‹ Traité de chimie générale [electronic resource] (volume 4)Chapitre 61 sur 300 · BROM HYDRATE DE CAPRYLÈNE · texte numérisé non relu

BROM HYDRATE DE CAPRYLÈNE

Pour obtenir cet éther, on dissout 5 parties de brome dans 8 parties d’alcool caprylique. Le produit est traité par le phosphore jusqu’à ce qu’il soit complètement décoloré. On le soumet ensuite à la distillation.

Le bromhydrate de caprylène ainsi préparé se présente sous l’aspect d’un liquide incolore, ne mouillant pas le verre, et beaucoup plus dense que l’eau. Lorsqu’on le traite par la potasse, il se décompose en alcool caprylique et en bromure de potassium. (M. Moschnin.)

IODHYDRATE DE CAPRYLÈ1VE. C16Hl7t.

ZlO,02

Cet éther est liquide; il bout à 192°. (Wiils.) On l’obtient en faisant réagir simultanément de l’iode et du phosphore sur l’alcool caprylique.

L’iodhydrate de caprylène, chauffé dans un tube scellé à la lampe, en présence d’une dissolution alcoolique de gaz ammoniac, se transforme en iodhydrate de copryliaque (SI. Caliours). (M. Bouts.)

ACÉTATE DE CAPRYLÈNE. C20H2uO4 — CI6H 170,C4fl303.

L’acétate de caprylène est liquide, incolore, d’une odeur agréable, insoluble dans l’eau. Il bout à 190°.

On l’obtient en faisant réagir l’acide sulfurique sur un mélange d’acétate de soude et d’alcool caprylique. (M. Bouts.)

ESSENCES

GÉNJÉRAIiITÉS SUR LES ESSENCES,

On donne ie nom d’essences ou d ’ huiles essentielles à des produits huileux et volatils que l’on trouve dans les végétaux aromatiques.

Les essences existent souvent toutes formées dans les végétaux. Personne n’ignore, en effet, qu’un zeste de citron ou d’orange donne immédiatement, par la compression, une huile volatile et très inflammable; mais, dans des cas moins fréquents, les essences ne préexistent pas dans les plantes, elles ne se forment qu’au moment où celles-ci viennent à être mises en contact avec l’eau : telles sont les essences d’amande et de moutarde.

On peut aussi produire artificiellement des essences au moyen de réactifs. Ainsi la salicine, traitée par du bichromate de potasse et de l’acide sulfurique, donne une huile essentielle identique avec l’essence des fleurs de reine-des-prés (M. Piria).

L’essence de Gaultheria procumbens a été reproduite en traitant par l’acide sulfurique un mélange d’acide salicylique et d’esprit de bois (M. Cahours).

Les essences peuvent s’extraire par différents moyens. On les obtient ordinairement par distillation : on introduit dans un alambic la plante odorante (pie l’on recouvre d’une certaine quantité d’eau. Cette addition d’eau remplit le double but d’empêcher que le végétal 11e se carbonise dans l’alambic, et de faciliter la distillation de l’essence qu’entraîne avec elle la vapeur d’eau.

Certaines essences, qui s’altèrent sous l'influence de la chaleur, peuvent être obtenues plus facilement en faisant passer dans l’alambic un courant d’hydrogène ou d’acide carbonique qui entraîne l’essence.

Lorsqu’une essence ne bout qu’à une température élevée, il est souvent utile de retarder le point d’ébullition de l’eau. On ajoute alors du sel marin dans l’alambic; en continuant la distillation jusqu’à ce que l’eau n’ait plus d’odeur, on obtient une essence qui est plus lourde ou plus légère que l’eau; souvent l’essence reste en dissolution dans l’eau et forme des eaux distillées aromatiques. On recueille généralement les essences dans un récipient particulier, récipient florentin (PI. XL11), qui conserve l’essence en laissant écouler l’eau distillée.

Quand on veut déterminer la séparation de l’essence qui est en dissolution dans l’eau , on sature l’eau de sel marin : l’essence vient nager à la surface et forme une couche huileuse; on peut également enlever l’es-

ESSENCES

sence contenue dans l’eau en agitant ce liquide avec de l’éther, que l’on distille ensuite pour obtenir l’essence.

