‹ Traité de chimie, générale, analytique, industrielle et agricole (volume 2)Chapitre 57 sur 143 · AIR ATMOSPHÉRIQUE · texte numérisé non relu

AIR ATMOSPHÉRIQUE

Délennliuitloii de l*aeMe mriNNilf ae cooteon dam l'air.

L'air contient de Tacide carbonique dont on peut constater la présence en abandonnant pendant quelque temps à Fair de Feau de chaux. L'acide carbonique de Fair, se combinant à la chaux , produit à la surface de Feau une couche blanche et cristalline de carbonate de chaux insoluble dans Feau.

M. Thenard a le premier employé, en 1812, une méthode propre à déterminer avec exactitude la proportion du gaz acide carbonique contenu dans Fair.

Cette méthode consiste à faire le vide dans un ballon de verre d'une grande capacité, et à y recevoir de Fair dont on absorbe ensuite Facide carbonique par Feau de barite (pi. 7, fig. 15). Le poids du carbonate de barite donne celui de Facide carbonique-

Si Fon suppose un ballon de 10 litres dans lequel on a fait dix fois le vide, et que Fon a rempli d'air à dix reprises différentes , on aura en définitive opéré sur 100 litres d'air, qui contiendront une quantité d'acide carbonique facile à déterminer.

Il résulte des expériences de M. Thenard que Fair ne contient environ que J5V0 d'acide carbonique.

Théodore de Saussure , M. Brunner et M. Boussingault, ont confirmé les résultats de M. Thenard.

On doit à MM. Brunner et Boussingault une méthode très simple pour le dosage de Facide carbonique, qui consiste à faire passer, à l'aide de l'aspiration produite par l'écoulement d'un liquide, un vplume déterminé d'air sur des tubes absorbants. Les premiers tubes contiennent de l'acide sulfurique concentré ou de l'acide phosphorique qui absorbent Feau ; les derniers tubes contiennent une dissolution concentrée de potasse et des fragments de potasse caustique qui absorbent Facide carbonique.

Bilitence d*an prlnelpe bydroséné et earbooé dans l'air.

Théodore de Saussure a montré le premiier qu'il existe dans Fair une substance carbonée qui n'est pas Facide carbonique. Il a introduit dans un eudiomètre de l'air dépouillé d'acide carbonique , ne troublant plus Feau de chaux, et Fa mélangé à Fbydrogtoe et soumis à Finfiii^ice de l'étincelle électrique.

Le gaz , après l'action de l'étincelle, précipitait Feau de chaux et contenait une proportion sensible d'acide carboni€[ue, qui ne pouvait provenir que de la combustion d'un corps carburé.

Ces expériences ont été confirmées par M. Boussingault , qui a tmuvé qu'indépendamment d'un corps carburé , Fair contenait un corps hydrogâié.

AU ATJfOSPBKUQUI. 61

M. Boussingault constata qu'il se produisait de Teau et de Tacide carbonique, en faisant passer sur de l'oxide de cuivre chauffé au rouge, de Fair atmosphérique complètement privé d'eau et d'acide carbonique.

Plusieurs chimistes pensent que ce prindpe hydrogéné et carboné est peutrétre du gaz des marais (CH^), dont il se dégage dans Tair des quantités considérsi)les.

On peut admettre aussi qu'une partie de Feau et de Facide carbonique formés dans les expériences précédentes, est due à la combustion des corps s(dides dont on constate facilement la présence dans Fair, et qui ne sont retenus qu'incomplètement par les tubes absorbants.

L'air atmosphmque est vicié dans certains cas par des substances de nature inconnue, qui donnent de l'odeur aux brouillards et occasionnent souvent des fièvres et des maladies contagieuses.

L'insalubrité de l'au* dans les marais Pontins, les rizières de la Toscane, et dans tous les pays marécageux , ne peut laisser de doute sur l'existence des corps étrangers qui vicient l'air atmosphérique.

