‹ Traité de chimie générale [electronic resource] (volume 4)Chapitre 218 sur 300 · INDIGO BLANC · texte numérisé non relu

INDIGO BLANC

11’est plus soluble dans un acide sulfurique qui contient la moitié de son poids d’eau.

Lorsque le poids de l’acide sulfurique employé n’est pas cinq fois plus fort que celui de l’indigo, et que le contact des deux corps n’a pas été suffisamment prolongé, il se forme un composé connu sous le nom de pourpre d'indigo ou d 'acide sulfopurpurique , qui a pour formule C16H5Az02,S03.

Si l’on emploie, au contraire, 15 à 20 parties d’acide du commerce, ou 8 à 10 parties d’acide sulfurique fumant, il se forme du carmin d'indigo qui a pour formule Cl6H5Àz02,(S03)2.

Lorsqu’on a fait réagir sur de l’indigo de l’acide sulfurique fumant, il se produit toujours un troisième acide qui a été nommé acide hyposulfindi gotique (Berzelius).

Pour préparer en grand l’acide sulfmdigotique, on traite l’indigo du commerce par 8 fois son poids d’acide sulfurique préalablement débarrassé d’acide azotique, et l’on expose le mélange pendant deux ou trois jours à une température de 50° à 60°; dans ce cas, l’indigo entre en dissolution dans l’acide sulfurique et produit de l’acide sulfmdigotique. Si l’on traite cet acide par l’acétate de potasse, on forme du sulfmdigotate de potasse insoluble dans un excès d’acétate et qui se précipite ; on lave le précipité avec une eau qui contient de l’acétate de potasse en dissolution. Pour enlever l’excès d’acétate, on emploie l’acool, qui dissout l’acétate et précipite le sulfindigotate de potasse. Ce sel a pour formule K0,C16H4Az0,(S03)2. On peut comparer l’acide sulfmdigotique à l’acide sulfovinique ; on voit en effet que l’indigo, semblable à l’alcool, perd 1 équivalent d’eau sous l’influence de l’acide sulfurique, et se combine ensuite avec 2 équivalents de cet acide pour former un acide double.

L’acide sulfmdigotique sert de base à la préparation qui porte dans les arts le nom de bleu de Saxe. Pour obtenir l’acide sulfmdigotique à l’état de liberté, on traite le sulfindigotate de plomb par l’acide sulfhydrique. L’acide sulfmdigotique reste en dissolution dans l’eau : cette liqueur est jaune et se colore en bleu par le contact de l’air; on peut l’employer comme un excellent réactif pour reconnaître la présence de l’oxygène dans un mélange gazeux.

L’acide sulfopurpurique peut être préparé en traitant l’indigo par 5 parties d’acide sulfurique ordinaire : on obtient alors une liqueur dont la teinte est pourpre ; on l’étend d’eau et l’on précipite ainsi de l’acide sulfopurpurique qu’on lave avec de l’eau contenant de l’acide chlorhydrique jusqu’à ce que l’eau ne contienne plus d’acide sulfurique. L’acide sulfopurpurique est soluble dans l’eau pure, mais insoluble dans l’eau acidulée. Il se combine avec les alcalis et forme des sels qui présentent une belle coloration pourpre.

502 MATIÈRES COLORANTES

Dans l’application de l’indigo à la teinture, pour obtenir .ce qu’on appelle le sulfate d’indigo, on verse sur 1 kilogramme d’indigo finement pulvérisé un mélange formé de I kilogramme d’acide sulfurique de Nordhausen et de 1 kilogramme d’acide sulfurique ordinaire ; on abandonne le mélange pendant quarante-huit heures, on le chauffe au bain-marie , puis on y ajoute assez d’eau pour que la liqueur marque 18° Baumé.

Le sulfate d’indigo est donc un mélange d’acide sulfindigotique et d’acide sulfopurpurique.

L'acide hyposulfindigotique s’obtient de la manière suivante. On dissout à chaud 1 partie d’indigo dans 15 parties d’acide sulfurique de Nordhausen, et, après avoir étendu la dissolution de 30 fois son volume d’eau, on la filtre pour séparer l’acide sulfopurpurique qui s’est précipité. La liqueur filtrée est mise en digestion à une douce chaleur avec des morceaux de flanelle (lavés au carbonate de soude et à l’eau) sur lesquels se fixe un mélange d’acide sulfindigotique et d’acide hyposulfindigotique. On traite ensuite cette flanelle par une dissolution étendue de carbonate d’ammoniaque qui convertit les deux acides en sels ammoniacaux solubles ; on évapore la liqueur à la température de 50°, et l'on reprend le résidu par l’alcool à 80", qui dissout seulement l’hyposulfmdigotate d’ammoniaque. Ce sel est transformé en hyposulfindigotate de plomb qu’on décompose par l’hydrogène sulfuré. Il se dépose du sulfure de plomb, tandis que l’acide hyposulfindigotique reste dans la liqueur et forme, après l’évaporation, une masse bleuâtre et déliquescente (Berzelius).

Les hyposulfmdigotates ressemblent beaucoup aux sulfmdigotates.

Suivant Berzelius, les acides doubles dont nous venons de parler peuvent, dans des circonstances encore peu connues, donner naissance cà quatre acides nouveaux qui ont été nommés :

Acide sulfoviridique,

Acide sulfoflavique,

Acide sulfofulviqae,

Acide sulforutique.

ISATINE.

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