‹ Traité de chimie, générale, analytique, industrielle et agricole (volume 2)Chapitre 48 sur 143 · CARBONE · texte numérisé non relu

CARBONE

ifi pàrbone est solide, iu64ofe, infusible ejt fixe.

Plusieurs de ses propriétés physiques sont érAinemment variables, telles que la couleur, réçlat„ la décrété, la densité, fa sdxiorîte, la faculté dç conduire la cliâleur et réiectricité; aussi pourrait-on être porté à considérer comme 4es corps appartenant à des espèces différentes le diamant, le graphite, le noir de fumée, Tanthracite, Te coke , le charbon delx)îs , qui ne sont cependant que des variétés du carix)ne.

Le carbone se combhie directement à Toxagène sous lliafluence de la chaleur, et produit deux composés distincts,^ Toxide de carbone (CO) et tisicide carbonique (CO*). ,

Ee carbone brûle d*autant miçux dans Foxigéneet dans ï^air qu'il est plus léger; toutefois, dans un courant d'oiigène pur et sous llnfluence d* une température élevée , Je charbon le plus dense et te plus dur, qui est le diamant, brûlé facilement.

Lliydrogène, nialgré ses ncnnbreuses combinaisons avec le carbone, est sans action directe sur ce corps.

Le phosphore, Farsenic, l'azote, le bore, le silicium, le cÙore,' lé brome et rlôde ne se combinent pas non plus directement avec le carbone.

te soufre, chauffé avec le carbone,, distille sans se coiaibinér; mais iors(^u'on fait passer la vapeur de soufre sur du charbon incandescent, ces deux corps s'unissent pour produire un liquidé connu sons le nom de Sulfuré de carbone.

' Les propriétés que nous venons dé faire connaître peuvent ôà*e oorisidérécs commte étant les propriétés caractéristiques du carl)one, et se constatent dans ses différentes espèces! Nous examinerons maintenant chacune de ces espèces en particulier, en commençant par lé diamant^ qui est du carbone pur et cristallisé.

La véritable nature du diamant est restée longtemps inconnue.

En 169/1 , les académiciens det Cimento de Florence constatèrent que le dimiatil btûlait au foy^ d'un mâriHr ardent: ce* fait li^ eonfinDé par FraBçoi&rÉtienn^ de Lcurrame, qjBi ambstit^a à une leoditte mr yfuAtml fim de forge.

De 1 166 à 17H, pta^ôors ebinnsleB françtîi, ei i^oUÊommxit Mfteqiier, rMïoiiininrent q«ie le diamant gaftatî du eoiilaet de Tak vésiafeaii à ïm^ tion de la chajwir»

A la même époque, Lavoisier et Guyton de Morveau remarquèrent que

le duHSiwt hfiHé dans Voiiigèiie {uroftaH o^iifiltittfmiitd^Vacîéi caibo* nique; d'où iU ctunelurent «[ueto éîainaDljdtevait contenir dn carb(»e.

La nature du diamant fut établie p«r Hu»i|)hry Daty> ^uid^ttontn que le diamant donnât ^ brûlant la même quantké d'acide ctrtmnMpié que le carb<MKe pur, que dan» cette combu^kiw U ne se pvoAiiflait qnede Taeide carbonique, et qu'enfin le diamant, €» Joffùlant éans l'oi^teet ne faisait pa& varier le Tolnme de ceitaz : Dayy conclirt Je $ea exp A rw n eei que l|s diamant était du caibone pur. ,

Le^Uamantesl le coq^ le fdua dur que Feu i^wwiiaft.

Il ne peut être entaipé que par saproppa pmsaiàio^etiiajpeaiife ûmt* traire les autres corps, même Tacier trempé. ?

Le diauiumt est fix^e ^ tE^fusible, mauvais e^Moducleur de réteotrielté. Sa daisité est de â^&; aoumia àVinaolation, il devicsit très phoflphwea* cent. B acquiert par le frottement l'électricité positive.

Les diamants sont généralement. kcieoloreavtriNispaiéitts et vitran; mais ils préfiientent aussi quelqu^is dei^ temtea bfeurea, jaiinea^ rosées ou Noirâtres.

Le diainant se trouve ordinairemei^t crisl^dliaé; ses principales fonaet cristallines sont l'octaèdre» le4étraèdre ^ le dodécaèdre rhomboidal; dhs s^partiennent au système cristallin réguUer; les faces des coriataux sont souvent curvilignes. La cassure du diamant ei^ généralement lufidkiuâi à cause delà facilité et de la netteté de ses clivages. LeslapidaùeesmaUtiit cette propriété à profit pour le tailler. Le diamant Jouit % un baut degré de la réfraction single.

Newton, s'appuyant sur la propriété de réfracter la lumi^ quepos^ sèdent les corps cc^nbustiblesK fut amené à soupçonner le premier la eom* bustibilité du diamant. Le pouvoir réfringent et di^^ersif dtt diaaaant donne au diamant taillé ses beaux efiets d^ lumière.

