CARACTÈRES DBS SELS D* ARGENT
CARVCTÈIIES DES SELS D'/VRGENT.
Le peroxide d*argent, AgO', ne s*unit pas aux acides et se décompose sous leur influence en protoxide et en oxigène : le sous-oxide ne paraît former des combinaisons salines qu'avec certains acides organiques ; ces sels sont peu connus, très instables, et présentent la plus grande tendance à se décomposer en argent métallique et en sels de protoxide.
Les sels de protoxide d'argent sont incolores , lorsqu'ils sont formés par un acide qui n'est pas coloré ; leur saveur est acide , astringente et métallique; ils sont vénéneux: la lumière les noircit en les réduisant en partie. Ils se décomposent en général sous l'influence de la chaleur. Plusieurs de ces sels sont neutres aux réactifs colorés.
On reconnaît les sels d'argent aux propriétés suivantes :
Potasse. — Précipité brun clair d'oxide d'argent , insoluble dans un excès de potasse, mais soluble dans l'ammoniaque.
Ammoniaque. — Ce réactif employé en petite quantité forme un précipité d'oxide d'argent qui se dissout dans un excès d'ammoniaque; si la dissolution d'argent était préalablement acide, il ne se ferait pas de précipité.
Carbonate dépotasse. — Précipité blanc de carbonate d'argent, soluble dans l'artunoTiiaque.
Carbonate d'ammoniaque. — Précipité blanc de carbonate d'argent, soluble dans un excès de réactif.
Phosphate de soude. — Précipité jaune de phosphate d'argent; la liqueur devient acide.
Pyrophosphate de soude. — Précipité blanc ; la liqueur reste neutre.
Acide oxalique. — Précipité blanc, soluble dans l'ammoniaque.
Cyanoferrure de potassium. — Précipité blanc.
Cyanoferride de potassium. — Précipité rouge-brun.
Tannin. — Pas de précipité ; avec le temps l'argent est réduit et se précipite.
Sulfhydrate d'ammoniaque. — Précipité noir, insoluble dans un excès de réactif.
Acide sulfhydrique. — Précipité noir.
Acide chlorhydrique ou chlorures. — Précipité blanc caillebotté, insoluble dans l'eau et les acides ; très soluble dans l'ammoniaque, les hyposulfites et les sulfites ; ce précipité devient brun à la lumière. La présence d'une trace de protochlorure de mercure suffit pour lui ôter la propriété de se colorer à la lumière.
lodure de potassium. — Précipité blanc, légèrement jaunâtre , à peine soluble dans l'ammoniaque , un peu soluble dans un excès de réactif.
Chromate de potasse. — ï^écipité rouge-brun , légèrement soluble dans l'eau, très soluble dans l'ammoniaque.
628 DOSAGE DfC l'argent.
Sulfate de protoxtde de fer, — Précipité blanc et métallique d'argent.
Protochlorure d'étain. — Précipité de chlorure d'argent, qui sous l'influence d'un excès de réactif se transforme en argent métallique.
Chlorate de potasse. — Pas de précipité.
Zinc, — Précipité d'argent métallique.
Les sels d'argent sont précipités par l'acide chlorhydrique et les chlorures, même en présence des matières organiques. Ce caractère est le plus sensible de tous. L'hyposulfite d'argent n'est pas précipité par les chlorures.
Les acides phosphoreux et hypophosphoreux réduisent les sels d'argent, surtout à chaud.
Au chalumeau, les sels d'argent se réduisent très promptement en argent métallique, lorsqu'on les a mélangés avec de la soude.
DOSAGE DE l'ARGENT.
L'argent contenu dans des alliages est ordinairement dosé par la coupellation ou la voie humide; mais dans les analyses on apprécie souvent la proportion de ce métal , en le précipitant à l'état de chlorure par un léger excès d'acide chlorhydrique : pour faciliter le dépôt du chlorure d'argent, on acidifie la liqueur au moyen de l'acide azotique ; on lave le précipité sur un petit filtre qu'on sèche ensuite dans une étuve. Comme il serait difficile d'enlever le chlorure, sans en laisser une certaine quantité sur le papier, on brûle le filtre dans une petite capsule de porcelaine.
Pour éviter l'erreur qui pourrait provenir de la réduction partielle du chlorure d'argent par les* gaz hydrogénés provenant de la combustion du papier, on mouille le chlorure avec quelques gouttes d'eau régale, et on le calcine une seconde fois. Le poids du résidu , abstraction faite des cendres du filtre qu'il faut en déduire , donne le poids du chlorure d'argent pur, et par conséquent celui de l'argent.
Dans une analyse, il est plus exact de précipiter l'argent par l'acide chlorhydrique plutôt que par les chlorures alcalins qui forment avec le chlorure d'argent des chlorures doubles ayant une certaine solubilité dans l'eau.
La calcination du chlorure d'argent dans une capsule de porcelaine peut donner lieu à une perte de chlorure d'argent qui est entraîné par les gaz provenant de la combustion du papier ; M. Marignac a conseillé de verser la liqueur contenant le chlorure d'argent dans un tube de verre pesé et effilé à son extrémité. Le précipité caillebotté de chlorure d'argent est bientôt arrêté à la pointe du tube , et le liquide passe clair ; on dessèche le tube avec soin dans un autre tube plus grand et on le pèse. Pour éviter l'action de la lumière sur le chlorure d'argent , on peut entourer le tube de papier noir.
CHLORURE d'argent. 629
CHLORURE d'argent. AgCL
Ce corps obtenu par voie humide est caillebotté et très deose ; lorsqu'il se trouve en suspension dans Teau , il se rassemble , par l'agitation ou par la chaleur, en une masse floconneuse de la plus grande blancheur : il s'altère rapidement à la lumière directe du soleil et môme à la lumière diffuse, brunit et dégage du chlore; il se transforme alors en sous-chlorure d'argent , Ag*Cl. Le chlorure d'argent, conservé dans un flacon rempli de chlore humide et exposé à la lumière, reste blanc.
Le chlorure d'argent entre en fusion à la température de 260<> ; il se prend par le refroidissement en une masse transparente présentant l'aspect et la consistance de la corne et que les anciens chimistes nommaient tune cornée. Le chlorure d'argent une fois fondu traverse les creusets comme la litharge ; il commence à se volatiliser dès qu'il entre en fusion ; cependant il est difficile de le distiller complètement. Il est indécomposable par la chaleur.
Le charbon pur ne le décompose pas; mais le charbon hydrogéné le réduit en produisant de l'acide chlorhydrique; le chlorure d'argent est également réduit par le charbon , en présence de la vapeur d'eau ; il se forme de l'acide chlorhydrique, de l'oxigène et de largent métallique.
Le fer, le zinc, Tétain, l'antimoine, le bismuth, le plomb, le cuivre, etc., réduisent le chlorure d'argent par voie sèche. Le mercure le décompose incomplètement.
Le fer et le zinc le réduisent à sec à la température ordinaire ; les autres métaux n'en séparent l'argent qu'en présence de l'acide chlorhydrique étendu. La réaction est beaucoup plus rapide, lorsqu'on humecte le dilorure d'argent avec une dissolution de sel marin.
