PEAU
La peau est l'enveloppe extérieure du corps. Elle se compote de trois parties :
he derme,
Le tissu réticulaire , Vépiderme,
Le derme recouvre immédiatement les muscles et les os. Il est formé par Tassemblage d*un grand nombre de fibres déliées qui se croisent en tous sens et laissent entre elles des ouvertures coniques dont la base est placée du côté interne. L'épaisseur du derme est variable : elle est plus grande sur le dos que sur le ventre. Il existe sous le derme une couche de tissu cellulaire rempli de graisse, qui s'oppose à la déperdition de la chaleur.
Quand après avoir débarrassé le derme des matières étrangères, on le soumet à la dessiccation, il devient jaunâtre, légèrement translucide, et il acquiert une certaine rigidité, qui disparaît lorsqu'on le plonge dans Teau.
A la température ordinaire , le derme est insoluble dans Teau ; mais il s'y dissout lentement à rébullition en se convertissant eu gélatnie. La rapidité avec laquelle cette dissolution s'opère varie avec les espèces animales. Le derme des oiseaux et des petits mammifères se dissout le plus facilement.
Les acides affaiblis et les alcalis en dissolution étendue dissolvent le derme, même à la température ordinaire. Le sulfate de peroxyde de fer, le bichlorure de mercure et le tannin forment avec le derme des combinaisons imputrescibles : c'est sur cette propriété qu'est fondé le tannage des cuirs.
L'alcool , l'éther, les essences et les huiles grasses ne dissolvent pas le derme.
Le tissu réticulaire est placé entre le derme et l'épiderme. Il est formé de fibres nerveuses et de vaisseaux qui traversent la peau et se répandent à sa surface.
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C'est dans le tissu réticulaire que se trouve la matière colorante de la peau. Quand la peau a été détruite dans un endroit quelconque du corps, le derme et l'épiderme se régénèrent au bout de peu de temps . tandis que le tissu réticulaire ne se reproduit pas ; il est remplacé par le tissu cellulaire. Ce dernier étant incolore, la place qu'il occupe reste sans couleur et forme une cicatrice.
V épidémie est la partie extérieure de la peau. Il contient en centièmes :
Garbooe 50,3&
Hydrogène 6,81
Aïole 17,22
SID j!f
100,00 (M. SCHEEHER.)
Quand on examine avec soin Tépiderme, on reconnaît qu'il est rempli de pores par lesquels sortent les poils et les matières provenant de la transpiration. On peut le détacher du tissu réticulaire par une macération dans Teau.
Lorsqu'on soumet l'épiderme à Faction de la chaleur, il fond , prend fiBU et brûle avec une flamme éclairante. Si on Tabandonne longtemps au contact de l'eau froide, il devient cassant. L'eau bouillante le convertit en gélatine.
L'acide azotique l'attaque à fW)id en lui faisant prendre une teinte jaune qui disparaît quand l'épiderme tombe. L'acide sulfurique conoentré le ramollit, puis le dissout; aussi lorsqu'on se frotte les doigts après les avoir mouillés avec cet acide , on éprouve la même sensation que si on les avait trempés dans l'huile.
Les alcalis dissolvent facilement l'épiderme; c'est ce qui explique potlî** quoi la peau des personnes qui plongent souvent les mains dans la lessive acqui^t une grande sensibilité.
En général, les sels durcissent l'épiderme. Les sulfures alcalhis, les azotates d'argent et de mercure, certaines matières végétales lui communiquent des colorations foncées qui deviennent bientôt noires.
L'épiderme , qui est généralement très mince , s'accumule dans certaines parties du corps, comme la paume de la main, la plante des pieds, et forme alors les calloaitéê.
La peau contient deux espèces de glandes : les glandes sudoriferes^ qui sécrètent la sueur, et les glandes sébacées^ desquelles s'écoule le suint
11 existe en outre dans la peau des bulbes dépendant du système nerveux et qui donnent naissance à des productions de diverse nature, telles que les cheveux j les poils, les cornes et les plumes.
