COLLEURS BLANCHES
Argent en coquilles. — Cet argent, dont les peintres se servent pour obtenir le ton blanc dit ton d’argent, est une couleur très solide et inoffensive. On s’en sert surtout dans l'enluminure.
Pour l’obtenir, on délaie dans de l’eau de gomme de la poudre d’argent provenant de la trituration avec du miel des feuilles d’argent battu, et l’on applique la liqueur gommeuse sur de petites coquilles. En général, la quantité d’argent déposée à la surface d’une coquille de grandeur ordinaire varie entre 6 et 8 centigrammes. (M. Lefort.)
Chaux. — La chaux, qui est une couleur faiblement vénéneuse , ne peut se mélanger avec les couleurs fines qu’elle altère rapidement, ni se délayer dans l’huile, parce qu’elle forme avec ce corps un savon fort peu soluble, qui jaunit au contact de l’air. On ne l’emploie que dans la peinture grossière à l’eau, telle que le badigeonnage.
Pour s’en servir, il suffit de la délayer dans de l’eau et d’ajouter de la colle au mélange ainsi formé, afin de lui donner du corps. Comme cette couleur présente parfois une teinte jaunâtre , on la blanchit en l’additionnant d’une petite quantité d’argile ocreuse et de noir de fumée.
L’alun donne de la solidité aux peintures à la chaux.
Blanc de zinc (oxyde de zinc). — Le blanc de zinc est une couleur fort belle, insoluble dans l’eau, les essences, les huiles grasses, fixe, indécomposable par la chaleur, offrant en un mot toutes les qualités d’une bonne couleur.
On a reproché, il est vrai, au blanc de zinc de coûter plus cher, de sécher moins vite et de ne pas couvrir aussi bien que le blanc de céruse ; mais ces inconvénients sont plus que compensés par l’avantage de ne pas incommoder les ouvriers qui le préparent , de couvrir, à poids égal , une plus grande surface , et de ne pas communiquer aux boiseries des appartements l’odeur désagréable qui se manifeste toujours lorsqu’on a fait usage de couleurs à base de plomb, de cuivre ou d’arsenic ; on peut d’ailleurs , à l’aide de corps d’un bas prix, accélérer la dessiccation des peintures au blanc de zinc.
L’application du blanc de zinc à la peinture doit donc être considérée comme un des progrès les plus importants qu’ait faits l’industrie moderne.
Pour obtenir le blanc de zinc, on oxyde ce métal , réduit en vapeur, à l’aide de l’air atmosphérique. ( Voyez tome III, page 56.)
Le bénéfice dû à l’augmentation de poids que subit le zinc en s’oxydant suffit pour couvrir tous les frais de fabrication. 100 kilos de zinc devraient fournir 12 U kilos d’oxyde, mais à cause de l’impureté du
MATIÈRES COLORANTES
métal et des pertes qu’entraîne toujours une fabrication en grand, cette quantité se réduit à 112 kilos environ.
Craie (carbonate de chaux). — Le carbonate de chaux est une couleur solide et inoffensive que l’on emploie dans la peinture à la détrempe. Afin de faire disparaître la teinte jaunâtre que présente le carbonate de chaux , on l’additionne d’une petite quantité d’ocre rouge et de noir de fumée.
Le carbonate de chaux destiné à la peinture se prépare en mettant la craie naturelle pulvérisée en suspension dans l’eau et en décantant rapidement la liqueur pour en séparer les particules de craie les plus ténues, qui sont seules employées.
Sulfate de chaux. — Ce sel , dont on fait grand usage dans la fabrication des papiers de tenture pour obtenir les fonds blancs , est une couleur solide, inoffensive et économique : on le livre au commerce au prix de 9 à 10 francs les 100 kilogrammes.
Le sulfate de chaux sert souvent à falsifier le blanc de zinc.
On se procure du sulfate de chaux convenable pour la peinture en pulvérisant et en tamisant le gypse naturel.
Sulfate de baryte. — Le sulfate de baryte est une couleur très belle et inoffensive, mais qui couvre mal. On s’en sert dans la fabrication des papiers peints.
Le sulfate de baryte naturel destiné aux besoins de la peinture doit être calciné, afin de le rendre friable, et soumis ensuite à un lavage semblable à celui que nous avons décrit en parlant de la craie.
Céruse (carbonate de plomb). — Cette couleur est d’un blanc éclatant : elle couvre parfaitement bien , et sèche avec rapidité ; on la mélange ordinairement avec les couleurs à l’huile, dont elle augmente les propriétés couvrantes et siccatives.
Les deux inconvénients les plus graves que présente l’usage du blanc de céruse sont les maladies que cette couleur donne aux ouvriers qui s’en servent, et la facilité avec laquelle les émanations sulfhydriques la noircissent.
On falsifie souvent la céruse avec du sulfate de baryte, du sulfate de chaux, du sulfate de plomb ou de la craie. Le sulfate de baryte surtout est employé à cause de sa grande densité. Plusieurs analyses de céruse du commerce ont donné en centièmes les résultats suivants :
COULEURS JAUNES
BLANC
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