Le chlorure d'argent est complètement insoluble dans l'eau; aussi sert-il à reconnaître dans une liqueur des traces de chlorures ou de sels d'argent.
L'acide azotique ne le dissout pas sensiblement.
L'acide chlorhydrique concentré et bouillant le dissout en petite quantité et le laisse cristalliser en octaèdres par l'évaporation de la liqueur.
L'acide sulfurique concentré le décompose lentement en produisant du sulfate d'argent et de l'acide chlorhydrique.
La potasse et la soude caustiques sont sans action à froid sur le chlorure d'argent; mais, à la température de l'ébullition , la décomposition du chlorure d'argent a lieu en quelques instants ; il se produit de l'oxide d'argent et un chlorure alcalin qui reste en dissolution : du sucre ajouté
630 BROMURE d'àRGSNT.
à ce mélange réduit rapidement Targent à l'état métallique. D'après M. Levol, cette réaction permet de préparer de l'argent pur. . Les alcalis et les carbonates alcalins et terreux décomposent le chlorure d'argent par la voie sèche, et en réparent entièrement l'argent
Dans les laboratoires, le chlorure d'argent est ordinairement réij^uit par un m^ange de craie et de charbon. On emploie 100 p. de chlorure d'argent supposé sec , 70 de craie , et 4 p. de charbon.
Le chlorure d'argent est très soluble dans l'ammoniaque, même lorsqu'il a été fondu ; la liqueur est incolore : lorsqu'on la laisse exposée à l'air, l'ammoniaque s'en dégage peu à peu , et le chlorure d'argent se dépose sous la forme de petits cristaux cubiques; si l'on évapore la dissolution à une douce chaleur, on obtient du chlorure d'argent en écailles nacrées qui ressemblent à certaines variétés de chlorure d'argent natif. 8i la température est portée jusqu'à l'ébuUition, il se dépose de l'argent fuhninant.
En saturant par un acide la dissolution de chlorure d'argent dans l'ammoniaque, le chlorure d'argent se dépose ; l'argent est précipité de cette dissolution par plusieurs métaux, tels que le cuivre, le mercure, etc. L'acide sulfbydrique et les sulfures y forment un précipité de sulfure d'argent.
Le chlorure d'argent sec absorbe directement 18 p. 100 de gaz ammoniac ou 9 équivalents; cette combinaison se décompose peu à peu au contact de l'air.
Les dissolutions bouillantes de chlorure de potassium, de sodium » de barium, de strontium, de calcium, dissolvent le chlorure d'argent, et forment avec ce sel des combinaisons cristallines. Ces chlorures doubles sont décomposés par l'eau, et surtout par Tacide azotique étendu.
Le chlorure d'argent se dissout également dans le cyanure de potassium et produit un sel double cristallisable (M. Liebig).
Le chlorure d'argent, récemment précipité, est très soluble dans les hyposulfites et les sulfites alcalins. Il donne naissance , en réagissant sur ces sels , à des hyposulfites et des sulfites doubles d'oxide d'argent et de potasse ou de soude.
Le chlorure d'argent existe dans la nature; il est d'un gris de perle, passant souvent au bleu de lavande ou au bleu violacé : il brunit à l'air. Son éclat est diamantaire ; il est ordinairement translucide. Il est flexible, malléable et tendre. On le trouve cristallisé en cubes d'une densité de 5,552. Sa composition est identique avec celle du chlorure artificiel.
BROMURE d'argent. AgBr.
Le bromure d'argent présente une grande analogie avec le chlorure ; il est , comme ce dernier composé , insoluble dans l'eau , fusible , réduc-
lODURE P' ARGENT. 631
tible à une température peu élevée» par Thydrogène , le zinc , le fer, le cuivre, les alcalis, etc. Toutefois on peut le distinguer facilement du chlorure d'argent par les caractères suivants :
V II acquiert une couleur d'un jaune pâle en se rassemblant , quelques instants après sa précipitation ;
2* Il est beaucoup nàoins soluble dans l'ammoniaque que le chlorure d'argent ;
3** Le chlore en dégage facilement des vapeurs de brome, reconnaissablés à leur couleur.
Le bromure d'argent produit des sels doubles avec les bromures des métaux alcalins et terreux.
On l'obtient en versant une dissolution d'acide bromhydrique, ou mieux un bromure alcalin dans un sel d'argent ; le précipité de bromure d'argent qui se forme , doit être lavé et séché à l'abri de la lumière qui l'altère et le brunit avec plus de rapidité encore que le chlorure d'argent.
On trouve le bromure d'argent natif au Mexique et en Bretagne , tantôt en petites masses amorphes , tant4)t en cristaux octaédriques d'un jaune verdâtre.
lODDRB d'argent. AgL
Ce corps présente une grande analogie avec le chlorure et avec le bromure d'argent. On le prépare en versant de l'iodure de potassium ou de sodium dans une dissolution d'azotate d'argent.
L'iodure d'argent est d'un blanc jaunâtre et complètement insoluble dans l'eau. La lumière le noircit avec plus de lenteur que le chlorure d'argent. Exposé à l'action de la chaleur, il se colore en rouge foncé et redevient jaune par le refroidissement.
L'hydrogène, le zinc , le fer et le cuivre le réduisent facilement. L'acide chlorhydrique bouillant le change en chlorure. On le distingue du chlorure d'argent en ce qu'il exige pour se dissoudre une quantité beaucoup plus considérable d'ammoniaque. D'après M. Martini , 2500 pwlies d'ammoniaque liquide ne dissolvent qu'une seule partie d'iodure d'argent.
L'iodure de potassium dissout, parla voie humide, l'iodure d'argent et forme un composé cristallisable ayant pour formule : AgI,KI.
L'iodure d'argent s'unit encore au sous-azotate de mercure et au cyanure d'argent'.
L'iode a été trouvé pour la première fols par Vauquelin, dans le règne minéral à l'état d'iodure d'argent , dans des minerais du Mexique. M. Berthier l'a rencontré à Poullaouen en cristaux blancs et lamelleux.
632 SULFDRK D*àRGBNT.
FLUORURB d'argent. AgFl.
Ce composé est très soluble dans Feau, et ne peut par conséquent se produire, comme les trois composés précédents, par double échange. Ou l'obtient en traitant Toxide ou le carbonate d'argent par Tacide fluorhydrique. Sa dissolution se décompose en partie lorsqu'on la concentre.
GTANURB d'argent. AgCy.
On obtient le cyanure d'argent en précipitant l'azotate d'argent par l'acide cyanhydrique. Ce composé estblanc, insoluble dans l'eau, soluble à chaud dans les acides azotique et sulfurique concentrés.
L'acide chlorhydrique et l'hydrogène sulfuré le décomposent facilement. La potasse et la soude ne l'altèrent pas; l'ammoniaque le dissout en proportions considérables.
Le cyanure d'argent se dissout également dans les cyanures des métaux alcalins et terreux ; il forme des cyanures doubles cristallisables , incolores , inodores , qui ne sont précipités ni par les chlorures ni par les alcalis caustiques.
Ces cyanures doubles et particulièrement celui de potassium et d'argent (AgCy,KCy), servent de base à l'argenture galvanique.
SULFURE d'argent. AgS.
