PHOSPHORE
montrer à son ami Kraft de Dresde. Celuî-ci le trouva si merveilleux, qu'il se rendit de suite à Hambourg dans l'intention d'acketer le secret de sa préparation ; il l'acheta en effet moyennant 200 dollars , et sous la condition qu'il ne le révélerait à personne. Mais Kunkel désirant vivement le connaître, et voyant que Kraft ne pouvait le lui confier, résolut de le découvrir par la voie de l'expérience , et y parvint en 1674» après beaucoup de tentatives infructueuses. Cependant la préparation du phosphore demeura cachée jusqu'en 1 737 , époque à laquelle un étranger , s'étant rendu à Paris , l'exécuta en présence de quatre commissaires nommés par l'Académie , Hellot , Duffay , Geoffroy et Duhamel. Ce fut alors qu'elle fut rendue publique. Hellot la décrivit avec détail dans les Mémoires de F Académie pour l'année 1737, et Rouelle la répéta dans ses Cours de Chimie de la même année : elle consistait à faire évaporer à siccité l'urine putréfiée , et à chauffer ensuite fortement le résidu dans une cornue de grès dont le col , par une allonge , plongeait dans l'eau.
C'est ainsi que,, pendant long-temps, le phosphore fut^ préparé, si ce n'est que, par le conseil de Mài^raff, l'on ajouta, quelque^ années 'après , un sel de plomb à l'urine épaissie. Malgré c^ttè utile addition , ce corps était toujours si rare, qu'il continuait â passer pour l'un des objets les plus curieux et les plus précieux qu'il fût possible de voir : aussi ne se trouvait-il que dans les laboratoires des principaux chimistes, et les cabinets de quelques gens riches, amateurs de nouveautés.
Enfin Gahn, l'ayant découvert dans les os en 1769, il ne tarda point à pubKer, avec Schéele j un procédé qui permit de s'en procurer des quantités assez considérables. C'est même ce procédé légèrement modifié que l'on suit encore aujourd'hui.
Le phosphore étant devenu plus commun , les chimistes purent en étudier les propriétés. Les travaux les plus remarcjiutbles qui aient été faits sur ce corps sont dus à l?e;\k\\e;t ^
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qui \\ QQfmbiuc avec le soufre et beaucoup de çietauz} 1^ Lavoisier^quî nousafait connaître ses combinai^pjK avec To^l^igiènc; à M. Dulongetà M. Davy., qui ont étudié se$ divers acides*, et à M. Berzélius, qui a étudie noja-sculement ceux-ci 3 mais encore leurs combinaisons avec les bases.
Sp. Propriétés physiques. Le phosphore est ^plide , ixisipide. Pur, il est si flexible qu'où peut le plier jusqi^'às^t à huilL fois en sens inverse sans le rconprp. Il suffit de j^ de spufre pour le rendre cassant. L'ongle le raie saxi^ peine j tous les instr^^lcn^ tranchans le coupent facilezn^tU Sa pesaptcur spécifique est de 1977* Son odeur est faible, çt rappelle celli: du gaz )ijdrogène ordinaire ou celle de l'ar- S(^ip en vapeur, 'fi'antôt il est trs^isparent et sans couleur, t^t^t trai^parçnt et jaunâtre, tantôt demi trs^nsparent copipiel^ cori^c, tantôt noir et opaque^ ce qui dépend de l'^rjrangeifient de ses y^olécidcs.
PJac^^ dans Tol^curité, il est toujours lui^ineux, pourvu tput^pis qu'il ait le contact de l'air : de là m^m^ le nom qu'on lui a donné , nom formé de deux mots grecs signifiant porte-lumière.
0p. Propriétés (;^^/^2f(?^.—Lp phosphore entre en fusion à 43^. M. THcnard en a vu néaiunoins de fondu bien au-dessous de cette tcinpérature, mais qui se solidifiait tout-^-coup par l'agitation. Exposé aune chaleur de 60° à 70^, et refrpidi subitement, il devient noir; en le laissant refroidir très lentement, il reste transparent et sans couleur; un refroidissement modéré lui donne quelquefois l'aspect corné : de noir, il redevient incolore par la fusion pour devenif noir de nouveau par un rcfroidisscji^ent subit. Ces résultats sont faciles à cousta|.qr i\m& ipi tube étrojt et fermé par l'une dç ses extrémités. Mettez un cylindre de phosphore dans le tube; ajoute^^-y assez d'eau pour en couvrir le phosphore tout entier; chaufiez le tube convenablement et jetez de l'eau froide dessus, bientôt le phosphore se solidifiera et noircira. Vous produirez également le même effet si , plongeant le tul^e iUms l'ça^i, voi^ Iç r^AVçr^s tout-à-çoup^ }\
est eaoKm une aut|^ ooimière de le faii^ naître : c'e^l d'agir seulement sur un petit globule de phosphore et de le toucher, avec une tige de fer ou de cuivre, au moment où le globule est sur le point de se solidifier*
Lorsque M* Thenard ob^eir^ ces phénoipèues pour U première fois, il s'empressa de les ajiQoncer , les croyant communs à toute espèop de phosphqre j mais depuis il a eu l'occasion de s'assurer qu^ cela n'était p^is : il a trouvé que le phosphore n'était susceptible de ces divers aspects qu'autant qu'il avait été distiUé un certain no|nb|7e de fois , souvent 3 ou 4 9 et quelquefois 3 à jp.
