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MINERAIS DE ZINC

Bien que les minéraux qui contiennent du zinc soient nombreux , il n'y en a que trois qui soient assez abondants pour servir de minerais, et encore l'un d'eux, le silicate , étant irréductible par le charbon, ne peut servir à la fabrication du zinc par les procédés actuellement employés ; les minerais de zinc se réduisent donc à deux , qui sont la calamine et la blende,

La calamine^ carbonate de zinc anhydre, est le plus abondant des minerais de zinc , et jusque dans ces dernières années il a été employé presque exclusivement à la fabrication du zinc métallique ou du laiton ; ses cristaux sont blancs ou jaunâtres, à éclat vitreux et perlé , transpa-

kik MlNEailS DP ZINC.

reiits ou opaques, et dérivent d'un rhomboèdre dopt Taugle est de 107°,/i(K; souvent la calamine est compacte et mélangée d'oxide de fer hydraté, qui la colore ep jaune , brun ou ro\ige ; OA esl expo^ à la cou* fondre avec certains minerais de fer ; ejle contient ordinairement du carbonate de chaux ; sa densité est de k,kU2 ; elle se dissout i^vec effervescence dans les acides.

La calamine se trouve V>ujours en amas k la séparation des terri^g de transition et des terrains secondaires , ordinairement dans les calcaires très magnésiens. Les principaux gîtes sopt situés entre Aix-Ia-GhapeUe et Liège ; ils alimentent les usines de la Vieille et de la Nouvelle Ûonta^e, de Stolberg, etc. ; on cite également les gttes ^tués près de Larnowitz , qui alimentent les nombreuses usines de la Haute-Silésie*

Tantôt on soumet seuleoient la calamine à un cassi^ et ^ un trlc^ à la main (Vieille-Montagne), tantôt on lui fait subir une préparation mécanique complète , comme dans 1^ Baute-Silésie.

Avant d*étre réduite, la calamine est preaqMe toiyours exposée pendant plusieurs mois à Tinfluence des agents atmosphériques , qui la débarrassent des pjTites et des corps argileux avec lesque^ ellç se trouve mélangée.

La blende^ sulfure de zmç, est un minéral d'un aspect très varié; la plus pure est d'un jaune de soufre et transparente ; mais le plus souvent elle est d'un brun rouge ou verdàtre , et même noire , tantôt translucide et tantôt opaque ^ jouissant quelquefois d'un éclat très vif; sa cassure est lamelleuse, fibreuse ou grenue ; elle peut être dure ou fragile ; sa densité varie de S, 8 à 4,0; elle est souvent cristallisée en tétraèdres, octaèdres ou dodécaèdres rhomboïdaux ; elle est infusible et se transforme en oxide de zinc par le grillage.

La blende est une substance de filon qui accompagne ordinairement le sulfure de plonib , mais qui se trouve aussi en filons isolés. On l'exploite dans quelques localités pour la fabrication du zinc et du laiton , notamment en Angleterre, sur les bords du Rhin et à Vienne (Isère).

La blende est soumise à une préparation mécanique très soignée, non seulement pour enlever les gangues ou matières pierreuses , mais aussi pour la séparer de la galène ou sulfure de plomb qu'elle contient presque toiyours, et dont la présence déterminerait une usure rapide des pots, des moufles ou des cornues dans lesquels s'opère la rédiK^tioa.

Qans certains hauts fourneaux, qui traitent des mineraia zineifèr^, il sç forme, près du gueulard, des dépôts verd&tres, connue sona le nom de tvties ou cadmies , qui sont presque exclusivement composés d'oxide de zinc coloré par un peu d'oxide de fer. On s'en sert quelquefois pour la fabrication du zinc et pour celle du laiton.

Nous donnerons ici la composition de plusieurs espèces de minerais de zinc.

Vienne. LachoR. Angleterre. I/Arffeiitière. Ch(4>onl<>s.

SnUaredestoc 9A,5 9h,b dâ,3 63,5 82,5

P^o^ps^lf^^e de fer . . , . 3,3 54 6,3 11,7 16,2

Gaïkgae. ^ • « • . « 4 • » * ^A ^fi ^

CùmpotUitm de$ princtpalet caiaminu.