Le sulfure d'argent se présente tantôt en poussière ou en masse amorphe terne et d'un gris de plomb, tantôt en cubes ou en octaèdres d'un éclat métallique et d'une densité de 7,2. Il est légèrement ductile, plus fusible que l'argent; assez mou pour se laisser entamer par l'ongle, et pour recevoir une empreinte sous le balancier. On a pu frapper des médailles avec du sulfure d'argent.
Par le grillage, le sulfure d'argent donne de l'acide sulfureux et de l'argent métallique. L'hydrogène et la plupart ^es métaux le réduisent à une température peu élevée ; cette réduction est surtout facile avec le zinc, le fer, le plomb et le cuivre.
L'acide chlorhydrique concentré et bouillant transforme le sulfure d'argent en chlorure d'argent et en acide sultliydrique. L'acide azotique ne l'attaque qu'avec beaucoup de lenteur. L'acide sulfurique concentré le décompose, au contraire, avec rapidité en produisant de l'acide sulfureux et du sulfate d'argent.
Le sulfure d'argent s'unit par la voie sèche à un grand nombre de sulfures métalliques.
Le bichlorure de cuivre et le sel marin le changent en chlorure d'argent; il se transforme également en chlorure lorsqu'on le laisse exposé à
AZOTATE d'argent. 633
l'air, après l'avoir mélangé avec des pyrites de fer, du sulfate de cuivre et du sel marin. Ces observations sont importantes pour la théorie de l'amalgamation.
Le soufre ayant une grande afQnité pour l'argent, le sulfure d'argent se forme dans un grand nombre de circonstances.
Les émanations d'acide sulfhydrique ou de sulfhydrate d'ammoniaque altèrent l'argent , le noircissent et produisent à sa surface une couche de sulfure d'argent. Tout le monde sait que des vases d'argent dans lesquels on chauffe des œufs, se colorent en noir : cette altération superficielle de l'argent est due à la formation d'une petite quantité de sulfure d'argent; le soufre provient de la matière albumineuse de l'œuf.
L'argent noirci par une couche de sulfure reprend sa belle couleur blanche quand on le chauffe avec une dissolution de caméléon minéral.
État aatarel. — PréparaUoB.
On produit artificiellement le sulfure d'argent eu précipitant un sel d'argent par l'acide suif hydrique ou par un sulfure soluble.
Le sulfure d'argent est assez abondant dans la nature et constitue le pnncipal minerai d'argent. Il forme quelquefois des filons, puissants dans les terrains primitifs et intermédiaires et dans les premiers dépôts secondaires.
'Les principales mines d'Europe sont celles de Freyberg en Saxe, de Hongrie, de Transylvanie. En Amérique, on cite celles des districts de Guanaxuato, de Catorre, du Serro del Potosi, etc.
Le sulfure d'argent est souvent accompagné de sulfure d'antimoine, et ordinairement de sulfure de plomb.
ABGENT ROUGE.
On donne le nom d* argent rouge k un sulfure double d'argent et d'antimoine, dans lequel le sulfure d'antimoine est quelquefois remplacé par le sulfure d'arsenic.
L'argent rongea pour formule Sb%3,3AgS. Sa forme primitive est un rhomboïde obtus. Sa couleur varie du rouge au noir; sa poussière est toujours d'un rouge cramoisi; il est translucide. Sa densité est de 5,8. Il donne par le grillage de l'acide sulfureux , de l'oxide d'antimoine et de l'argent pur.
AZOTATE d'argent. AgO,AzO\ Propriétés.
L'azotate d'argent est le sel d'argent le plus important et le mieux connu. Il cristallise en lames carrées, incolores, transparentes, et inaltérables à l'air. Il est soluble dans son poids d'eau froide , et beaucoup
634 AZOTATE d'argent.
plus soluble dans Teau bouillante ; l'alcool en dissout le quart de son poids à chaud, et |es dix centièmes seulement à froid. La lumière ne parait le décomposer qu'en présence des matières organiques ; il corrode la peau et y forme des taches noires que Tiodure de potassium fait disparaître.
L'azotate d'argent pur est sans action sur le papier bleu de tournesol : il ne le rougit qu'autant qu'il contient de Facide azotique Ubre ; il fond sans se décomposer, et forme par le refroidissement une masse cristalline désignée sous le nom de pierre infernale ^ qui sert de caustique en chirurgie; la pierre infernale est blanche lorsqu'elle est pure , mais elle est souvent noire à sa surface, et quelquefois môme dans toute sa masse , ce qui est dû à la présence d'une petite quantité d'argent réduit par le métal de la lingotière ou par des traces de matières organiques. Cette couleur brune peut provenir aussi du bi-oxide de cuivre résultant de la décomposition , par la chaleur, de l'azotate de cuivre qui se trouvait dans l'azotate d'argent.
Sous l'influence d'une température rouge , l'azotate d'argent se décompose d'abord en azotite et ensuite en argent métallique.
L'azotate d'argent, jeté sur des charbons ardents, en active la combustion et les recouvre d'un enduit métallique. Dn mélange de ce sel et de soufre ou de phosphore peut détoner par le choc.
Le phosphore réduit à froid, et même dans l'obscurité, la dissolution d'azotate d'argent.
Le charbon réduit également l'azotate d'argent, mais à chaud seulement ou sous l'influence prolongée de la lumière.
Lorsqu'on imbibe un linge d'une dissolution d'azotate d'argent , et qu'on le présente à un courant d'hydrogène , il se fait un dép^t noir d'argent métallique.
On forme des caractères noirs, indélébiles et pouvant servir à marquer le linge , en écrivant avec une dissolution faible d'azotate d'argent sur du linge recouvert d'empois rendu alcalin par une petite quantité de carbonate de soude.
L'azotate d'argent se combine avec l'ammoniaque hquide et produit des cristaux incolores, qui ont pour composition : AgO,AzO,2AiH^. Ce composé , exposé à l'action de la chaleur, donne de l'eau, de l'ammoniaque , du sulfite et du sulfate d'argent.
Le gaz ammoniac se combine directement avec l'azotate d'argent anhydre, qui en absorbe trois équivalents : (AgO,AzO*,3AzH^). Ce composé est soluble dans l'eau , et facilement décomposé par la chaleur qui en dégage l'ammoniaque.
L'azotate d'argent s'unit au cyanure de mercure (AgO,AzO,2HgCy), au cyanure de cuivre et au cyanure d'argent — (AgO,Az05,2CuCy) — AgO,Az0^2AgCy). Ce dernier composé fuhnine avec violence, quand on le chauffe.
iZOTÀT^ P'àRGENT. 635
L'argent en poudre fine se dissout dans Vazotate d'argent, et forme des combinaisons qui peuvent être comparées à celles qui résultent de l'action du plomb sur l'azotate de plomb : l'argent s'oxide aux dépens d'une partie de l'oxigëne de l'acide azotique , et. produit une dissolution d un jaune clair qui , évaporée et reprise par l'eau , donne un azotite neutre d'argent (AgO,AzO^), et un azotite basique, insoluble et coloré en jaune.
L'azotate d'argent peut être obtenu en attaquant l'argent pur ou l'argent monétaire par l'acide azotique.
