C4HC
C4 Cl6
qui présentent ceci de remarquable, qu'ils possèdent le môme groupement mécanique que l'éther chlorhydrique d'où ils dérivent. Nous n'entrerons ici dans aucun détail relativement aux propriétés de ces différentes substances; nous ferons seulement remarquer que le premier produit de la substitution exercée dans la molécule de l'éther chlorhydrique est isomérique avec la liqueur des Hollandais; qu'il en est de môme à l'égard du second produit et de la liqueur des Hollandais monochlorée, et qu'enfin cette isomérie se poursuit jusque dans le dernier terme qui est ^in chlorure de carbone. Ce produit final est seul identique dans les deux séries; quant aux autres, il n'y a qu'isomérie, résultat qu'on peut mettre en évidence au moyen d'une dissolution alcoolique de potasse qui agit vivement sur la liqueur des Hollandais et ses dérivés, et n'exerce aucune action sur les produits dérivés de l'éther chlorhydrique par substitution.
BROMURE D'ÉTHYLE ( ÉTHER BROMHYDR1QUE).
Éq. = i362,5 ou 109.
§1119. Ce composé s'obtient à la manière de l'éther chlorhydrique en saturant l'alcool de gaz bromhydrique et distillant au bain-marie. 11 est préférable d'introduire dans une cornue 20 parties d'alcool du commerce et 1 partie de phosphore, et de verser graduellement par la tubulure de la cornue 8 parties de brome. H se produit ainsi du bromure de phosphore qui, par sa réaction ultérieure sur l'eau de l'alcool, donne naissance à de l'acide phosphoreux et à de l'acide bromhydrique. Ce dernier, réagissant sur l'alcool à mesure de sa production, donne naissance à de l'éther bromhydrique qu'on peut condenser dans un récipient refroidi. Pour le débarrasser de l'alcool qu'il entraîne toujours en propor-
i4o IODURE D'ÉTHYLE.
tion plus ou moins notable, on le lave avec de l'eau qu'on alcalise légèrement; on le fait digérer ensuite sur du chlorure de calcium ; enfin on le distille.
L'éther bromhydrique parfaitement pur est un liquide incolore, son odeur et sa saveur ont quelque chose de pénétrant et d'éthéré ; sa densité est de i ,43. La densité de sa vapeur est égale à 3,754. Il bout à + 4°°)7»
Lorsqu'on fait passer sa vapeur à travers un tube de porcelaine chauffé au rouge, il se décompose, à la manière de l'éther chlorhydrique, en acide bromhydrique et en gaz oléfiant.
Il brûle difficilement avec une flamme verte, en dégageant beaucoup d'acide bromhydrique. Sa composition est exprimée par la formule
C«H&Br = 4 vol. vap.
IODURE D'ÉTHYLE (ÉTHER IODHYDRIQUE).
• Éq. = 1950 ou i56.
§ H20. Ce composé s'obtient par un procédé tout semblable à celui que nous venons de décrire pour la préparation de l'éther bromhydrique, en substituant l'iode au brome.
À cet effet, on introduit dans une cornue de verre bitubulée a5o grammes d'alcool absolu et 5o grammes d'iode; on descend alors dans la liqueur un fragment de phosphore attaché à l'extrémité d'un fil de platine. Dès que la liqueur est décolorée, on en retire le phosphore, on y ajoute une nouvelle dose d'iode, puis on y plonge de nouveau le phosphore comme précédemment, et l'on répète ce traitement un certain nombre de fois. Pour saturer la proportion d'alcool précitée, il faut employer 170 grammes d'iode et 5o grammes de phosphore. Quand l'opération est terminée, on procède à la distillation et l'on recueille le produit dans un récipient refroidi; on le lave avec de l'eau, on le fait digérer sur du chlorure de calcium, on l'agite avec du mercure, puis on le distille.
§ H21. Ainsi purifié, l'éther iodhydrique est un liquide incolore, neutre aux réactifs colorés, d'une odeur éthérée et pénétrante; sa densité est de 1 , 975 à o degrés ; la densité de sa vapeur est égale à 5,47; il brûle difticilement en répandant des vapeurs abondantes
IODURE D'ÉTHYLE. 141
d'iode; il se colore rapidement à l'air, surtout sous l'influence do la lumière solaire.
Chauffé avec de l'eau à i5o degrés dans un tube scellé à la lampe, il se transforme en éther et en acide iodhydrique ; c'est ce qu'exprime l'équation.
. a(C*HiI)4-aH0 = CsHl,0J+aIH.
