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DORURE PAR IMMERSION OU AU TREMPÉ

à 36°, 1 partie de sel marin. Le mélangç doit être fait plusieurs heures avant d’être employé.

L’aspect brillant ou mat des bijoux, dans la dorure au trempé, dépend du mode de décapage auquel les pièces ont été soumises.

Le brillant se prépare en opérant comme nous venons de l’indiquer; pour obtenir le mat , il faut plonger les bijoux déjà décapés dqns une liqueur formée de parties égales d’acide azotique et d’acide sulfurique, et contenant en outre une certaine quantité de sulfate de zinc.

Les bijoux, en sortant de ce bain, sont lavés et séchés dans de la sciure de bois chaude; ils conservent leur aspect mat après la dorure, pourvu que l’on fasse le ravivage très rapidement, sans laisser les acides mordre fortement sur les pièces.

Quelquefois le ravivage n’est pas assez parfait pour que la dorure soit suffisamment belle, ou bien le bain ne donne pas aux bijoux le ton d’or que l’on exige dans le commerce. Ce cas se présente surtout quand le bain aurifère a servi depuis longtemps, et particulièrement quand on v a ajouté un acide.

On corrige alors le ton de la dorure par une immersion préalable des bijoux dans une dissolution étendue d’azotate de mercure. Cette immersion se fait aussi quelquefois après le dépôt d’une première couche d’or, de manière à pouvoir augmenter l’épaisseur de la dorure.

30 Dorure.

Pour opérer la dorure, on dispose à droite de la marmite renfermant le bain aurifère, une terrine contenant la liqueur à raviver, deux terrines d’eau, et au besoin une terrine contenant une dissolution d’azotate de mercure et une nouvelle terrine d’eau ; à gauche de la marmite, on place deux ou trois terrines d’eau.

L’ouvrier doreur prend alors les objets à dorer, les enfile dans un crochet, les plonge successivement dans la terrine à raviver, dans les terrines d’eau, au besoin dans la terrine à azotate de mercure, et ensuite dans le bain à dorer ; il les laisse environ une demi-minute dans le bain aurifère ; au bout de ce temps, l'épaisseur de la couche d’or n’augmente plus (1).

L’ouvrier passe enfin les pièces dans les terrines de gauche qui contiennent de l’eau, et les lait sécher dans de la sciure de bois chaude.

Le bain laisse déposer, pendant l’ébullition et surtout pendant l’opération de la dorure, un précipité noir dont on se débarrasse par décantation quand il est devenu trop abondant.

Ce dépôt est formé de carbonate de chaux, de carbonate de cuivre hydraté, de pourpre de Cassius, de chlorure de potassium ; le pourpre

(1) L’or déposé sur les métaux par la méthode du trempé ne s’élève jamais audessus de 4 5 milligrammes par décimètre carré.

à96 PROCÉDÉS DE DORURE ET DARGENTURI .

de Cassius provient de 1 étain qui entre toujours dans les soudures des bijoux que l’on dore ; le précipité de carbonate de chaux ne se forme pas pendant 1 ébullition, quand on a soin d’employer, pour composer le bain, de l’eau qui ne contient pas de sels de chaux. (M. Barrai.)

4o Mise en couleur.

L’opération appelée mise en couleur a pour but de donner à l’or plus de brillant et d’éclat.

Pour mettre en couleur, on plonge les objets déjà dorés dans une dissolution composée de 6 parties de nitre, 2 parties de sulfate de fer, et 1 partie de sulfate de zinc. On fait ensuite sécher les objets sur un feu clair, et on les plonge de nouveau dans l’eau.

Usages.

Le procédé de dorure au trempé qui vient d’être décrit ne s’applique bien jusqu’à présent qu’aux objets estampés , c’est-à-dire à ceux qui sont faits avec du cuivre laminé et façonné à la presse ou au balancier.

Les fontes de cuivre ne prennent pas une dorure d’un ton commercial. La dorure au trempé ne présente pas la solidité de la dorure au mercure ; mais dans la plupart des cas, cette solidité est suffisante, surtout pour les petites pièces et pour toutes celles qui doivent être livrées au commerce à un prix très bas.

Par cette nouvelle méthode, la dorure d’un kilogramme de cuivre ne coûte que 18 à 20 francs ; par l’ancien procédé, elle coûtait souvent jusqu’à 120 francs pour les cuivres estampés ; de plus, lorsque les pièces étaient minces et délicates, elles résistaient difficilement à l’action du mercure.

Il existe dans le commerce des objets dorés, soit par immersion, soit au moyen de l’amalgame d’or; il est donc utile de pouvoir distinguer le mode de dorure qui a été employé, puisque la solidité de la dorure n’est pas, comme nous l'avons dit, la même dans les deux cas.

Le procédé suivant permet de reconnaître facilement par quelle méthode la dorure a été appliquée.

On fait dissoudre lentement les pièces à essayer dans l’acide azotique étendu ; le cuivre entre en dissolution et laisse une pellicule qui conserve la forme de 1 objet. Lorsque les objets ont été dorés au mercure, la pellicule d or est toujours noire sur la partie qui se trouvait en contact avec le cuivre; pour les objets dorés au trempé, la pellicule est brillante des deux côtés. Cette différence est due à la présence d’un alliage d’or et de cuivre formé à la surface des pièces dans la dorure au mercure, tandis que dans la dorure au trempé il se fait une simple superposition d’une couche d’or sur le cuivre sous-jacent.

Pendant longtemps, la dorure au trempé n’a été appliquée qu’aux

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