Pour préparer ce sel avec l'alliage monétaire, on fait dissoudre dans l'acide azotique une pièce de monnaie, qui est composée d'argent et de cuivre ; on évapore la liqueur à sec dans une capsule de porcelaine ; on fond le résidu et on le maintient pendant quelque temps à une température un peu inférieure au rouge sombre. L'azotate de cuivre se décompose et laisse de l'oxide de cuivre insoluble. On reconnaît que tout l'azotate de cuivre a été décomposé, et qu'on peut arrêter la calcination, lorsque la masse fondue , qui d'abord était bleue , devient incolore en se séparant de l'oxide noir de cuivre , et que d'ailleurs elle a cessé de dégager des vapeurs rutilantes. On doit aussi s'assurer qu'une petite quantité de matière enlevée à la masse avec une baguette de verre et dissoute dans l'eau, ne bi^uit pas avec l'anpdoniaque.
L'azotate d'argent étant ainsi séparé de l'azotate de cuivre , on reprend la masse par l'eau , qui laisse l'oxide de cuivre et dissout l'azotate d'argent pur.
On doit à M. Gay-Lussac un procédé qui permet aussi de préparer l'azotate d'argent pur ; il consiste à ajouter dans la dissolutio9 bouillante d'une pièce de monnaie dans l'acide azotique et qui contient par conséquent de l'azotate d'argent et de l'azotate de cuivre, une certaine quantité d*oxide d'argent qui précipite complètement l'oxide de cuivre.
L'oxide d'argent qui sert à cette purification n'a pas besoin d'être pur ; aussi emploie-t-on pour le préparer une partie même de la disso* lution azotique de cuivre et d'argent qu'on traite par un excès de potasse.
Dans un grand nombre de cas , on peut, pour séparer le cuivre de l'argent , précipiter la dissolution de l'alliage monétaire par une petite quantité de potasse qui agit d'abord sur le sel de cuivre; on cesse d'ajouter la potasse lorsque le précipité , qui d'abord était bleu , devient brun. La liqueur filtrée ne contient plus que de l'azotate d'argent et du nitre; ce derni^ sel ne modifie pas les réactions ordinaires de l'azotate d'argent.
636 FULMINATE D'âRGBNT.
CHLORATE^ PERGHLORATE, GHLORITB, BROHATfi , lODATE, PERIODATE d'argent.
On obtient le chlorate d'argent , soit en traitant par le chlore le carbonate d'argent en excès tenu en suspension dans l'eau , soit en dissolvant le carbonate ou Toxide d'argent dans l'acide chlorique. Le chlorate d'argent forme des prismes rectangulaires, incolores, transparents, anhydres et très solublés dans l'eau. Il fond vers 230* ; à une température un peu plus élevée , il détone en lançant des étincelles lumineuses. Ce sel , comme la plupart des sels d'argent , se combine avec l'anmioniaque et produit un sel ammoniéqui a pour formule : (AgO,C10*,2AzH'); mêlé avec le soufre, ou avec des corps combustibles, il produit des poudres qui fulminent par le choc.
Le perchlorate et le chlorite d'argent sont solublés et cristallisables.
Le bromate se dissout difficilement dans l'eau.
Viodate est insoluble.
he periodojte nQ\x\xQ se présente en cristaux orangés , anhydres, que l'eau décompose en acide périodique et en un sous-sel noir.
FULMINATE D* ARGENT. (AgO)*,2(CyO).
Le fulminate d'argent se présente en poudre cristalline ou en petites aiguilles blanches, peu solublés dans l'eau froide, solublés dans 36 p. d'eau bouillante, sans action sur le papier bleu de tournesol, et d'une saveur métallique.
Il détone violemment par le choc ou sous l'influence de la chaleur, de l'électricité, de l'acide sulfurique, du chlore, etc. Deux décigrammes de ce corps, projetés sur d^ charbons ardents, produisent autant de bruit qu'un coup de pistolet.
Les acides chlorhydrique, iodhydrique et sulfhydrique décomposent le fulminate d'argent sans produire de détonation , et donnent naissance à des acides particuliers qui ont été à peine examinés.
Le fulminate d'argent forme facilement des sels doubles. Quand on le traite par des oxides alcalins ou alcalino-terreux, on en sépare la moitié seulement de l'oxide d'argent, et l'on obtient des fulminates doubles , qu'un excès de base alcaline ne peut décomposer. Ces sels doubles fulminent par le choc.
On prépare le fulminate d'argent en dissolvant une pièce de 25 centimes ou 2'^',25 d'argent fin dans ^5 gr. d'acide azotique à i^O*. On verse dans la liqueur 60 gr. d'alcool à 85% et l'on porte la liqueur à l'ébuUition ; elle se trouble bientôt, et dépose du fulminate d'argent ; on éloigne la liqueur du feu, et l'on y ajoute par fractions 60 autres grammes d'alcool. Le fulminate d'argent se dépose peu à peu. Oq le lave sur un filtre avec
SULFATE d'argent. 637
de Teau distillée , et on le sèche au bain-marie. Sou poids est à peu près égal à celui de l'argent employé.
On doit prendre les plus grandes précautions dans la préparation de ce sel, et éviter l'emploi des baguettes en verre ou des corps durs qui détermineraient une détonation. Lorsque le fulminate est encore très humide, on le divise en plusieurs parties pour éviter les accidents.
Le f uhninate d'argent est employé à la fabrication de divers jouets fulminants, dont l'usage présente toujours des dangers.
SULFATE d'AHGENT. AgO,SO*.
Le sulfate d'argent cristallise en prismes incolores, brillants, qui ont pour base le prisme rhomboïdal. L'eau bouillante en dissout environ la centième partie de son poids, et en laisse déposer la plus grande partie en se refroidissant. Ce sel est assez solubte dans l'acide sulfurique concentré ; l'eau le précipite de cette dissolution.
Le sulfate d'ai^nt est très difficilement réduit par la chaleur ; il ne se décompose qu'à une température rouge. Calciné avec du charbon , il laisse un mélange d'argent et de sulfure d'argent.
On prépare ordinairement le sulfate d'argent en dissolvant l'argent dans l'acide sulfurique concentré et bouillant ; cette dissolution laisse déposer en se refroidissant de petites aiguilles de sulfate d'argent : l'eaumère, abandonnée à elle-même, fournit à 1^ longue des octaèdres.
Comme le sulfate d'argent est très peu soluble dans l'eau froide , on peut aussi l'obtenir en décomposant une dissolution concentrée d'azotate d'argent par le sulfate de soude ; il se forme un précipité blanc qu'on lave à l'eau froide.
Le sulfate d'argent se dissout à chaud dans l'ammoniaque ; la dissolution laisse déposer en se refroidissant des cristaux incolores de sulfate d'argent bi-ammoniacal : AgO,SO^,2AzH^
En l'absence de l'eau, le sulfate d*argent ne s*unit, d'après M. H. Rose, qu'à un seul équivalent d'ammoniaque.
hyposulfate d'argent. AgO,S20*,2HO.
