DE HAMBOURG
Céruse
1 partie.
1 partie.
1 partie.
Sulfate de baryte
3 parties.
1 partie.
2 parties.
Les procédés de préparation de la céruse ont été décrits tome 111, page 125.
On trouve quelquefois dans le commerce une couleur nommée céruse de Mulhouse , et qui n’est autre chose que du sulfate de plomb. Cette couleur couvre fort mal et est d’un usage restreint.
Divers sels, tels que le sulfite, l’antimoniate, l’antimonite, letungstate de plomb , ont été substitués au blanc de céruse dans la peinture fine ; mais le prix élevé de ces substances s’oppose à ce que l’usage s’en répande. Elles présentent d’ailleurs les mêmes inconvénients que la céruse.
COULEURS JAUNES
Or. — L’or est une couleur fort solide , que l’on emploie surtout dans la peinture des arabesques et dans la contrefaçon des objets de luxe chinois.
Dans le commerce for se trouve sous différents états : 1° en feuilles ; 2° en poudre; 3° en coquilles.
60^ MATIÈRES COLORANTES
L’or en feuilles livré aux artistes présente des teintes diverses, suivant qu’il est plus ou moins pur. On distingue :
1° L’or jaune fin , or ordinaire.
lV> r, , ... e , , f argent 250 parties.
2 L or vert, alliage forme de ] 1
(or 750
3” L’or blanc , alliage d’or et d’argent fait en proportions variables.
/o tv ii- * i f cuivre 250 parties.
0 L or rouge, alliage forme de 1
[ or. 750
En broyant ces feuilles d’or avec du miel, on les réduit en une poudre qui possède tantôt un reflet jaune, tantôt un reflet vert. Cette poudre d’or, étant délayée dans une dissolution de gomme arabique pure et appliqué sur des coquilles, forme l’or en coquilles , dont on fait un si fréquent usage dans l’enluminure.
La quantité d’or que contient une coquille varie de 1 centigramme à 1 centigramme 1/2.
On désigne sous le nom d’or en chaux , la poudre d’or que l’on obtient en traitant par l’acide sulfurique les minerais d’argent aurifères d’Amérique.
L’or d’Allemagne , dont on se sert dans l’enluminure des estampes grossières, est un alliage de cuivre et de zinc.
Enfin, en fondant du cuivre et de l’étain dans certaines proportions, on produit un alliage de couleur jaune, qui est connu sous le nom d’or de Manheim.
Ocre jaune et ocre rouge. — L’ocre est une combinaison d’argile et d’oxyde de fer qui, selon qu’elle est hydratée ou anhydre, présente une teinte jaune ou une teinte rouge.
L’ocre jaune étant plus répandue que l’ocre rouge, et donnant naissance à cette dernière combinaison par une simple déshydratation, sera d’abord l’objet de notre étude.
La Saxe, la Hollande, la France, dans les départements de la Nièvre, du Cher, de l’Yonne, renferment de grandes quantités d’ocre jaune.
Avant de livrer l’ocre jaune au commerce, on la purifie comme la craie par un lavage, ou bien au moyen d’appareils ventilateurs semblables à ceux dont on se sert pour la fabrication du blanc de zinc.
L’abondance de l’ocre jaune dans la nature et la grande fixité des teintes de cette substance la font employer dans une foule de cas : on en consomme de grandes quantités dans la peinture à la détrempe, à la colle, à l’huile, et pour colorer les carreaux d’appartements.
COULEURS JAUNES
L’ocre jaune, soumise à la calcination, perd de l’eau et se convertit en ocre rouge.
Ce dernier composé, que l’on rencontre aussi dans la nature en Bohême et en Thuringe, doit être considéré comme une combinaison ou plutôt un mélange d’argile et de peroxyde de fer anhydre. On le désigne dans le commerce sous les noms de croie rouge , de rouge de Pi ’ usse , de rouge de Nuremberg et de terre rouge. On le vend en fragments grossiers ou en poudre fine; dans ce dernier état, sa couleur est plus claire. Parfois aussi, mais ce cas est plus rare, le commerce le livre sous la forme d’une pâte que l’on obtient en broyant l’ocre rouge avec une petite quantité de chlorure de calcium qui, en attirant l’humidité de l’air, entretient la consistance pâteuse de la masse.
