U11IT
Les glandes sébacées sécrètent mie WÊtàkte grasse nommée suint, qui se répand sur la peau, les poils, les plumes des animaux, et les préserve jusqu'à un certain point du coiitact de l'eau.
Le suint provenant de l'homme n'a pas encore été examiné, parce qu'il est extrêmement difficile d'en recueillir une quantité suflBsante pour rétudier, mais on connaît bien les propriétés du suint des bétes à cornes.
La composition du suint de mouton est complexe : on y trouve en
STWOVii. 219
effet, outre certaines substances solubies dans l'eau, deux matières grasses insolubles, qui ont reçu les noms' de itéarérine et d'élatérine.
La stéarérine est solide et amorphe ; elle fond à 60* environ ; les liqueurs alcalines étendues ne lui font subir aucune altération; elle donne un acide particulier, V acide ttiarérique, quand on la foit bouillir longtemps avec une dissolution concentrée de potasse : il ne pandt pas se former de glycérine ou de corps analogue pendant cette transformation.
L'élalérine est oléagineuse; elle se convertit en un acide nouveau, Yacide élaîérique^ sous Tinfluenc^ des dissolutions concentrées de po* tasse. (M. Chevrbul.)
H. Chevreuil termine en ce moment un travail remarquable qu'il a entrepris sur le suint depuis un grand nombre d'années ; en employant des méthodes analytiques nouvelles, il démontre que le suint présente une composition très complexe
Le canal vertébral renferme un liquide connu sous le nom de liquide céphalo-rachidien .
Ce liquide présente la composition suivante :
HoBUM. Chciti).
Eau 98,6d& 98,180
Matière azotée odorante 0,û7/i 1,10&
AlbumiDe 0,088 0,035
Phosphate et carbonate de chaux. . . • 0,017 0,009
Chlorure de sodium 0,081 0,610
Phosphate de sonde, matière animale,
sonde libre 0,036 »
Carbonate de sonde » 0,060
(M. Lassaigiii.)
STNOflB.
Les articulations sont entourées d'une membrane mince qui sécr^ continuellement un liquide particulier nommé synovie y destiné à la rendre continuellement huitiîde et glissante.
La synovie extraite de l'articulation du bœuf est visqueuse, d'un blanc verdàtre, d'une saveur salée et d'une odeur qui ressemble à celle du frai de grenouille. Elle devient gélatineuse quelque temps après son extraction, reprend ensuite sa première consistance, perd enfin sa viscosité et
220 CHIMIS ANIMALE.
laisse déposer une matière gluante. La synovie de l'homme ofire de l'analogie avec celle du bœuf. Elle renferme :
Une matière grasse,
De l'albumine,
Une substance animale soluble dans l'eau,
De la soude,
Des chlorures de sodium et de potassium.
Du phosphate et du carbonate de chaux.
(MM. Lassaignb et Coissel.)
On a trouvé dans la synovie du cheval :
Albumine 6,û0
Matières exU*actives , chlorare de sodiam , carbonate
de soude et phosphate de chaux 0,75
100,00 ( John.)
UQuniBi us vma,
Mmmtmr aqseaM.— Les chambres extérieures et postérieures de l'œil contiennent un liquide nommé humeur aqueuse, dont la densité est égale à 1,0053, et qui renferme :
Eau 98,10
Ghlomre de sodium et lactate de soude 1,15
Sonde 0,75
100,00 (Bbrzelius.)
On y trouve en outre une petite quantité d'albumine et de matière animale soluble dans l'eau.
L'humeur aqueuse se produit continuellement et s'écoule au dehors lorsque la cornée a été perforée. On la distingue amsi de l'humeur vitrée, qui se trouve emprisonnée dans la cellule d'une membrane déliée nommée membrane hyaloîde,
Mumemr Titrée. — L'humeur vitrée est placée derrière le cristallin. Cette humeur est incolore et d'une saveur salée. Elle prend une teinte opaline par l'ébuUition; elle contient :
Eau 98,60
Lactates et chlorures alcalins 0,16
Soude et matière animale • 1,^2
(BSRZEUUS.)
