‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratiqueChapitre 73 sur 117 · ACIDE CARBONIQUE · texte numérisé non relu

ACIDE CARBONIQUE

nique seuj sera absorbe , et le résidu ne sera plus que Foxîgène excédant ; que l'on compare ensuite le poids de ces deux gaz à celui de tout Poxigène employé et du cbarbon brûlé ils ne différeront pas sensiblement.

Au lieu de cet appareil qui permet d'opérer sur de grandes quantités de gaz, on peut faire l'expérience en petit j sur un demi-litre de gaz , par exemple, dans l'appareil décrit sous le nom de gazomètre à éprouvettes. (Voir descrip. des appareils, vol. v. )

Nous avons supposé qu'on n'employait dans cette expérience que du gaz oxigène pur. Cependant il est difficile de s'en procurer qui ne contienne pas un peu d'azote \ les vases eux-mêmes en peuvent fournir une petite quantité adhérente à leurs parois : de là , pour apprécier cet azote , la nécessité d'analyser le gaz oxigène par le gaz hydrogène dans l'eudiomètre, avant l'expérience et après l'absorption de l'acide carbonique par la potasse caustique , analyse qui se fait comme celle de l'air atmosphérique • (i)

202. Usages, — Dissous dans l'eau , l'acide carbonique est d'un fréquent usage en médecine : il constitue alors les

(i) L'appareil que nous venoa<t de décrire est de rinvention de MM. Allea ./et Pt'pis; ils s'en sont servis pour brûler le diamant et tes différentes espèces de charbon. Guytou-Morvau s'en est également servi pour le mâme objet; mais, au lieu d'un tube de porcelaine , il a fait usage d'un tube de platine , parce que souvent les tubes de porcelaine] sont perméables. Guyton a même pris la précaution de faire forer le tube qu^il a employé.

n suit de leurs expériences que le diamant , Tanthracite , et les diverses espèces de cbarbons végétaux calcinés, absorbent sensiblement la même quantité d'oxigène pour passer à Télat d'acide carbonique , et que, dans cette absorption , il ne se forme poiut d'eau , ou que du moins il ne s'*en forme que des traces ; résultats qui , depuis , ont été confirmés par Davy , et d*où Ton peut conclure que ces différens corps sont identiques , et ne contiennent point d'hydrogène , ou en contiennent des quantités si petites qu'on peut le» négliger. ( P^ojrez le Mémoire de MM. Allen et Pepis , Bibliothèque britannique, Sciences et Arts ^ tome xxxvi, ou Transactions philosophiques pour 1807 ; le Mémoire de Guyton, Annales de Chimie, tome lxxxiv; celui de Davy, Annales de Chimio et de Physique , tome 1 , page 1 6. )

/. S(JL'/ème eWtf/o/i» \^

290 métalloïdes OXIGÊNKS.

eaux gazeuses, n»ilurclles ou arlificielles , que l'on em{)loie aujourd'bui presque îjiilistnictcmcDt, Associe au vin, il forme une boisson piquante , agréable , cjui convient, à un grand nombre de personnes. C'est l'agent dont la nature se sert pour fournir aux plantes le carbone qui leur est nécessaire, et réparer ainsi les pertes d'oxîgène que l'atmosphère fait a cliaque instant, (Yoy. art. Fcgéiation* )

Acide cldoro^arbonique.

ao2 (i«). — ^Nous avons déjà dit (189) que cet acide résulte de Faction directe du chlore sur l'oxide de carbone.

L'expérience peut ùtre faite dans un tube gradué sur le mercure. Cependant , comme le chlore attaque ce métal, il vaut mieux , pour plus de précision , la faire dans un matras dont on connaît la capacité , et dans lequel on fait le vide : on y introduit successivement les deux gaz, et après la réaction, qui a lieu ordinairement en moins d'un quart d'heure, on ouvre le ballon dans le mercure pour apprécier la diminution de volume , etc. La réaction ser.iit très lente si les gaz n'étaient exposés qu'à la lumière diffuse; elle n'aurait pas lieu dans l'obscurité', l'électricité , ainsi que la chaleur nnige, sont incapables de la produire.

