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l><;it ':U3tl*:»r% d« #roriiku^ti'in Mrtit d'autant plus fortes et les oxydes c/irrv;fr(K>ndarfU »ont d'autant plus diflÎMrilrnKiit réduits par le rharb30 H VhjAroummi que le poids atomique est plus faible.
Chaleur de formation pour
Mge 149000 calories
ïnO 85400 —
€dO C5600 —
Magnésium.
Bergman et MarggrafT distinguèrent les premiers la magnésie de la chaux. Davy, vers 1808, reconnut la nature complexe de cet oxyde terreux. Le magnésium fut isolé pour la première fois sous forme compacte et en globules fondus par M. Bussy, par Faction du potassium sur le chlorure de magnésium anhydre (Journal de Chimie médicale^ t. VI, p. 141 ), dans un creuset en platine fermé.
Le procédé étudié par MM. Deville et Caron permet d'obtenir le métal industriellement; il repose sur les mêmes principes et n'est qu'une modification plus pratique de l'expérience de M. Bussy. Les auteurs (Annales de Chimie et de Physique, (3), t. LXVII, p. 340) font réagir le sodium sur le chlorure de magnésium chaufTé au rouge. Le chlorure est préparé par la méthode de Liebig, consistent à évaporer la dissolution d'un mélange de chlorure de magnésium hydraté et de sel ammoniac; le résidu desséché est calciné dans un creuset jusqu'à expulsion du sel ammoniac et fusion du chlorure anhydre ; il convient de yerser le sel double dans un creuset préalablement rougi, afin do termmer l'opération le plus rapidement possible. On coule la masse fondue et bien limpide sur une plaque de fer polie et propre, en laissant au fond du creuset une carcasse de magnésie. Comme fondant on emploie du fluorure de calcium, auquel on fait subir une purification préalable. La chaux fluatée naturelle en cristaux limpides est réduite en poudre fine, mouillée avec de l'acide sulfurique concentré et froid qu'on enlève après quelques jours de contact par des lavages prolongés à l'eau distillée. Le résidu est desséché et calciné au rouge naissant. On dissout ainsi, outre la silice, une* certaine quantité d'acide phosphorique.
Pour obtenir le magnésium, on pèse et on mélange rapidement :
Chlorure anhydre 600 grammes.
Fluorure de calcium purilié 480 —
Sodium bien essuyé et coupé en fragments de 1 i
3 centimètres cubes 230 —
Ce mélange est versé directement dans un creuset de terre chauffer préalablement au rouge et maintenu dans un fourneau au milieu do charbons incandescents. On couvre aussitôt avec un couvercle que l'on
5«8 GHHIE GfiRfiBALE.
maintient solidement au moyen de poids pendant tout le temps que h réaction met à s^acheyer, ce qui ne dure que quelques minutes. Le creuset est alors rempli d*une masse fluide, composée de sel marin, de chlorure de magnésium en excès et de fluorure de calcium fondus, an sein de laquelle le métal isolé se trouve dissémine en globules microscopiques. On remue avec une tige en fer un peu grosse et bien propre, pour rendre le mélange homogène. Le creuset est alors retiré du feu, abandonne pendant quelques instants au refroidissement, après quoi on y verse par petites portions du fluorure de calcium pur, sec et pulvérisé, de manière à accélérer le refroidissement, en même temps qu^avec la tige de fer on brasse la masse liquide, qui devient pâteuse. On voit apparaître des globules métalliques que la tige de fer rapproche et soude entre eux. Si Ton a bien opéré, tout ou presque tout le magnésium se trouve réuni en un gros culot occupant la partie supérieure de la masse saline, au moment où elle se solidiGe complètement. On casse le creuset quand il est froid et au moyen de quelques coups de marteau on sépare facilement le culot et quelques petits globules empri- .sonnés dans la scorie. Il pèse environ 92 grammes pour les doses employées et représente les trois quarts du rendement théorifjue. Par la reriision de la scorie on peut encore extraire une certaine quantité do métal.
Au lieu du mélange précédent, on emploie aussi :
Chlorure de magnésium anhydre. • COO p'animcs.
Mélaiif^e de sel mirin et de chlorure de potassium
à équivalents c;;aux (fondant de W'œhler) . . . 100 —
Fluorure do calcium pur 100 —
Sodium 100 —
Le tout est jeté dans un creuset de teiTC rougi ; l'opération est conduite à peu ])rès comme il est dit plus haut, mais on n'ajoute pas de fluorure pendant le refroidifiscmenl.
Pour faire des lingots, on introduit dans un creuset chaud du fondant de Wœhler et des globules de magnésium brut décapés à Tacidc nitri- (juc. On fait fondre le tout. Bientôt le métal vient surnager la scorie saline; mais, au moment où celle-ci va se solidifier, le magnésium devient plus dense qu'elle et tombe au fond du creuset, où il se réunit en uu seul culot. Le métal ainsi préparé n'est pas pur; il contient du charbon, du silicium et de l'azoture de magnésium.
Pour le purifier, on doit le di.stiller en utilisant le dispositif suivant: lia tube en charbon de cornue de 40^,5 de diamètre intérieur est placé dans un tube de terre rcfractaire verni intérieurement; l'intervalle annulaire, qui ne doit pas cire très-grand, est t*empli de sable fin et ferme aux dcuxbouls pî\Y vvv\\wV ^vç^W^vvt, Uisdeux tubes concentriques
DEIXIÈME FAHIILE. NACNÊSIHH. Mit
ont la ménie longueur. Lo lubc en charbon e^l îevmé par deux IiouclioQs B de munie »ul)Slanee, percés et pinlant des tubes en verre U, H' pour l'intmduction et In sortie du gaz liydro;^éne pur et sec. Le système est pincé dans une position fortement iacltnée dnns un bon fourneau à r^verlièro A. les exircmilcs sortant de chaque côte d'au moins 15 centi> mètres. L'hydrogène entre par lu pai-lie supéricnre et sort par eu bas
— ' ff
1 g. SbS. - DiMUlilioo du m.Ea^'*lu^l.
Au centre du lubu interne on place une nacelle en cliarlion N contenant le métal ; au devant de la nacelle, du côté de l'arrivée du gaz. se trouve un diaphragme en charhon D destine à éviter la déperdition de la chaleur par le mouvement do l'hydrogène. Quand tout csl en place, on chaulfc nu ronge presque blanc ; la distillation du métal est accusée par l'éclat ifue prend le jet d'Iiydrogcno allumé si l'extrémilé du tube de sortie (fig. 258).
