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PEROXYDE D'ARGENT

sulfate d'argent et du sulfate d’ammoniaque; il se dégage en même temps une certaine quantité d’azote.

La composition de l’argent fulminant n’a pas été déterminée d’une manière certaine. On l’a considéré comme un azoture, un amidure ou un ammoniure d’argent. Les formules suivantes représentent l’action de l’ammoniaque sur l’oxyde d’argent, dans ces trois hypothèses:

3AgO + AzH3 =3110 + Ag3Az;

AgO + AzH3 = IIO + AzH2,Ag ;

AgO + AzH3 = AgO, AzH3.

Presque tous les chimistes considèrent l’argent fulminant comme un azoture d’argent.

PEROXYDE D’ARGENT. AgO2.

Ag 1349,01 87,29

Cet oxyde a été découvert par Ritter en décomposant par la pile une dissolution très étendue d’azotate d’argent ; il se dépose sur le pôle positif de la pile sous forme d’aiguilles d’un gris noir et d’un éclat métallique, dont la longueur atteint souvent 7 à 8 millimètres.

Le peroxyde d’argent est insoluble dans l’eau. Sa densité est égale à 5,474. Il résiste à la température de l’ébullition de l’eau, mais se décompose vers 150° en argent métallique et en oxygène; il forme avec le soulre ou le phosphore des mélanges qui détonent sous le choc du marteau.

Les acides saturés d’oxygène, comme les acides sulfurique, azotique, phosphorique, etc., le dissolvent en dégageant de l’oxygène, et produisent des sels de protoxyde d’argent; les acides sulfureux, hypo-azotique, etc., se changent en acides sulfurique, azotique, etc., qui se combinent avec le protoxyde d’argent : AgO2 + S02 = Ag0,S03.

L’acide chlorhydrique, dans son contact avec le peroxyde d’argent, produit de l’eau, du chlore et du chlorure d’argent :

AgO2 + 2 H Cl = 2HO + Cl + AgCl.

L’ammoniaque le décompose en produisant une vive effervescence due à un dégagement d’azote; il se forme de l’eau et le bi-oxyde d’argent est ramené à l’état de protoxyde.

Le peroxyde d’argent ne paraît pas avoir été obtenu jusqu’à présent à l’état de pureté; il retient toujours en combinaison une certaine quantité du sel d’argent employé à sa préparation et peut être représenté par (Ag02)4,(Ag0,Az05),2H0 (M. Fischer), ou par (Ag02)5,(Ag0,Az05),H0. (M. Mailla.)

ARGENT

CARACTÈRES DISTINCTIFS DES SELS D’ARGENT

Le peroxyde d’argent, AgO2, ne s’unit pas aux acides et se décompose sous leur influence en protoxyde d’argent et en oxygène : le sous-oxyde ne parait former des combinaisons salines qu’avec certains acides organiques ; ces sels sont peu connus , très instables, et présentent la plus grande tendance à se décomposer en argent métallique et en sels de protoxyde.

Les sels de protoxyde d’argent sont incolores, quand ils sont formés par un acide qui n’est pas coloré ; ils ont une saveur acide, astringente et métallique ; ils sont vénéneux : la lumière les noircit en les réduisant en partie. Ils se décomposent en général sous l’influence de la chaleur. Plusieurs de ces sels sont neutres aux réactifs colorés.

On reconnaît les sels d’argent aux propriétés suivantes :

Potasse. — Précipité brun clair d’oxyde d’argent, insoluble dans un excès de potasse, mais soluble dans l’ammoniaque.

Ammoniaque. — Ce réactif employé en petite quantité forme un précipité d’oxyde d’argent qui se dissout dans un excès d’ammoniaque ; ce précipité ne se forme pas dans une liqueur acide.

Carbonate de potasse. — Précipité blanc de carbonate d’argent, soluble dans l’ammoniaque.

Carbonate d'ammoniaque. — Précipité blanc de carbonate d’argent, soluble dans un excès de réactif.

Phosphate de soude. — Précipité jaune de phosphate d’argent; la liqueur devient acide.

Pyrophosphate de soude. — Précipité blanc ; la liqueur reste neutre. Acide oxalique. — Précipité blanc, soluble dans l’ammoniaque. Cyanoferrure de potassium. • — Précipité blanc.

Cyanoferride de potassium. — Précipité rouge-brun.

Tannin. — - Pas de précipité ; avec le temps l’argent est réduit et se précipite.

Suif hydrate d'ammoniaque. — Précipité noir, insoluble dans un excès de réactif.

Acide suif hydrique. — Précipité noir.

Acide chlorhydrique ou chlorures. — Précipité blanc, caillebotté, insoluble dans l’eau et dans les acides, se rassemblant aisément en grumeaux par l’agitation ; très soluble dans l’ammoniaque, les hyposulfîtes et les sulfites ; ce précipité prend une teinte violacée à la lumière et finit par devenir noir. La présence d’une trace de protochlorure de mercure suffit pour lui ôter la propriété de se colorer à la lumière.

lodure de potassium. — Précipité blanc, légèrement jaunâtre, à peine soluble dans l’ammoniaque, un peu soluble dans un excès de réactif.

CHLORURE DARGËNT. 313

Chromate de potasse. — Précipité rouge brun, légèrement soluble dans l’eau, très soluble dans l’ammoniaque.

