CREUSETS
La {Nrincipale qualité des creusets est de résister à des températures fort élevées.
Les creusets les plus réfractaires sont formés* par un mélange ^d'argile et de graphite.
On emploie quelquefois des creusets de porcelaine , qui ont l'avantage d'être réfractaires et imperméables ; mais ces creusets, d'ailleurs d'un prix élevé , se cassent assez facilement par les variations de température.
On fait usage dans les laboratoires de chimie des creusets qui portent le nom de Creusets de Hesee^ qui ont l'inconvénient d'être poreux et ne peuvent contenir ni le nitre ni sel marin en fusion , mais qui peuvent résister à une chaleur très élevée et à des changements brusques de température. Ces creusets sont fabriqués avec un mélange d'argile réfractaire et de sable quartzeux. La grande quantité de silice qu'ils contiennent les rend du reste facilement attaquables par Toxide de plomb.
On fabrique à Paris des creusets que Ton nomme Creusets de Paris; ils sont de bonne qualité , contiennent moins de silice que les creusets de Hesse , et résistent plus longtemps à l'action de la litharge.
fAÏKNCE COUlia^ on ITALIÈNlfl, A COUVKKTC OPkQVE. 257
La pfttd des creasets est formée d'argile crue, qui en constitue la partie plastique, et d'argile cuite à une température rouge , qui devient la mati^ dégraissante. On peut remplacer l'argile par de petits fragments de coke on des tessons réduits en poussière. L'argile crue que l'on emploie dans cette fabrieaticm est débarrassée des corps étrangers par le tamisage et la décantation.
ALGARAZZAS.
On emploie dans certains pays chauds des vases nommés alcarazsas^ qui servent à rafraîchir l'eau ; ces vases laissent suinter à l'extérieur une certaine quantité d'eau , qui , en s'évaporant, abaisse la température du liquide.
ils sont faits avec une argile qui a été rendue poreuse par l'introduction d'une grande quantité de sable; pour les cuire, on ne les soumet qu'à une très légère calcination.
POTBRIB G0M1I13NB.
Cette poterie est à pàtc homogène, tendre, à cassure terreuse, à texture poreuse ; elle est opaque et recouverte d'un vernis translucide plombifère.
La pâte est composée d'argile, de marne argileuse et de sable; l'enduit vitreux qui la recouvre est principalement plombifère et s'obtient avec la galène (alquifoux), ou bien avec de la litharge; cet enduit est coloré avec de l'oxide de manganèse ou de l'oxide de cuivre.
Ces poteries, d'un usage très répandu, se vendentà des prix modiques; la porosité de la pÀte leur fait supporter facilement les variations de température : leur emploi présente du reste quelques inconvénients ; la couverte en est très tendre et se laisse facilement rayer par les instruments de table; ces poteries s'empuantissent très rapidement, et de plus, tous les acides attaquent leur vernis qui contient du plomb et du cuivre, et peuvent former des sels vénéneux.
FAÏBNGB GOMIIUNB OU FTALIENNB , A COUVBRTB OPAQUB.
La pÀte de cette poterie est opaque, légèrement colorée, tendre^ à texture lâche , à cassure terreuse; eUe est recouverte d'un vernis opaque, ordinairement stannifère.
Cette faïence est composée d'argile figuline, de marne argUeuse, de marne calcaire et de sable; les argiles qui entrât dans la p&te sont lavées. Le façonnage en est grossier, et se pratique sur le tour.
La cuisson de ces pièces est double; on les cuit d'abord en biscuit au rouge blanc. On les recouvre ensuite de leur vernis pour les cuire de nouveau. Le môme four sert à la fois pour le cru et le vernis; le cru est II. 17
258 GftSS.
cuit eu biscuit dans le haut du four, et le vernis dans le bas. Les pièces
sont placées dans des cazettes.
Cette espèce de faïence se fabrique prineipalemeut à Paris, à Sceaux , à Rouen, à NevcFS, à Lunéville, etc. £Ue offîre peu de résistance^ umk supporte assez bien l'action du feu dans les usages domestiques.
La porosité et la coloration de la pâte sont corrigées par un vomis stannifère épais et opaque , qui est sujet à tressaillir. Souvent même cet émail se fendille et se détache en écailles.