Quoique l’ocre rouge existe en assez grande quantité dans la nature, on ne se sert que de celle qui provient de la calcination de l’ocre jaune.
Il existe encore cinq espèces d’ocres que l’on a nommées :
Rouge de Venise.
Rouge d’Anvers.
Ocre de rue.
Terre d1 lia lie.
Terra rosa.
Ces différents corps présentent la même composition que l’ocre ordinaire, mais ils s’en distinguent par leur teinte, qui est plus riche.
Jaune de Mars. — Le jaune de Mars est une couleur belle et solide, dont on se sert en peinture fine. Cette couleur se prépare par deux procédés différents :
1° On précipite par la potasse un mélange formé de parties égales de dissolutions d’alun et de sulfate de protoxyde de fer (M. Bourgeois).
2° On traite le sulfate de protoxyde de fer par un lait de chaux ; il se forme un précipité verdâtre qui, exposé à l’air après avoir été lavé, prend la teinte jaune désirée.
La composition du jaune de Mars est donc très variable, puisque cette dernière méthode donne un mélange de sulfate de chaux et de sulfate de sesqui-oxyde de fer.
Par une calcination ménagée et opérée dans des conditions différentes, on transforme le jaune de Mars en violet , en rouge , en brun et en orangé de Mars ou de fer dont on se sert dans la peinture fine.
Orpiment (trisulfure d’arsenic). — Ce corps est employé dans la pein-
606 MATIÈRES COLORANTES
tare à l’huile. Il forme une couleur cVun beau jaune, mais peu solide, vénéneuse, et qui altère la plupart des couleurs avec lesquelles on la mélange.
Quoique l’orpiment se rencontre dans la nature, on ne se sert dans les arts que de celui qui a été obtenu artificiellement en chauffant un mélange de soufre en fleur et d’acide arsénieux. L’Allemagne , où cette fabrication s’opère en grand, n’exporte pas moins de 300,000 kilogrammes d’orpiment par année.
On s’est servi, dans ces derniers temps, de dissolutions ammoniacales d’orpiment pour peindre sur le marbre.
Laque minérale. — Cette substance, qui est d’un fort beau violet, résiste à l’action de l’air et de l’hydrogène sulfuré. Elle forme la base du pinkcolour dont on se sert pour colorer la faïence. On peut l’employer dans la peinture à l’huile et à la colle.
La laque minérale se prépare en calcinant pendant quelque temps au rouge sombre un mélange formé de 100 parties d’acide stannique et de 2 parties d’oxyde de chrome. La masse refroidie présente l’aspect d’un verre brillant qui, pulvérisé, possède une teinte violette magnifique (M. Malaguti).
On peut encore obtenir la laque minérale en opérant de la manière suivante : On verse du bicblorure d’étain dans une dissolution de bichromate de potasse. Il se produit un précipité qu’on jette sur un filtre après l’avoir lavé par décantation. Ce précipité, encore humide, est trituré avec la moitié de son volume d'azotate de potasse, et soumis à une dessiccation lente. Lorsque le mélange est devenu assez consistant pour pouvoir subir la pulvérisation, on le réduit en poudre fine et on l’introduit, par petites quantités à la fois, dans du nitre en fusion. 11 s’établit d’abord une réaction assez vive, qui s’affaiblit ensuite peu à peu, et finit par cesser complètement. On retire alors le creuset du feu et on l’abandonne au repos, afin que la laque minérale qui s’est formée puisse se déposer au fond. On décante le nitre fondu qui surnage et l’on enlève à l’aide de l’eau chaude la laque restée adhérente aux parois du creuset. Cette laque, ainsi préparée, est d’un jaune pâle. Pour lui donner une teinte violette, il suffit de la laver parfaitement avec de l'eau et de la calciner pendant une ou deux heures dans un fourneau à réverbère»
En employant cette dernière méthode, on évite la production d’une substance particulière, qui se forme parfois lorsqu’on calcine l’acide stannique avec l’oNyde d’étain, et qui communique à la laque un reflet grisâtre. (M. Lüdersdorff.)
Jaune minéral (oxychlorure de plomb). — Le jaune minéral, connu sous les noms de jaune de Paris, jaune de Turner, jaune de Cassel, jaune de Vérone , est une couleur très fixe, qui noircit à peine sous l’influence de
COULEURS JAUNES
l’hydrogène sulfuré, et que l’on emploie dans la peinture des décors et des équipages.
