‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratiqueChapitre 27 sur 117 · CARBONE. G · texte numérisé non relu

CARBONE. G

M. Berzëlius la suppose double, parce que le gaz oxide de carbonç contenant la moitié de son volume de gaz oxigène 9 il considère l'autre moitié comme formée de vapeur de carbone non condensée. En effet, la densité du gaz oxide de carbone étant 0,9782, et celle de Toxigène 1,1026, il s'ensuivrait que celle de la moitié de la vapeur de carbone serait 0,9782 moins *-~— =0,4219. Toutes deux satisfont aux résultats. Nous n'emploierons toutefois que la première.

Le carbone ne se combine parmi les métalloïde^ , qu'avec l'hydrogène, le silicium, le soufre , le chlore , le brome, l'iode, l'azote; et parmi les métaux qu'avec le fer, et quelques autres.

4g* absorption des gaz par le charbon et par les corps poreux. — De toutes les propriétés du charbon , la plus remarquable peut-être est de pouvoir absorber les différens gaz. Cette propriété , aperçue pour la première fois par Fontana, constatée par MM. Morozzo, Rouppe et Noorden (foum. de Phys.^ t. xxiii et lviii*, et Ânn. de Chim.j t. XXXII ) , a été étudiée avec beaucoup de soins par M. Théodore de Saussure ; il a vu qu'elle n'appartenait pas seulement au charbon , mais encore qu'elle était commune à tous les corps poreux, et il a fait à ce sujet un travail très étendu, dont ce que nous allons dire ne sera presque qu'un extrait.

Tous les corps poreux , quelle que soit leur nature , absorbent une plus ou moins grande quantité d'un gaz , quelle que soit aussi sa nature. L'absorption dépend :

1° De la température. Il parait que plus la température est basse, plus l'absorption est grande; il ne se produit aucune absorption à une température d'environ 100" : aussi, quand tin corps est imprégné d'un gaz, suffit-il, pour dégager celui-ci, d'exposer le corps pendant quelque temps à la chaleur de la lampe à esprit-de-vin , par exemple , dans une cloche courbe pleine de mercure.

a® De la pression. — Plus la pression est grande, plus les corps poreux absorbent de parties poi^dérablçs de gaz ; lors-

70 MÉTAU0IDE8.

qu'elle est titille , l'absorption est null&ellepmteie , Ae sMe qu'au moyen de la machine pneumatique, oh peut Aiffh ger, comme par la chaleur , tout le gaz qu'un corps povetiX a absorbé. L'on peut même . en dégager une grande partie en faisant passer seulement le corps qui en est impr^ié dans le vide barométrique : à mesure que ce corps s'élevcsa^ il s'en séparera une infinité de bulles qui abaisseront h colonne de mercure du baromètre.

3° De la nature du gaz, — On a mis un grand zioi&bn de gaz en contact avec les corps poreux, et l'<m a trouvé que les uns ^ tels que les gaz ammoniac, chlorhjdrique^ sulff reux, étaient absorbés en grande quantité, et que les as* très , tels que les gaz hydrogène et azote , ne l'étaient qu'es petite quantité.

4° De la nation du corps abfarbant.^^JjSL nature du oorps influe aussi sur l'absorption ; car les charbons et l'écume ds mer condensent plus de gaz azote que de gaz hydrogène, et, au contraire, les bois condensent plus de gas hydio* gène que de gaz azote.

5® Du nombre des pores. — Les corps pulyéris<& absorbent beaucoup moins de gaz que ceux qui ne le sont pas. Un fragment de 2*^*^,94 de charbon de buis a absorbé 7**,a5 son volume d'air atmosphérique; tandis que la mém.e quantité de charbon, réduite en poudre , et mise d'ailleurs dnm les mêmes circonstances, n'ena absorbé que 4t^j2S le volume qu'il occupait avant la pulvérisation.

On ne peut évidemment attribuer cet effet qu'à ce que k nombre des pores est moins grand dans le second cas que dans le premier.

