PLOMBATES DE PROTOXYDE DE PLOMB
déposer, sous l’influence de 1 acide azotique, une quantité considérable d’acide plombique : le sel est alors formé. On enlève le creuset du feu ; on y verse quelques grammes d’eau, afin de dissoudre le plombate de potasse qui s’est déposé en petits cristaux blancs au fond du creuset, et l’on décante rapidement la liqueur, lorsqu’elle est encore très chaude. Le plombate se dépose en cristaux assez volumineux, si le refroidissement est lent ; l’eau mère ne retient plus de traces d’acide plombique , parce que le plombate de potasse est insoluble dans une dissolution alcaline froide.
Dans cette préparation , on doit donc opérer avec de l’acide plombique pur, amener lentement la dissolution de potasse à un degré de concentration convenable, et surtout reprendre la masse contenue dans le creuset par une quantité d’eau qui puisse dissoudre le sel et qui soit insuffisante pour le décomposer.
La liqueur alcaline qui tient en dissolution le plombate de potasse présente souvent une couleur verte très prononcée : cette coloration est due au manganate de potasse. Il n’est pas rare, en effet, de trouver du manganèse dans le minium qui sert à préparer l’acide plombique.
L acide plombique se combine aussi avec la soude, et produit un sel à peine soluble.
Les autres plombâtes sont insolubles dans l’eau.
PLOMBATES DE PROTOXYDE DE PLOMB ( MINIUMS ).
Pb3 3883,50 90,67
O4 . Zi00,00 19,33
L’acide plombique et le protoxyde de plomb se combinent en plusieurs proportions, et forment des composés d’un très beau rouge que l’on désigne sous le nom de miniums.
Nous donnerons ici la composition de quelques miniums :
1° Minium obtenu, soit par l’action directe de l’oxygène sur le massicot, soit par la purification du minium du commerce à l’aide de l’acétate neutre de plomb et de la potasse qui dissolvent l’excès de protoxyde de plomb : (Pb0)2,Pb02. C’est cette formule qui représente la composition ordinaire du minium. (M. Dumas. )
2° Minium analysé par Berzelius : Pb02,Pb0.
3° Minium analysé par M. Longchamp : Pb02,5Pb0.
4° Minium cristallisé trouvé dans un four à réverbère, et analysé par M. Houton-Labillardière : PbG2,3PbO. D’autres échantillons de minium, analysés par M. Muldcr, ont présenté la même composition
PLOMB
Le minium présente tous les caractères d’un plornbate d’oxyde de plomb. Il est décomposé par les acides, qui dissolvent le protoxyde de plomb et précipitent l’acide plonibique.
Le minium contient souvent de l’acide carbonique. (M. Mulder.)
Préparation.
Pour préparer le minium , on calcine le plomb dans un four à réverbère jusqu’à ce qu’il soit entièrement transformé en oxyde jaune ; on évite de faire entrer l’oxyde en fusion.
Le produit de cette calcination est broyé entre deux meules, et soumis à l’action d’un courant d’eau qui entraîne l’oxyde de plomb dans des caisses, où il se dépose par le repos : c’est ainsique se prépare l’oxyde de plomb qui porte le nom de massicot.
Comme le plomb employé à la préparation du massicot n’est pas pur et que les métaux qu’il contient sont différemment oxydables, Sa pureté du massicot varie pendant le cours de l’opération : aussi a-t-on soin de fractionner les produits, et l’on obtient ainsi différentes espèces de minium.
Le minium qui se produit en premier lieu contient tous les oxydes dont les métaux sont plus oxydables que le plomb. Les miniums intermédiaires contiennent peu de métaux étrangers et seulement des traces d’argent. Le cuivre et l’argent se trouvent en quantités très notables dans les derniers miniums; aussi les fabricants de cristal donnent toujours la préférence aux miniums intermédiaires, qui donnent des produits sensiblement incolores.
Le massicot destiné à la préparation du minium est introduit dans des caisses de tôle qui en contiennent environ 25 kilogrammes, et porté, dans un four à réverbère, à une température qui ne doit pas dépasser 300°. Une chaleur plus forte décomposerait le minium. Un seul feu ne suffit pas pour transformer le massicot en minium : on le soumet à un deuxième et souvent à un troisième feu.
On doit employer, dans la préparation du minium, du plomb aussi pur que possible; il paraît' démontré , cependant, que certaines espèces de plomb contenant du manganèse conviennent parfaitement à cette fabrication : aussi n’est-il pas rare de trouver dans le minium une certaine quantité de manganèse à l’état de permanganate de plomb.
On prépare un minium très estimé qui porte le nom de mine orange , en calcinant à l’air le carbonate de plomb.