Silicate anliydre Silicate anhydre Calamine ordinaire Calamine de delà delà 4lectrk|iiedQ

New- Jersey. Vieille Montagne. Vieille- Montagne. Britgaw.

Oxide de zinc 71,8 63,2 5,4 66,4

Silice 25,0 25.6 2,0 26,2

Eau » 1,0 M 7,4

Oxide de mangaBèiiQ, ,2,7 » » «

CarlMnate de xiac. • . » » 99,0 »

Oxide de fer 0,7 4,8 3.0 »

Argile » â»4 • »

La c^l^mine oalci^éa et blutée contiept :

Oxide de zinc 64,7

Oiide de fpr. .,.«•., ^ 8,8

Acide o^rboidque et ea\i. , . 7*2

Satde et silice combinés. . ^ 19,5

Cadmiet.

NlderiimB. Vfanaiir. AMraRL

Oxide 4e slfio. . . • 86,6 9^,0 93,5

Oxide de plomb, , , 8,8 5,i i*

Protoxide de fer , . 3,0 1,6 3,5

Sable 1.0 1,8 ».

Charbon . . . ^ . . » 1,0 1,0

Tmltevieiii «etyllurMae.

Le irailemeni métallurgique des minerais de zinc comprend deux opérations tûen distinctes: la calcination ou le grillage du minerai, çt la réduction de l'oxide par le charbon dans des appareils distillatoires oon- ¥eiiablement disposés.

Le zinc est toi^ours extrait de aea minerais par distillation.

Oa calcine la calamine pour chasser Tenu et Tacide carbonique; cette opération s'exécute , en Belgique , dans des fours coulants analogues aux fours à chaux : en Angleterre , cette calcination se fait dans des fours à réverbère, chauffés à la houille: dans la Silésie et la Carinthle, on calcine les minerais de zinc dans des fours à réverb^e chauffés par les fla^nmea perdues des fours de réduction.

Le grillage de la blende a pour but de ramener ce sulfure à Tétat d*oxide ; il est très rare qu'on y arrive en une seule opération : ordinairement on fait d'abord subii* à la blende en morceaux un premier grillage pour la désagréger et chasser la plus grande partie du soufre qu'ella

/^i6 MINKRA1S DB ZINC

contient. Ce grillage s'exécute , soit dans des fours k réverbère chauffés au bois , à la houille ou à flammes perdues, soit dans des fours coulants continus , soit dans des fourneaux à cuve à courant d*air forcé. Le soufre contenu dans la blende permet de n'ajouter du combustible qu'au commencement de la mise en feu : en chargeant les fours avec la blende et un peu de nitre, on peut employer le mâange gazeux qui se dégage au gueulard, pour la fabrication de l'acide sulfurique. La blende, grillée une fois, est finement pulvérisée et grillée de nouveau dans un four à réverbère, qui est ordinabement chauffé par les flammes perdues du four de réduction.

Le minerai étant ramené par le grillage ou la calcination à l'état d'oxide, est mélangé avec son volume d'escarbilles de coke ou de houille sèche grossièrement concassée, puis chargé dans les vases ou s'opère la distillation.

En Angleterre, le four de réduction a la forme d'un four de cristal^ lerie circulaire ; on charge le minerai dans des pots ou creusets placés sur une banquette au milieu de laquelle se trouve le foyer (pi. 29, flg. ti). La voûte porte des ouvertures qui servent pour Tenfouniement des pots. Le fond de chaque pot est percé et traversé par un tube en fer passant par une ouverture pratiquée dans la banquette ; ce tube est fermé avant la charge par un tampon en bois qui se carbonise rapidement, et forme une sorte d'épongé qui laisse facilement passer le zinc en vapeur, tandis qu'il retient les matières chargées dans le pot. La charge terminée, on ferme chaque pot avec un couvercle. Le zinc réduit distille et vient se condenser en grappes dans le tube en fèr et dans une allonge verticale en tôle que l'on place en dessous. On le fait tomber de temps à autre avec une tringle de fer chauffée au rouge. On a renoncé à faire plonger l'extrémité inférieure de l'allonge dans une cuve d'eau , parce qu'il se produisait alors une plus grande quantité de poussières zincifères, et surtout parce qu'il en résultait, dans l'intérieur du pot, une pression qui retardait le dégagement des vapeurs de zinc et tendait à les chasser dans l'intérieur du fourneau par les fissures du pot ou de son couvercle.

