‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 5)Chapitre 91 sur 182 · T) E LA SÈVE · texte numérisé non relu

T) E LA SÈVE

( fagus syîvestris ) , du charme ( carpinus sylvesfris ^ , dm bouleau ( betulci alba ), du marronnier, de la vigne ( vitis 'vinifrra ). C’est à M. Vauquelin que I on doit l’examen des quatre premières , et à M. Déveux que l’on doit celui de la dernière -, la cinquième a été examinée par l’un et par l’autre. Toutes sont presqu’aussi liquides que l’eau. Leur nature varie.

1679. Sève dorme. — L’on en recueillit trois portions , l’une à la fin d’avril 1797 5 une autre quelque temps après 5 l’autre un mois plus tard.

La première avait une couleur rouge fauve, une saveur douce et mucilagineuse } elle ne rougissait presque pas la teinture de tournesol.

1089 parties se sont trouvé formées de ,

Eau el matières volatiles. . . . 1027,905

Acétate de potasse. . . 9, 2^0

Matière végétale . 1,060

Carbonate de chaux . 0,796

La deuxième contenait un peu plus de matière végétale et un peu moins de carbonate de chaux et d’acétate de potasse que la première. La troisième contenait encore moins de carbonate de chaux et d’acétate de potasse que celle-ci.

En abandonnant la sève d’orme à elle-même dans un flacon ouvert , elle se décompose peu à peu , et l’acétate de potasse qu’elle contient se change en carbonate 5 d’où l’on voit pourquoi ce carbonate fait pas lie de la matière que l’on recueille sur les ulcères de ces arbres.

1680. Sève du hêtre. — L’analyse en fut faite en mars et un mois après. Sa couleur , à la fui d’avril , était d’un

rouge fauve • sa saveur, analogue à l’infusion de tan ; son

action sur le tournesol, faible. Elle était formée, en mars comme en avril , d’une grande quantité d’eau , et de pe~

DE LA SÈVE. 42î

tites quantités d’acétate de chaux, d’acétate de potasse, d’acétate d’alumine , de tannin , de matières muqueuse et extractive, d’acide acétique et d’acide gallique.

i68r. Sève du charme. — M. Vauquelin examina cette sève dans les mois d’avril et de mai. Elle était incolore et claire comme de l’eau. Sa saveur était légèrement sucrée et douceâtre , et son odeur un peu analogue à celle du petitlait. Elle rougissait fortement le tournesol. On peut conclure des expériences auxquelles M. Vauquelin l’a soumise, qu’elle est composée au moins d’une grande quantité d’eau et de petites quantités de sucre, de matière extractive , d’acide acétique , d’acétate de chaux , et sans doute d’acétate de potasse : aussi ^ lorsqu’on abandonne cette sève à ellemême dans un vase ouvert, donne-t-elle successivement des signes de fermentation alcoolique et de fermentation acide.

1682. Sève du bouleau. — Cette sève rouait fortement

sJ

la teinture de tournesol; elle est incolore ; sa saveur est douce et sensiblement sucrée.

Au nombre de ses principes constituans sont l’eau , qui en fait la majeure partie , le sucre, une matière extractive , de l’acétate de chaux, de l’acctate d’alumine, et sans doute de l’acétate de potasse. Concentrée et mise en contact avec le ferment , elle 11e tarde point à fermenter ; soumise ensuite à la distillation , elle fournit une assez grande quantité d’alcool.

1683. Sève du marronnier . — M. Vauquelin 11’ch ayant eu qu’environ i5 grammes à sa disposition, n’a point pu la soumettre à un grand nombre d’expériences. Il a reconnu qu’elle avait une légère saveur amère , qu’elle contenait du mucilage , une matière extractive , du nitrate de potasse. Il y soupçonne aussi la présence des acétates de potasse et de chaux. ( Annales de Chimie ^ t. xxxi, p. 20.)

DES S TJ CS PART. ICTJLÏERS»

< Des Sucs particuliers.

i684- La sève, parvenue jusqu’aux feuilles, s’y altère et se transforme en des liquides nécessaires à l’existence du végétal. Ces liquides , qui paraissent descendre des feuilles vers les racines dans des vaisseaux appropriés , prennent le nom de sucs particuliers ou propres. Les principaux sont les sucs laiteux , les sucs résineux et huileux , les sucs mucilagineux , les sucs sucrés.

1685. Sucs laiteux. — Ces sortes de sucs doivent, en général, leur aspect laiteux à une certaine quantité de résine ou de corps gras qu’ils tiennent en suspension ; ils renferment souvent, d’ailleurs, différentes substances solubles dans l’eau , particulièrement du mucilage. Les sucs laiteux qui méritent le plus de fixer l’attention sont ceux qui découlent par incision des plantes d’où l’on extrait les gommes-résines, ceux qu’on extrait du papayer, de l’arbre de la vache, des capsules du papayer album ou pavot blanc , et le suc qui produit le caoutchouc.

1686. Le pavot blanc se cultive en grande quantité dans l’Inde et l’Orient. Après la floraison , on fait des incisions longitudinales aux capsules y il en découle un suc laiteux qui se concrète facilement. Ce suc , ainsi devenu concret, constitue l’opium que l’on apporte en Europe sous forme de masses de différentes grosseurs.

L’opium , si remarquable par ses propriétés médicales, est brun, dur; sa saveur est amère , âcre, nauséabonde; son odeur est îoqte particulière. 11 se ramollit à une douce chaleur : celle de la main est suffisante. Lorsqu’on le chauffe avec le contact de l’air, il s’enflamme promptement. Il est formé de méconate acide de morphine , d’une matière extractive, de mucilage, de fécule, de résine, d’huile fixe^ de caoutchouc, d’une substance végéto-animale , de débris de fibres végétales, quelquefois d’un peu de sable et

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