C CS
Matières combustibles ou volatiles.
Chlore
Acide sulfurique
Acide phospborique
Carbonate de chaux
Magnésie
Soude et potasse solubles ....
Silice soluble
traces
traces
Alumine et oxyde de fer
Matières insolubles dans l’acide
azotique faible
| Perte et matières non dosées. . .
B Azote pour 100 de matière sèche.
* Les nombres affectés du signe — • indiquent une surcharge. ( M. Is. PIERRE.)
ÉCOBÜAGE.
ÉCOBÜAGE.
Il est possible, clans certains cas, d’amender un terrain et de l’enrichir en principes minéraux et organiques assimilables, en employant le sol lui-même et les végétaux qui s’y trouvent. On arrive à ce résultat par Yècobuage.
Ce procédé consiste à séparer la couche superficielle d’un sol recouvert de mauvaises herbes; cette couche est ensuite divisée en mottes qui, après avoir été séchées, sont soumises à une combustion lente; on les dispose pour cela en monceaux, la partie herbacée étant placée à l’intérieur, et l’on procède à la combustion, à peu près comme pour la fabrication du charbon de bois. Les mottes, une fois incinérées, puis refroidies, sont répandues sur le sol.
Dans cette opération, l’argile du sol se dessèche, devient friable, et cesse de pouvoir faire pâte avec l’eau. D’un autre côté, les cendres des plantes étant riches en principes alcalins assimilables, constituent un très bon stimulant ; enfin, dans cette combustion incomplète, une grande partie des produits organiques volatils est absorbée par l’argile devenue poreuse; de sorte que l’écobuage introduit dans le sol des substances organiques azotées susceptibles d’accroître sa fertilité. Ce qui prouve qu’il faut attribuer, dans les bons effets de l’écobuage, une certaine part à ces principes organiques que la combustion n’a pu complètement détruire, c’est que, si l’incinération est trop complète, le sol peut devenir stérile. On peut s’assurer, du reste, en chauffant deux portions égales d’une même terre, soit à l’air libre et en remuant souvent, soit dans une cornue, que le résidu, qui contient à peine quelques traces d’azote dans le premier cas, en renferme une quantité sensible dans le second (M. Malaguti).
Il est facile de comprendre, d’après ce qui précède, qu’il n’y a lieu d’appliquer l’écobuage qu’à des terres fortes, et où se trouvent en abondance des plantes avec tiges et racines et du terreau. Les sols légers et sablonneux ne s’améliorent pas en général par l’écobuage. Cependant, en Angleterre, on écobue certains sols crayeux; dans ce cas, le carbonate de chaux est en partie décomposé par la chaleur, et l’on opère ainsi une sorte de chaulage.
On voit donc, en résumé, que l’écobuage rend le sol moins consistant, augmente sa porosité et sa perméabilité; il détruit aussi les insectes et les mauvaises herbes; enfin, il introduit dans le sol des principes assimilables qui ont une action très avantageuse.
CHIMIE VEGETALE.
Avant de traiter des engrais proprement dits, nous parlerons de l’emploi de certaines matières minérales comme fertilisantes. Ces substances doivent être distinguées des amendements, parce que leur action n’est pas purement mécanique comme celle de la marne ou du sable. Leur mode d’emploi diffère également de celui des amendements : les sels minéraux dont nous allons parler sont employés à une dose très faible comparativement à celle qu’on adopte pour la chaux, la marne, etc.; enfin, ces substances sont simplement répandues sur les végétaux ou sur le sol, et non mélangées à la terre, comme on doit le faire pour les amendements qui sont destinés à modifier la composition du sol. Les matières dont on se sert le plus généralement et que nous étudierons, sont : le ; plâtre , les cendres et le sel marin.
PLATRAGE.
Le gypse est formé de 80 parties de sulfate de chaux et de 20 parties d’eau. 11 constitue alors le plaire cru. On lui donne le nom de plâtre cuit lorsqu’on lui a enlevé par la calcination les deux équivalents d’eau qu’il contenait. On peut l’employer en agriculture sous l’un ou l’autre état ; seulement, le plâtre cuit se réduit facilement en poudre, et son expansion sur les plantes ne présente pas autant de difficultés que celle du plâtre cru. Bien que dans certaines localités on fasse usage du plâtre, en l’incorporant au sol au moment des labours d’automne, on l’emploie plus généralement en saupoudrant les plantes le matin, lorsqu’elles sont encore humides. Cette méthode a pour effet de répartir plus également le plâtre, qui ne se détache des plantes que lentement, à mesure qu’elles se dessèchent ou que le vent les agite (M. Boussingault).
Les conditions atmosphériques dans lesquelles on opère cette expansion du plâtre ont beaucoup d’influence sur ses effets. Les grandes pluies, le froid, sont tout à fait défavorables, et l’on a reconnu qu’une gelée très faible paralyse l’action du plâtre, lors même que la température est favorable par la suite (Thaer).
C’est un fait acquis à l’agriculture que le plâtrage ne doit être pratiqué que sur des terres convenablement engraissées, et qu’il est sans aucun effet sur les terres maigres et appauvries. Il y a même de l’avantage à substituer, eomnie on le fait dans certains pays, à l’emploi direct du plâtre, un mélange de plâtre et de fumier. Ce fumier plâtré semble même avoir de l’efficacité dans des cas où le plâtre seul n’agit pas; car il faut remarquer que si l’on améliore beaucoup par le plâtrage la culture des légumineuses, du trèfle, du sainfoin , de la luzerne, il paraît inutile de répandre ce sel sur les prairies naturelles, les récoltes sarclées et les céréales.
