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OXIDE DE CARBONE

Premier procédé. Que Ton mette de l'oxalatc de plomb bien sec dans uue petite cornue de verre, qu'on la chauffe peu-à-peu de manière ti la porter presque jusqu'au rouge , Toxalatese transformera en gaz oxide de carbone, en gaz carbonique et en protoxide de plomb, transformation dont il sera facile de se rendre compte en admettant, ce qui est vrai, que Pacide oxalique dans ce sel soit une sorte d'acide carboueux ou d'acide formé de 3 atomes de carbone et de 2 atomes d'oxigëne. Si donc, lorsque l'air sera dégagé, l'on recueille les gaz sur le mercure au moyen d'un tube , il ne s'agira plus que d'en séparer l'acide carbonique en les agitant un instant avec ime dissolution de potasse ou de protoxide de potassium pour avoir l'oxide de carbone pur» L'oxalate de zinc peut être employé avec le môme succès.

Deuxteme procédé. Le second procédé est jusqu'à un certain point analogue au premier 5 il est fondé en effet sur la propriété qu'a l'acide sulfurique de décomposer l'oxalate de potasse, et d'opérer la transformation de son acide en volumes égaux de gaz oxide de carbone et de gaz carbonique*

L'opération s'exécute en faisant un mélange de i partie de sel d'oseille (bi-oxalate de potasse) et de 5 parties d'acide sulfurique concentré, introduisant le mélange dans une fiole, adaptant un tube à la fiole et la chauffant peu-à-peu. Bientôt l'action a lieu et les gaz se dégagent. L acide carbonique doit ensuite être absorbé par la potasse, et le gaz oxide de carbone reste pur.

Au Heu de sel d'oseille qu'on emploie par économie, on peut faire usage d'acide oxalique du commerce.

Troisième procédé. Un mélange de fer en limaille et de carbonate de baryte ou de protoxide de barium, naturel ou artificiel, bien sec, donne également du gaz oxide de carbone pur , à une température élevée ; le fer s'empare d'une des deux proportions d'oxigène que contient l'acide carbonique , se combine, ainsi oxldé , avec l'oxide de barium , tandis que le gaz oxide de carbone qui provient de l'acide carbonique désoxigéné, n'ayant point d'affinité y^vx

S78 Métalloïdes o'xmàtfts.

ces oxides , se di-gage. Cette opi^ration s'exécute de la m nière suivante : on pulvérise le carbonate ; on le caldne poB chasser l'eau qu'il pourrait contenir; on le m£le avecsa poids de limaille de fer; on introduit le mélange dans m cornue de grès assez petite pour en être prescjae entiëiema remplie ; on y adapte un tube recourbé, propre à recueil lirlesgaz sous l'eau; on la dispose comme on le voit(pLi fig. 22), et on la porte peu-à-peu au rouge-cerise : alonli gaz oxidc de carbone commence à se dégager; maisons doit le recueillir qu'après en avoir perdu une certaine qiu» tilcî , pour l'avoir sans aucun tuélange d'air : on contii» l'expérience en élevant de plus en plus la température,]» qu'à ce que le dégagement des gaz se ralentisse ou s'arréfc La combinaison de l'oxîde de fer avec le protoxide il barium reste dans la cornue: tout le carbonate disparaisse le mélange a été bien fait , et si la température a été as» élevée.

Quatrième procédé. Ce procédé consiste à cbauffer » semble un mélange de parties égales d'oxîde de zinc et 4 charbon fortement calciné : l'oxide se réduit, et de là ràiltent du zinc qui se sublime et s'attache aux parois du A de la cornue, et beaucoup de gaz oxide de carbone, cpi quefoîs même un peu de gaz acide carbonique, ce quip» vient sans doute de ce que le mélange est mal fait et de» que l'oxide est en excès dans quelques points. Cette eip rience doit être faite comme la précédente , excepta qu'avant de recueillir les gaz sous l'eau, il faut les faire piS' scr à travers une solution aqueuse de protoxîde de potu* sium, ou plutôt dans un tube de verre rempli de fragment d'hydrate de potasse humecté, pour absorber la petite qutf" tité de gaz acide carbonique qui peut se former.