Maltliiesscn a isolé le magnci^ium on mélangeant en solution 4 équiralcnts de chlorui'e de magnésium et 5 équivalents de chlorura de potassium; on ajoute du sel ammoniac, on évapore à sec et on iond. La masse est éleclrolyséc par le procédé Uunsen ; le magnésium, étant plus lourd que le mélauge des deux bcis t'oudus, tombe au fond IMul- Uiiesstiii, toc. cil.)
570 CHIMIE GÉNfiRALK.
État naturel. — La magnésie est un corps asaei abondant; ses priih cipaux minerais sont : la dolomie on carbonate double de chanx et de magnésie; dirers silicates anhydres ou hydratés simples ou complexe^ tels que le péridot [SiO' . Mg6] SiO^MgO, le talc, rolirâie, k seqieiH tine, Tasbeste, Técume de mer.
Propriéléê physiques, — Le magnésium est un métal blanc d'argent, malléable et ductile, se laissant limer et polir. Sa densité est égale à 1 ,75 ; il fond vers la température d*ébullition du zinc et peut être distillé dans un courant d*hydrogène iune température un peu plnsélerée. La conductibilité électrique à 17* est représentée par 25,47, celle de l'argent à 0^ étant 100. Sa chaleur spécifique est égale à 0»2499. II a la dureté du spath calcaire et cristallise en octaèdres.
Propriétés chimiques. — Inaltérable dans Fair ou Toxygène secs à la température ordinaire, le magnésium prend feu un peu au-dessous de son point de fusion et brûle stcc beaucoup d*éclat. La combustion du magnésium s'accompagne de tous les phénomènes observés sur le zinc et qui caractérisent un métal volatil, à oxyde fixe et infnsible : flamme éclatante, dépôt de pompholix magnésien et combustion rapide.
En étudiant cette flamme au moyen du spectroscojte, on observe trèsnettement les raies caractéristiques du magnésium. La limaille de magnésium projetée dans la tlamme d'une lampe d'émailleur à jet horizootid brûle en produisant des étincelles d'une vivacité extraordinaire. Le magnésium échauffé brûle dans la vapeur d'eau ; il décompose l'eau pure à la température ordinaire et s'oxyde lentement dans l'air humide. Il s'unit au chlore, à la vapeur de soufre, au phosphore, à l'arsenic et même à l'azote. Les acides étendus et l'acide azotique le dissolvent rapidement. L'acide sulfurique concentré l'attaque lentement avec production diacide sulfureux.
Les lessives alcalines et l'ammoniaque n'ont pas d'action sur lui à froid.
L'eau oxygénée le dissoul aisément avec formation d'un hydrate.
Le magnésium précipite le fer, le manganèse, le cuivre, le cobalt et le nickel de leurs solutions.
Usages. — En raison de la vive lumière qu'il émet en brûlant et de la blancheur de cette lumière qui peut, dans une certaine mesure, remplacer celle du soleil pour la production des épreuves photographiques, on a construit des lampes à réflecteur au foyer desquelles se déroule un fil ou un ruban de magnésium. En enflammant l'extrémité du fil qui avance à mesure qu'il brûle, on peut éclairer, avec assez de suite pour h prise d'une épreuve, des cavités dans lesquelles il est impossible de faire pénétrer le jour.
Cette application est rendue plus facile par la richesse de la lumière
du magnésium en rayons cliimiques;.elle en contient cinq fois plus que celle du soleil. Un fil de 0*^,297 de diamètre développe autant de lumière que 74 bougies stéariques de 5 à la livre.
AruUyse. — Le magnésium donne avec Tétincelle dans les solutions salines ou par la combustion du métal un spectre dont les raies sont : 518,3, vive; 517,2, assez vive; 516,7, assez vive.
Avec le métal on a en outrj 448,3.
Dans les recherches analytiques on fait particulièrement usage des réactifs par voie humide. Voir à ce sujet, ainsi que pour le dosage, les Composés du magnésium.
Équivalent. — 11 a été déterminé par Berzclius, en pesant le poids de sulfate de magnésie neutre qui prend naissance avec un poids connu de magnésie pure.
Bencélius a trouvé ainsi 12,50. On a depuis adopté le nombre 12, d'après les expériences de Marchand, Scheercr et de M. Dumas.
Zinc.
Le zinc est celui de tous les métaux qui se rapproche le plus du magnésium.
M. U. Deville a fait ressortir les analogies qui lient ces deux éléments {Annales de Chimie et de Physique^ (3), t. XUII, p. 5). Comme le magnésium, il ne donne qu*un seul oxyde, du type [RtrO] RO, irréductible comme la magnésie par Thydrogène et l'hydrogène protocarboné. Les sels de zinc et de magnésie sont isomorphes lorsqu'ils contiennent la même quantité d'eau de cristallisation. Les chlorures très-solubles de ces métaux foiment avec les oxydes correspondants des combinaisons insolubles, oxychlorures. Le zinc et le magnésium décomposent l'eau presque aussi facilement l'un que Tautre. L'étude comparée des combinaisons établira encore mieux, en les étendant, ces relations de parenté.
La découverte du zinc est principalement due aux recherches provoquées par la fabrication du laiton, de Vœs ou aurichalcum. Les anciens savaient préparer cet alliage en fondant du cuivre avec des minerais de zinc, y(a^\ui7, ou cadmia de Dioscoride et de Pline, mais ils ne possédaient aucune notion sur le métal qui, dans ces conditions, s'unit au cuivre en modifiant sa couleur et ses propriétés.
L'analyse de monnaies à l'effigie de Néron et d'Adrien y a révélé la présence de fortes proportions de zinc, variant de 6,5 à 17,7 pour 80 et 81 de cuivre. Aristote mentionne qu'en fondant du )raXx6^ (cuivre) avec une terre recueillie sur les bords de la mer Noire, on forme un métal brillant et de couleur claire. On trouve pour la première fois, au
57S CHIMIE GÉRÉIIALE.
quinzième sièclct dans les écrits de Basile Talentin et de Pancelse, Tin* dication d*un métal particulier, portant le nom de «ncum; mais aucune donnée n*est fournie sur son origine. Jusqu^en 1700» le mot zinCf qui se reproduit fréquemment dans les ouvrages, est plutôt employé dans k sens de minerai. A cette époque, Kunkel, puis Stahl, indiquent que, dans la préparation du laiton par le cuivre et la calamine, cette dernière est préalablement ramenée à Tétat d*un métal particulier, le sine. Un peu plus tard, Uenkel, Swab et MarggrafT isolèrent le métal de la calamine, par réduction en vase fermé. De 1803 à 1831, la métallurgie du zinc s*établit et se développa à Saint-Léonard, grâce aux recherches de Donj et aux efforts de Mossclmann, dont les héritiers fondèrent la Société de la Vieille-Montagne. En Angleterre, Textraction du zinc parait avoir été opérée dès 1730.