&* Du diamètre d/*s pores. Le diamèlrc des pores influe singulièrement sur l'alisorplioii (1(îs gaz. En effet, le charbon de liège, dont la prmiiitPtir npc^citique est o,i, n'absorbe pas scnsihioment \\\\\x\ lo rliurlmii de sapin, dontli pesanteur sprci(i<![mî c«t "•'!• «*» «lvsf>rl)o cpiatre fois et demieson volume; celui (le Imiîni «lnnl lu |H*8anteuT spécifique est O;,^, en absorbust'pl loin lidiMiiinNuii volume j eulqi

GAUOm. tff

h. kottUle de BoiUbérg^ dont la pesanteur spécifixpie est de 1 ,3â6 , en absorbe dix fois et demie son Yolume. On pour-* rait croire, d'après cela, que plus un charbon est dense, plus il absorbe de gaz \ mais c'est ce qui n'a lieu que jusqu'à un certain point. Lorsque les charbons sont trop denses , les gaz ne peuvent plus pénétrer dans leurs porcs : tel est le charbon qu'on obtient en faisant passer les huiles essentielles à travers un tube incandescent.

7° Etifiriy du vide des pores, — Plus le vide est exact, plus l'absorption est grande : en conséquence il faut chasser l'air et l'eau qui sont contenus dans les pores , soit par la chaleur , soit au moyen de la machine pneumatique.

On peut procéder à l'absorption des gaz par les corps poreux de deux manières : lorsque le corps est indécomposable par le feu, on le fait rougir*, on le plonge rouge dans le mercure , afin que , par le refroidissement , il ne puisse absorber ni l'air ni l'eau de l'atmosphère 5 ensuite on le fait passer sou5 une cloche sèche et pleine elle-même de ce métal ; puis l'on fait passer dans la cloche un excès du gaz que l'on veut absorber, et l'on abandonne l'expérience à ellemême pendant vingt-quatre à trente heures : après quoi 5 mesurant le gaz restant, on en conclut Fabsorption.

Mais lorsque le corps poreux est décomposable par la chaleur 9 au lieu de le chauiFer , il faut le purger d'air par la machine pneumatique. A cet effet, on se procure une petite platine amovible , munie d'un tuyau et d'un robi-^ net en fer que l'on visse siir l'extrémité du tuyau de la machine pneumatique ordinaire ; on adapte sur cette platine une petite cloche contenant le corps poreux; on fait le vide le plus exactement possible; ensuite on ferme le robinet de la machine amovible; on le plonge dans le mercure, ainsi que la platine tout entière et les parois extérieures de la cloche-, on ouvre le robinet, et la cloche se remplit de mercure : alors on enlève la platine, et l'on fait l'expérience comme on l'a dit p»!oédemmeni«

n métalloïdes.

Les corps poreux qui ont été mis en contact jusqu'ici avec un certain nombre <le gaz sont les suivans :

Cliarbon de buis.

Ecume de mer d'Espagne.

Schiste happant de Ménll-Montant.

Asbeste ligniforme du Tyrol.

Asbeste liège de montagne.

Hydrophane de Saxe.

Quarz de Vauvert.

Carbonate de chaux spongieux ou agaric minéral.

Plâtre solidifié par l'eau.

Bois de coudrier.

— de mûrier.

— de sapin.

Filasse de lin.

Laine.

Soieëcrue.

Poudres métalliques.

Pyrophore. »

De tous ces corps , c'est le charbon de buis qui possède la propriété absorbante au plus haut degré. Nous ne i^apporterons que les résultats obtenus par M. Th. de Saussure avec cette sorte de charbon, à la température de 1 1 ài3^, sous la pression de o"**',7o4. Nous renverrons , pour l'absorption des gaz par les autres corps, au Mémoire de M. Th. de Saussure, imprimé dans les numéros de la Bibliothèque britannir|ue, pour les mois d'avril, mai et juin 1812.

Une mesure de charbon de buis absorbe :

90 mesures de gaz ammoniac.

85 acide chlorhydriquo.

65 acide sulfurcuxt

55 sulfliydri(jttc« ^

40 protoxidc (l'aKolOt

35 acide carl)onif|Uo«

35 mesures de gaz bi-carbure d'bydrogène;

9,4^ • oxide de carbone*

p^aS ;• • oxigène.

7,5 • ••••••• axote.

1,75 « • • hydrogène*

Tous ces gaz s'absorbent avec un faible dégagement de calo^que; tous peuvent être dégagés par une cbaleur de 100 à 1 5b® : deux seulement éprouvent alors des altérations re« marquables, le gaz oxigène et le protoxide d'azote.

Le gaz oxigène se combine avec le charbon , et forme du gaz acide carbonique, quoique la température soit très peu élevée. D'après M. de Saussure , cet efiet a même lieu à la température ordinaire , mais seulement dans un espace de temps considérable, par exemple, de plusieurs mois. L'on peut présumer qu'il est dû à l'influence de la lumière et qu'il n'aurait pas lieu dans l'obscurité.