Sulfate de protoxyde de fer. — Précipité blanc d’argent métallique.

Protochlorure d’étain. — Précipité de chlorure d’argent, qui se transforme en argent métallique sous l’influence d’un excès de réactif.

Chlorate de potasse. — Pas de précipité.

Zinc. — Précipité d’argent métallique.

Les sels d’argent sont précipités par l’acide chlorhydrique et les chlorures, même en présence des matières organiques. Ce caractère est le plus sensible de tous. L’hyposulfite d’argent n’est pas précipité par les chlorures.

Les acides phosphoreux et hypophosphoreux réduisent les sels d’argent, surtout à l’aide de la chaleur.

Au chalumeau, les sels d’argent se réduisent très promptement en argent métallique, lorsqu’on les a mélangés avec de la soude.

Dans les analyses, l’argent est toujours dosé à l’état de chlorure.

CHLORURE D’ARGENT. AgCl.

Àg 13/|9,01 75,27

Cl 443,20 24,73

Ce corps obtenu par voie humide est caillebotté et très dense; lorsqu’il se trouve en suspension dans l’eau, il se rassemble, par l’agitation ou par l’action de la chaleur, en une masse floconneuse de la plus grande blancheur : il s’altère rapidement à la lumière directe du soleil et même à la lumière diffuse, prend une teinte violacée et dégage du chlore ; il se transforme alors en sous-chlorure d’argent, Ag2Cl. Le chlorure d’argent, conservé dans un flacon rempli de chlore humide et exposé à la lumière, reste blanc.

Le chlorure d’argent entre en fusion à la température de 260°; il donne un liquide jaune qui se prend par le refroidissement en une masse transparente présentant l’aspect et la consistance de la corne, que l’on peut couper au couteau, et que les anciens chimistes nommaient lune cornée. Le chlorure d’argent en fusion traverse les creusets comme la lithargc; il commence à se volatiliser dès qu’il est fondu ; cependant il est difficile de le distiller complètement. 11 est indécomposable par la chaleur.

Le charbon pur ne le décompose pas ; mais le charbon hydrogéné le réduit en produisant de l’acide chlorhydrique ; le chlorure d’argent est également réduit par le charbon, en présence de la vapeur d’eau ; il se

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forme de l’acide chlorhydrique, de l’acide carbonique et de l’argent métallique.

Le 1er, le zinc, l’étain, l’antimoine, le bismuth, le plomb, le cuivre, etc., réduisent le chlorure d’argent par la voie sèche. Le mercure le décompose incomplètement.

Le 1er et le zinc le réduisent même quand il est sec et à la température ordinaire ; les autres métaux n’en séparent l’argent qu’en présence de i acide chlorhydrique étendu. La réaction est beaucoup plus rapide, lorsqu on humecte le chlorure d’argent avec une dissolution de sel marin.

Le cuivre réduit facilement le chlorure d’argent en présence de l’ammoniaque. Le protochlorure de cuivre le réduit également en passant à I état de bichlorure. Le cuivre seul ne décompose pas le chlorure d’argent à froid, mais vers 100° la réduction s’opère rapidement.

Le chlorure d’argent est complètement insoluble dans l’eau; aussi sert-il à reconnaître dans une liqueur des traces de chlorures du de sels d argent. Une dissolution qui ne contient que l/AOOOÜO d’argent devient légèrement opaline quand on y ajoute du chlorure de sodium; mais le chlorure d’argent formé est en trop petite quantité pour qu’on puisse le rassembler et le peser. (MM. Malaguti et Durocher.)

L’acide azotique ne le dissout pas sensiblement.

L’acide chlorhydrique concentré et bouillant le dissout en petite quantité ; il se dépose en cristaux octaédriques par l’évaporation de la liqueur.

L’acide sulfurique concentré le décompose lentement en produisant du sulfate d’argent et de l’acide chlorhydrique.

La potasse et la soude caustiques sont sans action à froid sur le chlorure d’argent; mais, à la température de l’ébullition, la décomposition du chlorure d’argent a lieu en quelques instants ; il se produit de l’oxyde d’argent et un chlorure alcalin qui reste en dissolution : du sucre ajouté à ce mélange réduit rapidement l’oxyde d’argent. Cette réaction permet de préparer facilement de l’argent pur. (M. Levol.)

Les alcalis et les carbonates alcalins et terreux décomposent le chlorure d’argent par la voie sèche, et en séparent entièrement l’argent.

Dans les laboratoires, le chlorure d’argent est ordinairement réduit par un mélange de craie et de charbon. On emploie 100 parties de chlorure d’argent supposé sec, 70 de craie, et à parties de charbon.

Le chlorure d’argent est très soluble dans l’ammoniaque, même lorsqu’il a été fondu ; la dissolution est incolore : lorsqu’on la laisse exposée à l’air, l’ammoniaque s’en dégage peu à peu, et le chlorure d’argent se dépose sous la forme de petits cristaux cubiques ; si l’on évapore la dissolution à une douce chaleur, on obtient du chlorure d’argent, en écailles nacrées qui ressemble à certaines variétés de chlorure d’argent natif. Si la température est portée jusqu’à l’ébullition il se produit de l’argent fulminant.

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