Étal naturel. — Le zinc est un métal moyennement abondant; il ne se rencontre qu*à Tétat combiné. Ses principaux minerais sont : 1* la calamine; on confond sous cette dénomination divers composés salins, tels que le carbonate ou spath zincique, le silicate hydraté [Si . 6' . Zn 0 . Aq| et la willcmitc ou silicate anhydre ; 2* la blende ou sulfure de zinc. Le cadmium accompagne généralement le zinc dans sa mine et s'obtient comme produit accessoire dans la préparation.
Les minerais de zinc se trouvent en couches irrégulières ou en filons intercalés dans des terrains calcaires ou doloniitcux ; ils sont frcqueniinent associés au sulfure de plomb, à rhématite brune, au spath c;ilcaire. Les lieux d'exploitation les plus importants sont la Silésie, les bords du Rhin, la Belgique, la Pologne, TEspagne, la France, la Suède, la Sardaigne, Tltalie, l'Afrique. La Silésie produit à elle seule plus de 220000 tonnes de minerai par an.
Extraction et purification. — Xu point de vue des réactions chimiques au moyen desquelles on arrive à isoler le zinc, cette opération est (les plus simples.
Los minerais oxygénés (carbonate, oxyde; mélanges de carbonate» d'oxyde et de silicate avec de l'argile) sont délités à l'air et débourbés pour enlever la majeure partie de la gangue argileuse qui enveloppe les fragments ; on calcine ensuite dans des fours analogues aux fours à chaux ou dans des fours à réverbère. L'acide carbonique et l'eau se trouvent ainsi éliminés, en même temps que le minerai devient friable. Celui-ci est alors réduit en poudre line à la meule, mélangé à du charbon divisé et soumis à une température élevée, rouge blanc, dans des appareils convenablement disposés pour condenser les vapeurs. La volatilité du métal vers 1000^, combinée à la nécessité où Ton se trouve de chaulTer le mélange d'oxyde et de charbon jusque vers 1300^ pour provoquer la réduction, donne à U mfelîWwY^vvi ôlvx livûû xmv ç.avaclèi'c spécial.
nSlXlKllE FAMILLK. — ZINC.
Meudes ou mincrnia sulfurés Boot soumis au méma Trâlfement' lui ^'i-niage picnlnhle qui les Iratisroriue en oxyil«. Celle proinièrc '*"*»lion !«> t'ail gém'rjildiiu'iil dans des foura à réverbère n deux soles '**'**^»osée3, sur lesquelles on élalelc minerai réduit eii poudre. La ma- ^^» que l'on remue de lemps à autre pour ravoriser l'oxydiilion, passe ^^^aaiïcment do lu sole supérieure à la soie iuréneure, oîi ta lempéra- ^^ est jiliis élt'vée. A la lin, on donne un coup de feu pour dêcorapo-
'e siilfnle de ïinc qui a pu prendre naissance. t*-^s niétliodcs belge, silésicnnc et anglaise diffèrent surtout par la ï cl ta disposition des appareils de réduction et de condensation Q y emploie.
Wa le procédé belge, la réduction s'eiîectue dans des cylindres en a réfractaire /, do r.20 de longiitiLir sur O^.IS à 0'",20 du diamètre
neor, avec une épaisseur de 2.5 à 4 millimétrés. Ces lubes sonldiss en rangées horixontalcs, superposées par étages dans un four de a conTenablc.
ft Damme citcule librement aulom- drs rylindies. 1,'appareil condenr qui s'adapte à l'orilice extérieur de chaque tube se compose d*une lige ouverte aux deux liouts. avec un renllenient au milieu pour refKoîr le zinc distillé; un l:imbour en tôle, percé à son extrémilé antérieure d'une ouverture destînre an pnssfige des gnz. fait suite à l'allonge el en protège le contenu contre l'accès ti'op libre de l'air ((ig. !259 et 260)'. ^K £n Sildsie, les vases de distillation et de réduction sont de vérilables ^■liiues en terre réfractairo, analogues aux cornues à gnz. de 50 à GO HHuimètriia de hauteur sur 20 h 25 centimclres de largeur et {"..^O de longueur*, reposant par leur face inférieure sur la soin du four, ou disposées sur deux rangs étages, le condensateur est tantôt scmbinble, au.ï dimensions fràs, à celui que nous avons décrit plus haut; tantôt îl se
Ed'uii système d'allonges en terre cuite, formant un tube ren- Isiu
s IKiiir pliiaili> ilJlAÏlimir la eoiiitriiclion ilc4 fuiii's, 1 i£m|ilDji!. i l'euelleiil arlicJc de U. F. de LaNnde publié IC ilsiu le bktioaaa'tie de Chimie da Wiiili.
llELXIEME FAMILLE. - ZINC.
& qui conduit les vapeurs de zinc c la banquette qui règne le long de la paroi du fuiir. Cet espace est fiirnic en las d'une plaque de fonte horizontale et en avant d'un mur verticiil en maçonnerie («s- 261)-
La mélliode anglaise, par dcscensum, est inrérieure aux deux autres et parait abandonnée aujourd'hui. La t'cduclîon avait lieu dans des creusets fermés, disposés dans un tour et présentant à la partie infiTicure un orifice pour l'écoulement des gaz et do:
du creuset, on tube vertical de'd'argile et défaoucliant par un tul>e en lâle qui s'y ajusle au-dessus d'un bassin pluin d'eau. Le tron du creuset est fermé par un tampun de bois qui, en se carbonisant, devient poreux et laisse passer les vapeurs. On verse d'abord dans le creuset une ccrlaiiio quantité de coke en gros fragments, puis le mélange pulvérisé de charbon et d'oxjde, et l'on ferme avec im couvercle qui est luté (fig. 2(i2).