Ces substances délétères se développent pendant la putréfaction des matières animales, et paraissent être solubles dans l'eau.

MM. Thenard et Dupuytren ont démontré que l'eau distillée très pure exhalait rapidement une odeur désagréable, et devenait trouble lorsqu'on la conservait dans un amphithéâtre de dissection.

M. Th. de Saussure, M. Boussingault et plusieurs autres chimistes ont cherché à déterminer la nature des miasmes contenus dans l'air ; mais jusqu'ici leurs recherches sont restées sans résultats. Elles ont fait connaître seulement que les miasmes, étant de nature organique, peuvent être détruits par le chlore.

On constate facilement dans l'air la présence des matières organiques qui en altèrent la pureté , en abandcmnant dans cet air un vase contenant de la glace; l'eau qui se dépose à la surface du verre refroidi tient alors en dissolution des substances qui se putréfient très facilement.

GompMltloii de l'air.

En appliquant à l'analyse de Fair les différentes méthodes que nous venons d'exposer, .on trouve que Fair contient en volume :

20,80 volumes d-oxigène; 79,20 — d'azote; Et en poids :

23,01 parties d'oxigènci; 76,99 — d'azote.

Ces nombres résultent des expériences faites par MM. Gay-Lussac, Brunner, Dumas et Boussingault , qui ont entre elles une entière concordance.

02 AfH AfMbSfftlàfQlti.

Dans les ci^cîrihWaiieei èrditiair^; l'aii* ëotltlétit 3 à 6 ait ttiiffièmes d'acide carbotiique ^ et 1^ à 9 tnilltètnes de vapeur d*eau.

Les analyses d'air pris à de grandes hauteurs pâf M. Oay-Lussâc, éellës qui ont été eiécùtéeô réëëriitneht â PariS par MM. Dumas et Bôûs singault, et répétées à Beme^ à OetièVé, à Bruxelles, à Cbpcnha^, pa^ laissent établir Funiformité de constitution chimique de ratmbSphère, quant à la proporticm d'oiigène et d'âtote qu*ëlle tioritieut.

Cependant M. Lei^y à coiistâté récetnfneht que l'air reéMlli sUî* là mer du Nord cotttéhait eh poidis iifi pour 100 d'bxigèhe, taudis que l'air de la terre en oohtléht 25 pour 100.

M. Lewy attribué cette diffléreiléé à be qiiè Toxigètté est plUs Soluble dans l'eau que l'feiote, et qUë les âiii±aul qui peuplent les tnei^ ont besoin d'oxigène pour leUt résplratloh. Attiesure que ces khliiiâùt s'emparent dô l'oîigènè dissoué , la surface de là tnet^ qul est en contact avec l'atmusphèrë M etriève Une nouvelle quantité d*oxlgèiie.

La vapeur d'eaU euhtenué dahS l'air est ^Ujêttë à de gi^ttdes Variatiohsi sa propbrtiôh dépend ett géttéral de la lempétâtutiè dé Talr, et des masses d'eau qUl s'éVaporetit danS certaine^ loMitéS.

Les quantités d'acide Garf>onique qui se trouvât dans l'air ne sont pas constantes. On doit à M. Th. de BaUssure des observatkMis intéresaantes sur les causes qui peuvait en faire varier les {»'(4k)rtion6.

D'après M. Th. de Saussure, une pluie dingue les prc^rtions d'acide carbonique contenues dans l'air* En travensant l'atmosphère) l'eau se charge d'acide carbonique et l'entraîne avec elle dans le sol; ce gaa se dégage ensuite à mesure que la terre se dessèches.

Un hivCT froid» accompagné de gelées qui dessèchent la terre^ augmente la quantité d'acide eiu'bonique de l'air; le dégel la diminue.

Au-dessus des grands lacs, la proportion d'acide car^bonicpie est moindre qu'à la surface de la terre. La différence est de 0^5 sur iO^OOO par* ties d'air. La quantité d'acide carbonique augmente dans les lieux habités.