L'hyposulfate ou dithionate d'argent cristallise en prismes incolores , inaltérables à l'air, très solubles dans l'eau. Il forme avec l'ammoniaque un sel ammonié cristallisable (AgO,SH)*,2AzH^) qu'une douce chaleur décompose en eau , en sulfite d'ammoniaque , et en un résidu de sulfate d'argent.
On prépare l'hyposulfate d'argent en dissolvant l'oxide ou le carbonate d'argent dans l'acide hyposulfurique.
638 CARBONATE D'aRGENT.
SULFITE d'argent. AgO,SO^.
On obtient ce sel en dissolvant Toxide d'argent dans Tacide sulfureux, ou en précipitant un sel d'argent par une dissolution froide et concentrée d'un sulfite alcalin.
Le sulfite d'argent se présente en petits cristaux incolores « inaltérables à l'air, peu solubles dans l'eau froide. Il a une grande tendance à former des sels doubles en s'unissant aux sulfites alcalins.
HYPOSULFITE D'ARGENT. AgO.S^O'.
Ce sel est peu stable et mal connu à l'état de liberté , mais il forme avec les hyposulfites alcalins des combinaisons qui ont été particulièrement examinées par M. Herschel.
On obtient l'hyposulfite d'argent sous forme d'un précipité blanc-grisàtre , en versant une dissolution étendue d'hyposulfite neutre de potasse ou de soude dans une dissolution également très étendue d'azotate d'argent employée en léger excès.
L'hyposulfite d'argent est peu soluble dans l'eau froide; l'acide chlorhydrique et les chlorures ne troublent pas sa dissolution; il se change facilement en un mélange de sulfure et de sulfate d'argent. Lorsqu'il est combiné avec d'autres hyposulfites, il devient plus stable.
L'oxide d'argent décompose les hyposulfites alcalins, en sépare la moitié de la base et produit des hyposulfites doubles qui sont tous solubles dans l'eau.
Ces hyposulfites doubles se préparent encore en dissolvant à froid le chlorure d'argait dans les hyposulfites de potasse, de soude, d'ammoniaque , de chaux , de strontiane , et en mêlant la dissolution avec l'alcool qui en précipite l'hyposulfite double. Ces sels peuvent être employés pour argenter les métaux, et particulièrement le cuivre, le bronze et le laiton.
CARBONATE d'ARGENT.
L'oxide d'argent, étant une base plus puissante que les oxides métalliques des dernières sections , peut s'unir à l'acide carbonique. Le carbonate d'argent. se forme par double décomposition, en versant un carbonate soluble dans un sel d'argent.
Le carbonate d'argent est une poudre blanche , insoluble. Une légère chaleur décompose le carbonate d'argent en acide carbonique, en oxigène et en argent. Ce sel se dissout dans l'ammoniaque.
ALLUGBS d'argent ET DE CUIVRE. 639
PHOSPHATES d'argent.
Il existe plusieurs phosphates, métaphosphates et pyrophosphates d'argent qui sont insolubles. Nous avons indiqué à l'article phosphate de soude leur mode de formation et leur composition.
ARSÉNIATE d'argent.
Ce sel est en poudre brune-rougeàtre , insoluble dans l'eau , soluble dans les acides et dans l'ammoniaque. On le produit en versant un arséniate dans une dissolution neutre d'azotate d'argent. Il a pour formule : (AgO)3,ArO*.
ARSÉNITE d'argent.
Ce sel a l'aspect d'une poudre jaune insoluble ; il a pour composition : (AgO)*,Ar03; il se précipite, quand on môle des dissolutions d'arsénite de potasse ou de soude avec des sels d'argent.
L'arséniate et Tarsénite d'argent sont employés dans les recherches de médecine légale pour constater la présence de l'arsenic.
BORATE D* ARGENT.
D'après M. H. Rose, le borax produit dans la dissolution d'azotate d'argent neutre un précipité blanc, cristallin, pesant, presque insoluble, qui a pour formule : (AgO)^,BO^. Lorsque les dissolutions de borax et de sel d'argent sont étendues d'une très grande quantité d'eau , il se précipite de l'oxide d'argent pur.
• ALLIAGES d'argent.
L'argent s'allie à un grand nombre de métaux ; mais les seuls alliages vraiment importants sont ceux que l'argent forme avec le cuivre et avec certains métaux inoxidables, comme l'or et le platine.
alliages d'argent et de cuivre.
Le cuivre s'allie à l'argent par voie de fusion et ei* toute proportion. Ce^ alliages sont moins ductiles , plus durs et plus élastiques que l'argent. Ils sont en général blancs , et ne prennent une teinte rouge que lorsque la proportion de cuivre est très considérable. Comme la couleur des alliages de cuivre et d'argent n'est jamais aussi belle que celle de l'argent pur, on leur fait presque toujours subir le blanchiment. Cette opération consiste à chauffer les alliages au contact de l'air pour oxider le cuivre, et à les plonger ensmte dans de l'eau acidulée par
6&0 ALLUGBS d'argent IT DB CUIVRE.
de l'acide azotique ou par de Tacide sulfurique; oes acides dissolvent Toxide de cuivre , et mettent à nu l'argent en élevant par conséquent son titre et l'amenant pour ainsi dire à l'état de pureté. Les objets d'argent ainsi blanchis ont une couleur mate qu'on rend brillante par le frottement.
Le cuivre et l'argent se dilatent en se combinant. D'après Thomson, une pièce de monnaie anglaise au titre de 925 millièmes avait une densité de 10,200 ; en ne supposant ni contraction, ni dilatation dans l'alliage d'argent et de cuivre , la densité aurait dû être de 10,351.
Les alliages de cuivre et d'argent à bas titre, abandonnés, après leur fusion, à un refroidissement lent, éprouvent une liquation qui amène des variations de titre s'élevant quelquefois jusqu'à 100 millièmes. Ces variations atteignent leur maximum dans un alliage formé de parties égales de cuivre et d'argent, et diminuent à mesure que la proportion d'argent s'élève; les différences, encore très sensibles dans les alliages monétaires, sont moins apparentes lorsque le titre est de 950 , comme dans les médailles ; elles deviennent très rares et presque insensibles dans les lingots provenant des ateliers d'affinage.
Les alliages de cuivre et d'argent s'altèrent assez rapidement à l'air humide, surtout au contact des matières organiques, quand la proportion de cuivre dépasse 100 millièmes. Lorsqu'on les soumet au grillage, le cuivre s'oxidè et entraîne une quantité notable d'argent. L'oxidation se ralentit à mesure que l'argent devient prédominant; il est toujours très diilBcile de débarrasser complètement par le grillage l'argent du cuivre.
Le soufre chauffé avec un alliage de cuivre et d'argent, en proportion insuffisante pour attaquer les deux métaux, porte particulièrement son action sur le cuivre : la plus grande partie de ce métal se sépare à l'état de sulfure, en entraînant toutefois une certaine quantité de sulfure d'argent.
Les monnaies à bas titre sont connues sous le nom de billon.
Les pièces de six liards, les décimes à la lettre N, dont la démonétisation vient d'être effectuée , étaient des alliages à 200/1000, fortem^it blanchis. Les pièces de 15 et de 30 sous, également retirées de la circulation, étaient au titre de 666/1000.