La production du zinc en Europe s'est élevée, en 4872, à 129000 tonnes, sur lesquelles la Siléaie seule a donné 32000 tonnes [llofmann, BappoH svrT Exposition de Vienne).
Le zinc brut ne peut guère servir directement
; il nmfcruic une Iruji furtc
1 vipeurs CiIlLsci ttivei^tiil, au aortir CLiidanl ui fiuite gnini mléiieurcment
576 CyiMlE GËNÊEULE.
malléabilité. L'élimination de la majeure partie du métal étranger est obtenue facilement aujourd'hui par simple Itquation. Le sine brut est fondu et maintenu pendant longtemps au repos, i une températune Toisine du point de soIidîQcation. Le plomb se sépare et vient se réunir dans une poche située à la partie inférieure de la sole inclinée du four à réverbère où s'opère la fusioil. La purification est d'antant plus complète que l'on opère sur de plus grandes masses, 20 ou 30 tonnes, et que le repos est plus prolongé.
En Amérique, dans la province de New-Jersey, on exploite un minerai connu sous le nom de zinc rouge, oxyde de zinc mangancsifère, qui foup nit un métal très-pur, exempt de plomb.
Les analyses suivantes de zmc de diverses provenances montrent que généralement le métal commercial est assez pur, et que parmi les matières étrangères c'est le plomb qui domine.
Komt. S:l^!>ic. Clriberg. remylffame. Kcw-Jeney. La Salle.
Zinc ... . 07,471 98,054 09,0S& 00,076 00,378
Plomb .... 2,503 i,5C3 0,000 0.000 0.503
Cadmium. . . Truces 0,282 0,000 0,000 0 078
Fer 0,130 0.101 0,018 0,024 0,041
Le zinc de Belgique ne contient que 0,5 pour 100 de plomb et n'est pas arsénilere.
La proportion d'arsenic contenue dans le zinc du commerce ne dépasse pas 0,000097 pour 100.
Le zinc du commerce, surtout celui de provenance américaine, peut donc servir directement à la plupart des opérations chimiques. Cependant dans les recherches toxieologiqucs, où il est indispensable de faire usage d'un produit absolument privé d'arsenic et de soufre, il est convenable de lui faire subir une purification préalable. On arrive assez rapidement au but par le procédé de M. Gunning, qui fournit un zinc plombifère, mais exempt de soufre et d'arsenic : du zinc en grenailles et du carbonate de soude mélangé à du soufre sont disposés par couches alternantes dans un creuset. On chauffe à fusion; le métal séparé est isolé de la gangue et refondu avec un peu de litharge qui le désulfure entièrement.
Au lieu de cela, on chauffe dans un creuset un mélange de 4 parties de zinc en limaille et de 1 partie de salpêtre disposés par couches alternantes, et l'on termine par une couche de salpêtre. A un moment donnéi il se produit une vive déflagration. Tout l'arsenic et une portion du zinc s'oxydent ; le reste du métal se réunit au fond du creuset. La distillation dans une cornue de grès achève de le débarrasser du fer et du carbone.
Ainsi traité, le zinc retient encore des traces de plomb. Pour l'avoir chimiquement pur, il est nécessaire de distiller un mélange d*oxyde de
zinc pur et de chai'bon de sucre dans une cornue en porcelaine. Jacqiiciain avait propose de distiller le zinc place dans une nacelle et dans un tube en porcelaine sous Tinfluence d'un courant dliydrogène, au rouge; mais ce procédé ne permet d'opérer que sur de petites quantités.
Propriétés physiques. — Le zinc a uue couleur blanc-blcuàlre caractéristique; son éclat métallique, très-prononcé sur une section fi*aiche, se ternit assez rapidement à Tair humide. Le métal /7ur jouit à la température ordinaire d'une certaine ductilité et se laisse marteler et réduire en feuilles. Ces caractères deviennent surtout très-marqués au-dessus de 100°, et principalement vers 150^ ; au delà de cette température, vers 200 à 205^9 il redevient tellement cassant, qu'on peut le pulvériser dans un mortier. Il est évident d'après cela que le métal éprouve, sous l'influence de la chaleur, des modifications spéciales dans sa constitution physique qui ne dérivent pas uniquement de la dilatation.
La texture du zinc est cristalline, tantôt grenue, tantôt lamelleuse.
D'après Bolley(i4niia/en der Chemie und Pharmacie, t. XCV, p. 294), ces différences de texture dépendent surtout de la température plus ou moins élevée à laquelle le métal fondu a été porté avant d'être abandonné au refroidissement; après avoir été porté au rouge vif, il prendrait toujours une texture lamelleuse, même sous l'influence d'un refroidissement brusque, et la densité du métal solidifié serait égale à 7,05-7,18.
Chauffé seulement un peu au-dessus de son point de fusion, il affecterait, au contraire, une texture grenue, à grains fins. La variété granuleuse, dont la densité varie de 7,20 à 7,06, suivant que le refroidissement est rapide ou lent, serait plus malléable que l'autre et se laisserait moins vivement attaquer par les acides ; les proportions de métal dissous dans le même temps par la même quantité d'acide seraient entre elles comme 1 : 8. Ces faits intéressants méritent d'être vérifiés à nouveau. Bolley les explique en invoquant le dimorphisme du zinc. Mais ce dimorphisme n'est pas encore établi avec certitude. Nôggerath a observé la cristallisation du zinc en prismes hexagonaux du troisième système ; le fait a été confirmé par d'autres expérimentateurs, notamment par G. Rose, qui a mesuré des prismes hexagonaux terminés par des pyramides et présentant des facettes qui tronquaient les arêtes communes aux deux espèces de faces, avec une inclinaison de 110® 31' à 110° 50' sur les faces pyramidales. On obtient le zinc prismatique et clivable suivant l'axe principal en décantant le métal après solidification partielle.
Nicklès a cru observer un cas de dimorphisme en examinant un échantillon de zinc préparé par M. Favre d'après le procédé de Jacquelain; il offrait les angles caractéristiques du dodécaèdre pcntagonal, forme liémiédrique du système régulier. D'un autre côté, d'après les recherches de G. Rose [Poggendorff s Annalen, t. LXXXV, p. 295), les polyèdres
578 CHIMIE GÉNfiRALE.
obtenus par la sublimation du zinc ne constilueraient pas des formes simples; ils seraient le résultat de la juxtaposition d*un grand nombre de cristaux, suivant des lois indéterminées. Les dodécaèdres pentagonaux de Nicklcs pourraient donc n'être que des formes complexes, ofirant par hasard des faces pcntagonales.