Lorsqu'une essence s’altère facilement, on peut employer pour l’extraire des dissolvants qui sont ordinairement l’éther ou les huiles grasses : c’est ainsi que s’obtiennent les principes odorants des fleurs de tilleul, de jasmin, etc.

Quand les végétaux contiennent une grande quantité d’essence, on la retire au moyen de la compression.

Les essences qui ont été obtenues par les procédés que nous venons d’indiquer ne sont jamais pures : elles tiennent souvent en dissolution des corps solides qui ont reçu le nom de stéaroptènes. Certaines essences, comme les essences de lavande ou de valériane, sont saturées de camphre. Quelques-unes ne sont que des mélanges d’un acide huileux et d’une essence indifférente, ou même d’un carbure d’hydrogène et d’une essence oxygénée. D’autres enfin contiennent de l’ammoniaque ou de l’acide cyanhydrique. On doit donc, avant de les examiner, les soumettre à des purifications qui varient avec leur nature.

Les essences sont rarement incolores, elles sont le plus souvent jaunes; leur coloration augmente lorsqu’elles sont exposées à l’air.

Leur point d’ébullition varie de 1^0° à 200°. Quoique volatiles, elles se décomposent souvent par l’ébullition. Leur densité est variable; on les distingue ordinairement en essences plus lourdes et en essences plus légères que l’eau. Les essences les plus denses sont en général les plus volatiles. Une essence jetée sur une feuille de papier blanc y produit une tache semblable à celle qu’y formerait un corps gras ; mais quand on chauffe la feuille de papier, la tache produite par l’essence disparaît, tandis que celle qui a été faite par une huile grasse persiste. L’eau dissout quelquefois les essences en assez fortes proportions, et forme des eaux aromatiques qui portent en pharmacie le nom d 'eaux distillées. Les essences sont en général solubles dans l’alcool, l’éther et les huiles grasses.

Les essences volatiles absorbent l’oxygène lentement et se transforment en résines ou en acides ; quelques-unes donnent naissance à de l’acide acétique. Dans ce cas, l’oxygène ne s’ajoute pas seulement à la molécule de l’huile essentielle, mais détermine souvent la combustion d’une partie de ses éléments pour former de l’eau et de l’acide carbonique.

L’essence d’anis absorbe en deux ans 150 fois son volume d’oxygène et produit 56 volumes d’acide carbonique (Th. de Saussure). Des résultats semblables ont été obtenus pour d’autres essences, telles que les essences de lavande et de citron.

Les essences peuvent dissoudre du soufre et du phosphore, et abandonnent ces corps, sous forme de cristaux, lorsqu’on les évapore. Le

GÉNÉRALITÉS SUR LES ESSENCES

chlore, le brome et l’iode réagissent sur les essences et forment des corps chlorés, bromés et iodés qui dérivent en général des essences par substitution ; il se produit en même temps dans ces réactions des acides chlorhydrique, bromhydrique et iodhydrique.

L’acide azotique exerce souvent sur les essences une action des plus vives, et détermine quelquefois leur inflammation. Il agit aussi sur les essences comme l’oxygène, et forme des résines ou des acides organiques.

L’acide chlorhydrique est souvent absorbé par les essences et produit des chlorhydrates cristallins et parfaitement définis.

Une dissolution froide et étendue de potasse n’exerce ordinairement aucune action sur les essences ; mais lorsqu’on fait passer les essences sur la potasse hydratée, il se dégage souvent de l’hydrogène, l’essence s’oxyde et se transforme en acide organique, qui reste uni à la potasse.

Quelques essences peuvent absorber de l’ammoniaque, et former avec cette base des composés définis.

Les essences sont employées en médecine; elles servent comme aromates ; on les fait aussi entrer dans la composition de certains vernis pour dissoudre les résines ; on les emploie pour enlever les taches.

On peut diviser les essences en trois grandes classes :

ln Les essences de la première classe, qui sont formées de carbone et d’hydrogène ;

2° Celles de la seconde classe, qui contiennent de l’oxygène;

3° Les essences de la troisième classe, qui sont caractérisées par la présence du soufre.

Les essences de la première classe sont plus légères que l’eau ; celle des deux autres classes sont ordinairement plus lourdes.