Sur les montagnes très élevées, la proportion d'acide carbonique est pliis considérable que dans les plaines j et ne parait pas varier pendant le jour et la nuit.

Dans les plaines, elle ^îfouve des variations notables; la proportion d'acide carbonique est plus forte la nuit que le jour de 0,34 sur 10,000 parties d'air. Ces changements , qui ont lieu ordinairement dans les prfe^ mières heures après le lever du soleil , proviennent de la décomposition qu'éprouve l'acide carbonique sous l'influeUce des parties vertes des plantes*

MM. boussingault et Lewy ont confinné ces résultats, et se sont assurés que l'air d'une ville contenait un peu plus d'acide carbonique que l'air

AIR AtMÔSPÉÉàlOUE. 6^

de la fcàmpagîie. Sûr Î0,000 roluraes, Tair pris à Paris corit^tiâit 3,190 d'acide cai^bonique, et celtli pris ft Andilly, près Montmorehty, seuleffient 2,989 (1).

Parmi les différentes causes qui tbut varier là composition de Tair cohflhê, on doit citer surtout la résplratioù des honimeà et des aiilmaux.

b*àpt*èS M. Duttiâs, ùri homme brûle, pai» l'effet de èà respiration, tant en barbdtië qu*éti hydrogène, Une (Juantité équivalente à 10 grammes dé caitoîlë par heure. L'air sortant des poiinloiis cohtleht eh thoj^ehne ftp. loO d*acide carbbnitple.

La éonibiistioh est aussi uhe dés caiises dé l'altération de l*ait. 1 kllog. diacide stéàrique Verse en brûlant dans Une capacité de 50 mètres ëubes près de k p. 100 d'acide carbohique.

De hohibréut appareils d'éclairage peUVent donc ftiire Varier aussi la corhpoSitioti de Vm.

Les substances brgahiqUes abandonhées à Tair se décomposent et trarisfottnent Toxigèiie de l'aii* en acide carbonique.

On doit à M. Leblahc un hfaVail complet sur l'âir coiifliiê, dans lequel ce chiniiste a reconhu queToxidë de carboné, cJUl est Un des produits de la combustion du bois et du charbon, est émitiemmérit délétère, et que de petites quantités d^oxldë dé fearbone sUffisettt pour rendre l'atmosphère irrespirable.

Nous donnerons ibi les résultats bbtentis pai* M. Leblatlë dahs ses ihtêt-éâsiafttes tëchérches sur l'ait iidnfiné , ainsi qUe les èonséqiiences qu'il en a tirées:

t( !• Sàrté vouloir nier que dlVerSes causes puissent concourir à rendre ji insalubre une atmoi^hère limitée, il faut réconnaître coiUme tin fait

(I) M. Bonssingault a déterminé approximativement la proportion d'acide carbonique qui se produit à Paris par \ingt-quatre heures. li est arrivé aux résultats suivants :

l^t* la popblatiob . .... ; ësô; 777 mètres bobes. Par le» chevaiix. ; é . 4 . . âSS,d70 -i- Bois à brûler» a . . » » . . 855,885 —

Charlx)!! de bois 1,250,700 —

Houille 31^,215 —

Cire. 1,071 —

iSuif. 25,722 —

tiuile.. 58,401 —

i,da,6aiilèU^ cubés.

Si Toa admettait qtie cette quantité diacide carbonique se produisit subitement, comme là surface de Paris intrâ muros est de 34,396,S00 mètres carrés , Tacide carbonique n'occuperait dur cette surface qu'une couche qui n'atteindrait pas une ëp^isseor d'an décimètre |[t>«,0856), et serait itomédiatement dissipée par l'air agité qui circule dans la ville.

%k ' AIB ATMOSPHiBlQUB.