La nature fournit plusieurs variétés d’oxychlorure de plomb telles que la mendipite , la berzelite , la kérazine ; mais on ne se sert dans les arts que de celui qui a été obtenu d’une manière artificielle. (Voyez tome III, page \ïl\.)
On a reconnu que la teinte de l’oxychlorure de plomb, qui varie du jaune pâle au jaune brun, est d’autant moins foncée que le chlorure alcalin mélangé à l’oxyde de plomb était en plus grande quantité. Toutefois les proportions qui doivent fournir la teinte la plus riche sont encore inconnues.
Jaune d’antimoine. — Ce jaune, dont la teinte est très belle et fort solide, s’emploie dans la peinture fine. Pour l’obtenir, on maintient en fusion, tout le temps qu’il se dégage des vapeurs rutilantes, un mélange formé de 30 parties de bismuth, 2â0 parties de sulfure d’antimoine et 6â0 parties d’azotate de potasse, puis on le fait tomber dans de l’eau froide et on le lave longtemps par décantation.
L’antimoine et le bismuth se sont oxydés, et ont formé de l’antimoniate de bismuth, qui reste dans l’eau, à l’état pulvérulent.
On broie alors 1 partie de cet antimoniate de bismuth avec 8 parties de sel ammoniac et 128 parties de litharge ; et, après avoir fondu ce mélange dans un creuset, on le coule sur une plaque de fer chaud où il se prend en masse.
Il est facile de comprendre la réaction qui s’est opérée dans ce dernier traitement : au contact de la litharge, l’antimoniate de bismuth s’est converti en antimoniate de plomb, tandis que l’oxyde de bismuth et l’excès de litharge employés ont été transformés en oxychlorures par le sel ammoniac. (M. Mérimée.)
Le jaune d’antimoine est donc un mélange d’antimoniate de plomb avec de l’oxychlorure de plomb et de bismuth
Jaune de Naples. — Le jaune de Naples est une couleur fort solide et qui couvre assez bien. Plusieurs procédés ont été proposés pour l’obtenir; mais nous nous bornerons à indiquer la méthode suivante, qui donne le produit le plus beau :
On chauffe doucement dans un creuset un mélange formé de 1 partie d’émétique pur, 2 parties d’azotate de potasse pur et U parties de chlorure de sodium. Lorsque la fusion est complète, on laisse refroidir le creuset, et, après l’avoir renversé, on en détache en le frappant légèrement la masse qu’il renferme. Cette masse, qui se compose alors de chlorure de sodium et de jaune de Naples, est épuisée par l’eau ; on la fait ensuite sécher doucement à l’air.
Le chlorure de sodium ne sert dans cette opération qu’à préserver le sel d’antimoine de la réduction. (M. Brunner.)
MATIÈRES COLORANTES
Jaune de chrome (chromate de plomb). — Le jaune de chrome est une couleur très belle, qui couvre fort bien. On s’en sert surtout pour peindre les équipages.
La teinte du jaune de chrome varie avec la méthode qui a été employée pour obtenir cette couleur.
Si l’on précipite à chaud le chromate de potasse par l’acétate de plomb, il se produit un chromate de plomb d’une teinte vive et fort riche.
En faisant digérer du sulfate de plomb nouvellement précipité et encore humide avec une dissolution de chromate de potasse, on donne naissance à un chromate de plomb d’un jaune éclatant. Ce sel contient ordinairement une petite quantité de sulfate de plomb qui augmente sa densité. 11 couvre bien, et peut être livré à bas prix au commerce. (M. Liebig.)
Les deux jaunes de chrome dont nous venons de parler sont neutres et de couleur citrine. On trouve aussi dans le commerce des jaunes de chrome basiques d’une teinte orange. Ces derniers sels s’obtiennent :
1° En attaquant à l’ébullition le chromate de potasse pirr la céruse. Il se produit du carbonate de potasse et un chromate basique de plomb qui, après avoir été lavé et calciné au rouge, présente une teinte écarlate.
2° En attaquant au rouge le chromate de plomb par l’azotate de potasse. Il se forme du chromate de potasse et du chromate de plomb basique d’un beau rouge de cinabre. (MM. Liebig et Wœhler.)