Sa vapeur, comme celle des éthers précédents, se décompose au rouge sombre; ici les produits sont différents : on obtient du gaz oléfiant, de l'éthylène iodé et de l'hydrogène libre.
Le chlore l'attaque très-facilement; il se dépose de l'iode, et Ton obtient de l'éther chlorhydrique. La potasse en dissolution aqueuse «agit pas sur lui d'une manière immédiate; en dissolution alcoolique, elle l'attaque au contraire tiès-rapidement.
L'oxyde d'argent agit promptement sur l'éther iodhydrique à la température de l'ébullition; fait-on intervenir l'eau, ce produit se convertit alors en alcool et en iodure d'argent.
L'ammoniaque, surtout en dissolution alcoolique, l'attaque à laide de la chaleur en produisant des bases qui n'en diffèrent que par la substitution de l'éthyle à l'hydrogène; nous reviendrons plus lard avec détails sur le mode de formation et les propriétés de ces curieux produits.
L'action des métaux, et notamment celle du zinc sur l'éther iodhydrique, est des plus remarquables. En effet, lorsqu'on chauffe à i5o degrés au bain d'huile dans un tube scellé à la lampe un mélange d'éther iodhydrique bien sec et de zinc en poudre, il se produit des cristaux d'iodure de zinc, il se forme Un gaz, et l'on obtient en outre un liquide très-mobile qui renferme tout à la fois du charbon, de l'hydrogène et du zinc. Le gaz qui se dégage dès qa'on brise la pointe effilée du tube est un mélange d'éthyle et de gaz oléfiant. La formation de ces différents produits peut s'expliquer au moyen des équations suivantes :
C4IPH-2Zn = C4HsZn-hZnI, a C4 H5 1 4- 2 Zn = a Zn 1 4- C8 H1 0 , aC*H*I + aZn = aZnlH-C4H6+ffH4.
Le liquide qu'on désigne sous le nom de zinc-éthyle ne diffère de l'éther iodhydrique qu'en ce qu'une molécule de zinc y rem-
142 IODUHE D'ÉTHYLE.
place la molécule d'iode. C'est un composé fort remarquable sur lequel je reviendrai dans un prochain chapitre.
Lorsqu'on ajoute au mélange précédent une petite quantité d'eau, on n'obtient que de l'hydrure d'éthyle et de l'oxyiodure de zinc. La réaction s'exprime au moyen de l'équation
2C4H5I-f-^H04-4Zn = 2(C4H6)-f-2(ZnI,.ZnO).
Remplace-t-on l'eau par de l'alcool absolu, on obtient de l'hydrure d'éthyle, de l'éther et de l'oxyiodure de zinc
2C4Hî'I + 2C4H0O2-r-4Zn = 2C4Hfi-hC8H,0O24-a(ZnI, ZnO).
.L'étain, à une température de 160 à 180 degrés, attaque rapidement l'éther iodhydrique ; on obtient un liquide jaunâtre qui se concrète par le refroidissement en une masse formée de longues aiguilles blanches. Ce produit renferme tout à la fois du charbon, de l'hydrogène, de l'étain et de l'iode. Lorsqu'on brise la pointe effilée du tube, il ne se dégage pas trace de gaz. La réaction fort simple s'exprime au moyen de l'équation
C'H'I + Sn^C^Sn, I.
C'est l'iodure d'un composé ternaire fonctionnant à la manière d'un radical, auquel on donne le nom de stannéthyle.
Le plomb, l'arsenic, le phosphore et l'antimoine attaquent vivement l'éther iodhydrique sous l'influence d'une température de 160 à 180 degrés, en donnant naissance à des produits sur l'étude desquels nous reviendrons plus tard.
L'éther iodhydrique précipite immédiatement une dissolution alcoolique d'azotate d'argent. Cet éther jouit, ainsi que l'a reconnu M. Wurtz, de la propriété de décomposer tous les sels d'argent à l'état sec, ce qui fournit un moyen d'éthérification précieux qui pourra s'appliquer d'une manière heureuse à la préparation d'un certain nombre d'éthers difficiles à obtenir par les méthodes ordinaires.
La composition de l'éther iodhydrique est représentée par la formule
C4HSI = 4 vol. vap.
SULFURE D'ÉTHYLE.
CYANURE D'ÉTHYLE (ÊTHER CYANIIYDRIQUE).
Éq. = 687,5 ou 55.
