CI M
1236, ZiO 100,00
Le protochlorure de cuivre est blanc : il est fusible au-dessous de la chaleur rouge; chauffé au contact de l’air, il répand des vapeurs abondantes et se volatilise.
Il est à peu près insoluble dans l’eau ; l’acide chlorhydrique le dissout, en formant une liqueur légèrement colorée en brun, qui laisse déposer, par le refroidissement, des cristaux tétraédriques blancs; cette même liqueur est précipitée par l’eau, qui en sépare le protochlorure de cuivre, sous la forme d’une poudre blanche, pesante.
L’acide azotique le dissout en le décomposant.
cnvRE .
La potasse et 3a soude en précipitent de l’hydrate de protoxyde de cuivre de couleur jaune.
L ammoniaque le dissout facilement: la dissolution est incolore lorsqu elle est laite à 1 abri de l’air ; elle devient bleue par le contact de l’oxygène, et peut servir a constater la présence d’une très petite quantité de ce gaz. On emploie quelquefois la dissolution de protochlorure de cuivre dans 1 ammoniaque comme liquide eudiométrique, dans l’analyse de l’air ou d’un mélange gazeux contenant de l’oxygène ou de l’oxyde de carbone qui est absorbé par le protochlorure de cuivre. (M. Leblanc.) (Aoy. Oxyde de carbone .)
La dissolution de protochlorure de cuivre dans l’acide chlorhydrique est un désoxydant aussi énergique que le protochlorure d’étain. Elle verdit à 1 air, et se change en deutochlorure. Elle précipite l’or de ses dissolutions.
Le protochlorure de cuivre forme avec les chlorures de potassium et de sodium des composés cristallisables représentés par les formules KG!,Cu2Cl et NaCl,Cu2Cl. (M. Mitscherlich.)
Préparation.
On obtient le protochlorure de cuivre :
1° En faisant passer du chlore sur du cuivre en excès porté au rouge.
2° En chauffant du cuivre en limaille avec du bichlorure de mercure.
3° En attaquant à chaud le cuivre par l’acide chlorhydrique.
4° En traitant le deutochlorure de cuivre par du cuiyre métallique, et en précipitant la dissolution par l’eau.
51 En décomposant du bichlorure de cuivre par une dissolution concentrée et légèrement acide de protochlorure d’étain ; il se forme alors un pi écipité blanc, facile a laver, qu on peut obtenir cristallisé en tétraèdres incolores, en le dissolvant à l’abri de l’air dans l’acide chlorhydrique, et en abandonnant la dissolution au refroidissement.
6° En versant un sulfite alcalin dans une dissolution de bichlorure de cuivre, jusqu’à ce que la liqueur soit presque complètement décolorée. La réaction est accompagnée d’un vif dégagement d’acide sulfureux :
2CuCl -f (K0,S02)2 == Cu2Cl + KC1 -f K0,S03 + SO2.
L acide sulfureux qui reste libre dans la liqueur ne dissout pas le protochlorure rie cuivre, en sorte que ce corps se précipite complètement. Quand on fait passer un courant d’acide sulfureux dans une dissolution très concentrée de bichlorure de cuivre, on obtient de beaux cristaux de protochlorure de cuivre, mais une partie de ce composé reste en dissolution dans l’acide chlorhydrique redevenu libre :
2CnCl -f SO2 -f 2110 = Cu2Cl -f HCl -f S03,IIO.
( M. Péan de Saint-Gilles.)
OXYCHLORURES DE CUIVRE.
DEUTOCHLORURE DE CUIVRE, CuCl.
Cu 396,60 . . /,7,o2
Ce corps est d’un brun jaunâtre lorsqu’il est anhydre ; chauffé à une température supérieure à 200°, il dégage du chlore, et se transforme en protochlorure. Il est soluble dans l’eau et même déliquescent ; l’alcool le dissout et acquiert ainsi la propriété de brûler avec une flamme verte.
Sa dissolution dans 1 eau est bleue quand elle est étendue, et verte lorsqu’elle est concentrée : elle abandonne par l’évaporation des prismes allongés, de couleur verte. Elle peut dissoudre une certaine quantité de protochlorure de cuivre.
Le chlorure de cuivre anhydre absorbe 3 équivalents de gaz ammoniac, se boursoufle, et donne ainsi un composé bleu.
Le chlorure de potassium et le chlorhydrate d’ammoniaque se combinent avec le chlorure de cuivre et forment des composés bleus cristallisés en octaèdres à base carrée et représentés par les formules :
KCl,CuCl,2HO ; AzH3,HCl,CuCl,2HO.
Préparation.
On peut obtenir le deutochlorure de cuivre : 1° En chauffant du cuivre dans un courant de chlore, ce gaz étant en excès : le chlore a une telle affinité pour le cuivre, qu un fil de ce métal brûle avec un vif éclat, lorsqu’après l’avoir légèrement chauffé, on le porte dans un flacon plein de chlore ; 2° en dissolvant le cuivre dans un excès d’eau régale, et évaporant la liqueur à sec; 3° en dissolvant le deutoxyde de cuivre dans l’acide chlorhydrique; 4° en précipitant le sulfate de cuivre par le chlorure de calcium, et en ajoutant dans la liqueur de l’alcool qui précipite le sulfate de chaux et dissout le chlorure de cuivre.
OXYCHLORURES DE CUIVRE.
Le deutochlorure de cuivre forme en s’unissant au deutoxyde de cuivre les oxychlorures suivants :
r CuCl,2CuO ;
2° CuCl,3CuO;
3° CuCUCuO.
L oxychlorure CuCl,(CuO)3,4HO, peut être obtenu en précipitant une dissolution de bichlorure de cuivre avec la quantité de potasse indiquée par l’équation suivante : 4CuCl -f 3KO = 3KC1 + CuCl,3CuO.
CUIVRE
Le précipité vert qui se produit de la sorte est identique, quant à la composition, avec un minéral d’un vert très riche qu’on trouve au Chili et au Pérou cristallisé en prismes droits rhomboïdaux, et avec la matière connue en peinture sous le nom de vert de Brunswick.
On prépare en grand le vert de Brunswick en mouillant de la tournure de cuivre avec de l’acide chlorhydrique, ou avec une dissolution de sel ammoniac, et l’abandonnant au contact de l’air ; il se forme à la surface du cuivre une couche d’oxychlorure qu’on en détache avec de l’eau et qu’on sèche ensuite à une douce chaleur.