LA NATURE DE L’ACIDE CONTENU DANS UN SEL
Nous devons dire d’une manière générale que pour reconnaître la nature de l’acide contenu dans un sel, la voie humide donne ordinairement des indications plus précises que le chalumeau ; aussi nous contenterons-nous de présenter les caractères d’un petit nombre de sels.
Chlorures.
On dissout de l’oxyde de cuivre dans du sel de phosphore, et l’on obtient une perle de couleur verte ; on y introduit la substance à examiner et on la chauffe. Si elle contient un chlorure, la perle s’entoure d’une belle flamme bleue tirant sur le pourpre : cette coloration est due à la volatilisation du chlorure de cuivre.
Presque tous les chlorures se volatilisent lorsqu’on les chauffe au chalumeau, en donnant quelquefois à la flamme des teintes caractéristiques :
Chlorure de potassium. .... Bleu violacé.
Chlorure de sodium Jaune rougeâtre.
Chlorure de lithium Bouge-carmin.
Chlorure de plomb Bleu.
Chlorure de cuivre Bleu d’azur intense.
Les autres chlorures disparaissent sans donner de coloration.
Fluorures.
On môle le corps à reconnaître avec du sel de phosphore préalablement fondu, on introduit le mélange dans un petit tube de verre coudé et ouvert à ses deux extrémités, et l’on chauffe le mélange de telle sorte qu’une partie de l’air qui alimente la flamme pénètre dans l’intérieur du tube : il se forme alors de l’acide fluorhydrique qui agit sur le verre, le corrode et produit du fluorure de silicium, qui dépose de la silice sur un papier humide que l’on introduit dans le haut d u tube. En plaçant à cet endroit une bande de papier coloré avec du bois de Brésil, on voit ce papier devenir jaune.
Sulfures.
On les chauffe sur le charbon ou dans un tube de verre ouvert à ses deux extrémités, il se dégage une odeur piquante et caractéristique d’acide sulfureux.
ESSAIS AU CHALUMEAU
Si l’odeur d’acide sulfureux n’est pas appréciable, on met à l’extrémité du tube une bande de papier coloré avec du bois de Brésil et légèrement humide ; une trace d’acide sulfureux suffit pour le décolorer.
Un sulfure fondu avec de la silice et de la soude donne par le refroidissement une perle d’un rouge jaune ; mais ce caractère ne peut servir Cjue lorsque le sulfure ne contient pas de matières qui puissent colorer le verre.
Arséniures»
Chauffés au chalumeau, ils répandent une odeur d’ail caractéristique. Grillés dans un tube ouvert , ils donnent un sublimé d’acide arsénieux qui est formé d’octaèdres réguliers qu’on reconnaît à l’aide du microscope.
Azotates.
Les caractères qui servent à reconnaître les azotates au chalumeau sont ceux qui ont été indiqués en traitant des généralités sur les azotates ; ces sels fusent sur les charbons; en les chauffant dans un tube avec de la tournure de cuivre et du bisulfate de potasse, ils dégagent des vapeurs rutilantes, etc.
Sulfates.
Chauffés avec du carbonate de soude et du charbon dans la flamme de réduction, ils se transforment en sulfures qui, humectés légèrement, noircissent une lame d’argent et dégagent, sous l’influence de l’acide chlorhydrique , de l’acide sulfhydrique , reconnaissable à son odeur.
Phosphates.
On fond la substance sur le charbon, avec de l’acide borique ; on y plonge rapidement un fil de fer doux très fin , et l’on chauffe la perle pendant longtemps à la flamme de réduction; l’acide phospliorique se trouve déplacé par l’acide borique ; il est réduit par le charbon et donne du phosphore qui ; s’unissant au fer, le rend dur et cassant ; on laisse alors refroidir la perle , on la frappe légèrement pour en retirer le petit fil de fer qui est devenu très dur, et se brise facilement sous faction du marteau.
Borates.
On pulvérise la substance à examiner, et on la mêle avec du bisulfate de potasse et du fluorure de calcium; on chauffe fortement sur le charbon ; il se forme du fluorure de bore qui colore la flamme en vert jaunfitre ; cette coloration est assez faible , et ne s’observe facilement que lorsqu’on fait l’expérience dans un lieu peu éclairé, ni.
Silicates.
Les silicates fondus avec du sel de phosphore donnent souvent un squelette blanc et opaque de silice, qui nage dans la perle transparente; quelquefois la perle est transparente lorsqu’elle est fondue , et devient opaque par le refroidissement.
Les silicates chauffés avec cinq ou six fois leur poids de carbonate de soude , donnent un résidu qui , repris par l’eau et traité par l’acide chlorhydrique, laisse un dépôt de silice lorsqu’on a évaporé le résidu à sec et qu’on le reprend par l’eau.