De ces trois procédés, le second est celui qui doit être pw* féré» Le troisième est le moins bon, parce que le cbarbonle plus fortement calciné contenant encore de l'hydrogène (98)» produit, dans sa calcination avec V' BinC| miel^

traces d'hydrogène carboné*

ACIDE d/LRBOl^tJË. 9TS

Acide carbomquêm

1 93 • Historique. — Connu successivement sous les noms de malproprement dit, dH air fixe ou lixé^ diacide méphi-' tique ^ diacide aérien^ diacide crayeux^ l'acide carbonique reçut , à la réformation du langage chimique , le nom qu'il porte aujourd'hui. C'est le premier des gaa que l'on ait appris à distinguer de l'air : aussi doit-on en regarder la découverte comme l'une des plus importantes qui aient été faites 9 puisqu'elle a ouvert une nouvelle carrière , celle des fluides élastiques, que l'on a parcourue avec tant de succès depuis 1775 , et qui a changé la face de la chimie^

Les premiers indices de cette grande découverte remontent jusqu'à Vanhelmontj il reconnut le premier que les pierres calcaires laissaient dégager quelquefois un air auquel il donna le nom de gaz. Haies vit ensuite que cette sorte d'air faisait partie essentielle de ces pierres , et chei>cha à déterminer combien elles en contenaient. Black découvrit bientôt après qu'il était capable d'être absorbé par la chaux et les alcalis, de les neutraliser et de leur donner la propriété de faire effervescence avec les acides. Priestley en étudia les propriétés avec beaucoup de soin , et en soupçonna l'existence dans l'atmosphère. Bergmann, Cavendisch , Jacquin , Fontana , presque tous les chimistes enfin, s'en occupèrent successivement. Mais ce fut Lavoisier , qui, en 1776, nous en fit connaître la nature, et qui détermina la proportion de ses principes constituans; proportions que des expériences faites depuis quelques années par MM. Allen et Pépis (i), Théodore de Saussure (a), Guyton-Morveau (3) , Davy (4) , ont sensiblement confirmée.

(x) Trans. philos,, 1807 ; etatm. dechim,^ t LXVy p. 84. (a) j4nn, de chimie, t. lxxi.

(3) jénn» de chimie , t. ZiXxxnr.

^^)jim.d^ chimie €t d0 fhys,, 1. 1, p. ;6,

mO BIÉTALLOIDHS OXIGÉNÉS.

194* Propriétés. — Uacîde carbonicpie est gazeux , incolore 'y sa saveur est légèrement aigre , son odeur un pca piquante, sa pesanteur spécifique, de i,5245; il ne rougit que faiblement la teinture du tournesol ; il éteint les ooip en combustion, et asphyxie promptement les animaux qp!ot y plonge.

L'acide carbonique , étant plus pesant qne l'air , peat 6tre Tersé d'un flacon dans un autre , à la manière de Feu: soient deux éprouvettcs , Tune pleine d'air , l'autre plek de gaz acide carbonique : si l'on incline celle-ci sur k p mière , comme on le ferait d'abord pour y verser de Vm, et si on la renverse ensuite de manière à adapter les ourfftures des éprouvettes , on trouvera , quelques seconde après , que l'éprouvette qui était pleine d'air sera plcia d*acide carbonique , et que celle qui était pleine d'acii carbonique sera pleine d'air : ce qu'on reconnaîtra aij plongeant des bougies allumées. Il ne faudrait pas condvt de cette expérience que le gaz acide carbonique , dans m air tranquille , occuperait toujours la partie inférieure 5 cir les gaz dont la pesanteur spécifique est très différente finissent par se mêler lors même qu'ils ne communiquent ensemble que par un tube très étroit. (Berthollet, Mém. ttÂv-' cueîlj tom. II.)

195. Le gaz acide carbonique résiste à la plus forte clit- I leur que nous puissions produire. Exposé à uu froid de ao'j | il ne cbange pas d'état; mais si en même temps qu'il est refroidi on le soumet à une forte pression , il se liquéfie (jinn, de Chim, et de Phys. , xxii , 323). Une pression de trente atmosphères suffît pour en opérer la liquéfaction à la tentpérature ordinaire. Il n'a aucune action chimique, ni sur le gaz oxigènc, ni sur l'air, à une température quelconque. Lorsqu'on le soumet au choc d'une série d'étincelles électriques, une partie se transforme en gax oxigène et en gaz ' oxide de carbone (Henri). Pourquoi la transformation n'est-elle pas totale? c'est ce que nous ignorons.

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