Il n'a pu dire enqore d'pù provenait la différence de pro< priété qu'il y a entre ces dei4X sortes de phosphore. Elle n'est pas due au soufre» par en lesbrûlfint tous deux par l'acide nitrique , il en résulte une liqueur qui n'est par trou* blée par le nitrate de b^yte; d'ailleurs ils tiQi^t très ductiles , et il ne faut pas — de soufre pour hs r^dre cas^ans. Elle n'est pas due non plus au phai'bon : .du moins, en les brûlant également par l'acide nitrique , il ne se forme pas une quantité d'acide carbonique capable de troubler l'ef^u de chaux ou l'eau de baryte. Or > coxnme dans son extraction , le phosphore n'e^t en contact qu'avec ces deux corp^ combustibles , et de plus l'hydrogène , l'oxigèhe , la chaux , les parois de la cornue , et qu'il n'est pas probable qu'un tçl effet soit du à l'un de ces trois dentiers corps, l'on (est conr duit à penser qu'il est produit par Thydrogène. £n admet-: tant cette hypothèse, sfsraitrçe le phosphore noir ou l'autre qui sejrait hydrogéné? L'on pafvien4rai;t peut-être à le savoir en les soumettant comparativement à l'action de la pile; et dès à présent même , si l'on était forcé d'adopter une 02>inion, il serait à croire que c'est celui qui reste transparent qui contient de l'hydrogène , parce que , d'après M. Dayy , lorsque le phosphore ordinaire est fondu et qu'on y fait passer un courant volt^ïque , il y a formation d'hydrogène phosphore.
La distillation du phosphpre ne doit point être |aitp m^
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précaution , ui sur des quantités considérables : autrement la facilité et l'énergie avec lesquelles ce corps brûle pourraient la rendre dangereuse. H faut introduire le phosphore dans une petite cornue de verre , placer la cornue dans un petit fourneau à réverbère , en incliner fortement le col et le tenir chaud, plonger son extrémité dans de l'eau presque bouillante, porter peu-à-peu , au moyen de charbons incandescens, le phosphore jusqu'à l'ébullition , l'entretenir jusqu'à ce qu'il soit distillé tout entier, ce qu'on reconnattra en suivant attentivement l'opération, et aux oscillations fréquentes et brusques de l'eau j retirer de celle-cî le col de la cornue et le boucher tout de suite. Si par hasard l'eau s'élevait trop dans le col, l'on y ferait rentrer, en le soulevant doucement , de petites quantités d'air à-la-fois : par là on préviendrait les inconvéniens d'une ascension plus grande, ou de la combustion trop vive que pourrait occasioner la rentrée trop subite de l'air. La distillation du phosphore a lieu bien au-dessous de la chaleur rouge : à en juger par le feu nécessaire pour l'opérer , elle n'exige même pas aoo" : du reste , quelques précautions que l'on prenne , il reste toujours dans la cornue un peu d'une poudre rouge très légère et très divisée, qui n'est que de l'oxide de phosphore.
Les rayons solaires ne sont point à beaucoup près sans action sur le phosphore ; ils le colorent en rouge sans le rendre opaque, et ce changement de couleur , remarqué d'abord par M. Vogel, a lieu dans le vide comme au sein du gaz hydrogène, du gaz azote, etc.; il se produit même à la lumière diflfuse, mais très lentement. Ne serait-il pas dû à à ce que le phosphore retiendrait un peu d'humidité, et à ce que , par la décomposition de l'eau , il se formerait un peu d'oxide de phosphore , qui est rouge?
Le phosphore nous présente , avec l'oxigène et les autres gaz, des phénomènes très remarquables.