» d'expérience que la proportion d'acide carbonique, dans les lieux ha-* » Wtés et fermés, presque toujours appréciable, croît avec le degré d*in- » salubrité, et peut en fournir pour ainsi dire la mesure. Plus la dose » d'acide carbonique s'élève^ plus la nécessité du renouvellement de Tair » doit être considérée comme prochaine. Lorsque cette proportion attehit » 1 pour 100 par les effets de la respiration, le séjour des hommes dans » une pareille atmosphère ne saurait se prolonger sans exciter bientôt » une sensation de malaise prononcée ; la ventilation devient indien- » sable si l'on veut que la respiration retrouve ses conditions normales; » toutes choses étant égales d'ailleurs, il ne semble pas douteux que la » seule présence de l'acide carbonique à cette dose dans des lieux fermés » puisse exercer une influence sensible sur l'organisme, surtout si cette » action se prolonge pendant quelque temps.

» 2" Les expériences de ventilation faites sous la direction de M. Péclet » et indépendantes de toute idée théorique préconçue, assignent le nombre » de 6 met. cub. à 10 met. cub. pour la ration d'air à fournir à un homme » par heure, si l'on veut maintenir sa req[>iration dans les conditions » accoutumées (1). C'est là le résultat de nombreux tâtonnements, les » assistants de l'enceinte ventilée étant ejix-mémes établis jug^ du » manque ou de l'excès d'air sous l'influence de dosages variables.

» L'analyse nous apprend qu'avec un système de ventilation basé sur » une ration d'air de 10 à 20 mètres cubes par heure et par homme, l'air » écoulé de l'enceinte peut encore présenter des proportions d'acide car- » bonique comprises entre 2 et 4 millièmes (2). Tel est le cas de la » Chambre des députés.

» Z"* La pureté de l'air dans une enceinte ventilée peut ne pas d^ndre » uniquement de la quantité qui afDue dans un temps donné ; le mode » d'accès et de sortie de l'air, par conséquent sa distribution, doit avdr » une influence sur son état chimique; le système de ventilation conçu i> sur les bases les plus larges, et qui opérerait la purification la plus com- » plète, est celui c^ l'air expiré serait entraîné par un mouvement ascen- » sionnel qui lui interdirait tout retour vers la zone de respiration. Tel » paraît être le principe qui a guidé les constructeurs anglais dans les » dispositions propres à assurer une ventilation efficace à la Chambre des

(1) Cette quantité de 6 met. cub. est précisément le volume d'air nécessaire pour maintenir à Fétat de vapeur la totalité de l'eau produite par la transpiration pulmonaire et cutanée.

(2) Souvent il est impossible d'évaluer le renouvellement de l'air dans une enceinte à l'aide de mesures anémométrlques , lorsque cette enceinte est dépourvue de cheminées et de canaux d'appel. Dans ces cas , Tauteur a effectué cette détermination en comparant la proportion d'acide carbonique fpurnie par l'analyse à celle qui aurait dû s'accumuler dans l'enceinte , d'après les effets connus de la respiration et dans l'hypothèse d'une clôture absolue.

» ctrfniwùjrtes de là Grande-ftfetagne; les orifices d'accès et de sortie de » Tair ont été bteH plus multipliés qu^ils né le sont dans nos salles » ventilées. ' ' , . .

))4** Comme on d&erchô; en général^ à prendre à la température la » moins élevée possible l'air destiné à la Ventilation, on aurait intéïét^ » sous ce point de vue , à l'aller chercher dans des caveauK situés au- » dessous du niveatt du sol* Lorsqu'il s'est, agi de discuter les moyens » propres à assurer la ventiteticMi de la Chftudire des pairs, 9f. Talabot » avait même sohgé à amener l'aÎF deàcarrières soutarraines qui xègnént » sous le quartier Saint-Jacques. Si cet ingénieur avait réalisé ce projet, » on tmçoii qu'il eût été très importante s'assura» de la natulne de l'air » provâiant d'une source semblable, et qui aurait pu déjà conténii* trop » d'acide carboniqiW;

