SOUFRE
Dosage. — Le soufre est le plus souvent dosé à l’état de sulfate de baryte.
Pour analyser les sulfures métalliques, on les traite par l’acide azotique ou par l’eau régale. Les métaux entrent en dissolution, et le soufre est transformé complètement en acide sulfurique au bout d’un temps suffisamment long. On abrège cette opération en recueillant et pesant le soufre qui s’est déposé à l’état de liberté lorsque la dissolution des métaux s’est complètement effectuée. On précipite l’acide sulfurique à l’état de sulfate de baryte, et le poids du soufre contenu dans ce sulfate est ajouté au poids du soufre déterminé directement.
On peut aussi transformer le soufre en acide sulfurique en fondant 1 partie du sulfure réduit en poudre fine avec 3 parties d’azotate et 3 parties de carbonate de potasse ou de soude. Lorsque le sulfure métallique contient un grand excès de soufre, cette méthode peut donner des résultats inexacts, car une petite quantité de soufre se volatilise sans être attaquée par l’azotate alcalin.
Pour les précautions qu’on doit observer pour recueillir, sécher et peser le sulfate de baryte, voyez ce qui a été dit à l’article Dosage du baryum.
Les sulfures solubles dans l’eau dégagent de petites quantités d’hydrogène sulfuré quand on les traite par l’acide azotique, même lorsque cet acide est fumant. La méthode précédente ne donne pas dans ce cas des résultats fort exacts. Il vaut mieux traiter les sulfures solubles par un acide étendu qui transforme tout le soufre en acide sulfhydrique dont on détermine la proportion en mesurant son volume ou en l’absorbant par une dissolution d’acétate de plomb ou mieux de bichlorure de cuivre ammoniacal. Le sulfure de plomb peut être pesé directement; le sulfure
de cuivre est transformé en sulfate, qu’on précipite ensuite par un sel de baryte.
Les sulfures d’or et de platine étant ramenés à l’état métallique par l’action de la chaleur, il suffit, pour les analyser, de soumettre à la calcination un poids connu de ces sulfures.
Les sulfures multiples et les sulfosels doivent être analysés par une autre méthode qui consiste à les chauffer au rouge sombre dans un courant de chlore sec. Il se forme ainsi des chlorures métalliques et des chlorures de soufre. On recueille dans de l’eau ces derniers composés ainsi que ceux des chlorures métalliques qui se volatilisent complètement à la chaleur d’une lampe à alcool. On recueille et l’on pèse le soufre provenant de la décomposition des chlorures de soufre; on dose également le soufre qui se trouve dans la dissolution à l’état d’acide sulfurique. On analyse ensuite le mélange de chlorures métalliques qui a passé à la distillation ou celui qui est resté dans la boule de verre où l’on a chauffe le composé sulfuré.
On détermine la composition des acides oxygénés du soufre par la méthode que nous avons exposée en faisant l’histoire de chacun de ces acides (voy. tome Ier).