Un four de six pots produit 150 kilogrammes de zinc par vingt-quatre heures.

Les fours de réduction généralement usités en Belgique ont la forme d'un prisme rectangulaire surmonté d'un berceau cylindrique (pi. 30, fig. 1 et 2) ; ils renferment ordinairement huit rangées de cornues cylindriques; les sept premières rangées sont de six cornues et la dernière est de quatre , en tout quarante-six cornues par four; les cornues sont placées dans le four de manière à présenter une inclinaison de 1/5 à 1/6 de l'arrière à l'avant. On ferme l'ouverture des creusets , d'abord par des

MINERAIS Dl ZINC. ^17

tubes en fonte coniques , puis par des allonges en tôle que Ton emmanche sur Textrémité des tubes en fonte. Chaque opération dure vingtquatre heures; pendant ce temps on fait quatre coulées en enlevant seulement les allonges, et raclant avec une curette les tubes en fonte , pour &ire tomber dans des poches en tôle, le zinc qui s'est condensé à la base des tubes en fonte, et que Ton coule dans des lingotières. Plus la température est élevée, plus le rendement en zinc est considérable, toutes choses étant égales d'ailleurs. Chaque four produit moyennement, par vingtquatre heures , 300 kilog. de zinc , et 25 kilog. de poussières zincifères* Une charge se compose de 500 kil. de calamine et de 250 kil. de charbon V ce qui fait à peu près un volume égal des deux matières.

La casse des creusets est toujours considérable ; un fourneau marche bien, quand il ne consomme que quatre ou cinq creusets par vingt-quatre heures. La confection des creusets doit être très soignée : leur pâte se compose de parties égales de terre cuite et de terre crue ; un mélange inégal , une dessiccation trop rapide , rendent les creusets poreux , et font qu'ils se recouvrent extérieurement, pendant l'opération, d'une croûte cristalline d'oxide de zinc qui intercepte en quelques pohits le passage de la flamme : on dit alors que les creusets fleurissent. Ces creusets produisent peu de zinc et nuisent au travail des autres; on doit s'empresser de les remplacer par de nouveaux creusets. ^

IICik04e lUésleBBe.

En Silésie la réduction s'opère dans des espèces de moufles reposant à plat sur les deux côtés du four de réduction, dont le milieu est occupé par le foyer (pi. 29, fig. 1 ). Ces moufles sont accolées deux par deux , et placées sous de petites voûtes recoupant à angle droit la voûte qui règne sur le foyer. Près de la partie antérieure de chacune de ces voûtes secondaires, se trouve une ouverture conmiuniquant avec les cheminées^ qui permet de régulariser l'appel et , par suite , de distribuer la chaleur dans l'intérieur du four. Les fours de réduction renferment en général cinq moufles, et sont accolés deux par deux ; les flammes perdues se trouvent utilisées pour la refonte du zinc , la calcinationou le grillage du minerai et la cuisson des moufles.

Le devant de chaque moufle est fermé par une plaque d'argile cuite présentant deux ouvertures : l'une, inférieure, par laquelle on enlève les résidus, et que l'on Uent habituellement bouchée avec une petite plaque d'argile; l'autre, supérieure, qui reçoit l'allonge horizontale en terre ou botte, à laquelle on adapte ensuite une seconde allonge verticale nomnoiée pot. Ou a obtenu dans ces derniers temps un rendement plus considénd)le en adaptant aux fours silésiens le mode de condensation des fours belges. La charge est opérée au moyen d'une cuiller demi-cylindrique qu'on mtroduit à travers la partie horizontale de la moufle; aussitôt après, on n. 27

61)^ làminaok du zinc.