y> Je laisse à qui: de droit lesoln d'apprééier les perfectionnements dont » l(6s procédés de y^ilation pourraient enooreétre susceptibles, et je me » borheà signaler le parti qu^on pourra tirer; ce me semble, du dosage » de l'acide carbràique pour apprécia?, à un instant et dans une position » donnés, l'état chimique de l'air; on aura airisi une sorte de réactif ^ >pouvanl fournir dés indications de mesures utiles pour uiie vaitllation » Mên entendue. ^

, » 5** Les nombres admise par M. Péol^ offrent un certain accord avec » ceux qui résulteraient du calcul , en supposant qu'on veuille évitar que » la proportion d'acide carboniqi:^ due à la respiration arrive à constî-* » tuer une atmosphère^ contenant aurdélà du double de la proportion » existant dans l'air normal. EJn effet, nous trouvons par le calcul, d'a- )> près les doimées de M. Dumas ^ 3 mètres cubes d'air imiaiés à h mil*- » lièm^ d'acide carbonique, ou 6 mètres cubes à 2 millièmes par homme D^ et par heure. Mais la proportion d'acide carbonique n'fôt pafr toujours » réduite à ce. chiffre en apparence adaiis la pratique. A la Chambre des » députés, par exemple, la pri^ortion d'acide carbonique dans l'air qui » s'écoule par les cheminée d'af^ , ^t double ou triple de celle qu^in^ » dicpierait le calcul en supposant l'air parfait^nént pur à son accès et » ne passant qu'une fois par les poumon*. Le résultat peut tenir à une » inégale distribution de l'air frais dansTes^inte et àdes retours des gaz » expirés versla aone de respiration d'où ils éHËanent; nous avons vu en » outre que la quantité d'air frais qui arrive par les caveaux est hiai » œ^ndre <pie odle qui s'écoute par la choaainée ; les appels accidentels ly^fai s'établissent par toutes les ouv€artiHes ^ jointures o^nt pu fc^mir de B 1 WqueTon aurait «omidàcé à tort comme doué de la màne pureté » que Tair fwûs amené par les orifices de ventilation. La proporticm dV j> dde carbonique a été teouvée de 25^dîx*-milliémcs, la v^tilation étant > éelBioaètoreacubes par persouneet par bernée. On pourra donc s'attendFe » à renconUw jusqu'à 5 miUièraes diacide carbonique lorsque la ventîia- I. 5

a lion aéra à son Hûnlmwa* Concfmms doao que la dose de S JiqpjUièiiies » d'acide <5arbQnique, accumulée dans une epoeinte par Vefiet de la res- » piration , es^ une limite qu'il ne faut pas laisser franchir. Pendant ^ l'été, la température étant de 20<' centigrades dans, la isalle, il n'est 5 pai rare<iue Vassistanpe trouve la ventilation de 16 à IS.mètres cubes » inswfôsapte.

» 6^ Lorsqu'il s*agit d'enccântes habitées et dépourvues d'appareila de I» ventilation, qu de cheminées « rexpè^ience prouve qu'il ne faut pas ^ compter sur, nu renouvalleaient très efficace de l'air à la faveur des » jointures deft porte» et dea fenêtres ; le plus souvent ces eifets n'arrivent v> pa». à réduire l'altération à la nu)itié de ce qu'elle serait dans une ca^ > paoité rigoureusement fermée, toutes cboset égal^ d'ailleurs* Lorsque » Fenceinte fennée rie devra pas être ventilée, il oonviendra d(ine4!en D déterminer la eapacitésur les mêmes bases qUe précédenmient. Ainsi, )» par ejtemplç, un dortoir renfermant cinquante habitants» et restant )»ï(^nnê pendant huit bem'es, devrait avoir t5îXJ^Xô^«^,2&00 mètres ii cubes, soit environ 50 mètres cubes. par individu, pwr la nuit. Au bout R de ce temps, la ventilation deviendrait néces^ire, - ;,

