‹ Traité de chimie générale: comprenant les applications de cette ..., Volume 6Chapitre 147 sur 206 · R6AH1QUE · texte numérisé non relu

R6AH1QUE

Le sol tourbeux est ordinairement d'un aspect brun foncé, d'une consistance spongieuse et élastique. Il reste plus irais en été et plus chaud en hiver que les terrains d'une autre espèce, parce qu'il s'échauflTe et se refroidit très lentement. Il est assez peu fertile et il est souvent préférable de l'exploiter seulement comme combustible. Ces terrains tourbeux sont toujours acides, et renferment beaucoup de sels de fer ; c'est pour cela qu'il est indispensable de les mélanger avec de la chaux vive ; ils doivent être améliora en outre par le dessèchement et l'addition d'argile et de sable. Le sol tourbeux n'est pas très riche en humus, il ren-

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ferme surtout cette partie du terreau que nous avons désignée sous le nom de pourri. Le meilleur emploi qu'on puisse faire des terrains tourbeux, est de les transformer en prairies perpétuelles, comme cela a lieu en Ecosse, où on laisse se décomposer sur le sol la seconde récolte annuelle de foin. Néanmoins, en Alsace, le houblon et la garance sont cultivés avantageusement aur les sols tourbeux.

, — On ne peut compter sur une récolte suivie dans on pareil sol, qui est submergé pendant une partie de l'année par des eaux stagnantes, et si Ton veut Tutiliser, il faut changer complètement sa nature par des procédés convenables de dessèchement : les anciens marais, ainsi transformés en terrains cultivables, deviennent très fertiles, surtout s'ils renferment une assez grande proportion de calcaire ; c'est ce qui a lieu pour ies palus, du département de Vaucluse, qui fournissent de belles récoltes de garance.

Sur les bords de la mer, ou des rivières dans lesquelles reflue l'eau salée, certains terrains marécageux produisent, lorsqu'ils ne sont plus couverts par les eaux, des pâturages très estimés pour les animaux dont la viande doit servir à l'alimentation : la Normandie et la Charente-Intérieure possèdent beaucoup de ces prairies.

J.es caractères si variés que présentent les divers sols arables résident assez difficile l'examen complet d'un terrain, des qualités et des inconvénients qu'il présente, de sa fertilité, des moyens d'amélioratioQ qij'il convient de lui appliquer. 11 faut, pour se guider dans cette appréciation, bien connaître le rôle du sol par rapport aux végétaux, rôle dont l'iipportance a été établie par l'étude des phénomènes chimiques de 1^ végétation. Le sol, qui doit supporter les plantes et permettre le développement de leurs racines, cède aux végétaux les principes assimilables qu'il contient ; il reçoit l'eau et absorbe les gag de l'atmosphère nécessaires à la nourriture des végétaux ; c'est dans le sol que se conservCi pour ainsi dire, la chaleur qu'il reçoit du soleil, et qui se répartit ensuite aux plantes selon la conductibilité et la porosité plus ou moins grandes de ce sol. On voit donc qu'il est nécessaire, pour apprécier la valeur d'un terrain, de reconnaître par l'analyse chimique les éléments qui le constituent, et d'étudier les propriétés physiques, dont l'influence n'est pas moins grande; nous allons commencer par l'étude de ces dernières propriétés.

PROPRIÉTÉS PHT8IQDBS DU SOL.

L'étude des sols arables nous fournit diverses preuves de rinfluenoe que peuvent avoir, sur la végétation, les propriété* physiques d*un sol. En effet, nous avons dit qu'il était très avantageux de trouver réunis dans un même terrain Targile, le sable et le calcaire ; or, le rôle chimique de ces principes, et surtout celui du sable et de Targile, est d'une faible importance ; mais c'est en diminuant la consistance du sol que le sable améliore un terrain argileux, et l'introduction du calcaire a surtout pour but d'augmenter sa porosité et sa faculté d'imbibition : les propriétés physiques feules se trouvent modiJBées ; de même, nous avons fait observer que le calcaire pur était un sol froid; ce défaut tient à sa couleur blanche qui rend son pouvoir absorbant pour la dialeur très faible ; aussi avons-nous vu qu'un des avantages des sables calcaires sur le sol crayeux était de s'échauffer plus facilement.

. Il est donc indispensable de signaler et d'évaluer comparativemeni dans les divers sols, leur densité, leur consistance, leur aptitude à absorber l'eau, la chaleur, etc.

Cette étude a été l'objet d'un travail important, dû à M. Schûbler^ dont nous donnerons ici les résultats les plus importants.

Beasité des terres. — On l'a déterminée en employant la méthode du

flacon ; les résultats obtenus ne sont pas d'une rigueur absolue, à cause de la présence de certaines parties solubles, mais ils permettent d'apprécier comparativement les densités des divers sols, et donnent des renseignements utiles : ainsi on voit, d'après des résultats obtenus, qu'il sera permis de supposer qu'une terre, d'une densité très faible, est riche en humus, tandis qu'une densité considérable fera présumer qu'elle renferme beaucoup de sable.

Nous joignons à la liste des densités des terres sur lesquelles ont été faites les expériences de M. Schùbler, le poids obtenu en comprimant la terre sèche ou humide dans un moule d'une capacité déterminée.

Googk

ÉTUDK DU SOL.

NATURE DES TERRES

Sable calcaire. • • .

Sable siliceux ....

Argile maigre ....

Argile grasse ....

Argile pure

Terre arable du Jura Terre calcaire flne. .

Terre d'Hofifwyll . .

Gypse.

Terre de jardin . . .

Humus

DElfSlTé.

POIDS DU LmUl DB TBRRB COmPMMiE

SiCBI.

kU.

kil.

Inbnbition des terres par reaa. — La quantité d'eau que peut retenir un sol est importante à connaître, car plus elle est considérable, moins Teffet de Tévaporation se fait sentir ; cela influe donc beaucoup sur la fraîcheur plus ou moins grande de la terre. On a mesuré cette faculté de retenir Teau en délayant avec de Teau 20 grammes de terre desséchée à 40 degrés, puis recueillant sur un filtre, préalablement mouillé et pesé, la pâte liquide ainsi formée, et la laissant égoutter complètement : l'augmentation de poids du filtre représente évidemment Teau absorbée.

Les nombres obtenus ainsi permettent de trouver les quantités d'eau et de terre contenues dans un litre de terre mouillée, dont on <»nnaît d'ailleurs le poids par le tableau précédent.

Voici les résultats des recherches de M. Schûbler :

NATURE DES TERRES

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