Le procédé suivant permet d’obtenir dans les laboratoires le minium sous la forme d’une poudre cristalline d’un beau rouge orangé. On chauffe dans un creuset de terre un mélange de à parties de litharge en poudre fine et de 1 partie de chlorate de potasse. L’oxyde se change d’abord en acide plombique, et si l’on voulait obtenir cet acide, il fau-
CARACTERES DISTINCTIFS DES SELS DE PLOMB
drait arrêter l’opération et laver le résidu avec de l’eau ; mais en continuant à chauffer le mélange et en élevant sa température jusqu’au rouge sombre, il dégage de l’oxygène , s’épaissit, et le plomb qu’il contient se trouve entièrement changé en minium. Lorsqu’on remarque sur les bords du creuset des signes de décomposition du minium , on arrête l’opération , et il ne reste plus qu’à faire bouillir la masse avec une dissolution de potasse caustique, pour enlever le protoxyde qui a pu se former; des lavages à l’eau distillée laissent du minium très pur.
(M. Le vol.)
On obtient le minium hydraté par double décomposition en traitant une dissolution de protoxyde de plomb dans la potasse (plombite de potasse) par du plombate de potasse qui se trouve également en dissolution dans une liqueur alcaline : il se forme un précipité jaune qui est du minium hydraté; ce corps se transforme par une légère dessiccation en un minium anhydre d’un très beau rouge. (Fremy ).
Usages.
Le minium est employé, à cause de sa belle couleur, pour colorer les papiers de tenture, la cire à cacheter, etc. ; il sert surtout à la fabrication du cristal. Pour cette dernière application , on lui donne la préférence sur la litharge, parce qu’il ne contient ni argent ni oxyde de cuivre qui colorent toujours le cristal , ni plomb métallique qui, en réagissant sur des traces de carbonate de potasse existant dans le cristal, produirait des bulles d’oxyde de carbone qui resteraient dans la masse vitreuse et rendraient son affinage presque impossible. En outre, l’excès d’oxygène que perd le minium en formant des silicates de plomb sert à brûler les matières organiques contenues dans la potasse.
Le minium du commerce est souvent mélangé avec des matières terreuses, de la brique pilée, du colcothar, etc. On peut reconnaître cette fraude en faisant bouillir pendant quelques instants le minium avec de l’eau sucrée à laquelle on a ajouté une petite quantité d’acide azotique: le minium se dissout entièrement lorsqu’il est pur ; s’il est impur, les matières étrangères forment un résidu dont il est facile d’apprécier le poids. (MM. Fordos et Gélis.)
CARACTÈRES DISTINCTIFS DES SEX.S DE PX.OMB
Le protoxyde de plomb est le seul oxyde de ce métal qui s’unisse aux acides pour former des sels.
Les sels de plomb sont incolores lorsque l’acide qui entre dans leur composition n’est pas coloré ; leur saveur est sucrée et styptique. Les sels neutres de plomb rougissent le papier de tournesol.
PLOMB
Les sels de plomb sont vénéneux à faible dose. Leur contact prolongé avec les organes produit des douleurs d’entrailles, accompagnées de paralysie, que l’on connaît sous le nom de coliques de plomb. Les peintres, les ouvriers qui travaillent à la fabrication de la céruse et du minium , ceux qui manient le plomb sous une forme quelconque, sont sujets à cette maladie.
Il ne paraît pas que les secours de la médecine soient toujours efficaces pour guérir la colique de plomb ; toutefois on a recommandé l’emploi des limonades à l’acide sulfurique ou l’usage des sulfates solubles , de l’iodure de potassium et des sulfures alcalins. Ces différents corps tendent à précipiter le sel de plomb et à paralyser son action sur l’économie animale.
Les sels de plomb forment avec les réactifs les précipités suivants :
Potasse et soude. — Précipité blanc d’hydrate de protoxyde de plomb, soluble dans un excès de réactif, surtout sous l’influence de la chaleur.
Ammoniaque. — • Précipité blanc, insoluble dans un excès de réactif : ce précipité est ordinairement un sel basique, qui souvent ne se forme qu’avec lenteur.
Carbonates de potasse , de soude et d'ammoniaque. — Précipité blanc de carbonate de plomb, insoluble dans un excès de réactif.
Cyanoferrure de potassium. — Précipité blanc.
Cyanoferride de potassium. - — Pas de précipité.
Tannin. — Précipité d’un jaune sale.
Sulfhydrate d'ammoniaque. — Précipité noir, insoluble dans un excès de réactif.
Acide sul (hydrique. — Précipité noir, insoluble dans un excès d’hydrogène sulfuré.
Lorsque les sels de plomb sont dissous dans une grande quantité d’acide chlorhydrique, l’hydrogène sulfuré y produit un précipité rouge qui paraît être un polysulfure de plomb ou une combinaison de sulfure et de chlorure de plomb.
Acide sulfurique et sulfates solubles. — Précipité blanc de sulfate de plomb, insoluble dans l’eau, soluble dans les alcalis, dans le tartrate d’ammoniaque et dans l’acide chlorhydrique; très peu soluble dans les acides sulfurique et azotique étendus ; noircissant par l’acide sulfhydrique. Ce dernier caractère permet de distinguer immédiatement le sulfate de plomb du sulfate de baryte.
Acide chlorhydrique. — Précipité blanc de chlorure de plomb ne se formant que dans les dissolutions concentrées et se dissolvant dans une grande quantité d’eau ; le chlorure de plomb est soluble dans l’acide chlorhydrique bouillant et se dépose en écailles satinées par le refroidissement.