Leprotoxide d'azote est en partie décomposé 5 car M. Thenard a trouvé que 89 parties de gaz, retirées du charbon imprégné de protoxide d'azote, étaient formées de 12 parties de gaz acide carbonique , et d'une certaine quantité de protoxide d'azote et de gaz azote, (i)

Il est un autre genre d'altération dont lé charbon, imprégné de gaz sulfhydrique , est susceptible , lorsqu'on le met en contact, soit avec l'air, soit avec le gaz oxigène*, et le phénomène est d'autant plus curieux, qu'il a lieu â la température ordinaire. M.Thenard a observé qu'alors le gaz sulf- Bydrique se détruisait en très peu de tempsj qu'il en résul-

(i) Pour extraire facilement les gaz dn charbon par la chaleur, ii faut en produire Fabsorption par ce corps dans une petite cloche courbe (pi. xiii, iig. 4) et attacher le charbon à rextrémité d*un fil de fer ; Tabsorption étant laite, on remplit h cloche de mercure, en la renversant dans un bain de ce nélal : ensuite on la remet dans sa première position ; on chauffe le charbon an moyen d*une petite lampe h esprit de vin, en le maintenant toujours dans la partie courbe de la cloche , et on le retire promptement au moyen du fil de fier, lorsqu'on juge que tout le gaz est dégagé.

T4 MÉTALLOlDtS.

tait de Peâu, cltt soufre, et un d^gément de eâlornfueaMi grand pour que le cbaTl)on devînt très chaud;e^cependantk combustion de l'hydrogène n'aurait pas lieu s'il-étaitHbre, ou s'il n'était pas combiné avec le soufre. Il a même vu que, quand le charbon était bien saturé de gaz^ sulfhydrique, et qu'on l'introduisait dans ime éprouvette pleine de gaz oxigène pur sur la cuve à mercure, il y avait quelquefois détonation au bout de quelques minutes. Sans doute qu'alors la chaleur fait d'abord dégager une partie du gas sulfhydrique, et qu'elle devient ensuite assez grande pour enflammer le mélange.

L'absorption de l'air par le pyrophore, comme corps poreux , a probablement une grande action sur son inflammation spontanée, et c'est sans doute à cette cause qu'on doit attribuer ce même phénomène dans quelques poudres métalliques , telles que celle de cobalt provenant de l^oxide de ce métal réduit par l'hydrogène. (Gustave Magnus, Ann. de Chim, et de Phys.y xxx, io3.)

5o. Etat. — Le carbone pur n'existe naturellement que dans le diamant : il est donc très rare. Les diamans nouai viennent de l'Inde et du Brésil. Ceux de l'Inde , connus depuis long-temps, se trouvent principalement dans les royaumes de Golcondc et de Visapour. Ceux du Brésil , découverts au commencement du dix-septième siècle, appartiennent au district de Serro-de-Frio. Tous se rencontrent dans des dépôts de matières arénacées , et par conséquent de transport. Ces dépôts , toujours plus ou moins terreux et ferrugineux, apparlicnnent à une formation assez moderne, et sont situés partout à la surface du sol ou à peu de profondeur sous la terre végétale. Au Brésil, on les connaît sous le nom de cascalho; leur étendue est très grande \ on en extraît aussi de l'or par le lavage.

Mais si le carbone à l'état de pureté est si rare, le carbone impur est au contraire très commun. En cflet , mêlé avec quelques centièmes de matières étrangères, le carbone con« stitue l'anthracite, qui se trouve toujours en çoucUcs ouamat

cÂXBQKx. n

ftoB OIT noina oomidënÉbles^ et plus p«rtieQUèremeirt dans là série des terraiâa qae les gÀ)logaes désignent sous le nom de terrains intermédiaires» (i)

Imprégné de bitolne, il forme la houille ou charbon de terre, qui appartient aux parties inférieures des terrains seoondaires ^ et même les ûgnite» ou boia bitumineux ^ qui

(i) On distiii|;ue , dans h eomposîtioA dé la fufftiee de h terre , dtq épof|Bes principales de foraatîon , savoir :

z" Les itrfams primitifs, oom^éa de roches oTistaUines (granité, gneiss , calcaire saccharoïde, etc.) , ne renfermant aucun dépôt formé de fragmens ou de cailloux roulés, ne présentant aucun débris de corps organisés. Stratiûca-i tion en couches très inclinées.