Les monnaies qui ont été conservées, et celles qu'on frappe actuellement en France, sont au titre de 900/1000, avec une tolérance de 3/1000 audessus et de 3/1000 au-dessous de ce titre légal moyen.
Les médailles contiennent plus d'argent ; elles sont au titre de 950/1000 avec les mômes tolérances que les monnaies.
Les titres des ouvrages d'argent sont au nombre de deux; le plus employé pour la vaisselle et l'argenterie est celui de 950/1000. La tolérance est de 5/1000 ; un couvert , par exemple , qui contient 9/i5/1000 d'argent pur, est encore dans les limites de la loi.
AMALGAME D' ARGENT. 6/|l
On n'a pas fixé de limites pour les titres supérieurs à 050/1000; le fabricant se trouve d'ailleurs intéressé à ne pas le dépasser.
Le second titre de l'argenterie est de 800/1000. La tolérance au-dessous de ce titre est de 5/1000.
Pour souder l'argent, on emploie des alliages à des titres inférieurs, et Ton y fait entrer souvent une petite quantité de zinc. L'alliage le plus employé pour souder l'argent à 950/1000 est formé de 666,67 d'argent, 233,33 de cuivre et 100,00 de zinc.
PLAQUJÉ.
On donne le nom de plaqué à des feuilles de cuivre qui sont recouvertes de feuilles d'argent.
Lorsqu'on se propose de plaquer une feuille de cuivre, on la gratte fortement à sa surface, afin d'enlever tous les défauts et de la rendre parfaitement unie; on là passe ensuite au laminoir pour l'étendre à peu près du double de son étendue primitive, et on la gratte de nouveau; elle est prête alors à recevoir l'argent.
Si l'on se propose de plaquer au xiugtième , on prend un lingot d'argent fin d'un poids égal au vingtième du poids priipitif du cuivre ; on rétend de manière à ce que sa surface soit un peu plus grande que celle du cuivre.
Les deux plaques étant ainsi préparées, on passe sur la surface de la plaque de cuivre une forte dissolution d'azotate d'argent; les ouvriers disent que la plaque est alors amorcée, La plaque d'argait étant étendue sur l'établi, on applique dessus le côté de la plaque de cuivre amorcé ; on redresse l'excédant de l'argent sur l'épaisseur du cuivre ; on chauffe les deux plaques au rouge brun , et on les passe au laminoir de manière à réduire leur épaisseur à un millimètre environ. Les deux plaques sont alors soudées entre elles de manière à ne plus pouvoir être séparées.
AMALGAME D'arGENT.
Le mercure et l'argent s'unissent en toutes proportions, même à iîroid.
Lorsque l'amalgame d'argent est liquide et qu'on le passe dans une peau de chamois, la peau retient un amalgame solide très riche en argent, tandis que le liquide qui a traversé la peau ressemble, par sa liquidité et son aspect , au mercure même, et ne retient qu'une très petite quantité d'argent.
On obtient un amalgame cristallisé , connu sous le nom à'arbre de Dione^ en mêlant 3 p. d'une dissolution saturée d'argent dans l'acide azotique, avec 2 p. d'une dissolution également saturée de mercure dans l'acide azotique, et en introduisant dans cette dissolution 7 p. de mercure alliées à 1 p. d'argent. Au bout de ving^uatre à quarante-huit heures, II. ki
642 ESSAI d'argent PAfi CODPILLATION.
on trouve dans la liqueur une multitude de cristaux brillants, qui s'étendent en ramifications jusqu'à la surface du liquide.
U.Berzéliusaanalysé un amalgame d'argent cristallisé qui était formé de 65 p. d3 mercure et de 35 p. d'argent.
D'après M. Daniel, quand on plonge une tige d'argent dans le m^cure, elle se recouvre à la longue de cristaux d'amalgame.
Les amalgames d'argent sont décomposés par la chaleur ; le mer* cure se volatilise seul ; mais lorsque l'amalgame n'a pas été chauffé pendant longtemps à une température d'un rouge vif, l'argent peut retenir quelques millièmes de son poids de mercure.
On trouve souvent du mercure, dans l'argent qui provient de l'exploitation des minerais d'argent par amalgamation.
Jj'amalgame d'argent peut être employé pour argent^ le cuivre rouge, le bronze et le laiton. L'amalgame des argenteurs est, en général , formé de 85 p. de mercure et de 15 p. d'argent. Il parait certain , cependant, que l'argenture se fait mal avec l'amalgame d'argent : aussi, avant la découverte de l'argenture galvanique , on argentait presque toujours à la feuille et à la sausse.
ARGENT ET VZR.
Ces deux métaux se combinent ensemble assez difficilement ; et , sous ce rapport, l'argent diffère de l'or, qui a une affinité assez grande pour le fer. Il parait cependant que l'intervention du carbone ou du silicium facilite la combinaison de l'argent avec le fer , car MM. Faraday et Stodart ont obtenu des aciers damassés en fondant de l'acier avec 1/SOO de son poids d'argent.
ESSAI d'argent par LA GOUPELLATION,
Les alliages d'argent et de cuivre peuvent être analysés par la voie sèche ou par la voie humide.
La détermination de l'argent par la voie sèche porte le nom de eaupellaiion , parce que l'expérience se fait dans une espèce de petite coupe o\x coupelle.
Cette opération est fondée sur la propriété que présente l'argent, d'être inoxidable et à peu près fixe à une température rouge , tandis que le cuivre s'oxide , surtout à la faveur du plomb , et passe dans la coupelle, sur laquelle l'argent, au contraire, s'arrête comme sur un filtre.
Les coupelles sont faites avec des os calcinés au contact de l'air et réduits en poudre fine. Cette cendre est mêlée avec de l'eau ; on en forme une pâte molle, qu'on comprime dans un moule, çt qu'on fait ensuite dessécher. Les coupelles sont blanches, légères, poreuses et très friables; elles peuvent absorber facilement leur propre poids de litharge.
Pour déterminer l'oxidation du cuivre et obtenir un bouton d'ar^nt
ESSAI d'argent par COUPtLLATÎON. 665
pur, il est nécessaire d'ajouter du plomb à TaHiage. La proportion de ce métal doit augmenter avec celle du cuivre qui existe dans Talliage. Avant de procéder à une analyse définitive , on doit donc déterminer d'une manière approximative le titre de Talliage Ce titre, en général, est connu d'avance à quelques millièmes près, car on sait si la matière à analyser est une monnaie , une médaille , un bijou , etc.; mais dans tous les cas, on peut déterminer provisoirement ce titre par un procédé rapide : on passe à la coupelle 08r,100 d'alliage avec 1 gr. de plomb , et au bout de quelques minutes on obtient un bouton dont le poids donne, à 1 ou 2 centièmes, le titre oherché. On juge d'après cet essai préliminaire la quantité de plomb qu'il faut ajouter à l'alliage pour le coupeller dans la meilleure condition possible.
L'essai se fait ordinairement sur 1 gramme d'alliage; le nombre de milligrammes qui exprime le poids du bouton de retour indique donc le titre de l'alliage en expression de millièmes. Un bouton du poids de 08f,900 milligrammes représente un alliage à 900/1000.