3° En faisant digérer à froid du carbonate de plomb nouvellement précipité et encore humide avec une solution de chromate de potasse. Le jaune de chrome préparé par cette méthode est d'une teinte jonquille. (M. Winterfeld.)
k° En traitant à l’ébullition le chromate de plomb par un lait de chaux. Ce dernier procédé est fort économique; il donne une couleur de bonne qualité.
Le produit désigné sous le nom de jaune de Cologne est un mélange de 25 parties de chromate de plomb , de 60 parties de sulfate de chaux et de 15 parties de sulfate de plomb. (M. Boutron.)
On se sert aussi en peinture du jaune indien, de la résine de gonnnegutte et de la matière colorante du curcuma. Ces trois substances sont peu employées. Disons , en terminant l’étude des principales couleurs jaunes, que dans ces dernières années on a proposé de remplacer le
COULEURS ROUGES
chromate de plomb par le chromate de zinc. Ce sel présente une teinte très belle et qui est inaltérable à l’air. Il ne noircit pas sous l’influence de l’hydrogène sulfuré ; il couvre parfaitement bien et se mélange facilement avec toutes les couleurs. (MM. Barruel et Leclaire.)
COULEURS ROUGES
Massicot , minium , litharge. — Ces trois corps forment des couleurs solides , inoffensives , et dont on se sert fréquemment en peinture.
Colcothar , rouge d‘ Angleterre ( sesqui-oxyde de fer). — Le colcotliar est inaltérable à l’air et peut se mélanger avec toutes les couleurs sans les décomposer. On l’obtient en calcinant le sulfate de protoxyde de fer ou bien en précipitant ce sel par le carbonate de soude et en chauffant au rouge le précipité qui s’est formé.
Rouge brun. — Le rouge brun est un mélange de minium et d’oxyde de fer assez employé dans la peinture à l’huile. On le prépare en fondant ensemble dans un creuset 1 partie d’oxyde de fer et 10 parties de minium.
Réalgar (bisulfure d’arsenic). — Les terrains primordiaux renferment une assez grande quantité de réalgar ; mais on ne se sert en peinture que de celui qui a été obtenu en calcinant un mélange intime de 8 parties d’acide arsénieux et de h parties de fleurs de soufre.
Ce réalgar artificiel est d'un rouge foncé. Il couvre bien ; mais sa faible solidité et ses propriétés vénéneuses en bornent l’emploi à un petit nombre de cas.
Carmin de cochenille. — On prépare pour la peinture une riche couleur rouge désignée sous le nom de carmin. Nous donnons ici les différents procédés de préparation de cette couleur.
1° On fait bouillir pendant vingt minutes dans une chaudière qui ne reçoit la chaleur que dans la partie inférieure :
Cochenille 500 grammes.
Soude d’Alicante ... 7,6
Eau 18 litres.
Dans le vase retiré du feu, on ajoute :
Alun pur 2à grammes.
Crème de tartre. ... h
Le mélange, bien agité, passe successivement de la teinte violacée à la teinte rosée et rouge vif : on y voit déjà en suspension quelques flocons de carmin. La liqueur est décantée à plusieurs reprises, jusqu’à ce qu'elle ne laisse plus déposer aucune portion de cochenille. On y ajoute
MATIÈRES COLORANTES
alors deux blancs d’œufs bien battus, on agite convenablement, et si le carmin ne nage pas en llocons dans la liqueur, on la chauffe jusqu’à ce qu’il se produise à sa surface ; on laisse reposer ; la matière, décantée avec soin, est lavée, jetée sur une toile, et séchée ensuite à 30° dans une étuve.
2° Dans la préparation que nous venons de décrire, on ne retire ordinairement que 2à grammes de carmin ; mais on en obtient encore 12 grammes environ, si dans la liqueur décantée et portée à l’ébullition, ou projette deux blancs d’œufs battus. Ce carmin est presque aussi beau que le premier; mais comme il est grenu, il se délaie mal et convient peu pour la peinture.
3° Carmin à la colle. — On fait bouillir pendant quelques minutes dans àO litres d’eau :
Cochenille .......... 500 grammes.