CÉRUMBN DBS OREILLES. 221
L'âge et les maladies exercent une certaine influence sur la composition de rhumeur vitrée; ainsi, chez le fœtus, cette liqueur est rougeâtre : elle renferme du sang. Il n'est pas rare de la voir colorée en jaune chez les vieillards. On a trouvé dans Thumeur vitrée d'un cheval aveugle une matière colorante jaune particulière et 8 pour 100 d'albumine^ (M. Lassaigne. )
Les glandes lacrymales sécrètent un liquide incolore ou légèrement jaunâtre qui renferme :
Eau • • '• . 96
Soude , phosphates de chaux et de soude , chlorure de sodiuiUf mucus. • • . • • • à
(Vâuquelin et Brandes.)
Les larmes ont pour fonction d'entretenir l'humidité de la cornée, qui perdrait sa transparence en se desséchant. Elles coulent continuellement, arrivent au bord interne de la paupière inférieure de l'œil, d'où hs points lacrymaux les pompent et les conduisent dans une espèce de sac, nommé sac lacrymal. De là, elles se répandent sur la membrane muqueuse du nez, où elles s'évaporent sous l'influence du courant gazeux provenant de la respiration.
GÉBmHBN DBS OBBILLBS.
Ce produit, sécrété depuis peu, est liquide et de couleur jaune, mais il brunit bientôt au contact de l'air et acquiert alors la consistance du miel.
Le cérumen des oreilles est soluble en partie dans l'alcool; la portion dissoute, étant isolée par évaporation, présente l'aspect d'un vernis brillant de couleur jaune foncé. Ce résidu est inodore, amer, soluble dans l'eau.
La partie insoluble dans l'alcool possède une saveur piquante ; elle cède à l'eau une matière d'un jaune pâle, encore peu connue.
L'éther enlève au cérumen un mélange de stéarine et d'oléine. Ce
S22 CHiMIE AMIMALI.
mélange, traité par des alcalis, donne un savon dont Todeur est désagréable.
On trouve dans le cérumen :
Un mucus albumineux,
Une matière grasse,
Un principe colorant amer,
De la soude.
Du phosphate de chaux. (Yauqueun.)
MtJGOS.
Les membranes muqueuses sécrètent continuellement une matière particulière nommée mucus.
Le mucus est demi-fluide, inodore et d'une saveur fade. Il se compose d'un liquide visqueux et de cellules épithéliales qui s'y trouvent en telle quantité, qu'on distingue difficilement le liquide interposé. La composition du mucus varie dans les différentes parties du corps.
Lorsqu'on examine le mucus au microscope, on y découvre des globules incolores se rapprochant par leur forme de ceux du sang. La proportion de ces globules est très faible dans le mucus normal, mais elle augmente considérablement par l'irritation de la membrane muqueuse.
Les propriétés du mucus sont dues à une substance nommée mucine, qui n'est pas encore bien connue. La mucine paraît se dissoudre dans Teau, elle est précipitée par l'alcool et les acides étendus, mais elle ne se coagule pas sous l'influence de la chaleur, caractères qui la distinguent de l'albumine.
Il n'existe pas d'albumine dans le mucus normal ; la graisse ne s'y trouve qu'en petite quantité ; la fibrine, les cellules granulées (globules inflammatoires) s'y rencontrent seulement pendant les affections des membranes muqueuses.
Parfois aussi le mucus renferme des vibrions et des cryptogames microscopiques.
Lorsqu'on soumet le mucus à l'incinération, il laisse des cendres composées de chlorure de sodium, de phosphates, de sulfates, de carbonates à base d'alcali et de phosphates alcalino-terreux.
Voici la composition élémentaire de la partie organique du mucus.