Densité du zinc fondu et solidifié par refiroidissement, 6,863.
Densité du métal laminé» 7»215.
Les divers ouvrages et traités de chimie sont loin de s'accorder sur le point de fusion du zinc ; les écarts sont considérables et s'étendent de 350^ à 550^. Le nombre qui semble le plus près de la vérité est compris' entre 410^ et 420^ Person admet 415^ du thermomètre d'air.
Le zinc bout à 1040^.
Dilatation linéaire, 0,002905; dilatation en volume pour 100% 0,0089 (II. Kopp).
Chaleur spécifique, 0,0956 (Regnault), 0,0935 (Bunsen).
Conductibilité calorifique, 19, celle de l'argent étant 100.
Conductibilité électrique à 17', 27,39, celle de l'argent étant 100 à 0' (Matthiessen).
Le zinc a une mollesse particulière, qui fait qu'il encrasse la lime.
Propriétés chimiques, — Le zinc s'oxyde facilement au rouge; sa vapeur prend feu et brûle au contact de Tair en donnant une flamme Irès-brillantc et des flocons blancs d'oxyde, laine philosophique, niAt/ album, nix alba. A la température ordinaire il ne s'altère pas dans Tair ou l'oxygène secs; mais dans l'air humide et chargé d'acide carbonique il se recouvre d'une couche d 'hydrocarbonate qui ne s'étend pas en profondeur, le métal sous-jacent étant protégé par l'oxyde comme par une espèce de vernis. C'est grâce à cette circonstance heureuse, donnant au zinc, malgré son oxydabilité, presque les avantages des m(Uaux inaltérables, que ce corps a pu recevoir des applications étendues.
La chaleur de formation d'une molécule d'oxyde de zinc Znô = 81 est égale à 85 400 calories.
Le zinc décom])ose Tcau assez rapidement au rouge et déjà d'une manière sensible vers 100°.
On peut distiller du soufre sur du zinc sans provoquer d'altération; mais si Ton dirige dans un tube chauffé au rouge de la vapeur de soufre et de la vapeur de zinc, la combinaison s'effectue énergiquemcnt et provoque quelquefois des explosions. Un mélange de zinc et de cinabre (suliure de mercure) ou de polysulfure alcalin réagit également avec explosion.
Le zinc s'unit en outre facilement et directement aux éléments halogci]cs, chlore, brome, \ov\<^, tvxx ^Vi^^'^Vtf^vc^ à l'arsenic et à un grand
DEUXIÈME FAMILLK. - ZINC. ôTl»
rc de métaux ; civec ces derniers il forme des alliages, dont les plus
au point de \nc pratique sont le laiton et ramnignmc. acides étendus, et notamment Tacide sulfurique, n*onl qu*uno faible, à la température ordinaire, sur le zinc pur, tandis qu*ils ^uent énorgiquement le zinc ordinaire; il se forme un sel de zûnc, *nême temps qu'il se dégage de Thydrogène. Celte diiTérenco doit attribuée à la présence du plomb et de traces d\nrscnie fonnaTjt le zinc un couple faible qui favorise la réaction. Il suffît, en eiïet, lettre le métal pur en contact avec un autre inattaquable par les *«i, pour déterminer le dégagement d'hydrogène, * *-■« phénomène est encore plus marqué si Ton recouvre par préci[)ila- ^^^ la surface du zinc d'une couche de cuivre, de platine, d'anliinoine ^ tj'arsenic. On verse à cet effet dans la liqucw* acide mise en contact le zinc pur quelques gouttes d'une solution de sulfate de cuivre ou [^^ chlorure de platine; le dégagement d'hydrogène, à peine sensible ^lïord, devient aussitôt très-actif. L'amalgamation donne au contraire ^^ zinc ordinaire les propriétés du métal pur. Avec l'acide chlorhy- "*^que, l'acide acétique et quelques autres acides la réaction se borne ^^ dégagement d'hydrogène et à la formation d'un sel; avec l'acide sul- ^^rique, elle varie de sens suivant la concentration et la tcnipéraluro. ^^cide monohydraté pur ou mélangé à moins de deux molécules d'eau ^'igil que vers 130 à 150* et dégage de Tacide sulfureux. De deux à ^înq molécules d'eau, la réaction exige encore pour devenir sensible uîic élévation de température ; il se produit à la fois de l'hydrogène et de * acide sulfureux qui réagissent l'un sur l'autre, en donnant de l'hydro- Sène sulfuré. Avec une concentration moindre et à froid on o])tient de **hydrogène.
D'après les expériences de M. Caillefet, la pression exerce une inilucnni Hiarquée sur la rapidité avec laquelle le zinc est attaqué. Un morceau de niétal perdant 10 dans de l'acide chlorhydrique, à la pression ordinaire, ne perd plus que 4,7 à 60 atmosphères et 0,1 à 120 atmosphères, toutes choses étant égales d'ailleurs.
L'acide azotique dissout le zinc avec production de bioxyde d'azote ; s*il est convenablement étendu, il se forme du protoxyde; cnliii avec un acide très<lilué le métal se dissout sans dégagement de gaz et avec formation de nitrate de zinc et de nitrate d'ammoniaque. On observe du reste dans tous les cas la production de plus ou moins d'ammoniaque.
Les solutions d'acide sulfureux ont une action spéciale, au^:si bien sur le zinc que sur le fer et le magnésium. Ces métaux se dissolvent avec production de sulfite et mise en liberté d'hydrogène; mais ce dernier, au lieu de se dégager, réduit à l'état naissant une portion de l'acide suliureux, qu'il convertit en acide hydrosulfureux.
580 CnUlIE GËNÉRiLE.
En présence des alcalis caustiques ou des solutions des terres alca- Unes, le xinc décompose Teau, lentement i froid, plus rapidement i chaud et forme de véritables sels, zincates, dans lesquels Toxyde de zinc est électronégatif :
[Zn 4- 2 K UO = K«Znô« -h ff] .
Zn + KOHO = KOZnO-hH.
Les soiulions de certains sels, chlorhydrate d'ammoniaque, chlorure de sodium, mises en présence du zinc, surtout à chaud, l'attaquent; de l'hydrogène est mis en liberté, en même temps qu'il se forme des composés spéciaux : chlorure de zinc ammoniacal, 2nCi' . 2 AzH'; chlorure double de zinc et de sodium. Avec l'alun, une partie tie l'acide sulfurique du sulfate d'alumine agit comme s'il était libre, tandis qu'il reste un alun basique.
