PHOSPHORE
La découverte du phosphore reiùotote à Tannée 1669; elle est due à Brandt et à Kuftckel, qui retiraient ce corps des phosphates contenu^ dans Vurine. En 1769, Cahn et Schééle signalèrent dans les os l'existence d'une proportion considérable de pfiosphate de phaux , et firent connaître un procédé facile pouï* en retirer lé phosphore.
Le phosphore est incolore , transparent, insipide, d'une odeur feiibte-^ ment alliacée, d'tm aspect corné. Il est flexi|)le et assez tnou pour être entamé par l'onglCv ëfo de soufre suffit pour le r^idret^assant; •
La densité du phosphore est de 1,77.
Ge corps éntte en fusion à 44,2* ii'après les etpériencegi récentes de M^ Desains,^ et en ébullition à 290*". Sa densité de vapeur, déterminée par M. Dumas, est de A, 555. ^
XiC phosphore , après ^voîr été fotidu , peut rester liquide à la tempéra-^ ture ordinaire et même à quelques degrés au-dessous de zéro. L'expérience se fait dans un verre où l'on a fondu du phosphore dm^ dje l'éau ehaude; l'eau clîaude est enlevée et remplacée pkt&îeurs fois paf de l'eau froide. Il n'est pas rare de voir le phosphore rester liquide pendant plu^ sieurs nïinutes au milieu d'une eau dont la température marque de 12 à ii*» ; il se soMdife aussitôt qu'on le touehe avec un corps étranger.
- Le phosphore présente, quand il est parfaitemerit pur, un autre phé* nomène non moins curieux qui aé^ observé par M. Thénard: Lorsqu'on l'expose à une t^napérature dé *70" et qu'on le refroidit subitement , il de* vient noir. On reconnaît que cette rtiodifieatiori est due à un diangemènt moléculaire du j^îosphore , la cokHration disparaissant par lafiisiian. .
De tous les corps simples, le phosphore est celui qui présente, sous le rapport de la couleur, lesr modiâcations les plus nxwnbï^usefr.
Lorsqu'on le^umet à la radiation solaire y soit dans le^ vide, soit dains des gaz qui ne peuvent l'altérer chimiquement , comme l'hydrogène,
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rajjote , etc, , il se colore mpklt^iient eii rouge. 11 perd aussi sa traii^^renée dans Teau ; il y devieqt rapidement jaupe et opaque. Lorsqu'on le conserve pendant longtemps dans ce liquide, il se recouvre d'une couche épaisse d'une substance d;un Uanc jaunâtre, qui parait être du phosphore dans un état moléculaire particidier, et quelquefois aussi une combinaison de phosphore et d'eau analogue à l'hydrate de chlore. (Pelouze.)
Le phosphore ne cristall^ pas par fusion, mais peut affecter des formes régulières lorsqu'on le Mi dissoudre dans les huiles essentielles, et notamment dans le sulfure de phosphore. Les cristaux qu'on obtient ap^ partiennent au système régulier et ont la forme de dodécaèdres rhomboïdaux.
Le meilleur dissolvant du phosphore est le sulfure de carbone, qui en prend des quantités cons^déraMes.
On peut réduire le phosphore en poudre en l'inti'oduisant dans un flacon <5ontenant de l'eau chaude , et l'agitaiit rapidement jusqu'à ce que l'eau se soit rjefroidie; le phosphore se divise d'abord en petites gouttes, qui produisent en se solidifiant de la poudre de phosphore.
La propriété que possède le phosphore d'être lumineux dans l'obscurité a servi à le désigner. Il tire son nom des deux mots grecs <p&>; , lumière, ^€pM , je porte. Des figuresou deslettres tracées avec le phosphore sur un tableau que l'on place dans l'obscurité deviennent lumineuses, et sont, comme on dit , pho^horescentes.
On a considéré généralement la phosphorescence du phosphore comme le résultat de la combinaison lente de ce^ corps avec l'oxigtoe. Cette ^inion a été rejetée par M. BerzéUus, qui a démmitré que le pho$phore luit dans les gaz azote et hydrogène débarrassés d'oxigène, et ménse dans le vide barométrique; la pho^orescence continue jusqu'à ce que l'espace où elle se produit soit saturé de vapeur de phosphore.
La {dïospfaorescence est donc, d'a{>rè$ M. BerzéUus, un pbénomkie lumineux qui accompagne la vaporisation du pho^hore, mais qui ne résulte pas de son oxidation.
L'eau dans laquelle on a conservé le phosphore hiit aussi dan^ l'obscurité. Lorsqu'on l'agite , elle répand des lueurs de peu de durée. Plusieurs coips , tel$ que le chlore , l'hyckogène carboné , l'alcool , l'étber, l'essence de térébenthine , peurent empêcher le phosphore de luire dans l'obscurité. Le pho^hore luit beaucoup plus fortement dans l'air raréfié que sous la pressicm ordinaire de l'atmosphère.
Néanmoins, la cause de la phosphore^nce du phosphore est encore incertame; et, récemment, M. Fisfdier a faH connaître quelques expériences qui tendraient à prouver que la phosplicwrescence du phosphoi-e est due , comme oh le pensait autrefois , à un 'phénomène d'oxidation lente.