. » 7<» Il firffira d'un coup d'œil jeté svu' lô tableau auivant,pouri«oon* » nMtre que plusieurs salles d'hôpitaux offrent une capacité qui est loin j) d'être en rapport a,veç leur population. Pana ijtn dortoir mansardé, à la *^ Salpêtrière, la ration d'air n'est quede i«'«-,5 par individu et par heure; »: je pourrais citer un dorioir dans une prison où de obîf^e «'abaisse j^ k OF'%7. Telles ëowt aussi les circonstances où se trouve placé l'ainr «> phithéàtre de la Sorbonne* >

» En présence des résultats émnoés , la néd^ssité de l'établissement » d'appareils de ventilaticm paraîtra démontrée dané un intérêt de «alur j» brité toutes les fois que les cireonstancesis'oppos^'ont à des constnie^ >> tiens publiques plus^ vas4ei^ destmées à eootenif une population nom^ 9 brense. Il est ardemment à désber que l'appUcation^ des moyens » d'assainissement proposés par M. Péelet se prqpage de phi» en plus. A Au point de vue de l'hygiène des hôpitmix , le renouvellemafit continu » âe.rair vicié par de» causes si nombrei^ses n'offrirait41paa des.avan^- » tages marquée sur la ventilation périodique déterminée pm* l'ouverture » forcée des fenêtres j quelle que soit la rigueur ; de Ja tanapérature î^ extérieure? . ,

^ Les conditions de séjour des ôuvricars dan» un gmnd nombre d'tte» }> lier» et de fabriques fourniraient aussi biea des^jeta dé remarque» « pénibles. Ne faut4l pas former des vceui^ pour que la sollicitude de a l'administration, appâée sur ee point, arrive k raodre (^ligatoires des i» mesure d'assainissement, &cile» le plu» souvent à réaliser, et qu'elle » puisse exercer une surveillanjce active sur r^fécuUoti de ce» mèaunes? » Que dé ^^istes exemple» de dégénéreseenoe jA^ixàqiie et mon^ ne

Am iitiiûSP&toiQtis. 67

]^.p<mi^tK)il pas <Âtar dont la cause priiidpalé ti^i atnc eGaiâitioiM » funestes d^ milieu oit Fhomine est assujetti à vivre dans ces €ir^ » congtaiioesl . -

' » 8° Les questions qui se rattachait à la salubrité â&^éeurie9 làiUiaires » ont d^uia plusieurs années appelé la sollicitude du géuveti[iement. Les ^ ré^tto obtenus dans les analyses que j'ai rapportées paraisèi^t autoi^ Tiser à c(»^inre que le» n(Mnl)resproîk)sés en derniei^liea pour la rattott » d'^r néceassôre kun cheval sont i^lemènt trop faibles. En appliquant ^ à la jK^iration d'un «heval les considérations relatives à la respiration » de rhomme, et en partant des expériences, oïi sera porté h fixer à i8 ou » 2Q mèti:€s^ cubes la ration d'air qull convint de fournir par heure à » un pheval dans une écurie close (ly.liOPsîjueFécurie n'est pas fermée, » ces dimensions peuvent être réduites ; l'analyse de Tair pris dans l'écurie 2^ detTancien manège à l'École militaire prouva que celle-ci réalise à cet * égard les m^lleures coïiditions, et Conduit à la pr(:^oser comme un » modèle à imiter pour des constructions ttOuvelles. On ne saurait trop in- » siÉEter sur l'iipportance du r^iouvellem^t de l'air dans les écuries , » puisque l'opinion accréditée parmi les médecins vétérinàipes les plus A distingués attribue- le développemeitt de la morve chez les chevàut à D leur «éjouF dans des écuries de faible capacité, hUitiides, et où l'air el- » torieur a- peu d'accès, Ges considérations acquièrent une^ nouvelle gta- )> vite en présence de& funestes exemples de la transmissioir de la morve » du cheval à l'homme.