La table suivante , due à M. d'Arcet, donne les quantités de plomb nécessaires pour passer à la coupelle les difTéreuts alliages de cuivre et d'argent.
Tableau de$ quantités d£ plomb nécessaires pour faire les euais i'qrgenL
Titres Plomb nécessaire k raffinage de l'argent. d'an gramme d'alliage. Argent à 1000 0«%3
^ 600 : . . iU
— ÛOO
Cuivre pur
Supposons qu'on ait à faire l'analyse d'un alliage au titre approi^imatif de 900 millièmes, d'une monnaie, par exemple; on pèse la quantité de plomb indiquée dans le tableau, qui est de 7 gr. On porte ce métal <]9iis une des coupelles qui sont rangées dans la moufle, et que 1 on a chauffées à une température d'un rouge vif (Voir le fourneau de coupelle , pL 23, fig. 6, 1, 8 et 9). Lorsque le plomb est fondu et cfe'cowtwl , c'est-à-dire lorsqu'il est devenu brillant, on introduit dans la coupelle, avec une pincette légère et élastique, un gramme d'alliage enveloppé dans up petit morceau de papier ou dans une feuille de plomb ; il entre bient^ en
^Uk ESSAI D'iiaGBNT PAR COCPBLLATION.
fusion , et la petite masse liquide dont la surface est d'abord à peu près plane , devient peu à peu convexe ; elle se recouvre de gouttelettes^ d'apparence oléagineuse , qui sont produites par de l'oxide de plomb fondu ; ces gouttelettes sont rapidement absorbées par la coupelle et remplacées aussitôt par d'autres. Des fumées s'élèvent de la surface du liquide, serpentent dans l'intérieur de la moufle , et sortit bientôt pour se répandre en dehors.
Cette fumée est produite par de la vapeur de plomb qui brûle au contact de l'air. A mesure que Ycntvre s'arrondit , les points brillants sont agités d'un mouvement plus rapide. Lorsqu'on juge que le volume de l'alliage a été réduit à peu près aux 2/3, on rapproche la coupelle du bord de la moufle; les points brillants disparaissent bientôt, et sont remplacés par des bandes irisées, qui sont produites par des couches très minces d'oxide de plomb.
On rapproche la coupelle du bord de la moufle, parce qu'à ce moment une haute température serait nuisible. Le bouton se fixe et devient terne ; il se voile ; puis tout d'un coup il jette une vive lumière, on dit alors qu'il a produit V éclair; il redevient aussitôt terne et se solidifie.
Si ce refroidissement avait lieu trop rapidement , l'essai rocherait , et il se produirait au-dessus du bouton une sorte de végétation.
Il ne reste plus qu'à enlever le bouton , à le brosser et à le peser.
On juge que l'essai est bon quand le bouton est peu adhérent au bassin de la coupelle, que sa surface extérieure est nette, grenue, d'un blanc mat, et que sa surface supérieure est brillante, bien bombée, sans aucune dépression ni saillie.
Le bouton a été trop chauffé, quand il présente une dépression ou une végétation ; il a été trop peu chauffé, quand il adhère fortement à la coupelle, que sa surface est terne, et son pourtour tranchant et à vive arête. Toutefois l'adhérence du bouton et son aplatissement peuvent aussi indiquer un défaut de plomb.
Il faut de grandes précautions et beaucoup d'habitude pour apprécier le titre d'un alliage d'argent par la coupellation. L'exactitude de l'opération est subordonnée à la température du fourneau. Trop de chaleur détermine une perte considérable d'argent par volatilisation et par imbibition dans la coupelle. Si la température est trop basse, il reste du plomb et du cuivre dans l'argent.
Tillet, membre de l'ancienne Académie des sciences et collaborateur de Lavoisier, a fait sur la coupellation des expériences nombreuses, dont nous allons rapporter les principaux résultats :
l' La coupeDation accuse de quelques millièmes trop bas le titre des alliages d'argent.
^ La perte provient de la volatilisation de l'argent et de son imbibition dans la coupelle.
ESS41 d'argbnt par coupbllàtion. 6^5
8* Le bouton n*est pas de Targent pur; il contient du plomb et du cuivre. En effet , l'analyse par la voie humide indique dans le bouton d'essai un titre compris entre 992 et 998 millièmes. Ce titre peut être évalué , en moyenne , à 996 millièmes. Les boutons d'essai contiennent donc 4 millièmes de métaux étrangers.
4** On observe une diminution du poids du même bouton par chaque nouvelle coupellation.
5* La diminution de poids du bouton cesse d'augmenter avec la proportion de plomb, lorsque le poids de ce dernier métal est à peu près 30 fois plus considérable que celui de l'argent ; dans la coupellation , la perte d'argent est donc nulle pendant tout le temps où le plomb est à l'argent dans le rapport de 30 : 1 .
6"* Il faut d'autant plus de plomb pour coupeller les alliages d'argent , que ces alliages contiennent plus de cuivre.
Cependant cette observation n'est applicable qu'aux alliages dont le titre dépasse 500 millièmes. Le cuivre qui ne contient que quelques millièmes seulement d'argent, n'exige pas plus de plomb pour être essayé à la coupelle, qu'un poids égal d un alliage à 500 millièmes. (V. le tableau des quantités de plomb employées à la coupellation des alliages d'argent et de cuivre.)
M. d'Arcet a confirmé et étendu les expériences de Tillèt.
M. Chaudet a vérifié, de son côté, l'exactitude des résultats signalés en 1727 par Dufay, sur la propriété que présente le bismuth de pouvoir servir, comme le plomb, à la coupellation, et il a dressé une table indiquant les meilleures proportions de bismuth qu'il faudrait employer pour aifiner l'argent à divers titres. Ces recherches n'ont reçu jusqu'à présent aucune application.
M. Levol, dans un travail sur les phénomènes de V éclair et du rochage^ a fait connaître plusieurs faits qui intéressent l'art de l'essayeur. Il a constaté qu'une partie du cuivre provenant des alliages passés à la coupellation, se retrouvait dans les coupelles à l'état de protoxide; comme il est nécessaire que les oxides soient liquéfiés pour pénétrer dans l'ultérieur des coupelles, et que les oxides infusibles, tels que ceux d'étain, de zinc, de nickel , etc. , restent entièrement à leur surface, M. Levol pense que le cuivre ne pénètre pas dans la coupelle à l'état de bi-oxide de cuivre qui est réfractaire , mais à l'état de protoxide.
On admettait généralement que le phénomène de l'éclair étant dû au dégagement de chaleur produit au moment où l'argent passe de l'état liquide à l'état solide ; mais on pouvait objecter à cette interprétation , que l'éclair cesse de se montrer dans des alliages élevés en titre , et que d'ailleurs la solidification du bouton ne coïncide pas toujours avec l'éclair.
M. Levol a expliqué d'une manière beaucoup plus satisfaisante le phé-
6/^6 ES6AI D'aEGBNT Pil COUPBLLàTION'.
phénomène de Féclair en admettant que l'argent , en passant à Tétat solide, abandonne Toxigène qu'il tenait en dissolution, et que ce gaz est subitem^t absorbé par le protoxide de cuivre contenu dans la cou* pelle sur laquelle repose l'argent. C'est au changement d'état de Toxigène qui abandonne un liquide pour se fixer sur un corps solide, et à l'action chimique qui l'accompagne , que M. Levol attribue le dégagement de chaleur, et par suite la lumière qui constitue l'éclair.