On emploie en général de 500 à 600 kilogrammes de plâtre par hectare;
PLATRAGE. 585
le plâtrage n’est effectué que tous les cinq ans environ sur un même terrain .
Le plâtre parait convenir à presque tous les terrains, pourvu qu’ils ne soient pas trop humides. Cependant, son action paraît nulle sur les terrains d’alluvion récente, ou sur ceux qui renferment une certaine quantité de sulfate de chaux (M. de Gasparin). On l’emploie sur des sols calcaires, et l’on a même avancé que la présence du carbonate de chaux était nécessaire pour que le plâtre pût agir (M. Rieffel).
Nous avons fait observer que le plâtrage produisait d’excellents effets dans la culture des légumineuses, mais était inutile pour celle des céréales. Le mode d’action du plâtre n’a pu jusqu’ici être expliqué d’une manière satisfaisante, et les meilleurs esprits sont encore divisés sur ce sujet.
On a cru d’abord que le plâtre, étant absorbé par les plantes, ne devait convenir qu’à celles dont les cendres sont riches en sulfate de chaux (Davy). Cette opinion était basée sur des analyses de trèfle récolté sur un terrain plâtré ; les cendres de ce trèfle contenaient beaucoup de sulfate de chaux. Des expériences faites depuis, dans le but d’examiner cette hypothèse, ont fait voir que de la luzerne récoltée sur un terrain plâtré ne renfermait pas de sulfate de chaux après incinération (M. de Gasparin). L’opinion de Davy n’est, donc pas d’accord avec les faits.
M. Liebig n’attribue au plâtre d’autre faculté que celle de convertir en sulfate d’ammoniaque le carbonate de cette base, tenu en dissolution dans les eaux de pluie ou provenant des engrais, et qui tend toujours à se volatiliser et à priver ainsi le sol de la plus grande partie de ses principes azotés.
Cette hypothèse ne peut suffire pour rendre compte de l’action du plâtre, puisque ce sel ne convient pas à certaines cultures, auxquelles les sels ammoniacaux peuvent être profitables. Ainsi, l’emploi direct du sulfate d’ammoniaque produit de très bons effets sur les prairies naturelles, pour lesquelles le plâtre paraît inutile (M. Kuhlmann).
M. Boussingault suppose que le plâtre n’est efficace que par la chaux qu’il apporte dans le sol. Voici les faits sur lesquels repose cette hypothèse : En examinant comparativement les cendres de trèfle provenant de récoltes plâtrées et non plâtrées, la quantité de sulfate de chaux ne s’est pas trouvée en rapport avec l’amélioration produite par le plâtrage; d’un autre coté, les plantes qui éprouvent les meilleurs effets de l’emploi de ce sel ne sont pas celles dont la constitution exige l’intervention des sulfates ; enfin, en Flandre, on substitue au plâtre la chaux éteinte, les cendres de bois et de tourbe qui contiennent du carbonate de chaux en assez forte proportion.
Le sulfate de chaux se transformerait, d’après cette opinion, en sulfure de calcium par l’action des matières organiques du sol, puis en acide suit-
hydrique et en carbonate de chaux; ce carbonate, formé peu à peu, se trouve par suite tellement divisé, qu’il est dans les conditions les plus favorables à être absorbé par les plantes après avoir passé à l’état de bicarbonate soluble. Aussi, dans les cendres du trèfle plâtré, on a trouvé une grande quantité de chaux comparativement à la faible proportion d’acide sulfurique qui y était contenue.
On sait, du reste, que les plantes n’exigent pas toutes les mêmes principes minéraux : dans le chantage, qui produit de bons résultats sur les céréales, la chaux est employée en très grand excès ; tandis que dans le plâtrage, qui ne s’exécute qu’à faible dose, on n’introduit dans le sol qu’une quantité de chaux relativement très faible ; il faudrait employer ces substances à doses équivalentes pour pouvoir comparer leurs effets; enfin, l’accroissement d’efficacité du plâtre, lorsqu’on le mélange aux engrais qui renferment des substances organiques en décomposition et très propres à favoriser la transformation du sulfate en sulfure, puis en carbonate , semble venir à l’appui de l’opinion de M. Boussingault.
(M. Malaguti.)
Quelle que soit d’ailleurs la valeur de ces diverses théories, ce qu’il importe de constater, ce sont les effets remarquables que produit le plâtre. Les plantes qui ont été soumises à Faction de ce sel se distinguent par leur vigueur, et il n’est pas rare de doubler par le plâtrage les récoltes des prairies artificielles.
Dans certaines localités, où le plâtre est d’un prix élevé, on emploie quelquefois de Y acide sulfurique , étendu de mille fois son volume d’eau ; cet acide, en présence du carbonate de chaux qui se rencontre presque toujours dans les terrains, forme du sulfate de chaux, et paraît opérer en effet comme le plâtre.
CENDRES
Nous avons vu comment, dans l’écobuage, on enrichissait le sol en principes alcalins, en répandant à sa surface les cendres des végétaux qu’il avait produits. On comprend que cette pratique est limitée aux terrains recouverts d’herbes. Aussi se sert-on directement, comme stimulant, des cendres des divers combustibles.
Les cendres provenant de la combustion du bois sont formées principalement de carbonates et de silicates alcalins, pour la partie soluble ; le carbonate de chaux, les phosphates terreux, un peu de chaux et de magnésie caustiques, sont les principales substances que renferme la partie insoluble. On n’emploie généralement en agriculture que les cendres ayant servi à obtenir les lessives : l’eau enlève aux cendres une grande partie des sels solubles , mais laisse une proportion notable