OE
en passant de l'état liquide à l'état solide» La densité de l'or fondu est de 19,258, et devient 19,367 par l'écrouissage.
L'or entre en fusion à 32* Py : cette température correspond à peu près à llOO'du thermomètre à nir. L'or, àl'état liquide, paraît vert.
Il est à peu près fixe lorsqu'on le chauffe dans les fourneaux ordinaires ; maïs il se volatilise sensiblement au foyer d'un grand miroir ardent, à la flamme du chalumeau à oxigène et hydrogène , ou quand on l'expose en feuilles très nîinces à l'actioù d'une forte batterie ou d'uuô pile voltaîque très puissante.
L'or très divisé devient incandescent dans un courant de gaz hydrogène, lorsqu'on le chauffe à 50'.
Il partage avec le platine, l'argent, le fer, etc., la propriété de se souder sur lui-même sans fusion préalable. Si après l'avoir précipité de ses dissolutions par le fer, on le lave et on le comprime fortement avec une presse hydraulique, il prend de l'adhérence et produit une masse ductile et malléable qu'on peut forger, laminer ou étirer en fils.
En comprimant et en martelant un mélange d'or et d'argent en poudre, on produit, d'après M. Foumet, un damassé qu'il serait impossible d'obtenir par la fusion de ces deux métaux.
L'or est un des métaux les moins altérables que l'on connaisse. Il résiste à l'action de l'air, de l'oxigène , de l'eau , des acides sulfurique , azotique et chlorhydrique. Hais l'acide sélénique l'attaque en se transformant en acide sélénieux.
L'acide azotique mêlé avec les acides chlorhydrique, iodhydrique, bromhydrique, etc., forme des eaux régales qui dissolvent l'or en le transformant en chlorure , iodure et bromure.
L'or est aussi dissous par des mélanges d'acide chlorhydrique avec les autres acides, tels que les acides chromique, sélénique, etc. , qui peuvent dégager du chlore avec l'acide chlorhydrique.
Dans le commerce, on dissout Tor dans une eau régale formée de 1 p. d'acide azotique et de 4 p. diacide chlorhydrique.
Les alcalis n'attaquent l'or ni par voie sèche ni par voie humide ; toutefois lorsqu'on les chauffe avec ce métal au contact de l'air, on constate une absorption d'oxigène et la formation d'un aurate alcalin.
L'or n'est pas attaqué par le ichlorate de potasse ; d'après M. Tennant, le nttre en fusion agirait sur l'or.
Le carbone, le soufre et le sélénium n'exercent aucune action sur lor, même sous l'influence de la chaleur la plus élevée. L'or n'est pas terni par l'acide sulfhydrique.
Les persulfures alcalins attaquent l'or par voie sèche ou par voie humide et le transforment en sulfure.
Les monosulfures alcalins n'agissent sur l'or qu'au contact de l'air et après s'être changés en persulfures.
GÎO PROtoXlDl d'or.
Le phosphore et Varseate se combinenl à l'or 8p«6 FinAueiice de la chaleur.
Le chlore attaque For mtoie à froid et prodatt dti dilorure d*or. L'or battu se dissout rapidement dans Teau de chlore.
Le brome disésout Vor; Yioâb n'exerce pas d'action sur ce métal.
L'or colore les verres en rose.
On emploie l'or très divisé pour décorer le verre oa la porcelaine : pour obtenir l'or en poudre on peut le précipiter de sa dissolution par du sulfate de protoxide de fer, ou bien broyer avec du miel de l'or réduit en feuilles. L'or préparé par cette dernière méthode est ordinairement phicé dans des coquilles en couches minces.
L'or à HS^, c'^t-à-dire chimiquement pur, peut être obtenu par la niéthode sui\'ante, que l'on doit à M. Levol : on dissout une pièce d'or dans une <^u régale faite avec une partie d'acide azotique à 3^ de l'aréomètre et & p. d'acide cblorfaydrique du commerce. On filtre la liqueur, pour la séparer du chlorure d'argent, et Pou y ajoute un excès de protochloruré d'antimoiue dissous dans un mélange d'eau et d'aetde chlorhydrique. L'o|r se précipite an bout de quelques heures , surtout en chauiTant légèrement la liqueur, sous la forme de petites lames cohérentes qui se rassemblent rapidement. On le lave d'abord avec de l'acide chlorhydrique, puis avec de l'eau distillée et on le fond dans uA creuset de terre av«cune petite quantité de nitre et de borax.
L'or forme avec l'oxigène un protoxide AuH) et un peroxide AuW. Ce ])eroiide fonctionne comme un véritable acide ; on lui donne ordinairement le uom d'acide aurifue.
D'après quelques chimistes, il existerait un oxide d'or intermédiaire, Au»0.
Le protoxide d*or a été découvert par M* Berséiiua et étudié réoem* mei^t par M. Figuier.
