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OXIDB DE PHOSPHORE. MS

noir; à Tautre est adapté un tube recourbé qui plonge dans le phospbore* Celui-ci est placé dans une éprouvette où l'on met de l'eau à 60". L'appareil ainsi disposé, l'on verse de l'eau par le tube droit ; le gaz oxigène étant comprimé passe à travers le phosphore , le fait brûler vivement et produit de l'acide pbospbori(pie qui se dissout et de l'oxide de phosphore qui apparaît dans la liqueur sous forme de flocons légers de couleur rouge-cinabre* Lorsque la combustion cesse, on agite l'eau et on la décante tout de suite; on enlève ainsi tout l'oxide qui bientôt se dépose ; on le lave, puis on l'introduit dans une petite cornue tubulée que l'on chauffe peu-à-peu; l'eau et le phosphore dont l'oxide pourrait être imprégné, se volatilisent, et l'oxide reste très pur*

Cet oxide est rouge, insipide, inodore, insoluble dans l'eau, l'alcoo|, l'étheret les huiles. Il n'est pas lumineux dans l'obscurité, même par le frottement.

Chauffé dans un tube, à l'abri du contact de l'air, il n'éprouve d'altération qu'à un degré de chaleur voisin du rouge obscur ; alors il se transforme en acide phosphorique fixe et en phosphore qui se volatilise : aussi , quand l'expérience se fait en vase ouvert, l'oxide prend-il feu, et sa conversion en acide phosphorique est-elle totale.

Le soufre, qui produit une détonation avec le phosphore, n'en produit aucune avec l'oxide de phosphore, même à chaud.

Projeté dans un flacon plein de chlore sec ou humide « l'oxide de phosphore s'enflamme, et de là résulte de l'acide phosphorique et du perchlorure de phosphore.

L'acide azotique et l'acide hypo-azotique l'enflamment également, et de là encore de l'acide phosphorique.

Il détone très fortement et tout-à-coup par son seul contact à froid avec le chlorate de potasse; il en est de même avec le nitre : seulement la température doit être légèrement élevée, et la détonation est moins violente.

L'oxide de phosphore est composé de 149S d'oxigène et de 85,5 de phosphore, ce qui donne en atomes :

n4 métalloïdes OXIGÉI9ÉS.

a oxigènc =: aoo -|- 3 phospb. r=: 3 y^ 196,1^5. Donc poiJs alom. d« Toxide de phosphore Ph' O' = 788,465.(1)

Acide phospliorique.

204. Cet îKÙde, découvert par Marçraff, a c5té examint princî]>nlemeiit par Lavoisier, Tliomson , Rose, Berthollet, Davy, Berzcliiis, Duloiig.

Solule, très sapide, inodore, sans couleur, il rougît fortement la teinUirc de tournesol; sa pesanteur spécifique est inconnue: Ton sait seulement cpiVlle est plus grande que celle deTcau. Il ne cristallise fpi'avee beaucoup de difficulté cd raison deson extreuîc solubilité. (yî//?w. de 6%/7;i.,XLVii,ctL.;

Expose au feu, Tacide pliosjdioriquc commence à se ramollir bien au-dessous de la clialeur rouge v* à ce degré de (chaleur il est en fusion parfaite, et donne lieu à nu yerre blanc et transparent ([ui est Vi\v\i\o para-phosphorique ; à un degré de chaleur beaucoup plus élevé , il se vaporise. C'est dans un creuset de ])latine qu'il faut fondre l'acide phospliori(pie. On ne doit jamais en opérer la fusion dans des vases de terre ou de verre; il les attaque et les troue promptement', il agit m(Mne (Pune manière sensible sur l'argent avec le contact de l'air : il se produit alors une petite quantité de phosphate.

:»o5. Soumis à l'action delà pile, de la même manière que Tacide boricpie, l'acide phosphoricpie vitrifié et légèrement liunnuté se décompose; Toxigène se rend au fii positif, elle phosplion^ au fil négatif.

'.u>(i. 1 /acide phosphorique n'a d'action, à aucune temjiératnre, ni sur le gaz oxigèue, ni sur l'air; il s'empare seulement avt'c énergie, à la température ordinaire, ou à une température inférieure, de toute l'eau que ces gaz peuvent contenir.

^r) Vay. les observa\ious qui seront faites sur la densité de la vapeur d^ |iliii8|ih(irt: (v* vol.). *

ACEDE PHOSPHORIQDE. 295

207. On n'a encore examiné que l'action d'un métalloïde sur l'acîde pliosphorique , celle du carbone. Ce corps décompose l'acîde pliosphorique à une température élevée ; îl en résulte du gaz acid e carbonique ou du gaz oxide de carbone et du phosphore : c'est sur cette décomposition cju'est fondé l'art de se procurer le phosphore (62)', elle s'opère de la manière suivante : on prend une partie d'acide pliosphorique récemment fondu , et on le pulvérise avec 3 parties de charbon dans un mortier de porcelaine ou de laiton. La pulvérisation doit se faire promptement , pour que l'acide attire le moins possible l'humidité <le l'air et ne devienne pas visqueux. On introduit le mélange dans une petite cornue de grès; on place cette cornue dans un fourneau à réverbère ; on adapte à son col une allonge dont le bec plonge de quelques lignes dans l'eau d'un récipient tubulé •, un tube recourbé et à boule part de la tubulure du récipient , et va s'engager sous des flacons pleins d'eau. Lesjointures étant bien lutées, on chauffe peuà-peu la cornue, et on la porte jusqu'au rouge presque blanc , eu surmontant le dôme du fourneau d'un tuyau d'environ un mètre de hauteur. Bientôt l'acide est décomposé; les gaz se rendcntdansles flacons pleins d'eau, etle phosphore se vaporise et se condense, soit dans l'allonge, soit dans le récipient. Ij'opération est terminée quand le dégagement du gaz cesse, et que la température est très élevée. Nous devons faire observer que l'acide phosphorique contenant presque toujours de l'eau, cette eau elle-même est décomposée dans l'opération par le charbon , et produit tout à-la-fois du carbure d'hydrogène , du phosphure d'hydrogène , et de l'oxide Je carbone, ou de l'acide carbonique, qui sont tous gazeux.