La classe des essences oxygénées comporte elle-même plusieurs subdivisions. On trouve en effet dans cette classe : 1° Des essences qui présentent les caractères des alcools; 2" des essences qui peuvent être assimilées aux aldéhydes ou à des hydrures; 3° des essences solides, qui se rapprochent du camphre par leurs propriétés; 5° des essences acides ; 5° des essences indifférentes ; 6° de véritables éthers.

Le tableau suivant renferme les noms et les formules des principales essences qui sont groupées d’après les divisions (tue nous avons indiquées :

ESSENCES

ESSENCE DE TÉRÉBENTHINE

ESSENCE DE TÉRÉBENTHINE. C2otl16.

Propriétés.

L’essence de térébenthine, employée généralement dans le commerce, est incolore, très fluide, d’une odeur forte et balsamique, d’une saveur acre et brûlante. Sa densité est égale à 0,86. Elle bout à 156°, prend feu au contact des corps en ignition et brûle avec une flamme fuligineuse. La densité de sa vapeur est 5,765; sa formule représente 5 volumes de vapeur. Elle est insoluble dans l’eau, très soluble dans l’alcool, dans l’éther, et agit sur le plan de polarisation des rayons lumineux.

Le pouvoir rotatoire de l’essence de térébenthine varie avec la nature de l’arbre dont elle provient. L’essence française, que l’on retire du Pinus maritima , étant formée en grande partie de carbures lévogyres, dévie à gauche les rayons de lumière polarisée. L’essence anglaise, qui est extraite du Pinus australis , les dévie à droite.

Les propriétés physiques de l’essence du commerce sont ordinairement modifiées :

1° Par l’action des matières avec lesquelles cette essence est mélangée dans la térébenthine ;

2° Par l’action de la chaleur à laquelle on soumet ce suc résineux ;

3° Par l’action de l’oxygène, qui transforme l’essence de térébenthine en une substance résinoïde analogue à la colophane, et qui produit, en outre, une certaine quantité d’acide formique.

Pour se procurer de l’essence non modifiée, il faut distiller la térébenthine dans le vide, après avoir saturé les acides qu’elle contient. L’essence française, ainsi obtenue, est un carbure unique, dont la densité est 0,865 à 15°, qui bout entre 159° et 163° et dévie à gauche, comme l’essence modifiée, le plan de polarisation des rayons lumineux. L’essence anglaise, préparée par la même méthode, opère toujours la déviation à droite (M. Berthelot).

Le chlore convertit l’essence de térébenthine en un corps visqueux, dont la densité est égale à 1,36, et qui a pour formule C20H12C14. Ce corps dévie à droite la lumière polarisée. Le brome produit un composé semblable au précédent (M. Deville).

L’hypochlorite de chaux transforme l’essence de térébenthine en chloroforme (M. Chautard).

ESSENCES

L’iode réagit à chaud sur l’essence de térébenthine et donne un liquide visqueux de couleur noire, qui est décomposé par la potasse.

L’essence de térébenthine s’enflamme au contact d’un mélange d’acide sulfurique et d’acide azotique.

L’ackle azoteux change l’essence de térébenthine en une substance noire résinoïde. 11 se produit en outre, dans cette réaction, un liquide particulier , de couleur rouge , dont l’odeur rappelle celle de l’essenee d’amande amère et celle de l’essence de térébenthine.

Lorsqu’on traite, à une température élevée, l’essence de térébenthine par l’acide carbonique, il se forme un corps huileux qui a pour composition C20H14 (M. Deville).

L’essence de térébenthine, chauffée doucement en présence de l’oxyde de plomb, donne de l’acide formique et un produit nouveau C,8Hl4Oio qui a été nommé acide térétinique (MM. Weppen et Kolbe).

L’acide térétinique est blanc, cristallin, soluble dans l’alcool et insoluble dans l’eau. -

La dissolution alcoolique d’acide térétinique précipite la plupart des sels métalliques.

Le soufre, le phosphore, le caoutchouc, se dissolvent facilement dans l’essence de térébenthine.

Étal naturel. — Extraction.

Ce corps s’obtient en distillant la térébenthine , mélange de colophane et d’essence de térébenthine qui s’extrait du Pinus maritima , du P inus australis et des autres arbres de la famille des conifères. L’essence brute étant toujours un peu visqueuse et colorée, on la rectifie sur de l’eau et on la dessèche au moyen du chlorure de calcium.

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