>> 9* A l'égard de la présence des nfatlèrés miasmatiques dans l'air con- » fine, les résultats dea^analyses ont été négatifs dans les chrcohstances » ou Von a opàré; on n'a remarqué* aucune coloration aj^réciable de » l'acide sulfurique ou de la potasse, pas d'action sensible sur l'acétate » de {domb ; quant au gaz des marais, sa dose ne peut pas dépasser, si » toutefois il existe dans ces atiftosphères, la' proportion contenue dans » l'air ordinaire.

n lift détamination quantitative des principes organiques présumés » exister dans l'air présente d'assez grandes difficultés d'exécdtion, indé^ »pendamment de L'augmentation à apporter dans la inasse d'air en ex- » pèrieoce>eii. effet, pour doser l'hydrogène à Mat d'eau et le carbone V à l'état d'acide caiiK)nique, il faudrait opérer sur un jgasi préalâblé- » ment desséché et dépouillé d'acide carbonique ; or, dans ce cas, l'acide »su|f«ffkpie et la potasse absorberaient où dénatureraient sans doute tes » matières ; ce n'est donc qu'à l'aide de procédés spéciaux qu'on pourra

(1) On trouve en effet, en Goînparant Peffiet de la respiration des Uomm^^ dansées lieux fermés avec les effets dus à la respiratiou des d^évaux dans une éçurje c|pM,. qu'un cheval produirait, eh respirant ^ environ, trois fois plus d'acide carbonique qu'un homine; ce nombre est d'ailleurs celui qui a été aduMS par lil. Cbevre^t, d'auprès la comparaison des capacités pulmonaires.

6S AlVATMOS^BÉRIQUE.

» espérer de réussir, et de plus à la condition de mettre ea cilrcUli&tion des » masses d'air aussi considérables que cèUes qu(3 comptent fttteindrç » MM. Dumas et Boussing^ult dans leurs nouvelles analyses dé Tair.

» 16'* Les analyses d'atmosphères artificielles tendent àt étiaMir que la ^ dose d'acide carbonique pur qu'un homme pourrait supporter sans x> .succomber immédiatement est assc^z considérable, à en juger par les » efiGets oteervfe ^ur lea animaux; la vie d'un chie^i peut se prolonger » queJquçs instants dans une atmosphère contenant 30 pour 1^)0 d'acide » carbonique^ 70 pour 100 d'air ordinaire, le gaz renfermant par con- » séquentepcorelô pourlOO d'oxigène. .

» 11° La résistance à l'asphyxié,, sous l'influence de cette <^use, ^st » d'autant moindre que la tenq)ératur^ propre de l'animal est plus y> élevée. ^

» 12° Dans une atmosphère contenant S à 6 pour 100 d*aeide carbo- » nique produit par les effets delà respiration ou de la combustion , la » flamme d'une bougie s'éteint; la. vie peut continuai, mais la re^ira- » tion est pénible et .les animaux à sang chaud sont déjà en proie à un j> malaise.profond.

» On a eu plusieurs fois Toccasion de reconnaître dans les min^ que » des oumers ont pu vivre da»s une atmosphère où la combustion ne » pouvait se soutenir; mais le danger grave de s€j<mrner dans un s^û- » blable milieu est attesté par trop d'accidentS: pour qu'il soit nécessaire » d'insister sur ce point (1). , ^

