MÉTHODE D’ANALYSE DES OS
La détermination exacte des éléments contenus dans les os offre une importance incontestable, et permet de résoudre certaines questions physiologiques. Nous ferons donc connaître une des méthodes employées pour doser ces éléments. (Fremy.)
Dosage de l’osséine.
Pour déterminer la proportion d’osséine contenue dans un os, il faut réduire les os en lames minces, au moyen d’une scie, et les traiter ensuite à froid par une liqueur acide contenant environ un dixième de son volume d’acide chlorhydrique concentré.
Lorsqu’il ne se dégage plus d’acide carbonique, ce qui a lieu ordinairement au bout de trente-six heures, on lave l’osséine avec de l’eau froide et on la dessèche à 130 ".
Dosage de la chaux.
On dose la chaux en dissolvant 300 ou A00 milligrammes d’os dans l’acide chlorhydrique bouillant et étendu de la moitié de son volume d’eau. La dissolution se fait en quelques minutes ; la liqueur est en général limpide, ou du moins elle ne retient en suspension que des traces de matières grasse et albumineuses qui ne nuisent pas à l’opération.
La liqueur est saturée par l’ammoniaque, jusqu’au point où le phosphate de chaux commence à se précipiter, et en ayant surtout le soin d’éviter l’éléyation de température résultant de la combinaison de l’ammoniaque avec l’acide chlorhydrique en excès qui se trouve dans la liqueur: dans ce but, on entoure d’eau froide le ballon de verre dans lequel se fait la réaction ; sans cette précaution, le phosphate de chaux deviendrait insoluble dans l’acide acétique.
Lorsque l’acide chlorhydrique a été saturé par l’ammoniaque, et que le phosphate de chaux commence à se déposer, la liqueur est additionnée d’acide acétique, la chaux est précipitée par l’oxalate d’ammoniaque, et dosée ensuite à l’état de sulfate de chaux.
Dosage de l’acide phosphorique.
Quand la liqueur obtenue en faisant dissoudre la substance osseuse dans l’acide chlorhydrique a été débarrassée de la chaux par la méthode décrite précédemment, on la rend alcaline par l’addition de quelques gouttes d’ammoniaque, puis on y verse une dissolution de sulfate de ma-
CHIMIE ANIMALE
gnésie contenant du sel ammoniac et ne précipitant plus par l’ammoniaque. Il se produit immédiatement un précipité de phosphate ammoniaco-magnésien ; la liqueur est conservée plusieurs heures avant d’être filtrée, parce que la précipitation du phosphate ammoniaco-magnésien n’est complète qu’au bout d’un certain temps. Le sel est alors jeté sur un filtre, lavé à l’eau ammoniacale et calciné en prenant les précautions ordinaires, c’est-à-dire en chauffant la plus grande quantité du phosphate dans l’intérieur du creuset, et le filtre dans le couvercle du creuset. Le poids du phosphate de magnésie fait connaître la quantité d’acide phosphorique contenue dans la substance osseuse.
Ce mode de dosage présente pour les analyses d’os une exactitude suffisante.
Dosage de la magnésie.
On traite une nouvelle portion d’os par l’acide chlorhydrique étendu d’eau; la chaux est séparée au moyen de l’oxalate d’ammoniaque; la liqueur, rendue légèrement ammoniacale, est soumise à l’agitation et conservée pendant plusieurs heures à une température modérée : il se forme alors un précipité de phosphate ammoniaco-magnésien, dont le poids permet de déterminer la proportion de magnésie contenue dans l’os.
Dosage de rammoniaque.
Quand on soumet de la poudre d’os à l’action d’une dissolution étendue et froide de potasse, ou mieux à celle d’un lait de chaux, il se dégage de l’ammoniaque.
Cette production d’ammoniaque ne peut pas être attribuée à la décomposition de i’osséine par les alcalis, car l’osséine pure, traitée par la même dissolution alcaline, ne dégage pas d’ammoniaque.
Il est probable alors que l’ammoniaque existe dans les os à l’état de phosphate ammoniaco-magnésien. Du reste, la présence de ce sel dans la substance osseuse ne doit pas étonner, car on sait qu’il accompagne dans presque toutes les circonstances le phosphate de chaux et le phosphate de magnésie.
La quantité d’ammoniaque qui existe dans les os se détermine en traitant d’abord 10 à 15 grammes d’os par l’acide chlorhydrique très faible ; la liqueur acide est décantée, puis soumise à l’action d’nn excès de soude ; l’expérience se fait dans un ballon qui communique avec un appareil de Liebig contenant de l’acide chlorhydrique; le chlorhydrate d’ammoniaque ainsi formé est dosé par la méthode ordinaire, au moyen du chlorure de platine ammoniacal.