Le gaz chloro-carbonique est sans couleur; son odeur est Suffocante et analogue à celle du chlorure d'azote ; il affecte sensiblement les yeux , provoque les larmes , rougit fortement le papier de tournesol , et éteint subitement les corps en combustion ; sa pesanteur spécifique est de 3,399.

Ce gaz n'a aucune action sur l'oxigène , du moins par Tctîncelle électrique. Mis en contact avec l'air, il n'y répand point de vapeur. Aucun corps combustible non métallique ne le décompose. L'étain, le zinc, Tantimoine , Tarsénic et plusieurs autres métaux en opèrent , au contraire , la décomposition : ils en absorbent le chlore et en rendent libre le gaz oxide de carbone. L'eau, l'oxide de zinc, l'oxide dVntîmoine etla plupartdes autres ox ides métalliques, le dé-

ACHVE GHLOROGAAAGKlQiœ. Mi

composent aussi , mais en se décomposant cu&-ni£mes : l'eau donne lieu à de l'acide carbonique et à de l'acide cblorhydrique ; et les oxidcs métalliques, à de l'acide carbonique et à descblorures.

Tous ces résultats se constatent dans uue petite cloche courbe de verre : on remplit cette cloche de mercure , on y introduit le gaz et le corps métallique ou l'oxide , et on la chauffe avec la lampe à esprit de vin : l'eau est le seul de ces corps qui agisse à froid. Dans tous les cas, par l'effet de la réaction , on obtient autant de gaz oxide de carbone ou de gaz acide carbonique que l'on a employé de gaz chloroxi-carbonique.

L'eau étant capable de décomposer , même à la température ordinaire, le gaz chloroxi-carbouiquc , on peut en conclure qu'en faisant passer une étincelle électrique à travers un mélange de ce gaz et d'une certaine quantité d'hydrogène et d'oxigène , il doit se produire , outre une sorte de détonation , de l'acide chlorhydrique et de l'acide carbonique : c'est ce qui arrive en effet.

L'alcool très concentré en dissout douze fois son volume , à la température et à la pression ordinaires.

Enfin , l'acide chloro-carbonique s'unit tout entier au gaz ammoniac^ il en absorbe quatre fois son volume, et forme un sel doué de propriétés particulières. Ce sel est so lide , blanc , volatil , neutre , piquant , déliquescent, et par conséquent très soluble dansTeau. Soumis à l'action du feu, dans une petite cloche courbe remplie de ga!c chlorhydri- (jue ou sulfureux, il se sublime sans éprouver de changement. Traité par l'acide sulfurique , il se décompose ; il en résulte du sulfate d'ammoniaque , et il se dégage du gaz acide cai'bonique et du gaz chlorhydrique dans le rapport de I à 2. La production de ceux-ci est due , sans doute, à ce (jue l'eau de l'acide sulfurique est elle-même décomposée. Les acides azotique, phosphorique et l'acide chlorhydrique liquide , en opèrent aussi la déc*omposition en ixiison de l'eau qu'ils oonlieuacnt. II ca est de même ^ \u:o-

ÎM UiTALLDlDBS OXK^ÂNÉS.

kablement, de toutes les dissolutions acides et alcalines» Puisque Tacide chloro-carbonicjae résulte de i Tohune d'oxide de carbone et de i volume de chlore , sa composition est :

Ea prop. I d*oiide de carbone = 176,5a -j- i de chlore = 449,64 En atom. x idem. idem, -j- a de chlore = 441,64

Donc poids atomique du gaz chloro-carbonique G h^, C^ O = 619,16.

C*cst à M. John Davy que l'on doit la découverte et Fétude des propriétés du gaz cbloro-carbonique. Il en a décrit les propriétés sous le nom àe phosgènej qui veut dire produit par la lumière^ dans la Bibliothèque briUmnim^ sciences et arts, tome li«

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