1** Que l'on remplisse sur le mercure ou sur l'eau , à une températme qui ne dépasse pas 27* et sous la pression de 76 centimètres, une ^prouvetle de gw oxigène, et que l'on y
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introduise un cylindre de phosphore , il ne se produirt aucune absorption dans l'espace de vingt-quatre heures ; mais si, la température restant la même ou ne s'abaissant (jue d'un certain nombre de degrés , la pression vient à diminuer et à n'être plus que de 5 à lo centimètres; si, par exemple , l'on fait passer le phosphoife avec quelques bulles degazoxigène dans un baromètre, le phosphore s'entourera de vapeurs blanches, il deviendra lumineux dans l'obscurité et absorbera peu-à-peu tout le gaz , en donnant lieu à de Tacide hypo-phosphorique , ainsi que M. Bellani de Monza Ta observé le premier. Plus on diminuera la pression, et moins il faudra de chaleur pour produire la combustion : toutefois elle n'aura plus lieu à -f- 5° et au-dessous. Q? Si , dans l'expérience précédente , on augmente la pression du gaz au lieu de la diminuer , la combustion du phosphore ne se déterminera qu'à une température plus élevée. 3^ L'addition d'une plus ou moins grande quantité d'azote ou d'hydrogène ou d'acide carbonique, à un volume donné d'oxigène, produit, relativement à la combustion du phosphore dans celui-ci au-dessous de 27®, le même effet qu'une diminution de pression. C'est pourquoi le phosphore est lumineux dans l'air : il y brûle lentement, en absorbe l'oxigène et en isole l'azote.
4® Le phosphore , en vertu de sa force élastique f doit se réduire sensiblement en vapeur , à la température ordinaire, dans tous les gaz qui ne l'attaquent point, par conséquent dans presque tous : aussi , lorsqu'on tient pendant quelque temps un cylindre de phosphore dans une éprouvette pleine de gaz oxigène; qu'au bout de ce temps on l'en retire, et qu'on fait passer dans celle-ci de l'air, ou de Thydrogène, ou de l'azote , à l'instant même il se forme dans l'éprouvette un nuage lumineux, blanc, et dû à la combustion du phosphore. Le même phénomène aurait lieu si, le cylindre de phosphore étant mis d'abord en contact avec l'azote, ou l'acide carbonique , ou l'hydrogène , l'on faisait ensuite passer de l'air ou de l'oxigène dans l'éprouvette.
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M. Bctlani , qui , païmî ces obscrvatit)tt^ y a fiilt le piMàiiîl^ celles qui sont relatives à la diminution àe pression, ettï conclu, contre l'opinion reçue, que les atomes d'un mène gai avaient encore tme certaine force attractive ; que c*Aalt cette force qui s'opposait à ce que l'oxigène, à !à teinpâr»turc et sous la pression ordinaires , put fc'unîr âViee le pho** phore 'j qu'on h. diminuait en raréfiant le gai par titié inoiifdre pression , et qu'alors la combustion du phospliore poilvait avoir lieu; que l'azote, l'hydrogène, l'acide carbonique, etc., produisaient le môme effet ou agissaient deli môme manière , parce qu'ils isolaient les atomes de Fbxigène , et qu'ainsi leur action n'était que mécaniqiie. (Bulletin de Pharmacie , tcfme Y y page 489.) (i)
Cepetidant , si là cohésion n'était pas détruite danè les gaz , il semble qu'ils ne devraient pas se mêler , stuioét quand leur densité est très différente; il Semble aussi cptcri l'action chimique n'entrait pour rien daiis le pbéntÀnène) tous ceux dans lesquels le phosphore peut Se réduire En Vapeur devraient ôtrè capables d'en opérer également la combustion, mêlés à l'oxigène; et c'est ce qui n*est jlQis, comme on le verra par le tableau suivant, dont tbntèis lès expériences ont été faites à la température de 17®, fet sotU la pression de 7 5 centimètres.
( 1) M . Thënard a répété plùsiëun fols reX[tériiBncê mitnéro i , et tbii|oiirt àftt Miccès. Il ii*B point ré|>été celle du numéro ï. 'Celle du numéro S est conu» depuis long- temps. Il a fait un grand nombre de fois celle du numéro 4 » et il a observé que l'azote extrait de Fair par le phosphore , que l'hydrogène et l'aoîde carbonique , mis en contact avec un cylindre de phosphore pendant cinq à tîz heures, & la température dé 17% acquièrent constamment, le cylindre élût retiré, la propriété de devenir lumineux dans TbbscUrlté lorsqu' on les mêle i un peu d'air ou d'oxigène; que le bi-earhure d*hydrogène et l'azote extrait de Pair par un mélange de soufre, de fer et d'eau ne présenlent rien de semblable. Quant à l'oxigène, il n'a réussi que quelquefois à le rendre lumineux, quoiqu'il lu uitMAt tout de suite avec beaucoup d'hydrogène , d'azote ou d'acide carbo* liiqiiii ; la lumière ii*apparaissait îamala dans tout Tespace occupé par le gai«