S 1122. En distillant dans une cornue de verre un mélange de cyanure de potassium et de sulfovinate de potasse bien sec, on obiient un liquide qui, purifié par une digestion sur du chlorure de calcium et par une distillation sur de l'oxyde rouge de mercure, est incolore, très-mobile, et possède une odeur alliacée et éthérée tout à la fois. Sa densité est de 0,871. 11 bout à 82 degrés. Une dissolution concentrée de potasse l'attaque rapidement à la température de l'ébullition, il se dégage de l'ammoniaque, et l'on obtient du propionate de potasse, ainsi que le démontre l'équation suivante :
C4H5, CUz4-KO + 3HO = AzH3 + Cni50\ KO.
Étber cyanbydrique, Propionate de potasse.
La composition de l'éther cyanbydrique est exprimée par la formule
| C4HS, C7Az= 4 vol. vap.
Lorsqu'on fait tomber de l'éther cyanbydrique sur du potassium, ce produit se décompose avec violence, laisse dégager des gaz au nombre desquels se trouve le méthyle, et donne une petite quantité d'une combinaison isomérique douée de propriétés basiques à laquelle on donne le nom de cyanëthine. L'équivalent de ce produit, représenté par la formule
1 , C,8A,&Az\
démontre qu'il ne diffère de l'éther cyanbydrique qu'en ce que 3 molécules se sont condensées en une seule, résultat que présentent très-fréquemment les combinaisons cyaniques.
SULFURE D'ÉTHYLE (ÉTHER SULFHYDR1QUE ).
Éq. = 1 125 ou 90.
§ 1123. Ce composé se prépare très -facilement en faisant arriver jusqu'à saturation complète de l'éther chlorhydrique dans une dissolution alcoolique de monosulfure de potassium, laissant digérer
i44 SULFHYDRATE DE SULFURE D'ÉTHYLE.
les matières pendant vingt-quatre heures et distillant ensuite. L'insolubilité du chlorure de potassium dans l'alcool détermine une double décomposition sous l'influence de laquelle le chlore et le soufre se remplacent, de telle sorte qu'on obtient tout à la fois du chlorure de potassium et de l'éther sulfhydrique, ainsi que l'exprime l'équation suivante :
C*H5Cl-hKS=KCl4-C4HsS.
On peut également obtenir ce produit en soumettant à la distillation un mélange de sulfure de potassium et de sulfovinate de baryte desséché.
C'est un liquide incolore et très-mobile. Son odeur alliacée trèspénétrante est des plus désagréables. Sa densité est de o,8a5 à 10 degrés. La densité de sa vapeur est égale à 3 , 1 ; il bout à 90 degrés. Le chlore l'attaque vivement et donne naissance à des produits de substitution comparables à ceux que fournit son analogue l'éther ordinaire C*HàO lorsqu'on le met en présence de cet agent.
Sa composition est exprimée par la formule
C'H"S'=4 vol. vap. ■ •
SULFHYDRATE DE SULFURE D'ÉTHYLE, OU MERCAPTAN
ÉTHYLIQUE. Éq. = 775 ou 6*.
§ 1124. Si dans l'expérience précédente on remplace le monosulfure de potassium par le sulfhydrate de sulfure, au lieu de produire de l'éther sulfhydrique comme précédemment, on obtient une combinaison définie de cet éther avec l'acide sulfhydrique à laquelle on donne le nom de mcrcaptan, dérivé des deux mots latins menu* Hum captans, en raison de la manière énergique avec laquelle il agit sur l'oxyde rouge de mercure.
A l'état de pureté, c'est un liquide incolore, très-limpide, d'une odeur très-fétide qui rappelle celle des oignons. Sa densité, sous forme liquide, est de o,835. A 0.0 degrés, la densité de sa vapeur est égale à 2,11; il bout à 63 degrés. Une basse température le solidifie. Fort peu soluble dans l'eau, il se dissout facilement dans l'alcool et l'éther. Il dissout le soufre, le phosphore, l'iode et bon nombre de substances organiques. Le potassium et le sodium agissent vivement sur lui, surtout à l'aide de la chaleur,
BISULFURE DÉJHYLE. 145
et dégagent i équivalent d'hydrogène auquel ils 6e substituent. La réaction, analogue à celle que ces métaux produisent avec l'alcool absolu, peut s'exprimer au moyen de l'équation
C4H6Sî-fK==H + C4HfcKS'.
L'acide azotique, de concentration moyenne, l'attaque énergiquement, des vapeurs rutilantes se dégagent en abondance, et l'on obtient une liqueur rouge pesante, douée d'une odeur fétide; en continuant l'action, cette huile disparaît à son tour, et l'on obtient une liqueur fortement acide qui retient en dissolution un acide particulier désigné sous le nom d'acide éthylsulfureux.