2° Les terrtùtis intermédiaires^ renfermant encore des roches eristallikies analogues à eelles des terrains préoédem, mais intercalées avec des dépôts de fragmeus et de cailloux roulés, des matières terreuses et sableuses de transport, ainsi qu^avec des roches qui contiennent une grande quantité de débris organiques appartenant à des espèces de mollusques, de polypiers, trèsdifférens de ceux qui vivent actuellement. Stratification encore très inclinée.

3* Les terrains secondairesy qui sont en grande partie formés de calcaire compacte, intercalé par couches poissantes à-peu-près horizontales , avec de grands dépôts de matières arénacées, renfermant une immense quantité de débris organiques et particulièrement de mollusques , de polypiers diffcrens de ceux des terrains précédens , mais encore très éloignés de ceux qui vivent actuellement à la surface du globe.

40 Les Urrains tertiaires^ formés en grande pai'tie de calcaires sableux , de sable et de matières argileuses , de très peu de consistance , renfermant une très grande quantité de débris organiques , qni onf eue assez grande analogie avec ceux des animaux qui vivent actuellement. On y tronve à-la-fois des mollusques analogues à ceux qui vivent daus les mers actuelles , et d'autres qui ont la plus grande analogie avec ceux qui ne vivent que dans les eaux douces. Mais ce qui caractérise surtout cette grande époque de formation , c'est la présence des squelettes de mammifères et d'obeaûx dont il n'y a pas de ti^ces dans les dépôts précédens.

5** Les Urrains ignés, qui paraissent être indépendans des dépôts précédens et ne sont jamais placés de manière à faire groupe avec eux , sont aussi de différons âges. Les terraius tracbytiques senties plus ancieus; viennent ensuite les terraius basaltiques, et enfin les terrains de laves, dont les uns se rattachent à des volcans encûrc en activité , et dont les autres appartiennent à dçi^ Yolquis éveints avant les temps historiques*

76 Métalloïdes.

constituent des amas dans des dépôts encore plusi modernes.

Uni à l'oxigène , il donne lieu à l'acide carbonique qui se rencontre tout à-la-fois dans l'air atmosphérique et dans les eaux, surtout dans les eaux minérales mousseuses , telles que les eaux de Seltz.

Combiné avec l'oxigène et les bases, il fait partie de tous les carbonates , et par conséquent du carbonate de cbaux , l'tm des sels les plus répandus et les plus communs.

Enfin, il entre dans la composition de toutes les matières végétales et animales, qui né sont ordinairement, les premières, que des combinaisons d'hydrogène, d'oxigèneet de carbone ; et les secondes que des combinaisons de ces trois principes et d'azote : c'est même presque toujours le principe le plus abondant et des unes et des autres.

5i. Extraction. — C'est par des fouilles que l'on retire de la terre le carbone qu'on y trouve pur ou presque pur : c'est par des procédés chimiques qu'on obtient celui qui est combiné. En général, on n'extrait le carbone que de quelques-unes de ses combinaisons; savoir, de la résine, du bois et de la houille. Les divers procédés qu'on emploie pour cela sont trop compliqués pour être décrits^ici : nous ne les ferons connaître qu'en parlant des matières végétales. Nous nous contenterons de dire que le carbone qui provient de la résine retient de l'hydrogène : c'est le noir de fumée ; que celui qui provient du bois contient de l'hydrogène et des matières terreuses et saUnes : c'est le charbon dont on fait usage dans l'économie domestique 5 que celui qui provient de la houille ou charbon de terre n'est autre chose que le coke 5 enfin, qu'en chaufiant très fortement ces trois espèces de charbon dans un creuset couvert, il paraît qu'on parvient à en volatiliser tout l'hydrogène ; que par conséquent, avec du noir de fumée, on peut se procurer du carbone pur et très divisé.

Usages, — Le carbone pur n'a d'usage qu'à l'état de diamant. La propriété qu'il a sous cet état d'être transparent , de réfracter fortement la lumière, de la décomposer et de

CÂKfiON£. ÏT

briller des plus vives couleurs, sa raretë, sa duretë, son înal* térabilité, le font rechercher comme Pun des omemens les plus précieux et les plus indestructibles. On ne l'emploie j d'ailleurs, que pour tailler, polir, graver les pierres pirécieuses et couper le verre.