bouche l'ouverture de cette allonge avec une plaque de teiTe cuite qui est lutée avec de Targile; on ferme ensuite le devant des embrasures avec une porte mobile formée d*un châssis en f«)nte et d'un treillis en fil de fer, que Ton garnit de petits morceaux de briques et d'argile; au milieu de celte porte s'en trouve une autre plus petite qui sert à introduire un ringard pour déboucher l'allonge horizontale quand elle est obstruée (ce qui arrive rarement), et surtout à refroidir les allonges quand elles sont trop chaudes. Une heure après le chargement, le zinc commence à tomber en gouttelettes, et il se dégage d'abondantes vapeurs que les ouvriers enflamment au moyen d'une barre de fer chauffée au rouge ; il en résulte une certaine perte en zinc, mais, sans cette précaution, la seconde allonge resterait froide et s'obstruerait très facilement; et encore, il est nécessaire de déboucher de temps en temps l'allonge an moyen d'une tige de fer recourbée à angle droit. Chaque opération dure vingt-quatre heures et produit, par four de 20 moufles , 180 kil. de zinc environ. On n'enlève les résidus que tous les trois jours.

Le zinc brut obtenu est refondu dans des pots en terre chauffés à flammes perdues, et coiilé en lingots.

Quelle que soit la méthode employée pour réduu^ les minerais de zinc, on consomme de 6 à 8 parties de. houille pour une partie de zinc brut obtenu avec des minerais rendant 25 à 30 p. 100 de zinc.

LuttliMiffe ÊU lise.

Le zinc destiné au laminage est d'abord purifié par une fusion ; on le puise ensuite avec une poche et on le coule dans des lingotières. Les couches supérieures sont les plus pures; les couches inférieures où le plomb et le fer se sont concentré» sont impropres au laminage, et donnent du zinc qni est employé au moulage, à la fabrication des couleurs à base de zîoc, etc. Cette refonte se fait quelquefois dans des pots exi fonte, mais il est mieux de l'opérer dans des fours à réverbère ; ces fours n'ont qu'une porte placée sous la cheminée et à l'opposé de la grille; on charge leshngots de zinc brut près de l'autel, et le zinc, au fur et à mesure qu'il fond , coule fur la sole et vient se rassembler dans le bassin de réception placé devant la porte de travail ; on le puise dans ce bassin pour le couler dans lee lingotières; la température doit être aussi basse que possible.

Le réchauffage des lingots et des feuilles de zinc s'exécute, soit dans des fours dormants analogues à ceux qu'on emplpie pour la t6le , soit dans des fours à réverbère chauffiés par les flammes perdues du four à refondre le zinc. Le laminage ne peut se faire qu'à une temp^Uue dont les limites , très rapprochées , sont comprises entre 120 et 150 degrés. En deçà et au^elà de cette température , le zinc devient cassant.

ESSAI D'CJN MINIRAI DE ZINC. AI 9

Le zinc est employé pour toitures, gouttières, tuyaux de conduite, ornements repoussés , objets de moulerie , pour la construction des piles voltaïques , la fabrication du fer galvanisé, du laiton, du maillecbort ou argentan, du blanc de sine, etc.

BSSAI d'un MINEHAI DE ZINC.

Les minerais de zinc dont il est utile de faire Tessai peuvent être divi^ ses en trois classes :

l*" Les minerais de zinc dans lesquels Toxide de zinc n'est pas combiné à la silice : la brucite, la frmklinite^ le carbonate de zinc anhydre^ Vkydrocarbonate de zinc, les cadmies ;

2** Les minerais de zinc dans lesquels le zinc est oxidé et uni en tout ou en partie à la silice : la calamine électrique , le silicate de zinc anhydre, les calamines commîmes;

V Les minerais dans lesquels le zinc est combiné en tout on en partie avec du soufre : les blendes , les mottes très zinciferes , les oxisulfures.

Les minerais oxidés sont réduits par le cbarbon dans une cornue de terre, dont le col communique avec une allonge en verre , dans laquelle vient se condenser une partie des vapeurs de zinc ; la cornue doit être cbaufTée à la température d'un rouge très vif. Pour apprécier la quantité de zinc qui s*est produite, on casse la cornue et on détacbe le métal qui adhère aux parois; on le traite par Facide azotique, ainsi que les fragments de la cornue qui peuvent contenir du zinc ou de Toxide ; on dissout également dans Facide azotique le zinc qui s'est conduise dans l'allonge en verre; on évapore à sec l'azotate de zinc, et le résidu calciné au rouge donne Voxlde de zinc. Le poids de cet oxide fait connaître la proportion de zinc métallique contenue dans le minerai ; ce mode d'essai est assez long, et ne présente pas une grande exactitude.

