‹ Traité de chimie générale [electronic resource]Chapitre 132 sur 369 · GRILLAGE DES MINERAIS · texte numérisé non relu

GRILLAGE DES MINERAIS

Le grillage des minerais de cuivre peut se faire par trois procédés:

1° Le grillage en tas , qui s’applique ordinairement aux minerais corn tenant assez de pyrite de fer ou de bitume (schistes cuivreux) pour que la combustion puisse continuer lorsque le tas est allumé.

2° Le grillage dans des fourneaux à réverbère , qui convient aux minerais riches en cuivre et qui ne contiennent pas assez de pyrite pour brûler seuls.

3° Le grillage dans des cases entre trois murs , qui n’est plus guère appliqué qu’au grillage des mattes.

Dans le grillage en tas , on construit une espèce de meule qui ressemble à celles que les charbonniers établissent dans les forêts ; le minerai est amoncelé sur un lit de bois, et l’on ménage dans la masse des ouvertures qui fournissent l’air nécessaire à la combustion; une cheminée centrale laisse dégager les produits gazeux.

Lorsque la meule est construite, on y met le feu, en ayant soin de boucher, avec du minerai, les ouvertures qui proviennent de l’affaissement qui s’opère dans la masse, à mesure que le bois brûle. Après quelques jours de combustion, il se fait une véritable distillation de soufre, et ce corps se rend dans des trous que l’on a pratiqués à la partie supérieure de la meule, dans le menu minerai qui en forme la couche extérieure. Un tas de grillage, composé de 5000 quintaux de minerai, reste en feu pendant six mois, et permet de récolter de 12 à 15 kilogrammes de soufre par jour. Du reste, les quantités de soufre obtenues varient avec les saisons, les vents, et la conduite du feu.

Le grillage dans les fours à réverbère est beaucoup plus rapide que le précédent. Le minerai est porté à une température très élevée, mais qui

CUIVRE

cependant ne doit pas déterminer la fusion de la masse que l’on remue d’heure en heure pour en faciliter le grillage.

Pendant cette opération , le minerai ne change pas sensiblement de poids, car il gagne en oxygène ce qu’il a perdu en soufre et en arsenic ;| il se transforme en une matière noire pulvérulente.

Le grillage produit des substances volatiles très riches en acide sul- ! fureux, en acide arsénieux, qui nuisent à l’agriculture, et que l’on nomme | fumées de cuivre : on peut les condenser en partie, en les faisant passer dans des canaux où l’on introduit de l’eau sous forme de pluie fine. Mais, j< pour ne pas arrêter le tirage, il est nécessaire de ne faire tomber la pluie) j d’eau que dans les compartiments où le courant gazeux a la même direction que l’eau qui tombe; il faut, en outre, que les dimensions de cesl compartiments soient telles, que l’eau en tombant y acquière une vitesse moyenne supérieure à celle du courant gazeux ; alors l’eau active le tirage, loin de le ralentir.

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