PLOMB DE CHASSE
On donne au plomb la propriété de se réduire en petits grains sphériques en l’alliant à une certaine quantité d’arsenic : 1 millième d’arsenic suffit pour lui faire acquérir cette propriété curieuse.
Le plomb étant allié à l’arsenic et maintenu en fusion, on le prend avec une écumoire et on le laisse tomber d’une grande hauteur dans l’eau en le faisant filtrer à travers une passoire.
La passoire doit être garnie intérieurement d’une substance poreuse qui s’applique exactement sur ses parois, et qui, faisant l’office d’un filtre , s’oppose à ce que le plomb passe trop vite ; la matière que l’on emploie est la crasse qui se forme à la surface des bains de plomb.
Les ouvriers se laissent guider pour la quantité d’arsenic qu’ils doivent ajouter au plomb d’après la forme que prennent les grains en tombant. Si les grains sont lenticulaires , c’est que la proportion d’arsenic est trop forte ; si la quantité d’arsenic est beaucoup trop faible, les grains sont très allongés et font la queue.
Les passoires ont des trous de différents calibres qui déterminent la grosseur des grains.
La température du bain métallique doit varier avec la grosseur des grains que l’on veut obtenir. Pour les plus gros, elle doit être telle, qu’un tuyau de paille que l’on plonge dans le bain ne roussisse pas.
La hauteur de la chute varie aussi avec la grosseur des grains. Il faut une hauteur de 50 mètres environ pour les plus gros grains.
Lorsque le plomb est granulé , on le passe dans des cribles dont les mailles correspondent aux trous des passoires ; on régularise ainsi la grosseur des grains; on sépare, à l’aide d’un triage , les grains qui ne sont pas réguliers , et on leur donne un beau poli en les faisant tourner dans des tonneaux où l’on a introduit une certaine quantité de plombagine.
METALLURGIE DU PLOMB.