La peau, débarrassée, à son côté interne, de la graisse et du tissu cellulaire , à son côté externe , des poils et de Tépiderme , contient :
Matières extractives solublcs dans Teau 7,60
Matières extractiTes solubles dans l'alcool 0,83
Albumine l,5à
Tissu cutané, taisseaux et petite quantité de tissu
cellulaire 32,53
(WlBNHOLT.) CHEVEUX, H>IL8.
Les cheveux sont formés par un tube cylindrique qu'entourent de petites écailles dont les pointes se tournent vers Textrémité libre du cheveu. Un organe délié, placé à Tintérieur du tube , fournit des liquides à la substance pileuse. Cet organe peut, dans certaines maladies (teigne, plique polonaise)^ se gonfler assez pour que, lorsqu'on coupe le cheveu, il en suinte un liquide mélangé de sang.
A l'état normal, les cheveux sont insensibles, fortement électriques, et mauvais conducteurs de la chaleur. Leur coloration est due à la teinte variée des liquides qui les remplissent.
Les cheveux rouges contiennent une huile d'un rouge jaunâtre ; les cheveux noirs, une huile d'un gris verdàtre; les cheveux blancs , une huile incolore.
Les cheveux blanchissent lorsque la sécrétion colorée cesse par suite des progrès de l'âge, ou bien lor$(|u'on se trouve sous l'influence d'afléclions morales très vives : dans ce dernier cas , la décoloration est soudaine.
Lorsqu'on abandonne les cheveux au contact de l'air, ils se gonflent en absorbant de l'humidité, mais ils ne se putréfient pas. Le chlore les blan* chit d'abord , puis les convertit en une substance résinoïde analogue à la térébenthine.
Les cheveux sont insolubles dans l'eau : si on les fait chauffer en présence de ce liqidde dans un tube scellé à la lampe , ils se décomposent et dégagent de l'hydrogène sulfuré. Une dissolution étendue de potasse caustique leur fait subir une altération semblable.
L'acide chlorhydrique et l'acide sulfurique étendus dissolvent les cheveux en prenant une teinte rose. L'acide aiotique les jaunit, les attaque et les convertit en acide oxalique, en acide sulfurique et en une substance amère peu connue.
L'alcool dissout les huiles colorées des cheveux; l'huile incolore se
CHEVEUX. "2!XÔ
dépose par le refroidissement, les autres huiles restent dissoutes. Pendant ce traitement les cheveux rouges brunissent.
Plusieurs sels et oxydes métalliques, des matières organiques, font virer au noir la coloration rouge ou blanche des cheveux. C'est sur cette propriété qu'est fondée la teinture des cheveux.
Pour teindre les cheveux en noir, on emploie : l'azotate d'argent en dissolution dans Téther, le même sel mélangé avec de la graisse, de l'huile, de la chaux éteinte, et l'acide pyrogallique.
Les alcalis dissolvent les cheveux : c'est cette propriété qui fait employer en Orient, comme pâle épilatoire, un mélange formé de 1 partie d'orpiment et de 9 parties de chaux vive.
Les cheveux, soumis à l'action de la chaleur, se racornissent, gonflent, répandent une odeur de corne brûlée, prennent feu et brûlent avec une flamme brillante en laissant un résidu de charbon. Ils donnent des produits huileux et ammoniacaux à la distillation.
Gompoililon elilml«iie été ehevcai.
La composition des cheveux a été examinée successivement par Vauquelin et Yan Laer.
D après Vauquelin , les cheveux noirs contiennent :
1* Une matière animale qui en forme la plus grande partie;
2* Une huile blanche concrète en petite quantité ;
3" Une autre huile, d'un gris verdàtre, plus abondante;
4* Du fer, dont l'état est incertain dans les cheveux ;
ô"* De petites quantités d'oxyde de manganèse ;
6* Du phosphate de chaux ;
7« Du carbonate de chaux en très petite quantité ;
8* De la silice en quantité notable ;
9* Une quantité notable de soufre.
Les cheveux rouges ne difièrent des cheveux noirs qu'eu ce qu'ils contiennent une huile rouge au lieu d'une huile grise verdàtre, et les dieveux blancs en ce que l'huile n'est presque pas colorée et qu'ils contiennent du phosphate de magnésie qui ne se retrouve pas dans les autres.
D'après Van Laer, les cheveux contiennent :
Carbone û»,777
Hydrogène. 6,369
Arote 17,140