OXIGÈNE
verre recourbé bb^ par le moyen d'un bouchon troué (pL i , fig. aS)^ placez-la sur deux barres de fer, dans le labora«toîre dd d'un fourneau à réverbère ee , de manière que le tube de verre qu'elle porte plonge sous l'entonnoir renversé de la table d'une cuve pneumatique//'pleine d'eau. (Voyez Description des planches , article Flacons de Woulfj comment il faut s'y prendre pour monter un appareil.) Gela fait 9 portez peu-à-peu la cornue jusqu'au rouge , en mettant successivement dans ce fourneau, soit par la porte du foyer, soit par la cheminée i du réverbère , très peu de charbon incandescent, et au contraire beaucoup de charbon noir. D'abord il ne se dégagera que de l'air à l'extrémité du tube bb \ mais lorsque l'oxide sera près de la chaleur rouge, il conmiencera à se dégager du gaz oxigène. Vous en laisserez perdre environ un litre : alors celui qui passera pouvant être regardé conmie pur, vous le recueillerez. A cet effet, vous mettrez un flacon renversé et plein d'eau ou une cloche semblable à la cloche m , sur la table de la cuve, au-dessus du trou de l'entonnoir, sous lequel le tube bb s'engage^ et lorsque l'un des vases sera plein de gaz , vous le remplacerez par un autre plein d'eau. Il est nécessaire que le feu soit toujours assez fortpour que le dégagement du gaz soit continuel. C'est pourquoi il ne faut pas attendre que ce dégagement se ralentisse pour remettre du charbon dans le fourneau, parce que le charbon étant froid , diminuerait la température , suspendrait la décomposition du peroxide , et produirait peut-être une absorption, c'est-à--dire , l'introduction de l'eau de la cuve par le tube de verre dans la cornue, et par conséquent sa fracture. Vous pourrez regarder l'opération comme faite lorsque , le fourneau étant plein de feu, il ne se dégagera presque plus de gaz. A cette époque , laissez^ refroidir peu-à-peu la cornue, pour qu'elle ne casse pas^ mais auparavant enlevezen le tube pour qu'il n'y ait pas d'absorption, à moins que ce tube ne soit de sûreté (i3o).
Diim cette opération, le bi-oxide MnO^ n'est jamais
43 OU&KNE.
réduit; ou ne peut que le transformer en un composé de 1 at, de bi-oxide, et a at. de protoxide=: a MnO, MnO^; il perd le y de son poids d'oxigèue, d'où il suit que, de i^"* de cet oxidepur, il serait possible de retirer jusqu'à 1 19^™^, 97 d'oxigène^ ou 83*^,89 de ce gaz i zétOj et sous la {»€»siondejô centimètres.
Il est facile de se rendre compte des phénomènes que présente l'extraction de l'oxigène du bi-oxide de manga* nèse. En élevant la température de cet oxide, on éloigne, dans chaque particule , les atomes de manganèse des atomes d'oxigéne^ mab bientôt il y a une certaine quantité de ceux-ci hors de leur sphère d'attraction : or , oomme l'oxigène est naturellement à l'état de gaz, ils doivent prendre la forme gazeuse , et par conséquent se dégager. Si donc les atomes d'oxigène du nouveau composé ne se dégagent pas à la température qui suffit pour dégager les atomes d'oxigène du bi-oxide, c'est qu'à cette température ils ne sont point encore assez distans du métal qui les retient^
Le gaz oxigène peut encore être extrait facilement du bi-oxide de manganèse en traitant celui-ci par l'acide snlfurique, à une douce chaleur, ou du chlorate de potasse , en chauffant ce sel dans une petite cornue de verre. Dans tous les cas , pour qu'il soit pur^ il faut qu'il possède la propriété d'absorber le double de son volume de gaz hydrogène (^g)*
Usages. — Les usages du gaz oxigène sont extrêmement multipliés 5 c'est ce que l'on peut prévoir d'après ce que nous avons dit précédemment : nous ne les exposerons pas ici, parce que l'oxigène pur n'est jamais employé , si ce n'est dans quelques opérations de chimie : nous n'en parleront qu'à l'article -rf/r, fluide d'où l'on tire presque tout le gaz oxigène qu'on fait agir sur les corps.
action sur F économie animale. — Le gaz oxigène est lé seul gaz qui puisse entretenir la vie des animaux : cependant il paraît que, quand il est pur, il produit dans les organes pulmonaires une si grande excitation, qu'il y aurait du danger à le respirer pendant long-temps : aussi l'air
oxiGËNB. . a
atmosphérique contient-il près des quatre cinquièmes de son volume d'azote, et l'action de celui-ci dans la respiration consiste-t-elle principalement à modérer celle dé l'oxigène. Le fait suivant est une preuve de cette excitation. Trois hommes en pénétrant dans une fosse d'aisances qui venait d'être vidée, furent asphyxiés par le gaz suifhydrique qui s'y trouvait. Retirés de la fosse, ils furent portés du marché des Innooens , où l'accident avait eu lieu, à l'Hôtel-Dieu de Paris. Deux moururent en route, et le troisième y arriva si faible , qu'il n'avait plus la force de soulever ses membres. L'on ne savait que lui administrer. Il y avait par hasard une vessie pleine de gaz oxigène ^ on lui fit respirer ce gaz^ il se mit à l'instant sur son séant, mais pour retomber bientôt et expirer.
Il est probable qu'on l'aurait rappelé à ia vie , si on lui avait fait respirer un peu de chlore mêlé à beaucoup d'air. (Fojr. l'article Gaz adde sulfkjrdrique.)