Les oxydes métalliques des dernières sections réagissent vivement sur le mercaptan; une portion de l'hydrogène s'empare de l'oxygène de l'oxyde pour former de l'eau, tandis que le métal, mis en liberté, prend la place de l'hydrogène dégagé pour donner naissance à des composés qu'on désigne sous le nom de mercaptides.
Ces composés cristallisent généralement fort bien, et notamment le mercaptide de mercure, qui se présente sous la forme de belles écailles blanches d'apparence nacrée.
La composition du mercaptan est exprimée par la formule
C4H€S> = C4 H* S, HS = 4 vol. vap.,
celle des raercaptides par la formule
CH'MS^fflPS, MS.
Si l'on compare la formule du mercaptan et des mercaptides à celle de l'alcool et des éthylates, on voit que ces corps n'en diffèrent qu'en ce que l'oxygène s'y trouve remplacé par une quantité de soufre équivalente. Le mercaptan ne serait donc autre chose que de l'alcool sulfuré, et les mercaptides des éthylates sulfurés.
BISULFURE D'ÉTHYLE. Éq. = 76-2,5 ou 61.
§ 1i25. Si l'on distille un mélange de bisulfure de potassium et de sulfovinale de potasse, on obtient une huile jaunâtre douéo dune odeur excessivement fétide, qu'on purifie par des lavages réitérés, par une digestion sur le chlorure do calcium et par une rectification ménagée.
146 SÉLÊNJURE D'ÉTHYLE.
On obtient de la sorte un liquide incolore, d'une odeur alliacée fort désagréable et très-persistante. Insoluble dans l'eau, ce produit se dissout en abondance dans l'alcool et l'éttier.
Sa densité, à l'état liquide, est sensiblement la même que celle de l'eau; la densité de sa vapeur est égale à 4^7* A bout à i5i degrés. L'acide azotique de concentration moyenne exerce sur lui la même action que sur le mercaptan. La composition du bisulfure d'éthyle est exprimée par la formule
C4H*S3 = 2vol.
SÉLÉNIURE D'ÉTHYLE (ÊTHER SÉLÉNHYDR1QUE).
Éq.— 1718,8 ou 137, 5.
§ ii26. Lorsqu'on soumet à la distillation un mélange de séléniure de potassium et de sulfovinate de potasse, il passe avec la vapeur aqueuse une huile limpide jaune clair, d'une odeur excessivement désagréable, qu'on purifie par des lavages à l'eau, une digestion sur du chlorure de calcium et la rectification.
A l'état de pureté, le séléniure d'éthyle se comporte à la manière d'un véritable radical auquel on donne le nom de sélènéthyle; ce radical s'unit, en effet, directement au chlore, au brome et à l'iode, avec lesquels il forme des huiles pesantes, qui se comportent exactement à la manière des chlorures, bromures et iodures métalliques.
En traitant à chaud le séléniure d'éthyle par de l'acide azotique de concentration moyenne, il disparait avec dégagement de bioxyde d'azote. L'évaporation du liquide fournit une matière cristallisée résultant de la combinaison de 1 molécule d'acide azotique et de 1 molécule d'oxyde de sélènéthyle. La composition du sélènéthyle est exprimée par la formule
C8H'*So2-4 vol.
Les composés précédents sont représentés par les formules
CfiH,0Se'O2, C8irSe5 Cl2, CH'^Se2 Br=, C8H,0Se2 F,
C'H"Se2, O2, aAzOS HO.
UIQIHZ6<J Dy VjUO
TELLURURE D'ÉTHYLE. 147
Dans l'action réciproque du séléniure d'éthyle et de l'acide azotique, il se forme en outre un acide cristallisabîe plus riche en oxygène que l'oxyde de sélénéthyle qui présente avec l'acide éthyl sulfureux une grande analogie.
TELLURURE D'ÉTHYLE (ÉTHER TELLURH YDRIQUE ) .
Éq.=: 2337,5 ou 187.
§1127. Ce composé s'obtient en soumettant à la distillation un mélange de tellurure de potassium et de sulfovinate de potasse. On voit bientôt apparaître des vapeurs jaunes qui së condensent dans le récipient sous la forme d'une huile pesante qu'on purifle par une méthode analogue à celle que nous avons décrite pour le séléniure d;éthyle.
Le tellurure d'éthyle se comporte à la manière de ce dernier comme un véritable radical, auquel on donne le nom de telluréthyle; c'est une huile jaune-rougeàtre, plus pesante que l'eau, douée d'une odeur nauséabonde très -forte et très- persistante. