IODOFORME. C2HI
L’iodoforme a été obtenu par Serullas en faisant agir du potassium ou de la potasse sur une dissolution alcoolique d’iode.
L’iodoforme est solide, jaune ; insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool ; il se volatilise à 100° et se décompose vers 120°. Il se convertit en formiate sous l’influence d’un excès de potasse. Le chlore le convertit en chloroforme.
L’iodoforme, distillé avec du perchlorure de phosphore, donne un composé représenté par la formule C2HIC12 (M. Bouchardat).
Chauffé avec 3 parties de bisulfure de mercure, l’iodoforme donne naissance à un corps qui a pour formule C2HS3 (M. Bouchardat).
Soumis à l’action d’un courant de cyanogène, l’iodoforme produit un nouveau corps C6HI3Az2.
ALCOOL AMYLIQUE.
On trouve dans l’eau-de-vie de marc, ou dans les résidus des distilleries d’eau-de-vie de fécule, un liquide connu sous le nom d huile de pomme de terre , et qui présente toutes les propriétés chimiques d’un alcool. La véritable nature de l’huile de pomme de terre a été constatée par M. Caliours, qui a donné à ce composé le nom d 'alcool amy tique.
Dans ces derniers temps, M. Balard a complété la série des composés amvliques en découvrant un grand nombre d’éthers nouveaux. On peut dire aujourd’hui que la série amylique est presque aussi complète que celle de l’alcool ou de l’esprit de bois. Nous donnons , dans le tableau suivant , les formules des principaux composés amvliques qui ont été obtenus à l’état de pureté :
ALCOOL AMYLIQUE.
Volumes de vapeur.
Huile de pomme de terre, alcool amylique. . C10H12O2. lx
Aldéhyde amylique C,0H10O2. lx
Acide amylique ou valérianique C10HL)O3,HO. lx
Amylène C10H10. h
Paramylène. C2,H20.
Métamylène C40H40. lx
Éther amylique G10H 1 *0. 2
Chlorhydrate amylique C,0H11C1. lx
Bromhydrate amylique C10H11Br. lx
ïodhydrate amylique C10!!11!. h
Cyanhydrate amylique C^H^Cy. lx
Sulfhydrate amylique C10HnS. 2
Éther amylacétique G10ll11O,C4H3O3. lx
Éther amyloxalique C,0H1IO,G2O3. 2
Éther amylazotique G^H^CbAzO5.
Éther amylazoteux Gl0lluO,AzO3.
. f C10HuO,BOG.
Éthers amyloboriques [ (GioiI110)3,B03.
Éther amylosilicique (C10HnO)3,SiO3.
Éther amyloxamique G10H1IO,G4O5AzIl2.
Éther amylo valérianique C10H,,O,G10H9O3.
Éther benzamyiique C,0IluO,C14ll5O3.
Mercaptan amylique C^lPfSjHS.
Amyloxanthate de potasse KO,GI0HnO,(CS2)2.
Oxalamylate de chaux , . . . CaOjG^lP^^G^3)2.
Sulfamylate de potasse KChC^H^O^SO3)2.
Éther amylophosphoreux (C10!!1^)2, PhilO4.
Acide amylophosphoreux G10H11O,PhHO4,HO.
Après avoir constaté l’analogie (jui existe entre les composés alcooliques : amyliques, nous nous contenterons d’examiner les principales combiaisons amyliques.
ALCOOL AMYLIOUE. C10H12O2.
Propriétés.
L’huile essentielle de pomme de terre, ou alcool amylique , est liquide, icolore, très fluide ; son odeur est nauséabonde et caractéristique, sa iveur âcre. Ce corps est inflammable et bout à 132». Sa densité est çale à 0,812 ; sa densité de vapeur est égale à 3,lâ7. Sa formule corîspond à l\ volumes.
L’alcool amylique se solidifie à — 20°. Il tache le papier ; il est peu soluble dans l’eau, très soluble dans l’alcool et l’éther.
Si l'on appelle amylcne un hydrogène carboné qui a pour formule C10H10, ou amyle un radical représenté par C10HU, l’huile de pomme de terre peut être considérée comme un bihydrate d’amylène C10H10,H202, ou comme un hydrate d’oxyde d’amyle Cl0H11O,HG.
L’alcool amylique dissout le soufre, le phosphore et l’iode. Sous les influences oxydantes , l’alcool amylique se transforme en acide valérianique :
C10Hl2O2 + O4 = C10H9O3,HO + 2 HO.
Cette transformation s’opère : 1° par l’action prolongée de l’air atmosphérique; 2° par l’action de l’oxygène et du noir de platine; 3° sous l’influence des acides azotique et chlorique, de l’hydrate de potasse, etc.
Le bichlorure d’étain se combine avec l’alcool amylique et forme un composé cristallin qui se détruit sous l’influence de l’eau.
Le chlore agit vivement sur l’alcool amylique et donne naissance à un corps chloré C'2°H17C1304, nommé chloramylal (M. Cahours).
Le protochlorure de phosphore s’échauffe beaucoup au contact de l’alcool amylique, et produit du phosphite d’amylène.
Le potassium réagit sur l’alcool amylique et donne un composé ( amylate de potasse , alcool amylique potassé ) dont la formule est KO,C10H“O.
Préparation.
On obtient l’alcool amylique en distillant les eaux-de-vie de marc ou de fécule. 11 passe dans le récipient une eau opaline qui abandonne, par le repos, une couche huileuse d’alcool amylique impur.
Pour purifier cet alcool, il faut le soumettre à une nouvelle distillation, mettre à part les produits qui se volatilisent entre 128° et 135°, et les distiller une dernière fois en recueillant seulement les parties dont le point d’ébullition est à 132°.
AMYLÈNE. CI0H10. — PARAMYLÈNE. C20B20. — MÉTAIUYLÈNE. C40H40.
Tous les corps qui sont avides d’eau, comme l’acide sulfurique, l’acide pliosphorique anhydre, le chlorure de zinc, peuvent agir sur l’alcool amylique, lui enlever 2 équivalents d’eau et donner naissance à des carbures d’hydrogène liquides. De tous ces réactifs, celui qui produit les dédoublements les plus nets est le chlorure de zinc. Lorsqu’on distille de l’alcool amylique sur du chlorure de zinc, on obtient trois carbures d’hydrogène qui sont isomériques. Ces carbures présentent des points d’ébullition très différents; il est donc facile d’opérer leur séparation.
AMTLE .
Le premier, Y amylène C1ÜH1(>, bout à 39°; il est liquide et incolore. Sa densité de vapeur est 2,45 et correspond à 4 volumes.
Le brome attaque l’amylène et produit les composés dont voici les formules :
Bromure d’amylène C10H10Br2.
Amylène bromé C10H9Br.
Bromure d’amylène bromé G10H9Br,Br2.
Amylène bibromé C10H8Br2. (M. Gahours.)
Le second, \e paramylène C20H'20, bout à 160° ; il est huileux; son odeur rappelle celle de l’essence de térébenthine. Sa densité de vapeur est 4,9 et correspond à 4 volumes.
Le troisième, le mëtamylène C40H40, bout à 300°. Sa densité de vapeur se rapproche du nombre 9,8. Son odeur est aromatique et agréable.
(M. Balard.)
ÉTHER AMYLIQUE. C10!]11©.
L’éther amylique est liquide, son odeur est suave; il bout vers 112°. On le prépare en introduisant du chlorhydrate d’amylène C10HnCl et une dissolution concentrée de potasse dans un tube de verre qu’on expose à la température de 100° après l’avoir fermé à la lampe : il se forme du chlorure de potassium et de l’éther amylique qui surnage. ( M. Balard.)
Le même éther se produit aussi lorsqu’on distille l’alcool amylique avec de l’acide sulfurique. (M. Gaultier de Claubry.)