît en Arabie et dans quelques contrées d’Afrique. 11 est principalement employé comme parfum. Il a été examiné par Ai. Braconnot. ( Ann . de Chimie , tom. lxviii, p. 60.}
i55o. Opoponax. — En larmes ou en grains de différentes grosseurs, d’un jaune rougeâtre à l’extérieur, d’un blanc sale à l’intérieur, opaque, friable, d’une odeur forte et désagréable , d’une saveur âcre et amère.
On l’extrait par incision, dans le Levant , de la racine du paslincica opoponax , etc. Il est composé, d’après M. Pelletier ( Annales de Chimie , t. lxxix, p. 90) , de : résine , 4s-, gomme , 33,4° ; ligneux, 9,80 5 amidon , 4,20 5 acide malique , 2,805 matière extractive, 1,605 cire, 0,805 caoutchouc, des traces 5 huile volatile et perte, 5,90.
1 55 1 . Scammonée. — On'distingue deux variétés de scammonée , toutes deux en masse opaque : la scammonée d’Alep et la scammonée de Smyrne. La première est d’un gris cendré, légère , friable, brillante , transparente dans sa cassure. Elle est composée , d’après MM. Bouillon- Lagrange et Yogel , de 60 de résine, de 3 de gomme, de 2 d’extractif, de 35 de débris de végétaux , matière terreuse , etc. La seconde est noire, plus pesante, moins friable que la première, et beaucoup moins estimée. Suivant les mêmes chimistes , elle est formée de 29 de résine, de 8 de gomme , de 5 d’extractif, de 58 de débris de végétaux , matière terreuse , de Chimie , t. lxxii ,
f55‘2. Aloes . — L’aioès est un suc concret fourni par l’ aloe soccotrina. , et l’ aloe perfoliata , arbres qui croissent aux Grandes-Indes.
On distingue dans le commerce trois espèces d’aloès : i°. l’aloès soccotrin 5 20. l’aîoès hépatique 5 3°. l’aloès caballin. l es deux premiers seulement sont employés en médecine 5 le troisième n’est d’usage que dans la médecine vétérinaire.
L aloès soccotrin est d’un rouge brun jaunâtre , demitransparent, friable , d’une saveur très-amère et d’une odeur nauséabonde. Sa poudre est d'une belle couleur jaune ; on
l’obtient , suivant M. Braconnât , en coupant transversalement les feuilles de Yaloe perfoliata , et plaçant au-dessous des vases de terre pour recevoir le suc , que l’on fait ensuite épaissir au soleil ( a ).
L’aloès hépatique estd’une couleur plus foncée et moins brillante que celle du précédent. Son odeur est aussi plus désagréable et sa saveur plus amère.
L’aloès caballin est beaucoup moins pur que les deux premiers.
i552 bis. D’après M. Braconnot, l’aloès est une substance particulière qu’il propose de nommer résino-amer.
D’après MM. Bouillon-Lagrange et Vogel , il est composé de deux substances bien distinctes : l’une qui se rapproche beaucoup des résines ; l’autre qui est soluble dans l'eau , et qui ne diffère de l’extractif que par quelques nuances.
M. Trommsdorff s’en fait encore une autre idée. (. Ann „ de Chim.y tom. lxviii , pag. 1 1. ) Selon lui , l’aloès soecotrin est formé , sur ioo parties , de:
Principe savonneux amer.
Acide gallique , une trace.
Résine .
Et l’aloès hépatique de :
Principe savonneux .
Acide gallique, une trace.
Résine .
Albumine .
(a) Suivant M. Virey, on l’obtient par expression.
D’après MM. Bouillon-Lagrange et Vogel ( Annales de Chimie, tom. lxviii , p. i55), le premier de ces aloès est
composé de :
Extractif . 68
Lésine . . . . . 3 2
Et l’aîoès hépatique de :
Extractif. . . . . . . . . 5e
Résine . zj.2
Matière insoluble, ou albumine végétale coagulée de Trommsdorff . 6
ioo
1 5 53. Gomme-laque. — Fragile, transparente, d’un rouge jaunâtre , sans odeur , d’une saveur faiblement astringente et amère ; déposée par rinsecte coccus lacca sur plusieurs espèces d’arbres des Indes orientales • employée en médecine, en teinture, et dans la préparation de la cire à cacheter et des vernis.
M. Latreille a publié sur la laque et l’insecte qui la produit, des observations que l’on pourra consulter avec fruit , et dont nous extrairons ce qui suit. (. Annales de Chimie et de Physique , tom. iv , p. )
« La gomme-laque, ou plutôt la résine-laque , est mainte- )> nant connue dans le commerce sous cinq dénominations » différentes , indiquant chacune une modification partii> culière.
» i°. La laque en bâton ( stick lac) est proprement la t» laque dans son état naturel , adhérant aux jeunes bran- » ches sur lesquelles elle est produite par l’insecte , et les a enveloppant quelquefois complètement sur une longueur » de 5 à 6 pouces. On la sépare cependant fréquemment » des branches, lorsqu’elles sont trop grosses, et qu’elles ne
208 ï) E S GOMMES-RÉSINES.
» sont recouvertes qu’eu partie. D’autres fois , des mor- » ceaux de laque , avec ou sans les branches, adhèrent en- )) semble après avoir été exposés à la chaleur vive du so- » leil , et forment des masses.
)) 2°. La laque en grains ( seed lac) est obtenue de la » manière suivante : lorsque la laque a été séparée des tiges )> auxquelles elle adhère naturellement et qu’elle a été ré- » duite en poudre grossière , les teinturiers en soie et en )) coton extraient sa couleur, autant qu’on peut le faire, par » le moyen de l’eau, et c’est à la poudre résineuse, dure » et jaunâtre qui reste , et qui ressemble en quelque sorte )) à la graine de moutarde, qu’on donne le nom de laque » en grains.
» 3°. La laque en écailles (shell lac) est obtenue en » fondant la laque en grains dans un sac de coton , au- » dessus d’un feu de charbon. Lorsque la laque est fondue,
» on la force de passer à travers le sac au moyen de la » torsion , et on la reçoit sur le troue uni d un bananier » ( musa paradisiaca) , sur lequel elle se réduit en plaques , » ou en lames minces. La résine étant la partie la plus )> fusible de la laque, passe à travers le sac, dans un » grand état de pureté.
» 4°. On donne le nom de tac-lake à une préparation » que l’on fait depuis peu aux Indes , et qui est , à » proprement parler, une laque faite avec la résine-laque : » c’est aussi précisément ce que de'signe le mot anglais w lac-lak , qu’on pourrait traduire en français par celui » de laque de résine-laque , ou simplement par celui de
laque-laque. Cette préparation contient, outre la ma- » ti ère colorante de la laque, environ un tiers de son poids )> de résine, un sixième d’alumine, et beaucoup de ma* » tières terreuses (a).
(a) Et de plus une certaine quantkc de matière végétale provenant de