Sous-carbonate de potasse. . IZi
Le vase étant retiré du feu, on y projette 32 grammes d’alun en poudre , et , après avoir agité et laissé reposer, on décante soigneusement ; la liqueur est remise sur le feu et additionnée de là grammes de colle de. poisson dissoute dans une suffisante quantité d’eau et passée au tamis de soie. Lorsque le carmin apparaît à la surface du bain, le vase est retiré du feu, et après avoir agité de nouveau pendant un quart d’heure, on laisse déposer ; ensuite le liquide est décanté et la matière est mise à sécher après un dernier lavage.
Le carmin qui a subi une ébullition est moins vif que celui qui a été préparé à une température peu élevée. L’ébullition n’a pour but que de favoriser la combinaison du carmin avec la colle ou l’albumine et d’en déterminer le dépôt ; pour obvier aux inconvénients de cette ébullition, on peut verser dans la liqueur, qui a déjà reçu la colle de poisson, une dissolution étendue de chlorure d’étain. Cette addition doit être faite avec beaucoup de précaution, à plusieurs reprises et jusqu’à ce que le carmin se sépare ; un excès de chlorure communiquerait au produit une couleur brune. Le carmin préparé à la colle est aussi beau et plus léger que celui qu’on prépare au blanc d’œuf.
On utilise le résidu de la cochenille dont on a retiré le carmin pour la préparation des laques carminées. Dans une décoction de ce résidu , on Verse une dissolution d’alun et quelques gouttes de chlorure d’étain ; puis on ajoute dans la liqueur filtrée une dissolution de carbonate de soude, qui précipite l’alumine. La décoction, abandonnée à elle-même pendant un certain temps, entre en fermentation et produit alors une belle matière colorante écarlate dont s’empare facilement l’alumine en gelée.
On mêle quelquefois de l’extrait de bois de Brésil à la cochenille : cette falsification se reconnaît en traitant la cochenille par l’eau et soumettant
COULEURS ROUGES. 611
ensuite cette eau à l’action du bichromate de potasse; la liqueur légèrement chauffée prend une teinte brun foncé.
Cinabre , vermillon (sulfure de mercure). — ■ Le cinabre, dont on fait grand usage dans la peinture à l’eau et à l’huile, est dépourvu de solidité. On le prépare par voie sèche et par voie humide : dans ce dernier cas on lui donne le nom de vermillon.
Nous avons fait connaître (tome 11!, page 288) les différentes méthodes que l’on a proposées pour obtenir de beau sulfure de mercure.
Laque de garance. — La laque de garance est une couleur inoffensive et très solide. On s’en sert dans la peinture à l’eau et dans la peinture à l’huile.
Telle qu’on la rencontre dans le commerce, la garance est tantôt d’un rouge sombre, tantôt d’un rouge clair légèrement jaunâtre. On lui donne dans le premier cas le nom de garance palus , dans le second cas le nom de garance rosée. Cette différence de teinte est produite par la nature du terrain dans lequel la plante a pris son accroissement. La garance palus croît surtout dans les anciens marécages desséchés. La plante trouve, dans les abondants détritus végétaux et animaux que le sol renferme , des carbonates alcalins qui servent à la production de la substance colorante. On récolte la garance rosée dans les terrains légers (pii ne renferment qu’une petite quantité d’humus.
Les marques suivantes , adoptées par les fabricants , indiquent la nature et la richesse des différentes espèces de garances d’Avignon :
O, ou mulle , c’est-à-dire de mauvaise qualité.
P, ou palus.
PP, ou palus pur.
Il , ou rosée.
PU, ou mi-palus , mi-rosée.
La laque de garance s’obtient par plusieurs procédés :
1° On fait macérer à deux ou trois reprises 2 kilos de racine de garance dans de l’eau froide, afin d’enlever une matière colorante d’un jaune fauve qui altérerait la teinte de la laque. La racine, ainsi purifiée, est traitée à une douce chaleur par une dissolution de 1 kilogramme d’alun dans 12 kilogrammes d’eau. Au bout de deux ou trois heures, on filtre la liqueur et l’on y ajoute peu à peu une dissolution de carbonate de soude pur, jusqu’à ce qu’il ne se précipite plus de laque (Robiquet et Colin).