Carbone. «..••••'• • . 52,41
Hydrogène. 6,97
Asote 13.82
Sî^f "^- [ 27,80
Soufre. ; • '
100,00 (M. SGMEIAOU)
MDCUS. nt
Les fonctions du mneus consistent à protéger les membranes mu« queuses contre l'action directe des agents extérieura, et à entretenir l^r humidité.
Nous indiquerons maintenant les caractères particuliers des diverses espèces de mucus.
ItaeiM kneetl.
Le mucus buccal est blanc, insoluble dans Teau, dans les acides sulfurique et acétique, soluble en presque totalité dans la potasse. La partie qui ne se dissout pas dans œt alcali est soluble dans Tacide chlorhydrique.
L'acétate de plomb précipite les dissolutions de mucus buccal ; le tannin et le bichlorure de mercure n'y produisent aucun trouble. Dans certaines circonstances, le mucus buccal se putréfie à Tair et communique alors à la saliye une réaction acide. (Brandes.)
Ce mucus est alcalin. Il renferme :
Matière muqueiue , 53,3
Chlorures de sodium et de potassiom •••*,••• 5,6
Lactate de soude et matière animale* « • 3,0
Soude* • • • • • 0^9
Phosphate de soude , matière animale , albumine. • . 3*5
i90,0 (Bbriiuos.)
Mscnt dd toke dltetur*
Mucus de r œsophage.-^ Ce mucus est neutre jusqu'au cardia, pendant la digestion.
Mucus intestinal. -^ Le mucus intestinal est ordinairement alcalin, mais il s'acidifie dans certaines maladies. (M. Donné.}
Mucus de la trachée. — Le mucus de la trachée présente la composition suivante :
Mudlage * 23,75A 53,û05
Extrait aqueux. « « • • • . 8,006 18,000
ExU^t alcoolique; 1,810 A,070
22b CHIMIE ANIMALE.
Mucus bumidt. Mucus dessécha.
Graisse. 2,887 6,490
Chlorure de sodium 5,825 18,095
Sulfate de soude 0,600 0,880
Garl)onate de soude 0,198 0,665
Phosphate de potasse ferrugineux . . 0,976 0,180
Phosphate de soude 0,080 2,190
Carbonate de potasse. 0,291 0,655
Acide silicique et sulfate de potasse . 0,255 0,570
(M. Vasse.)
Uncos de la vétlealc en ùtu
Ce mucus est jaunâtre, transparent, soluble dans les alcalis, coagulable pac l'alcool et les acides.
Mneat ée I*Brioe*
L'urine détache le mucus qui couvre la face intérieure de la vessie, l'entraîne au dehors et le laisse déposer par le repos.
Ce mucus est ordinairement invisible dans l'urine, parce qu'il présente la même réfrangibilité que ce liquide. Si l'on filtre l'urine encore chaude d'un individu resté longtemps assis, le mucus reste sur le filtre, où il forme en se desséchant une couche brillante analogue à un vernis. La même urine, filtrée après son refroidissement, donne un dépôt de mucus rempli de petits cristaux d'urate d'ammoniaque.
Le mucus de l'urine se dissout en partie dans l'acide azotique et dans l'acide acétique; les dissolutions précipitent par le tannin. Il est soluble sans résidu dans les alcalis et ne se dépose gas lorsqu'on neutralise la liqueur par un acide.
LIQUIDE DBS MBMBBAIIBS SÉBBCSES.
Les membranes séreuses sécrètent continuellement des liquides qui les humectent et entretiennent leur élasticité.
Ces liquides ne sont pas identiques. Toutefois ils contiennent tous de l'albumine, du mucus, une matière fibrineuse et de la soude. Leur réaction est alcaline. Ils s'acidifient pendant les inflammations des membranes séreuses.
Dans l'état de santé, les liquides des membranes séreuses s écoulent en trop petite quantité pour qu'il soit possible de les recueillir ; mais dans certaines maladies, les orifices des vaisseaux lymphatiques s'obstruent, alors ces liquides s'amassent et déterminent l'hydropisic enkystée.