Si l'essai de l'argent fin ne donne pas lieu à une émission subite de lumière, c'est que l'oxigène dissous par le métal en fusi<Hi ne trouve pas de protoxide de cuivre qui puisse l'absorber, et qu'il se dégage sous forme gazeuse dans l'atmosphère; dans ce cas , au lieu de produire de la chaleur, Foxigène doit en absorber au bouton.
Le rochage est produit par l'oxigène qui se dégage de l'argent au moment de la solidification de cç métal, et qui projette une certaine quantité de la masse liquide.
L'or n'empêche pas la dissolution de l'oxigène dans l'argent fondu ; aussi un alliage formé par ces deux métaux peut-il roeh^, même quand la proportion de l'or atteint lerpiart de celle de l'argent.
Les alliages d'or et d'argent subissent une espèce de liquation au moment du rochage. D'après M. Levol, un alliage dont la partie projetée contenait 98 d'or et 902 d'argent, présentait dans la partie non soulevée 137 d'or et 863 d'argent. Il résulte des expériences nombreuses de ce chimiste que, quel que soit le titre d'un alliage, les parties projetées par le rochage contiennent toujours moins d'or que le^ autres.
Pour diminuer autant que possible les chances d'erreur que présente la coupellation de l'argent, on a recours soit à une table de compensation, soit à des témoins , c'est-à-dire à des essais faits avec des alliages d'un titre connu.
La formation d'une table de compensation absolument exacte est tout à {kit impossible; elle supposerait en effet que la coupellation pourrait être faite dans des conditions que Y on reproduirait à volonté. Toutefois il est détnontré qu'à c^lains titres correspond une perte d'argent , qu'une table dressée avec soin peut indiquer d'une manière q)proximative.
Nous donnons plus bas la table de compensation établie à la monnaie de Paris ; elle présentera un aperçu des pertes éprouvées par les boutons d'essai passés à la coupelle dans les conditions les plus favorables.
Nous ajouterons qu'un essai ne doit rester dans te ïnoufie que le temps nécessaire ponr y être coupelle; s'il y était oublié pendant quelque temps, l'argent fondu dans un corps poreux , comme une coupelle, et exposé d'ailleurs aux courants d'air qui traversent la mouQe, perdrait de son poids. Cette perte serait même plus grande que si on chauffait trop fortement l'argent , pendant un temp» très court.
SSSAl D*AB6Birr PAR COUPCLLATlON. ft&7
Table de compensation pour l'essai des matières d'argent.
Titres trouvés Pertes oa quantités de bn» à
Titres exActs. vpar la itl^ter aui titres odtmpoBdttti
coopeilatioD. obtenus par la coupellation.
750 7^SM fi,52
Les témoins sont des essais que Ton exécute sur un alliage fait avec de Targentà 1000 millièmes, et représentant d'une manière approximative le titre de Talliage qu'on examine, et qu'on peut toujours apprécier d'une manière suffisante par une première expérience. Le témoin est passé à la coupelle à côté de l'essai auquel on doit le comparer , et on s'attache à le plac^ dans les mêmes conditions.
Supposons que l'on ait à faire l'analyse d'une médaille ou d'un alliage dont le titre approximatif soit de 950 millièmes ; on pèsera 950 milligrammes d'argent pur, et 50 milligrammes de cuivre, et on les passera à la coupelle à côté d'un gramiàe d'alliage. Si, par exemple, ce témoin a perdu 2 milligrammes après avoir été oouplellé, c'est-à-dire s'il laisse un bouton pesant 08i^,968, on retranchera 2 milligf . du poids du bouton obtenu avec le gramme d'alliage. Les témoins sont surtout utiles dans les cas où les alliages à analyser contiennent de l'or, du platine ou du palladium , parce que ces métaux tendent à amener une surdiarge dans ie bouton de retour.
En résumé, quoique la coupellation ne puisse pas être considérée comme une opération présentant une exactitude absolue , elle peut , lorsqu'elle est employée par un essayeur habile , donner une exactitude de 2 ou 3 millièmes.
La coupellation de l'argent tend à être remplacée par la voie humide ; la coupellation repose en effet sur un système de compensations qui peut présenter de grands inconvénients et prêter à la fraude.
648 ESSAI d'argent par la voie humidk.
ESSAIS d'argent PAR LA VOIE HUMIDE.
Nous venons de démontrer que la coupellation exécutée dans les meilleures conditions , n*accuse pas le titre véritable de l'argent , et que la volatilisation de ce métal et son absorption par les coupelles déterminaient un abaissement de titre qui s'élève à un millième environ pour l'argent fin , et à 4 ou 5 millièmes pour les alliages monétaires.
Pendant longtemps les directeurs des monnaies étaient obligés d'allier au cuivre 904 à 905 millièmes d'argent pur pour obtenir un alliage que la coupellation, seul mode d'essai légal, tlt ressortir au titre de 900 millièmes. Pour répondre aux justes réclamations adressées par les directeurs des monnaies , M. Gay-Lussac proposa, en 1830, pour l'essai des matières d'argent , un procédé d'une simplicité et d'une exactitude remarquables.
Ce procédé, connu sous le nom de voie humide de Vargent^ fiit d'abord appliqué par H. Gay-Lussac au bureau de garantie de Paris, et peu de temps après M. d'Arcet le fit exécuter régulièrement au laboratoire des essais de la commission des monnaies.
Aujourd'hui le procédé de M. Gay-Lussac est généralement adopté par tous les hôtels des monnaies et par un grand nombre d'essayeurs du commerce.
La voie humide de l'argent est fondée sur la propriété que possèdent les chlorures solubles de précipiter complètement l'argent de sa dissolution azotique, sans agir sur les métaux avec lesquels le cuivre peut se trouver allié, en exceptant toutefois le mercure. L'équation, AgO,AzO*-|- MCl = MO, AzO* + AgCl, rend compte de cette précipitation : M peut être du sodium, du potassium, du calcium, du magnésium, etc., ou des mélanges de ces métaux.
Le chloruré d'argent jouit de la propriété de se rassembler lorsqu'on agite la liqueur où il s'est formé , et de se déposer rapidement en laissant le liquide parfaitement clair et transparent : on peut reconnaître alors s'il reste de l'argent dans la liqueur ou si le chlorure se trouve en excès : dans le premier cas, la dissolution se trouble par l'addition d'une goutte de chlorure ; dans le second cas, elle précipite par razotated'argent.
L'analyse des alliages d'argent par une dissolution de chlorure de sodium peut être exécutée de trois manières différentes : 1' on précipite l'argent par un excès de sel marin ; le poids du chlorure d'argent obtenu indique celui de l'argent; 2° le titre d'une dissolution de sel marin étant connu , on détermine le poids qu'il en faut prendre pour précipiter exactement l'argent contenu dans l'alliage ; 3° le titre de la dissolution de sel marin étant également connu , on détermine le volume qu'il faut en employer pour précipiter l'argent.
De ces trois méthodes, la dernière est celle dont l'exécution présente