Çjdif oxidc sepi'és^t^ e^ poii^e brune ou d'un violet foncé , insoluhk» inaltérable à la lumière et inattaquable par les qxaçides les plus puissants* Desséché à 100% le protoxide d'or est d'un violet bleuâtre ; à 250% il se décompose en oxigène et en or. 11 forme avec l'acide chlorhydrique du perchlorure d'or et un dépôt d'or métallique , avec les acides bromhydrique et iodhydrique un protobromure et uu proto-iodure d'tme couleiur brune foncée. Les alcalis caustique dissolvent le protoxide d'or, mab seulement c^u momept de $a précipitation ; cet pxide forme avec l'a^iuimniaque un composé fulminant.
Le protoxide d'or peut être obtei^u en décomposant le protocfalonuse d'or par une dissolution étendue de potasse; il m dépose m pouApe d'ua
ACtÉS lUàlQLfi. 671
violet fonoQ , mm itM partie du protûxida reste en dissolution dans Talcç^U qu'il tipiortf en ji^ane. Ou le préeipile de cette dissolution alealine S0US ibnpe d'u»e §eiée d'un violet foncé, en satarant incomplètement la liqueur par Tacide azotique.
Qa prépare aussi }e piolàiide d*or ea versant une dissolution d'azotate de protoxide de mercure dans une dissolution étendue et neutre de percblorure d'or employée en léger eieès; le mtiange porié à Tébullition laisse déposer du prptoxide d'or (M. Figuier.)
ACIDE AURIQUB. Au^*.
V^çiàe aurique hydraté se présente avec une oouleur tantôt brunie , tantôt jaune pâle. 11 est ii^Iuble dans Teau; la lumière te réduit assez rapidement. 11 se décompose vers 245* en or et en oxigène. L'hydrogène ne le réduit qu'à l'aide d'une légère chaleur. Le charbon et l'oxide de carbone le ramènent rapidement à l'éitat métallique ; l'alcool bouillant le décompose et en sépare de l'or.
Les acides azotique , sulfurique, acétique , ne le dissolvent qu'en petite quantité ; l'eau le précipite de ces dissolutions. Presque tous les acides organiques le réduisent à Tétat métallique ; l'acide oxalique opère cette réduction très facilement, en se diangeant en acide carbonique. Les acides chlorbydfique , iodhydrique , dissolvent l'acide aurique et forment du chlorure ou de l'iodure d'or.
L'acide aUrique hydraté se dissout dans la potasse et la soude et produit des aurates qui peuvent cristalliser.
L'ammoniaque forme avetU'acide aurique un composé fulminant.
On prépare , d'après Pelletier, l'acide aurique en précipitant le chlorure d'or par la magnésie ou l'oxide de zinc ; il se forme des aurates de magnésie et de zinc qui sont insolubles ; ces sels , traités à froid par l'acide azotique étendu , sont décûmpoi^ et donnent de T^KÛde aurique,
D'après M. Figuier, on obtient facilement Tacide aurique par le procédé suivant : on dissout le perchlorure d'or dans l'eau, on le sature aussi exactement que possible par le carbonate de soude et on maintient la liqueur à l'ébullition pendant une demi-heure. La plus grande partie de l'or se sépare à l'état d'acide aurique, d'une couleur d'un brun foncé; l'autre partie reste dans la liqueur. En ajoutant à la dissolution une nouvelle quantité de carbonate de soude ^ et en la saturant exact^ent p^r l'acide sulfurique; on en sépare par l'ébullition le reste de l'acide aurique sous forme d'un précipité jaune clair. M. Figuier considère l'acide aurique ainsi obtenu comme un hydrate ayant pour formule : Au'''O^,10HO ; le précipité brun foncé aurait pour composition : AuH)',8H0.
ûa peut encore préparer l'acide aurique eu faisant bouillir pendant quelquae oûaute» le cbk>i1«re d'or avec uii e^ich de potasse, et en préci*
672 OR fCJLMINAlfT.
pkant ensuite l'aurate de potasse par un excès d'acide acétique. On obtient ainsi de l'acide aurique hydraté et parfaitement pur, qui se dissout à froid dans la potasse , et forme , par une évaporation dans le vide, un aurate de potasse cristallisé.
L'aurate de potasse ainsi préparé se présente en cristaux mamelonnés jaunes; il contient de l'eau de cristallisation ; quand on le chauflb légèrement, il se décompose en dégageant de l'oxigène, et laisse un mélange de potasse et d'or métallique (Fremy}.
Les aurates de potasse et de soude sont soiubles dans l'eau ; leur disso* lation est d'un jaune brun; ces sels sont décomposés par les acides, et donnent un précipité jaune d'acide aurique hydraté.
Les aurates de magnésie, de zinc, etc., sont insolubles dans l'eau, et peuvent être préparés par double âécompositiOln.
OXIDE d'or mTBBMéDTAIRE.
Quelques chimistes admettent l'existence d'un oxide d'or intermédiaire entre le protoxide d'or et Tacide aurique.
Cet oxide aurait pour* formule Âu'O', et prendrait naissance par la réaction du proto-chlorure d'étain ou de certaines matières organiques sur le perchlorure d'or.
M. Figuier a aussi annoncé l'existence d'un acide plusoxigéné que Tacide aurique. ,
Ces dpux degrés d'oxidation sont peu connus , et leur étude réclame un nouvel examen.