ANALYSE DES ALLIAGES D’OR PAR LA COUPELLATION
Ce mode d’essai, qui remonte à une époque fort ancienne, est fondé sur la propriété que présente l’or d’être inaltérable au contact de l’air aux températures les plus élevées, tandis que le cuivre et la plupart des autres métaux qui raccompagnent, placés dans les mêmes circonstances, s’oxydent au contraire avec facilité.
Nous supposerons d’abord qu’il s’agit d’analyser un alliage d’or et de
cuivre.
Il est assez difficile d’analyser exactement les alliages d’or et de cuivre en les passant à la coupelle avec du plomb, et en déterminant le poids du bouton de retour ; ce bouton retient toujours du cuivre et même du plomb; de plus, si l’alliage contenait de l’argent, ce métal reste uni à
l’or. Toutefois, dans les essais qui ne demandent pas un très haut degré de précision, la coupellation suffit pour l’analyse des alliages d’or et de cuivre : on peut même dire quelle fournit quelquefois des résultats plus précis que la coupellation de l’argent, parce que l’or est moins volatil que ce dernier métal, et pénètre plus difficilement dans la coupelle.
Des expériences faites sur des monnaies, des médailles d’or, et sur des alliages d’or et de cuivre, qu’on a coupellés avec du plomb, à une température d’un rouge vif \ ont indiqué quelquefois très exactement le titre de l’or, mais elles ont aussi donné des surcharges ou des pertes de 1, 2 et 3 millièmes. La principale difficulté que présente la coupellation directe d un alliage d’or et de cuivre paraît consister surtout dans l’ab-
sorption de l’or par la coupelle, lorsque la température est très élevée, et dans l’impossibilité de séparer complètement le cuivre et le plomb, lorsqu’au contraire la température est trop basse.
Pour analyser exactement un alliage d’or et de cuivre, on le coupelle à une température modérée avec une certaine quantité d’argent, et l’on traite le bouton par un excès d’acide azotique qui dissout Jes métaux
étrangers et laisse l’or à l’état de pureté. Cette opération porte le nom de départ.
Pour que l’analyse donne des résultats exacts, on doit observer un certain rapport entre la proportion de l’or et celle de l’argent qu’on ajoute à l’alliage.
Si l’on employait une trop faible quantité d’argent, la présence de l’or empêcherait l’acide azotique de dissoudre entièrement le cuivre et l’argent. Si l’argent était en grand excès, For, après Faction de l’acide azotique, serait très divisé, et par conséquent plus difficile à rassembler et à laver.
Une longue expérience a montré que l’opération du départ, c’est-à-dire la séparation de l’argent au moyen de l’acide azotique, s’exécute d’une manière complète lorsque, dans le bouton, For est à l’argent dans le rapport de 1 partie d’or à 3 parties d’argent ; aussi donne-t-on le nom d'inquartation à l’opération qui a pour but d’ajouter à l’alliage une quantité d’argent telle, que For soit à l’argent dans le rapport de 1 à 3.
Quant au plomb nécessaire pour passer l’alliage à la coupelle, sa proportion doit augmenter avec celle du cuivre.
Voici le meilleur dosage établi expérimentalement au laboratoire de la Monnaie de Paris :
Titres de l’or allié au cuivre.
1000 millièmes,
SOO . o . . .
im
Ainsi une monnaie dont le titre moyen est exige, pour être passée à la coupelle, dix fois son poids de plomb. En opérant sur 0§r,500, comme on le fait ordinairement, il faudra coupeller l’alliage avec 1 sr, 350 d’argent et 5 grammes de plomb.
La coupellation de For n’exige pas les mêmes soins minutieux que la coupellation de l’argent, parce que le rochage est moins à craindre, et surtout parce que For n’est pas volatil, et que la coupelle l’absorbe difficilement.
Cependant l’alliage ne doit être laissé dans le moufle que le temps nécessaire à la coupellation. Si For était abandonné pendant quelques minutes dans la coupelle à une température d’un rouge vif, et au milieu
Quantités de plomb nécessaires pour enlever le cuivre par la coupellation.
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