Les nombreuses tentatives faites pour obtenir k^ diamai^ par des proK cédés artificiels Qnt toutes échoué jusqu'à présent. Ce cerpç étant infbsible et fixe, on conçoit que les procédés ordinaires de cristattiaation p«r fusion et par volatilisation ne puissent être appliqtiés au eaibcme. La fonte est le seul corps qui puisse dissoudre le carbone et le biiaser dé* poser par le» refroidissement; mai» le carbcôie qui s'en sépare est du graphite, corps noir et opaque.

Les inductions géologiques n'apprennent rien s^r le mode de format fion du diamant; ce corps se trouve tcmjoursdans les terrains d'aV^ luvion , disséminé dans des sables ferrugineux qui constituent des alluvions anciennes. v

La taille du diamant, inconnue des anciens peuples, a été découverte en 1416 par Louis de Beiqnem. E)le ajoute à sm édat natvhret enr multiptiMt le i)amlHn& de sa» iîwietles.

La taiUe du diaNiamt s'exdeiila m naprimant xm moorement de rota-

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tio^ à une plate-forme horizontale en acier, recouverte de poudre de diamant (égrisée) délayée dans de l*huile. 0n appuie fortement contre cette plaque le diamant, qu'on débarrasse ainsi des parties rugueuses qui le recouvrent. Le diamant peut être taillé en rose ou en brillant. Le diamant taillé en rose a le dessous plat et le dessus élevé en d6me, présentant des facettes au nombre de vingt-quatre. Le diamant tafllé en brillant ne diflC^ de la f(mae des roses, qu'en ce que le dessous ,» ap>pelé culasse ^ est taillé conune le dessus , et se compose de facettes^ symétriques qui correspondent à celles de la partie supérieure du diamant. Les diamants qui présentent une croûte verdàtre sont ceux qui possèdent la plus belle eau après la taille. ^

M. iacquelain est arrivé récemmefit à des résultats intéressiînts en soumettant le diamant à Taction d'une forte ôhaleur produite par là pile de Bunsen. Soué cette influence, le diamant se ramollit, se partage en plusieurs fragments, perd sa transparence , augmente de volume, devient noir, et se change en un diarbon entièrement comparable au coke. La densité du diamant, qui avant l'expérience était de 3,336, devient 2,677 après sa conversion en coke. Ainsi modifié, le diamant raye encore le verre, mais est devenu assez friable pour pouvoir être brisé entre les doigts. M. Jacquelain pense que certains diamants noirs, appelés diamants savoyards, ont pu se produire dans des circonstances comparables à celles qu'il a décrites.

Les diamants se trouvent principalement dans l'Inde, dans l'Ile de Bornéo et au Brésil. On les extrait en soumettant la terre à diauMint à l'action d'un courant d'eau sur un plan incliné, consistant en une table divisée en compartiments sur lesquels s'arrêtent seulement le gravier et les diamants , qu'on sépare à la main.

11 existe des diamants appelés diamants de nature. Ces corps se trouvent à l'état brut sous forme sphéroïdale et ne possèdent aucun clivage. On n'a pu les tailler par aucun procédé, et ils servent à faire de la poudre de diamant.

Le plus gros des dianaants connus est celui du ràja de Matan à Bornéo; il pèse 300 carats ou plus d^ 65 grammes. (Le carat = 0*'',212.)

Le Régent, diamant de la couronne de France, pesé 136'karats. lï fut acheté deux millions et demi à un Anglais nommé Pitt par le duc d'Orléans alors régent. On estime que ce diamant vaut le double du prix d'achat à cause de la beauté de sa forme et de sa parfaite limpidité.

GRAPHITE ou PLOMBAGINE. — MINE DE PLOMB.

Le graphite est quelquefois appelé plombagine ou mine de plomb. II contient en général 95 ou 96 p. 100 de carixmepur; il est crfetallin^ doiÀ et onctueux au toucher, et 4ache les dcûgts ; il brûle avec autant de

CAABONË.

difficulté que le diamant; s^ densité est de 2,5. Le (psapHteest ordtoairemept cmt,alliâé en petites tables, ou en paillettes hexagonales assez nettement déterminées, Op trouve ce.corps dans les terrwns de Iransitioa les plus anciens.

lie graphite a été considéré pendant longtemps comme du carbure de fer;, mais ]es analyses ayant déjBontré cpxe le graphite pur n^ contenait qu'une très petite quantité de fer, qui souvent ne d^asse pas un demi-centième, et dont la proportion varie avec les difiGérentes espèces de graphite , oa s'accorde maint^iant à. considérer Je gvaphita conmie une variété de carbone cristallisé.

On peut obtenir du graphite artificiel en. laissant refroidir lentement certaines fontes sursaturées de carbone, et en les dissolvant dans un mélange d'acide chlorhydriqne et d'adde azotique ; il reste en suspenûon dans k liqueur un corps cristallin d'un gris métallique identique avec le graphite naturel.

ANTHRACITE

U anthracite est une variété de charbon presque pur, plus brillante que le charbon de terre ordinaire, plus noii^ que le graphite. Sa densité varie de 1,6 à 2,1. Par ses propriétés et sa ccmiposition , l'anthracite semble être intermédiaire entre le graphite et la houille.

Nous donnons ici l'analyse de quelques variétés d'anthracite que l'on doit à M. B^gnauU.

Gftfbonc* ••••••!••

ANTHRACITE

DE PJfeNSTLVANIE.

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