Le zinc trcs-divisé qui se condense dans les tambours en tôle faisant suite aux allonges et que l'on vend dans le commerce sous le nom de gris de zinc ou tulhie, possède des propriétés réductrices puissantes, qu'il doit à sa grande ténuité; aussi l'emploie-t-on dans diverses opérations mdustricUcs et chimiques, telles que la réduction et la dissolution de l'indigo, la préparation des hydrosulfites, de Tindol, etc. Cette poudre décompose déjà l'eau à la température ordinaire. Elle est plus ou moins riche en oxyde. Ainsi, un gris de zinc de l'usine métallurgique de Uadibcrger analysé par M. Aldendorf a donné pour 100 parties :
Zinc 39,90
Plomb 2,47
Cadmium 4,09
Oxyde de zinc 49,76
Carbonate de zinc 5/29
Résidu insoluble dans les acides 0,39
Cette analyse peut servir de type pour tous les gris de zinc ; il suffit d'y remplacer plus ou moins d'oxyde par du zinc métallique ou inversement.
Pour certaines opérations il est convenable d'éliminer l'oxyde. On y arrive facilement en délayant la poudre dans l'eau et en ajoutant peu à peu de l'acide chlorhydrique jusqu'à réaction franchement acide et dégagement marqué d'hydrogène. Le résidu, lavé par décantation cl séché dans le vide à la température ordinaire sur des plaques poreuses, représente du zinc divisé assez riche; on ne peut sécher à l'éluvesans provoquer l'oxydation presque complète.
Usages. — Le zinc métallique sert principalement à la fabrication de fouilles laminées dcsVmt<i^li\\vevi\SL\^\\\>x^4a%maisonsetàla fabrication
DEUXIÈME FAMILLE. — CADMIUM. 581
de gouttières et de tuyaux. Le moulage d'objets d'ornement» la galvanisation du fer (Toyez Fer)^ la préparation du laiton et d'autres alliages analogues en consomment également de fortes proportions.
Analyse. — On reconnaît le zmc libre aux propriétés physiques et chimiques décrites plus haut, et notamment à sa volatilité, à la combustibilité de ses vapeurs, ainsi qu'à la manière dont il se comporte avec l'acide sulfurique étendu. Un petit fragment de zinc chauffé au chalumeau sur un charbon, dans la flamme oxydante, fond, se recouvre d'oxyde qui est jaune à chaud, et développe une flamme vert-bleuâtre, avec production d'un large enduit d'oxyde.
Le zinc et ses composés portés en petites quantités à l'extrémité d'un fil d'amiante, dans la partie réductrice supérieure d'un bec Bunsen, donnent un enduit noir entouré d'une auréole brune, sur le fond externe d'une capsule en porcelaine pleine d'eau, disposée dans la flamme un peu au-dessus de la substance. La même expérience répétée dans la partie oxydante fournit un enduit blanc invisible, mais dont on met la présence en évidence par l'artifice suivant : on essuie les parois ed la capsule avec une petite bande de papier Berzélius que l'on incinère ensuite; s'il y avait du dépôt, il restera une cendre blanche à froid et jaune à chaud (Bunsen). La solution du métal dans l'acide sulfurique offre également des réactions caractéristiques que nous donnerons avec l'histoire générale des composés zinciques.
Le zinc se dose sous forme d'oxyde et de sulfure, plus rarement et moins exactement par liqueurs titrées (voyez Sels de zinc).
Équivalent^ poids atomique. — Gay-Lussac et Berzélius ont mesuré l'augmentation de poids qu'éprouve le zinc en s'oxydanl ; ils ont trouvé pour l'équivalent le nombre 32,25. Axel Erdmann a dissous un poids connu de zinc pur dans l'acide azotique ; le liquide a été évaporé à sec et le résidu calciné a été pesé. Quatre déterminations assez concordantes ont conduit au nombre 32,5, qui est encore adopté. On a donc
Zn = 32,5, Zn=65.
Cadmium.
Le cadmium accompagne presque toujours le zinc dans les minerais, mais en petites quantités seulement ; c'est un métal relativement rare. 11 fut découvert en 1817, presque simultanément, par Hermann et Stromeyer. Ces chimistes examinaient la nature du précipité jaune produit par l'hydrogène sulfuré dans la solution de certains oxydes de zinc, précipité que l'on avait attribué à l'arsenic. Son nom dérive de celui de cadrnia fossUis donné à divers minerais de zinc.
Son exti'action et sa séparation d'avec le zinc sont fondées sur sa plus
:m CHIMIE génCrale.
grande T0^-1tillté d une pari : le eadmium bout à 860*, le lioc i 1040*, ol sur In rcHliictibilité plus facile de son oxyde. Un mélange d'oxyde de zinc. vX di> elinrbon ne réagit que vers 1500*, tandis que celui de char* bon et d*oxydc de cadmium donne le métal libre au rouge naissant 11 résulte de ces difTcrences que, si Ton distille du une cadmifere, le dénier métal se trouvera en entier dans les premières portions. L'oxyde de zinc formé par la combustion des vapeurs métalliques qui s'écbappent au début csl assez riche en cadmium pour prendre une teinte brunâtre.
CVst avec les oxydes de zinc de cet ordre, contenant de 2 à 11 pour 100 d\)xyde de cadmium, que Ton prépare cet élément. Mélangés à du charbon en poudre, ils sont chauffés dans des cylindres en terre ou dans dos moufles munis d^nllonges inclinées en tôle et de forme conique, dont la partie antérieure est fermée avec un bouchon percé en bois. Le cadmium et son oxyde se condensent surtout dans l'extrémité de l'allonge la plus éloignée. En répétant ces distillations et ces réductions dans des appareils analogues et à des températures aussi basses que possible, sur des produits de plus en plus riches en cadmium, on arrive à isoler le métal h peu près pur. Il doit être malléable ; une petite quantité de zinc le rend cassant. Le cadmium ainsi préparé est livré au commerce sous forme de petits cylindres coulés dans une lingotière.