L'essai d'un minerai de zinc se fait avec plus de facilité par la métbodA suivante dans laquelle le zinc est dosé par différence.

On mélange le minerai préalablement grillé avec 25 ou 80 p. 100 de charbon ; on introduit le mélange dans un creuset de terre que l'on chauffe rapidement au blanc. Lorsqu'il ne se dégage plus de vapeurs de ziuc , on laisse refroidir le creuset, et on grille le résidu pour brûler l'excès de charbon et pour peroxider le fer ; on en détermine ensuite le poids. La différence entre le poids du résidu et celui du minerai grillé représente la quantité de zinc.

Lorsque la minerai est du silicate de zinc, comme ce sel n'est pas réductible par le charbon , il convient de le mélanger à la fois avec, un réductif et un fondant; on le chauffe avec un niélange de 1 p. de flux

620 C\DMtUM.

noir et 1/6 de cliarbon : tes moyens tressais que nous avons donn^ pour les oxides s'appliquent alors au silicate.

Les matières ziucifères sulfurées sont d'abord soumises à un grillage complet, et réduites ensuite par le charbon.

Le grillage de la blende demande d'abord une chaleur ménagée , afin de ne pas agglomérer la masse ; on doit , vers la fin , donner un coup de feu pour décomposer le sulfate qui a pu se former.

Nous avons fait connaître les procédés que l'on emploie ordinairement pour faire l'essai d'un minerai de zinc par la voie sèche : mais nous devons ajouter que ces méthodes ne comportent pas une grande présision , et que lorsqu'on veut déterminer exactement la quantité de zinc contenu dans un minerai , on doit doser ce métal par voie humide.

• CADMIUM.

Le cadmium a été sigpalé en 1817 par Stromeyer dans plusieurs minerais de zinc, et décrit comme un métal nouveau par Hermann , qui le trouva en 1818 dans un échantillon d'oxide de zinc de Silésie.

On ne connaît qu'un seul minerai de cadmium , c'est le sulfure qui accompagne ordinairement les minerais de zinc.

Le cadmium existe dans les poussières blanches (cadmies) qui s'attachent à la partie supérieure de certains hauts fourneaux, et qui sont un mélange d'oxide de zinc et d'oxide de cadmium.

Ce métal est d'un blanc légèrement bleuâtre; il ressemble beaucoup à l'étain ; il est brillant et peut prendre un très beau poli ; il est niou, très flexible, se laisse Umer et couper facilement. Il parait plus tenace que l'étain, et fait entendre, comme ce métal, un cri particulier quand on le ploie : il est malléable et ductile : on peut le réduire en feuilles minces et en fils très déliés. Si les mines de cadmium étaient plus abondantes, elles donneraient un métal dont l'industrie tirerait un parti fort avantageux.

Le cadmium est très fusible; il fond bien au-dessous du rouge, et distille à une température moins élevée que le zinc. Ses vapeurs n'ont pas d'odeur. 11 cristallise facilement en octaèdres réguliers; lorsqu'il H été fondu , et qu'on le laisse refroidir lenten\ent , il présente à sa surface l'apparence de teuilles de fougère. Sa densité est de 8,60& : quand ce métal a été écroui , sa densité devient 8,69.

Ce métal est aussi oxidable que l'étain : quand on le chauffe à l'air, il brûle et se transfoime en un oxide qui est d'un jaune brun. L'oxidabilité du cadmium étant beaucoup plus grande que celle du zinc, on comprend que l'oxide de cadmium doive se concentrer dans les premiers produits de la calcination à l'air du zinc contenant du cadmium.

CARACTÈRKS DES SELS DE CADMIUM. ^21

Les acides sulfarique, chlorhydrique, azotique, acétique, dissolvent le cadmium, dégagent de l'hydrogène, et produisent des sels incolores, qui ne sont pas décomposés par l'eau.

L'acide sulfureux en dissolution dans l'eau attaque i*apidement le cadmium, sans dégagement de gaz ; il se forme dans cette réaction, d'après MM. Fordos et Gélis, un mélange de sulfate et de sulfure de cadmium.