Les usages du carbone impur ou du charbon proprement dit sont, au contraire, très multipliés : partout on l'emploie comme combustible. On s'en sert dans les usines, non-seulement pour se procurer la chaleur dont on a besoin, mais encore pour extraire les métaux de leurs mines , pour les désoxigéner et les réduire. Mêlé au soufre et au salpêtre , il constitue la poudre à canon. Incorporé à l'état de noir de fimiée avec les corps gras, il forme l'encre d'imprimerie. Il fournit des tons très chauds à la peinture, dans le noir d'ivoire, etc. En le combinant en petite proportion avec le fer, on obtient l'acier.

La propriété qu'il possède d'absorber les gaz , etc. , le rend très propre à prévenir la putréfaction des eaux , des viandes, et même à désinfecter celles qui commencent à se putréfier^ avantage inappréciable pour les voyages maritimes de longs cours. Que Ton fasse bouillir de la viande trop avemcée avec de l'eau, et que l'on y ajoute du charbon, elle perdra sa mauvaise odeur. Que l'on filtre de l'eau bourbeuse à travers une couche de quelques pouces de ce corps combustible grossièrement pilé , et qu'on la laisse ensuite exposée à l'air pendant vingt-quatre heures , elle deviendra très limpide et bonne à boire : c'est ce qu'on exécute à Paris sur les eaux de la Seine, qui, dans l'hiver, sont toujours chargées de beaucoup de Hmon^ le charbon est'placé enti^e deux couches de sable qui le maintiennent, et celles-ci entre deux couches de gravier et de petits cailloux. Que l'on charbonne l'intérie .r des tonneaux, conmie l'a indiqué BerthoUet , et l'eau qu'on y mettra s'y conservera bien, (i)

(i) Ces résiiUats me rappellent ce que, tout jeune encore, j'ai vn faire dan,s U'S environs de Sens. Les babitans des campagnes étaient alors dans Thabilnde

W 'MiTAtiiOlDES.

L'on einploié aussi le cliarbon avec bh grand métèa pMr diarlfier, décolorer les liquides, pardculièrement les sirops, j)Our purifier le miel et lui enlever tout à-la-fois sa ccyoleur, son odeur et son goût acre. Les premiers essais en ce ge&re sont dus à Lowitz. MM. Figuier , Charles Derosp«, Bussj^ Payen, Desfosses, Dumont^y ont beaucoup ajoute, en sorte qu'iji ne nous reste que peu de chose à désirer saw te sujet* {Voy. Tïssu osseux f Chimie animale.)

Enfin d'habiles médecins l'ont même administré ocmme anti-putride^ mais ses effets sont restés bien douteux.

Cariuxes d-hydrogène»

62. Le caiiione s'mût à l'hydrogène dans une foulé Ae circonstances, de manière à donner Keu à du carbure gazem d'hydrogène. En effet , ce gaz est l'un des produits consttfli delà digestion; la vase des marais en contient toujours*, souvent il se rencontre au sein des houillères; il »*é& forme toutes les fois que les matières végétales et animides, abandonnées à elles-mêmes , ëprcmvent la décompositi<Ht putride ; il s'en forme surtout lorsqu'on distille ces scmttes de matières , et qu'elles sont de nature grasse, témob l'éclairage par la houille 5 enfin l'on ne sawrait, pour ainsi dire , Caire d'expériences c^ar les matières organisées sans qu'il n'en résulte plus ou moins de carbure d'hydrogteBe«

Ce gaz n'est pas toujours identique : tous les chimistes sont d'accord à cet égaird; mais ils ne le sont point sur le nombre de ses variétés , et à plus forte raison sur les diverses espèces de carbure d'hydrogène. ÎSTous ne nous occuperons maintenant que dnproto et du ii-cariure. Les autres

(I0 jeter dans leurs puits des tiioas eluurbonnés du brandon de la veille de la Saint-Jean ; ils prétendaient que Teau en devenait bien meilleure , et perdait la mauvaise odeur qu*elle avait quelquefois, odeur qui provenait souvent des poules qui tombaient dans les puits et qu'on n'en relirait mortes qu'au bout de quelques jours*

ïktÈeiDiÊk jeiutmmés cpt'eB traUiaiil; des ihiiites jease&tielks) dont ils constîtaeiit plusietu» espèces*

Bi'-cœéun gazeux d^kyirog&u ou hydrogéné hi^pafbimék

53. Pm^friMéê, «h- \a tn-carbun^ d'bydregène leat ^ zcux, sans couleliTi ûisipi^* fiétqÎQt les .coups em ottnbus-*' tien. Son odeur eat un peu «eanpyrewnalâqiie. Plusieairs cUimistes en ont détennÎAé la .débité < Af. l!3i« de Saussure l'a trouvée de o^pSSa; M* Henrj^ de 0^967^ et M. Thomson, de 0,974$ y le calcul l'établit i 0,98^4 (i3o).