Pour obtenir le cadmium pur, on réduit par le charbon, dans une cornue en porcelaine, Toxyde de cadmium purifié avec soin et l'on distille le métal. A cet elTet, le produit du commerce est dissous dans Facide sulfurique ou dans Tacide chlorhydrique étendus; la solution est précipitée par l'hydrogène sulfuré et le dépôt contenant, outre le cadmium, un peu de cuivi^ et de zinc est dissous dans l'acide chlorhydrique. On précipite la liqueur par un excès de carbonate d'ammoniaque ; le zinc et le cuivre restent en solution. Le carbonate de cadmium bien lavé et séché est ensuite calciné pour chasser l'acide carbonique.
Propriétés, — Le cadmium est blanc conune Tétain, très-mou, trèsmalléabto et tros-ductile ; il graisse la lime comme le zinc.
Densité, 8,00 (pour le métal solidifié après fusion); 8,69 pour le métal martelé.
Point de fusion, 515° à o20\ Point d'ébullition, 860*. Sa vapeur a une couleur orangée.
Il cristallise par sublimation lente en octaèdres réguliers.
Les vapeurs de cadmium sont vénéneuses.
Chaleur spécifique, 0,0567.
Le cadmium se conserve intact dans l'air sec ; à l'air humide il se ternit ; porté à l'ébullition au contact de l'air, il brûle avec une flamme brune et en donnant de l'oxyde brun. 11 décompose l'eau au rouge et les acides étendus à froid ; son meilleur dissolvant est l'acide azotique.
DEUXIÈME FAMILLE. — LNDILM. 583
Vis-i-YÎs des élémento électronégatifs, il se comporte à peu près comme le zinc.
Avec l'étincelle éclatant à la surface de solutions salines on observe les raies suivantes : 643,8 ; 508,5 (très-vive) ; 479,9 (vive) ; 467,7.
Analyse. — On le reconnaît facilement au chalumeau, grâce à l'enduit étendu et brun qu'il donne, ainsi que ses composés, lorsqu'on le chauffe avec du carbonate de soude sur un charbon, dans la flamme de réduction.
Le cadmium et ses combinaisons, examinés par la méthode de la I flamme de Bunsen (voyez Zinc)^ fournissent, par réduction sur le fond de la capsule, un enduit noir métallique entoure d'une auréole brune ; par oxydation, un enduit brun-noir d'oxyde entouré d'une auréole invisible de sous-oxyde; ce dernier donne avec une goutte de solution de nitrate d'argent une tache noir-bleu de cadmium métallique réduit. Pour le dosage, on précipite le métal sous forme de carbonate, au moyen du carbonate d'anunoniaque et l'on calcine pour ramener à l'état d'oxyde brun.
Êquivaleni. — Slromeyer avait trouvé que 100 de métal prennent 14,352 d'oxygène pour se convertir en oxyde, ce qui conduit au nombre 55,75, tandis que le chlorure fondu fournit 38,61 de chlore pour 61,59 de métal, d'où le nombre 56,44. Yon llauer a trouvé 56 en Iransformant le sulfate de cadmium en sulfure par l'hydrogène. Les expériences plus récentes de M. Dumas, fondées sur la pesée du chlorure de cadmium obtenu avec un poids connu de métal, conûrment le nombre 56. On a donc
Cd = 56, €d = H2.
Usages. — Le cadmium libre ne sert pas directement; on l'emploie pour la préparation du jaune de cadmium et de certains alliages qui servent aux dentistes. Un amalgame formé de cadmium et d^ctain alliés au mercure durcit au bout d'un certain temps et se prête au plombage des dents cariées.
Indiutn.
La découverte de l'indium est due à la méthode spectroscopique. F. Reich et Th. Richter (Journal fur praklische Chem.^ t. LXXXIX, p. 441) recherchaient le thallium dans la blende de Freyberg (mélange de pyrite de fer arsenicale, de blende et do galène). Après avoir grillé la blende et traité le résidu par l'acide chlorhydrique, ils obtinrent, par l'évaporation à sec de la liqueur, un chlorure de zinc impur dont l'examen spectroscopique leur offrit une raie indigo non encore observée.
5^4 CHIMIE GË\£llALE.
Mis aîiibi sur la Toie» les auteurs cités paninreiit pea de temps après à isoler et h carnctrrisor le nouveau métal.
État naturel. — Jusqu'à présent on a tnmTé rindînm en petites quautilcs dans la blende de Freyberg et dans les lincs qui en pronenncnt; ces derniers en renferment 0*0448 pour 100; la blende en contient 25 à 30 grammes par 100 kilogrammes. Sa présence a été encore constatée dans la Mendc de Durham, ainsi que dans la calamine d*OneL et dans le wolfram. Ce met:! accompagne donc le zinc, mais en trèspetites quantités seulement.
Extraction et préparation, — La blende de Freyberg peut servir directement à rtîxlrnction du métal ; à cet effet, on la grille complètement nu rouge, après Tavoir réduite en fragments; le résidu est lessivé à Feau froide pour enlever les sulfates soluhîes qui ont pris naissance et parmi lesquels se trouve le sulfate d^indium. Sa solution, mise en contact avec du zinc, fournit un précipité métallique spongieux, contenant l'indium mélangé à du cadmium, à du cuivre et à de l'arsenic. On obtient le mém? dépôt en traitant le zinc indifère de Freyberg par une quantité d'acide sulfurique ou d'.'irido chlorliydrique insuffisante pour le dissoudre entièrement.
Le zinr de Freyberg fournit ainsi 2 pour 100 de dépôt spongieux, rcnff^rmant lui-même 2 à 2,5 pour 100 du nouveau métal. Ce dépôt, mis en conlurtavec dv Tacide sulfurique concentré, s'y dissout vivement et donne, après réva])oration de Texcès d'acide, une masse saline blanchct d'où IVau extrait les sulfates solubles de fer, de cadmium, de zinc, de cuivre et d'indiiiiii, en laissant le sulfate de plomb insoluble. La solution est précipitée par un excès d'ammoniaque qui redissout les oxydes de zinc, de cuivre et de cadmium, en laissant Toxydc d'indium mélangé à de Toxyde de fer (Winkicr). Pour séparer ces doux derniers corps, ou a propos*' plusieurs méthodes. Une des plus simples a été indiquée par C. J. Bayer (Annalen der Chemie und Pharniacicy t. CLYIII, p. 572); elle est fondée sur Tinsolubilité du sulfite d'indiuni.
