SOUS-OXYDE DE BISMUTH
Cet oxyde prend naissance lorsqu’on chauffe le bismuth à une température qui ne dépasse que de quelques degrés le point de fusion de ce
ACIDE BISMUTHIQUE, 139
métal. Il est noir, s’enflamme à l’air comme l’amadou, et se transforme en protoxyde de bismuth ; l’acide azotique étendu le décompose en protoxyde qui entre en dissolution et en bismuth métallique.
PROTOXYDE DE BISMUTH. Bi203.
Bi2 » 2660,76 89,87
On obtient cet oxyde à l’état d’hydrate (Bi203,H0) en précipitant un sel de bismuth par la potasse ou l’ammoniaque en léger excès.
Cet hydrate est blanc, insoluble dans l’eau et dans les alcalis en excès; il se déshydrate par l’ébullition, surtout en présence d une liqueur alcaline ; l’oxyde de bismuth anhydre cristallise alors en petites aiguilles brillantes.
On peut encore produire l’oxyde de bismuth anhydre, soit en chauffant à l’air le métal, soit en calcinant l’hydrate ou l’azotate.
L’oxyde de bismuth anhydre est jaune; il n’a ni odeur ni saveur; il est fixe ; il entre en fusion sous l’influence d’une chaleur rouge, et traverse les creusets comme la litharge; il est facilement décomposé par le charbon, l’hydrogène, le soufre, le chlore.
ACIDE BISMUTHIQUE. Bi205.
Bi2 2660,76 84,18
Cet acide, encore peu connu, se forme quand on fait passer un courant de chlore dans une dissolution de potasse très concentrée tenant en suspension de l’oxyde de bismuth.
L’acide bismuthique a été obtenu en combinaison avec la potasse, en chauffant de l’oxyde de bismuth avec un mélange de chlorate de potasse et de potasse.
L’acide bismuthique ainsi préparé se trouve toujours mélangé à de l’oxyde de bismuth que l’on enlève au moyen de l’acide azotique qui, à la température ordinaire, ne décompose pas l’acide bismuthique.
Ce composé présente l’aspect d’une poudre d’un rouge clair ; chauffé à 130°, il se déshydrate d’abord, et à une température un peu plus élevée il perd de l’oxygène, et se transforme en bismuthate de protoxyde de bismuth. L’acide sulfurique concentré décompose l’acide bismuthique, dégage de l’oxygène et produit du sulfate de bismuth.
BISMUTH
UO
L’acide bismuthique se combine assez difficilement avec les alcalis; le bismuthate de potasse est d’un rouge de sang ; il se produit surtout lorsqu’on fait réagir de l’acide bismuthique, à l’état naissant, sur de la potasse. (M. Arppe.)
L’existence d’un bismuthate de potasse a été constatée pour la première lois en calcinant à l’air un mélange de protoxyde de bismuth et de potasse. (M. Jacquelain.)
Les combinaisons de l’acide bismuthique avec les bases exigent de nouvelles recherches.
BISMUTHATE DE PROTOXYDE DE BISMUTH. Bi203,Bi205.
L’acide bismuthique paraît se combiner en plusieurs proportions avec le protoxyde de bismuth. On peut obtenir un composé représenté par la formule Bi203,Bi205 en faisant chauffer au contact de l’air, pendant quelque temps, un mélange d’oxyde de bismuth et de potasse. L’oxyde absorbe lentement l’oxygène, devient brun, et se transforme en bismuthate de protoxyde de bismuth. (Fremy.)
Pour purifier ce composé qui contient toujours de l’oxyde en excès, on le fait bouillir pendant quelques instants avec une liqueur alcaline, et on le lave ensuite à froid avec de l’acide azotique assez concentré. L’ébullition en présence d’un alcali a pour effet de déshydrater le bismuthate de bismuth, et de le rendre insoluble dans l’acide azotique.
Les acides décomposent le bismuthate de bismuth sous l’influence de la chaleur, dégagent de l’oxygène, et produisent des sels de protoxyde de bismuth.
Lorsqu’on sature de chlore une dissolution aqueuse d’azotate ou de chlorure de bismuth, et qu’on y ajoute ensuite de la potasse, on obtient un précipité jaune hydraté qui devient anhydre quand on le chauffe, et qui a pour composition : (Bi203)3,Bi205. (M. Arppe.)
CARACTÈRES BISTISïCTIFS DES SE£S DE BISMUTH.
Les sels de bismuth possèdent tous une réaction acide ; l’eau les décompose en sous-sels qui se précipitent, et en sels acides qui restent en dissolution. Un excès d’acide empêche cette décomposition.
Ils sont presque tous incolores. Ils forment avec les réactifs les précipités suivants :
Potasse, soude , ammoniaque. — Précipité blanc d’hydrate de protoxyde de bismuth, insoluble dans un excès de précipitant, et devenant jaune par l’ébullition.