Exposé dans «n, tube de poroelaine à une hante teinpë*' rature., il laisse idéfhoser beaucoup de charbon et double aensifalement de volume*

.; Tjel est aussi ;]|e résultat que l'on otbtient, d'apràs MM* Dalton et Henry , en faisant passer une grande quan* tité d'étinceUes électriques, à tcaveisime petite quantité de bi-carbure d'hydrogène; ils ont même observé que le nou-^ veau gaa n'était que de l'hydrogène pur , en sorte qu'alora jhMit le charbon est déposé aur les parois des vases. ( Philos^ chim. de Daltûnj^ partie j/^^i,!,^

Le bi-carbure d'hydrogène n'est décomposé , è la température de l'atmosphère , ni par le gaa oxigène ni par l'air $ ili'est, au ooKtraire, parl'un et l'autre, à une température élevée } 'mais la combustion n'est complète qu'autatit que l'^xigèheest très Jirédominant. Dans tous les cas , il se fonne de l'eaû et du gaz abide carbonique, ' et il y a dégagement decalorique et de lumière, t^longez une bougie afluméb dans une éprouvette remplie de bi-^rbute d'hydrogène*, à l'instant même 41 prendra feu et brûlera avec une' âafnme blanche et comme fuligineuse. Remplissee un ^etit flacon d'un mélange de i vol. de bi-carbure d'hydrogène et de 4 vol. d'oxigène ; enveloppez-le d'une serviette et approchez le goulot d'une bougie allumée , il se produira toutà-coii^ une violente détonation. . Le mélange détonerait encore^ quand bien, même il contiendrait beaucoup moins

%o métalloïdes.

d'oxigène; mais alors tout le carbone ne serait ^pas brûlé t si l'on voulait recueillir les produits , Vexpërience devrait être faite dans l'eudiomètre à mercure.

Quoique le bi-carbure gazeux d'bydrogène brûle facilement, il est impossible de l'enflammer à travers une toile métallique avec une bougie. ( 5* vol. art. Flamme. )

L'eau en dissout une très petite quantité.

Parmi tous les corps combustibles non métalliques , il n'en est que trois, le soufrp , l'iode et le cUore, dont l'action sur le bi-carbure d'bydrogène ait été bien étudiée. Le soufre en précipite le cbarbon à la cbaleur de la lampe j s'unit à l'bydrogène, et forme du gaz suif bydriqùe. L'iode produit un composé cristallin qui paraît Être uniodbydrate de quadri-carbure d'bydrogène, et que nous ne feions connaître qu'en parlant de l'acide iodbydrique (334)« ^ cUore a trois manières d'agir : lorsqu'on plonge une bougie alluma dans un mélange de 2 volumes de cblore et de i volume de bi-carbure gazeux d'bydrogène, ou qu'on l'expose à l'action directe des rayons solaires , il s'enflamme tout-â-ooup , et détone en donnant lieu à des vapeurs piquantes de gaz acide cblorbydrique et à un dépôt de cbarbon. Mais lorsque ce mélange est exposé à là lumière diffuse ou placé dans l'obscurité^ à la température ordinaire, le bl-carbure d'bydrogène se combine avec une certaine quantité de cblore, et de là résulte un liquide qui se dépose sur les parois des vases , liquide que les cbimistes hollandais ont observé lés premiers, et que l'on connaît sous le nom de chlorure de bi^arbured! hydrogène ou d'.hjrdrO'bi-^arbure de chlore {x). Il est un moyen bien simple de rendre très sensible ce phénomène : c'est d'introduire; ^uocessivement , dans une doclie pleine d'e|iu,,jle bi-çarbure d'hydrogène et le chlore : bientôt l'usai remontera très vbiblement, et le chlorure appa-

(i) Au Uea de considérer ce composé comme du chlorure de bî-carbure d'hydrogène , il vaudrait mieuK, selon nous, le regarder comme du chlorhydrate de quadri-carbure dMiydrogène.

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