Le précipité ammoniacal est dissous dans une quantité aussi petite ({uc possible d'acide chlorhydrique ; on y ajoute un excès de bisulfite de soude (;t l'on fait bouillir tant qu'il se dégage de l'acide sulfureux. L'indium se précipite sous la fonnc d'une poudre cristalline blanche, exempte des autres métaux, et qu'il est bon de purifier par une nouvelle dissolution dans l'acide sulfureux, suivie d'une seconde ébullition. Le sel qui se dépose ainsi a pour composition [3S0' . 2in'0* 4- 811*01» 3.S0*. 2 In'O' 4-8110; par la calcination au rouge sombre, il laisse de l'oxyde mélangé à un peu de métal réduit. On peut aussi dissoudre dans l'acide chlorhydrique l'oxyde ferrugineux, ramener le fer a rét^il de ])roloxyde par une addition convenî)blc d'aride sulfureux, et précipi-
DEUXIÈME FAMILLE. — INDIUM. 585
ter Toxyde d'indium par le carbonate de baryte qui laisse le fer en solution. Le dépôt est repris par l'acide sulfurique; la liqueur est filtrée pour enlever le sulfate de baryte insoluble et précipitée par Tammoniaque sous la forme d'oxyde d'indium pur.
Le mélange des deux oxydes d'indium et de fer est dissous dans l'acide sulfurique et la liqueur est additionnée de zinc; elle laisse déposer l'indium. Ou bien encore les deux oxydes sont dissous dans l'acide chlorhydrique, on ajoute de l'acétate de soude et on précipite l'indium par un courant d'hydrogène sulfuré, sous forme de sulfure qu'un grillage convertit en oxyde.
Tous ces procédés conduisent, comme on le voit, à l'obtention d'un oxyde d'indium pur et exempt de métaux étrangers ; il ne reste plus, pour arriver au métal, qu'à réduire cet oxyde.
La méthode par les flux, c'est-à-dire la fusion avec un mélange de charbon et de carbonate de potasse, occasionnant des pertes sensibles de métal par volatilisation, il vaut mieux opérer la réduction par l'hydrogène, au rouge sombre, et fondre ensemble sous une couche do cyanure de potassium les petits globules que l'on obtient. Pendant cette réduction, l'hydrogène allumé à la sortie de l'appareil brûle avec une belle flamme bleue et garde assez longtemps cette propriété; au bout de quelques heures de repos, il dépose une légère poussière grise de métal qui s'y trouvait à l'état de suspension et lui communiquait ce caractère.
Si l'on a à réduire des quantités notables d'oxyde, on peut employer le sodium. On fond le mélange à petit feu sous une couche de sel marin sec ; après refroidissement, on trouve un culot métallique, formé d'un alliage de sodium et d'indium, qu'on prive de sodium en partie par l'action de l'eau, en partie en le plongeant dans du carbonate de soude fondu, jusqu'à ce que sa surface se couvre d'oxyde d'indium. Le sodium se volatilise et brûle.
Propriétés. — L'indium est d'un blanc d'argent; il conserve son éclat métallique dans l'air et dans l'eau bouillante ; il est très-mou et trèsductile. Sa densité est égale à 7,11 à 7,227 (Reich et Richter) à 20^ 7,421 (Winkler) à 16%8; il fond à 176' et est moins volatil que le cadmium et le zinc. Chauffé au chalumeau, sur un ^charbon, il fond en présentant une surface métallique brillante; en même temps il s'entoure d'un enduit jaune foncé à chaud et plus pâle à froid. Chaleur spécifique, 0,0570.
Les acides sulfurique et chlorhydrique étendus le dissolvent avec dégagement d'hydrogène, lentement à froid, plus rapidement à chaud ; la potasse concentrée est sans action sur le métal.
Avec les sels dans la flamme d'un bec Bunsen ou avec l'étincelle
!;86 CHIMIE GËllfilULE.
(éclatant à la surface de solutions salines, on dnerwt deux nies trèsbrillantes, 451,1, 410,1, qui sont caractéristiques.
Le métal et ses combinaisons colorent la flamme d'un bec de gai en bleu indigo pur et intense. Us donnent, par la méthode Bunsen, dans h zone réductrice supérieure, un enduit noir a^ec auréole brane ; Tenduit disparaît por Tacide azotique étendu.
Winkler a déterminé Téquivalcnt du métal en pesant la quantité d'or mise en libtTté par Faction d*un poids connu d'indium métallique sur le chloroaurate de sodium purifié par plusieurs cristallisations, ou en dosant Toxydc formé par la dissolution du métal dans l'acide sulfurique. Le nombre 37,8 = In ou 75,6 = in, trouvé ainsi, correspond à Toxyde InO ou In 0; il a été multiplié par 1,5 depuis que Ton connaît la chaleur spécifique du mcUil et Texistence d'un alun ammoniacal d'indium; Toxydc devient alors ln*0^ ou In*6*.
La rareté de ce métal exclut toutes les applications que l'on pourrait en faire.
TroIslèMie aeetl^n. — Chrome, HiuMMUièse, fer, alckel, cotell.
Le chrome, le manganèse, le fer, le cobalt et le nickel forment un groupe naturel, tant au point de vue physique que sous le rapport des propriétés chimiques ; il y a donc quelque intérêt à faire précéder leur rtude particulière d^uno histoire comparée, qui aura pour avantage de niiciix faire ressortir les analogies. II nous serait moins facile de justifier rintroductioii de Turanium dans le groupe du fer et du manganèse. Comme ce dernier, il est dur, cassant, peu malléable, altérable à Tair et susceptible de décomposer l'eau au roug.^ et à froid sous l'inOuencc des acides ; les analogies chimiques ne vont guère plus loin et les allures des composés uraniques sont toutes spéciales et originales. La suite de ces généralités s'applique plus particulièrement aux cinq premiers métaux.
Pour les cinq premiers métaux, comme pour la plupart de ceux de la deuxième famille, le poids atomique qui satisfait à la loi de Dulong et Petit est double de l'équivalent de substitution dans les protoxydes fo^ tement basiques. Les densités, ainsi que les poids atomiques eux-mêmes, sont tri*s-rapprochés en valeur absolue; il s'ensuit que les volumes spécifiques le sont aussi*
Noms. ÉquïT. Taidi atom. Clial. tpèc Ghal. atom. Densilè. ToL
Chramo. . . . 20,S8 5S,50 ? ? 7,3 (nma): 6,81 (Vclltr) 7.2