Les alcalis oxident facilement le cadmium sous Tinfluence de la chaleur.

OXIDE DE CADMIUM. GdO.

Quelques chimistes pensent que la pellicule grise qui se forme à la surface du cadmium exposé à Tair humide , est un sous-oxide qui aurait pour formule : CdH); mais le seul oxide de cadmium qui puisse se combina aux acides, est le protoxide CdO. On l'obtient à l'état d'hydrate blanc et gélatineux en décomposant un sel de cadmium par mi excès de potasse ou de soude. Cet hydrate perd facilement son eau lorsqu'on le chauffe et devient brun.

D'après M. Nicklès, le monohydrate d'oxide de cadmium , CdO,HO, peut être préparé par une méthode semblable à celle qui a été décrite pour la préparation de l'hydrate de zinc cristallisé.

On obtient Toxide de cadmium anhydre en chauffant le cadmium dans l'air ou dans l'oxigène. Cet oxide est jaune, brun ou noir, selon qu'il a été plus ou moins calciné. Il est quelquefois cristallisé en aiguilles purpurines, opaques et groupées en forme de rayons. Sa densité est de 8,13. Il est infusible et fixe ; il est réduit par le charbon à une température peu élevée; on peut préparer facilement le cadmium par la distillation d'un mélange de cet oxide et de charboïi.

GARACTÈBES DBS SELS DE CADMIUM.

La plupart des sels de cadmium sont solubles dans l'eau ; ils sont incolores. Leur saveur est métallique et désagréable. Une lame de zinc plongée dans leur dissolution en précipite le cadmium. Ces sels se reconnaissent aux caractères suivants :

Potasse et soude. — Précipité blanc d'oxide hydraté, insoluble dans un excès de réactif.

Ammoniaque. — Précipité blanc d'oxide hydraté, très soluble dans un excès de réactif.

Carbonate de potasse^ de soude, ou d'ammoniaque. — Précipité blanc insolubie dans un excès de réactif, se formant même dans une liqueur qui contient beaucoup de chlorhydrate d'ammoniaque.

Bicarbonate de potasse. — Précipité blanc accompagné d'un dégagement d'adde carbonique.

422 i»ULFURB DE CADMIUM.

Phosphate de soude. — Précipité blanc de phosphate de cadmium.

Acide oxalique. — Précipité blanc qui se forme immédiatement : ce précipité est soluble dans l'ammoniaque.

Cyanoferrun de potassium. — Précipité blanc faiblement jaunâtre de 'ïyanoferrure de cadmium, soluble dans Tacide chlorhydrique.

Cyanoferride de potassium. — Précipité jaune soluble dans Tacide chlorhydrique.

Infusion de noix de galle. — Pas de précipité.

Sulfhydrate d'ammoniaque. — Précipité jaune de sulfure de cadmium, insoluble dans un excès de réactif et inaltérable à Tair.

Acide sul /hydrique. — Précipité jaune de sulfure, quel que soit Tétat de la dissolution. Ce caractère est Tun des plus importants.

Les sels de cadmium sont très faciles à reconnaître au chalumeau. Lorsqu'on les chaufife à la flamme intérieure, avec du carbonate de soude, Toxide se réduit, le métal se vaporise et s'oxide de nouveau à Tair en déposant sur le chaii)on un anneau rougeàtre.

CaLORURE DE CADMIUM. GdCL

Le chlorure de cadmium préparé en dissolvant le cadmium dans l'acide chlorhydrique, cristallise en petits prismes rectangulaires à quatre pans qui sont hydratés, solubles dans l'eau, et efflorescents dans un air sec. Ce sel perd par la chaleur son eau de cristallisation , se fond un peu au-dessous du rouge , et se sublime en paillettes brillantes à une température élevée.

Le chlorure de cadmium forme des sels doubles -avec les chlorures des métaux alcalins et le chlorhydrate d'ammoniaque. 11 absorbe directement trois équivalents de gaz ammoniac ; sa dissolution dans l'ammoniaque liquide laisse déposer des cristaux qui ont pour formule CdCl,AzIP.

Le bromure et Yiodure ressemblent au chlorure, et sont sans aucune application.

SULFURE DE CADMIUM, CdS.