Il est probable qu'à une haute température , l'hydrogène et le bore décomposeraient l'acide phosphorique : sans doute que le soufre ne le décomposerait point , puisque le phosphore décompose l'acide sulfurique.

208. L'acide phosphorique est très solublc dans l'eau, et forme en s'y dissolvant un acide, liquide , iacolot^ ^ ^^xx%

296 Métalloïdes oxigénés.

odeur, qui, concentré , est filant et visqueiur. Son affinité pour Teau est si grande que , même au degré de la chaleur rouge, d'après les expériences deBerthollet, il en retient une grande quantité ( Recherches sur les lois de F affinité j troisième suite , p. 1 13). M. Dulong l'estime à 20,6 pour 100 d'acide phosphorlque sec. (Mém. d^Arcueil^ t. m , p. 445-)

209. Etat. — L'acide phosphorlque n'a point encore été trouvé libre ; il se rencontre combiné fréquenunent avec ja chaux, assez souvent avec l'oxlde de plomb , l'oxide de fer, moins souvent avec ceux de cuivre, de manganèse, d'urane, quelquefois avec la potasse, la soude, la magnésie, l'ammoniaque, l'alumine. Les os des animaux contiennent presque les deux cinquièmes de leur poids de phosphate calcaire.

210. Préparation. — Cet acide peut ôtre obtenu, soit en brûlant le phosphore par l'acide azotique, soit en décomposant le phosphate de baryte par l'acide sulfurique, soît en faisant bouillir VdsAAepara-phosphoriqueBiYec l'eau.

Premier procédé. — On Introduit une certaine quantité de phosphore dans une cornue de verre, par exemple, 3o grammes, et on y ajoute 200 grammes d'acide azotique à 20° de l'aréomètre de Baumé^ on place cette cornue sur un fourneau ordinaire au moyen d'une grille en gros fil de fer, et on adapte à son col un matras tubulé. L'appareil ainsi disposé, on met quelques charbons sous la cornue^ bientôt laclde azotique se trouve décomposé, cède une portion de son oxlgènc, ou même tout son oxigène au phosphore, d'où résultent de l'acide phosphorlque qui reste dans la cornue, et de l'oxlde d'azote ou de l'azote qui se dégage à l'état de gaz, en produisant une efiervescence plus ou moins considérable. Cette effervescence sert de guide dans la manière dont le feu doit être dirigé : lorsqu'elle est très faible, on doit augmenter la température , et la diminuer dans le cas contraire. En supposant que la quantité d'acide prescrite ne suffise pas pour brûler tout le phosphore , il faut en ajouter une nouvelle portion dans la cornue, ou plutôt cohober^ c'est-à-dire,

ACIDE PHOSPHOEIÇ^UE. 297

y rciùettre le li(juide distillé qui contient beaucoup d'acide non décomposé. Tout le phosphore étant brûlé , ce qui a lieu lorsqu'il est entièrement dissous j on continue la distillation jusqu'à ce que Ja liqueur soit presqu'en consistance sirupeuse ; alors on la verse dans un creuset de platine que l'on porte peu-à-peu jusqu'à la température de i5o à 200**, pour être sûr de vaporiser tout l'acide azotique. Le résidu n"*est que de l'acide phosphorique hydraté.

Deuxième procédé. — Il faut commencer par se procurer du phosphate de baryte, et c'est à quoi l'on parvient en versant une dissolution de phosphate d'ammoniaque dans une dissolution d'azotate de baryte. Le phosphate de baryte se précipite aussitôt que les deux sels sont en contact 5 on le lavej et, lorsque les lavages sont terminés, on le met en suspension dans une petite quantité d'eau, puis l'on ajoute peu-à-peu à la liqueur de l'acide sulfurique faible. Par ce moyen, l'on forme un sulfate de baryte qui , étant insoluble, ne tarde point à se déposer. Il faut ajouter assez d'acide sulfurique pour s'emparer de toute la baryte, mais il ne faut pas en mettre un excès 5 il faut en verser enfin une quantité telle que la liqueur ne se trouble plus, ni par cet acide , ni par l'azotate de baryte : dans cet état, elle ne contiendra plus que de l'acide phosphorique, et de l'eau; et par conséquent, en la fjaisant évaporer, l'on obtiendra l'acide phosphorique pur et hydraté comme par le premier procédé.

Troisième ""procédé. — Il suffit de faire bouillir pendant quelque temps l'acide para-phosphorique avec l'eau pour le transformer en acide phosphorique.

De ces trois procédés, il n'en est aucun qui donne de l'acide phosphorique sec; cet acide n'a pu encore être obtenu sans eau. Les plus économiques sont les deux derniers.

211. Composition, — Les chimistes ont singulièrement varié dans les quantités d'oxigène et de phosphore dont ils ont cru l'acide phosphorique formé. L'on en jugera par le tableau suivant.

L'acide phosphorique est composé de :

298 Métalloïdes oxicénés.

litotpliere. Oxlgèiiv.

100 154,00 Lavoisier. (i)

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