2° On traite pendant un quart d’heure environ des parties égales d’alun et de garance par 10 parties d’eau bouillante. En ültrant alors la liqueur, la neutralisant par une dissolution de carbonate de soude , et la portant à l’ébullition , on produit du sulfate d’alumine tribasique qui se précipite, entraînant avec lui la matière colorante. La laque, ainsi préparée, doit subir un lavage prolongé avant d’être livrée au commerce (M. Versez).
MATIÈRES COLORANTES
Ce dernier mode de préparation permet d’utiliser la garance qui a déjà servi à la teinture.
On se sert aussi dans la peinture de quelques couleurs rouges dont voici la liste :
Scarlet ( bi-iodure de mercure) . . . .
Pourpre de Cassius
Carmin de garance ,
Laque de Fernambouc
Violet végétal,
/ Couleur rouge très belle, dont on se
!sert en miniature, et qui se précipite lorsqu'on mélange deux dissolutions , l’une d’iodure de potassium , l’autre de biclilorure de mcr- \ cure.
Dont on fait usage en miniature.
i Produit en faisant réagir l’acide sulfu- \ riquc concentré sur la garance d’Avi- \ gnon : on l’emploie dans 4a miniature.
f Couleur facilement altérable , employée { pour peindre les décors, et qu’on prépare en traitant le bois de Fernambouc I par une dissolution bouillante d’alun additionnée de craie et d’amidon.
( Couleur obtenue en faisant agir les sels ( de plomb sur l’hématoxyline.
Chaux métallique (arséniate de prot- \ oxyde de cobalt )
Couleur dont on fait usage dans la peinture à l’huile et qu’on obtient en grillant à l’air l’arséniure de cobalt.
Bol d’Arménie.
Couleur assez belle, présentant, par sa composition et ses propriétés, la plus grande analogie avec l’ocre rouge.
COULEURS BRUNES
Brun Van-Dyck. — Le brun Yan-Dyck est une couleur solide dont on se sert dans la peinture à l’eau et à l’huile. On le produit en calcinant à plusieurs reprises l’ocre jaune ou le colcotliar.
COULEURS BRUNES. 613
Terre d’ombre. — Cette substance, qu’on trouve dans 1 île de Chypre, est employée comme couleur d’application ; elle présente la composition suivante :
Oxyde de fer hydraté /18
Oxyde de fer manganèse 20
Silice 13
Alumine 3
Eau lit
(Klaproth.)
Terre de Cologne. — Ce corps est une couleur solide fort employée dans la peinture à l’huile. On le rencontre dans les terrains sédimentaires à Brühl et à Liblar, près de Cologne.
Bistre. — Le bistre, dont on se sert en peinture pour obtenir les tons plats, est le résidu du traitement par l’eau de la suie de bois.
Terre de Sienne. — Ce corps se rencontre dans les environs de Sienne. On s’en sert pour obtenir la nuance acajou dans la peinture en batiments. Le commerce la livre à l’état naturel et brûlée ou calcinée. Dans ce dernier état, elle présente une teinte rougeâtre particulière qui est très recherchée.
Sépia. — La sépia est une couleur inoffensive qui fournit des teintes très belles et très fixes. On l’emploie surtout dans la peinture à l’eau. Elle se rencontre, sous l’aspect d’une liqueur noirâtre, dans la vessie de la sèche, céphalopode assez répandu dans la Méditerranée. Ces vessies , séparées de l’animal et séchées au soleil, sont unies les unes aux autres en forme de chapelet et livrées au commerce.
Pour obtenir la sépia à l’état de poudre impalpable, il faut l’extraire de la vessie qui la renferme, la triturer avec une dissolution concentrée de carbonate de potasse, faire bouillir ce mélange pendant vingt minutes, et, après avoir filtré la liqueur, la neutraliser par un acide; la matière colorante qui se précipite est lavée avec soin et séchée à une douce chaleur.
11 existe encore plusieurs couleurs brunes moins importantes et dont voici les noms :
Brun de manganèse , obtenu avec le bi-oxyde de manganèse.
Brun doré de plomb, obtenu avec le bi-oxyde de plomb.
Brun de Prusse , obtenu avec le bleu de Prusse.
Bitume.
Ulminc, obtenue avec le sucre et les acides.
Brun de chicorée , obtenu avec la racine de chicorée.
MATIÈRES COLORANTES