M. Barrai a examiné avec le plus grand soin les différentes pauses qui déterminent les gerçures des faïences pour poêles et pour panneaux de cheminées. Ces faïences, destinées à supporter un^ chaleur souvent assez forte, sont ordinairement fabriquées avec un mélange de 2 parties d'argile crue et 1 partie d'argile cuite ou de sable : les grains dô sable ou d'ai^^ile cuite que Ton introduit dans cette pftte lui donnent de l'élasticité; mais rémail ne se dilate pas comme le biscuit et se fendille presque toujours. H. Barrai a reconnu qu'en ajoutant à la pâte une petite quantité d'un fondant, tel qu'une fritte de potasse ou de soude , ou bien du carbonate de chaux, on pouvait éviter les gerçures : ce procédé est suivi maintenant dans toutes les fabriques de grands panneaux de cheminées : il suffit même de mettre sur la pâte ancienne, comme intermédiaire entre le biscuit et l'émail , une couche mince de la pâte plus fusible, pour obtenir une faïence qui ne se gerce pas au feu.
FAlENGB FIBiB OU ANGLAISE, A COUVEEIB TRANSPARENTE.
La pâte de cette poterie est blanche, opaque, à texture très fine, dense et sonore. Elle est recouverte d'un vernis plombifère et transparent; la pâte est essentiellement formée d'argile plastique lavée et de silex broyé fin ; elle contient quelquefois un peu de craie.
Le vernis est formé de silice, de feldspath , de soude et d'oxide de plomb. Cet enduit, délayé dans l'eau à l'état de bouillie épaisse, est appliqué par immersion ou par arrosage.
Le façonnage est très soigné , et les pièces sont minces et légères.
La cuisson est double; la pâte est d'abord cuite en biscuit à 100" du pyromètre de Wedgwood. Le vernis n'est cuit qu'à 20 ou 30» du même pyromètre. Les fours sont cyUndriques ; le nombre des alandiers varie de 6 à 12. On les chauffe au bois ou à la houille; l'encastage se fait dans des cazettes fermées.
Cette poterie est estimée ; mais elle présente plusieurs inconvénients dans l'usage ; elle ne va pas au feu ; son vernis est tendre et se laisse entamer par les instruments de fer et d'acier ; la pâte est poreuse et s'empuantit facilement.
Les bonnes faïences fines st» fabriquent à Choisy, à Creil, à Chantilly, à Montereau.
PORCILAHIB DUftS OU CBINOIftB. 259
Les pipes sont faites avec les Hiéme terres qae les faïences Anes ; seulement elles ne sont pas cuites à une température aussi élevée et n'ont pas de couvertes.
6£às.
On donne le nom de grès à une poterie à pâte dense, très dui*e, sonore, opaque t à grains plu# ou moins fins , de couleurs va^riées. Les grès sont recouverts dans quelques cas d*un yemis vitreux , ou plombifère , ou terreux.
La paie est essentiellement composée d'argile plastique dégraissée par du sable, du silex, ou du ciment de grès.
L'enduit vitreux est tantôt salin et produit par la volatilisation du sel marin ; tantôt il est plombifère et contient du quartz , du feldspath, de la barite; souvent on le f^it avec du laitier de forge , de la ponce , des scories volcaniques.
La cuisson du grès est presque toujours simple : elle exige une teinpérature très élevée de 120* du pyromètre de Wedgwood , et dure souvent 8 jours.
Ces poteries sont solides, dures, imperméables sans le secours d'aucun vernis ; mais elles opt l'inconvénient d'être fragiles par le choc et les changements brusques de teippérature, et d'aller difficilement au feu.
On distingue, dans cette espèce de poterie, les grès communs et les grès fins.
La pâte des grès communs est toujours jaunâtre, formée d'argile plastique, dégraissée quelquefois par du sable quartzeux et recouverte de craie. Les grès fins diffèrent beaucoup des grès communs par leur composition et se rapprochent plutôt de la porcelaine. On les forme avec les
corps suivants :
Argile plastique blanche. 25
Kaolin argileux 25
Feldspath 50
On colore ces grès avec des oxides métalliques. Le cobalt les colore en bleu ; les oxides de'manganèse et de fer produisent une coloration noire ; l'oxide d'antimoine donne le jaune , Toxide de nickel forme le vert pâle.