» 13° On sera donc fondé à regarda comme nuisible une atmosphère i> où l'acide carbonique figura^ait dans les mêmes ;pr(q)ûrtions que dans » Tair expiré par nos poumons; Texpérience apprend môme qu'au-dessous » de cette limite la i^piration ji'a plus lieu d'une manière norniale : on » peut s'en rendre compte en remarquant q^e la prc^rtion d'acide car- » bonique augmente de plus en plus à mesure que l'air inspiré est trans- » porté dans le torrent de la circulation , en sorte que, dans les moments » qui précèdent son expulsion, nos orgtoôs peuvent se trouver soumis » au contact d'un gaz notablement plus chargé d'aoide.carbonique qiie » l'air expiré dans les circonstances ordinaires. L'expàrience et le rai- » sonnement s'accordent donc pour prouver que nos orgMies peuvent » être influencés par une proportion d'acide carlxmique inférieure à un » centième.

» 14° Aucune expérience décisive n*«fcistait encore relativem^t au

(l) Ce cas se présente, sait que la proportion de 4 p. 100 d'oxigène dispara ait été remplacée par de l'acide carbonique ou de l'azote.

Ainsi, dans certains milieiïx , tels que des jgaleries de tt»W^ où Voxigèoe est absorbé par des sulfures mêtalli(îties en décomposition, l'air devient impropre à la combus-. tion quand il a perdu 4 p. 100 d*oxigène, et immédiatement aspbyxiahle quand la proportion d'oxigène descend à ffip. i©0.

Aia AIMOSPBtBlQUB. 69

» degfé d'aH^ticHi de iair rendu a^[riiyiiable par la combustioii du » charbon ; j*ai été étonné de voir Une atmosphère, amenée ainsi à 3 ou » 4 poiir lOO d'adde carbcmique, devenir sUbitennent mortelle pour un » diien de forte taille, tandis que, pour produire le même effet, il n'eût » pas fallu moins de 30 ou ItO pour 100 d'aôide carbonique pur. J'ai itait » voir que Teffet était indépendant de la température; la mort précède » Textinction de la bou^.

» tJn kilogramme de braise et à plus fcarte raison de ebarbc» en com- » bustîon libre peut rendre asphyxiablerair d'une pièce fermée de 25 mè- » très cubes de capacité. Ces résultats ajoutent une nouvelle force aux » considératioi^s déjà présentées depuis longteriips par pludeurs savants » sur les dangers de certains modes de chauffage, ainsi qu'aux observa- » lions plus récentes deM. Gay-Lussac sur uo nouveau procédé de chauf- » fage importé d'Angleterre, et dont les efE^ étafeîit de verser dans l'en- » 0einte échauffée les produits de la combustion du charbon. Non seule* » ment ratmoq>hère peut devoir irrespirable par la fomialion de Vacide » carbonique et la disparition de Toxigène, ce qui pourrait faire <3)roireà » Tinnocttité de faibles propcntions brûlées ; mais , de plus, Fair peut ao- » quérir rapidem^t des propriétés délétères au plus haut degré. Nous » avons fait voir que l'énergie toxique d'une atmosphère a^hyxiable 9 sous ces influences doit être attribuée particulièrement à la présence » de l'oxide de carbone si^alée par l'analyse, puisque, répandu seul dans » l'air à la dose de 1 pour 100, Û constitue une atmosphère presque im- » médiatement mortelle pour les animaux à san^ chaud ; les proportfons « d'acide carbonique et le défaut d'oxigène observés ne produiraient pas » à beaucoup près des effetjs aussi violents. Il faut done se hâter de si- » gnaler les darigers qui peuvent résulter de la présence accidentelle de » i'oxide de carbone dans l'air, dangers sur lesquels on n'était pas mcore, )) que je sache, suffisamm^it éclairé, surtout sous l'influence d'aussi i> faibles doses. On concevra très bien qu'avec une même quantité de » carbone réel „ brûlé dans un appartement, on pourra observer d^ effets » très variables suivant le degré de c(Hnbustibilité du charbon employé^ » et suivant les proportions rdatives d'air et de combustible en contact » dans un temps donné. »

Le tableau suivant présente le résumé des expériences de M. Leblanc :

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