On obtient le sulfure de cadmium en précipitant un sel de cadmium par l'acide sulfhydrique ou par un suliîire soluble. Il présente une belle couleur jaune qui le fait quelquefois employer dans la peinture à l'huile. Il est pulvérulent, insoluble, insipide, fusible au rouge , et cristallise par le refroidissement en lames micacées d'une couleur citrine. Lorsqu'on le chauffe , il prend une couleur rouge cramoisi et redevient jaune à mesure qu'il se refroidit.

Les acides faibles n'attaquent pas sensiblement le sulfure de cadmium; l'acide chlorhydrique concentré le dissout avec dégagement d'hydrogène sulfuré.

Le sulfure de cadmium natif se présente en prismes hexagones terminés

EXTRACTION DU CAMUDM. &33

par des pyramides. Sa couleur est d'un jaune clair; sa densité est de kfi. H n'est pas volatil. On peut préparer un sulfure de cadmium semblable an sulfure natif, en fondant un mélange de soufre et d'oxide de cadmium : 2CdO + 38 = SO» + 2CdS.

AZOTATE DE CADMIUM. CdO,AzO^

Ce sel est blanc, très soluble dans Teau et mênie déliquescent ; Il cristallise eh petits prismes qui contiennent quatre équivalents d'eau. On le prépai*e en traitant le cadmium par l'acide azotique, qui attaque ce métal avec une grande énergie.

SULFATE DE CADMIUM. CdO,SO*,/i.HO,

Ce sel est incolore, très soluble dans l'eau ; il cristallise en gros prismes droits rectangulaires, contenant 25,5 pour cent d'eau ou quatre équivalents. Soumis à l'action de la chaleur, il perd toute son eau de cristallisation sans se fondre, dégage une partie de son acide, et se transforme en un sous-sulfate qu'une température rouge décompose complètement en acide sulfureux, en oxigène et en oxide de cadmium.

Le sulfate de cadmium anhydre absorbe directement trois équivalents d'ammoniaque.

On prépare le sulfate de cadmium en dissolvant le métal , l'oxide ou le carbonate de cadmium dans l'acide sulfurique.

CARBONATE DE CADMIUM.

Ce corps est blanc, pulvérulent, anhydre, facilement décomposablf par la chaleur; on le prépare par double décomposition en traitant par un carbonate soluble un sel de cadmium en dissolution dans l'eau.

L'oxide de cadmium attire l'acide carbonique de l'ah*, et se change peu à peu en carbonate,

PHOSPHATE ET BORATE DE CADMIUM.

Ces sels sont presque insolubles dans l'eau. On peut les préparer par double décomposition.

EXTRACTION DU CADMIUM.

Lorsqu'on soumet à la distillation un mélange de minerai de zinc cadmifère et de charbon, le cadmium, étant plus volatil que te zinc, distille le premier et se rend dans les condensateurs. En fractionnant les produits de cette distillation, on peut obtenir un alliage très riche en cadmium. Pour retirer ensuite ce dernier métal , on dissout l'alliage de zinc et de cadmium qui contient presque toujours du cuivre , dans l'acide sulfurique ou dans l'acide chlorhydrique , et on eu précipite le cadmium ^âr

lk2U PMUTOXIDK DE NICk£L.

un excès d'acide sutfhydrique. Le salfure de cadmium est lavé et repris par Tacide chlorhydrique concentré qut le dissout. Après avoir chassé l'excès de cet acide par Tévaporation ^ on verse dans la dissolution du carbonate d'ammoniaque en excès ; ce réactif forme du carbonate de cadmium insoluble et redissout, à l'état de carbonates, le cuivre et même le zinc qui ont été précipités par l'hydrogène sulfuré. Le carbonate de cadmium est calciné, puis mêlé à du noir de fumée : on porte le mélange au rouge dans une cornue de grès ou de porcelaine , et il se forme des vapeurs de cadmium qui se condensent dans le col de la cornue.

Les dissolutions de cadmium précipitées par le zinc donnent un dépôt cristallin de cadmium métallique ; mais ce métal ainsi préparé retient toujours du ziné

La plus grande partie du cadmium qu'on trouve dans le commerce des produits chimiques , vient des usines de zinc de la Silésic.

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