CHLORURE DE BISMU’JH.
IM
Carbonate de potasse , de soude , d'ammoniaque. — Précipité blanc, insoluble dans un excès de réactif.
Cyano ferrure de potassium. — Précipité blanc, insoluble dans l’acide chlorhydrique.
Cyanoferride de potassium. — Précipité jaune sale, soluble dans l’acide chlorhydrique.
Tannin. — Précipité jaune orangé.
Acide sulfhydrique. — Précipité noir ou brun dans les liqueurs étendues : ce précipité se forme même dans les liqueurs acides. La couleur de ce sulfure suffit pour distinguer les sels de bismuth et d’antimoine.
Sulfhydrate d'ammoniaque, — Précipité noir, insoluble dans un excès de réactif.
Chromate de potasse. — Précipité jaune, insoluble dans l’eau.
Le zinc précipite le bismuth de ses dissolutions, sous la forme d’une masse spongieuse noire. Le cuivre et l’étain précipitent également le bismuth à l’état métallique.
La présence des substances organiques n’empêche pas la précipitation des sels de bismuth par l’eau ou les réactifs.
L’acide azotique est le dissolvant qu’on doit employer de préférence pour attaquer un alliage dont le bismuth fait partie.
Dans les analyses, le bismuth est ordinairement précipité de ses dissolutions par le carbonate d’ammoniaque ; le carbonate de bismuth est ensuite transformé en oxyde par la calcination.
CHLORURE DE BISMUTH. Bi2Cl3.
Bi2 2660,76 66,68
Cl3 1329,60 33,32
Le chlorure de bismuth est volatil, très fusible et déliquescent ; l’eau le décompose en un sel acide qui est soluble, et en un oxychlorure insoluble qui se précipite. Cet oxychlorure a pour formule: (Bi203)2, Bi2Cl3 ; il abandonne par lu chaleur une partie du chlorure qu’il contient, et laisse pour résidu un nouvel oxychlorure : (Bi203) 6 , Bi2C 1 3 .
Le chlorure de bismuth parait s’unir encore en d’autres proportions avec l’oxyde de bismuth. Il absorbe le gaz ammoniac. Il forme avec les chlorures des métaux alcalins des chlorures doubles représentés par la formule générale (MCl)2,Bi2Cl3.
On obtient facilement ces composés en dissolvant le chlorure de bismuth dans l’acide chlorhydrique bouillant, et en ajoutant un chlorure
BISMUTH
alcalin à la dissolution: le chlorure double cristallise par le refroidissement des liqueurs ; la présence de l’acide chlorhydrique l’empêche d’être décomposé par l’eau. (M. Jacquelain.)
Préparation.
On prépare te chlorure de bismuth en chauffant du bismuth dans un courant de chlore sec, ou bien en dissolvant de l’oxyde de bismuth dans de l’acide chlorhydrique concentré.
On peut l’obtenir encore en distillant 1 partie de bismuth avec 2 parties de bichlorure de mercure.
BROMURE DE BISMUTH. Bi2Br3.
Ce composé s’obtient en faisant passer des vapeurs de brome sur du bismuth réduit en poudre et chauffé. Il est solide, d’un gris d’acier, fusible à 200° en un liquide rouge foncé, peu volatil. Il est décomposé par l’eau et transformé en un oxy bromure insoluble.
IODURE DE BISMUTH. Bi2!3.
Lorsqu’on verse un iodure alcalin dans une dissolution étendue d’azotate de bismuth, il se forme un précipité brun noirâtre d’iodure de bismuth Bi2!3, que des lavages à l’eau froide n’altèrent pas, mais qui se change dans l’eau bouillante en un oxy -iodure (Bi203)2,Bi2I3, correspondant à l’oxychlorure de bismuth. On connaît un autre oxy-iodure (Bi203)5,(Bi2I3)2 qui est jaune orangé, et qu’on obtient en versant de l’azotate de bismuth dans une dissolution très étendue d’iodure de potassium.
L’iodure de bismuth peut s’unir à l’acide iodhydrique et à l’iodure de potassium.
Quand on évapore une dissolution d’iodure de bismuth saturée d’acide iodhydrique, on obtient des cristaux octaédriques à base rhombe, qui ont pour formule : Bi2I3,HI,8HO. (M. Arppe. )
L’iodure de potassium et de bismuth, (KI)2,Bi2I3,âHO, cristallise en tables rhomboïdales.
L’iodhydrate d’iodure de bismuth , évaporé avec de Fiodure de potassium, laisse déposer de petits cristaux noirs, solubles dans l’eau, (KI)4,Bi2I3,HI, qui se détruisent par la chaleur. (M. Arppe.)
Le fluorure de bismuth est soluble dans l’eau.
Le cyanure de bismuth n’a pas été isolé.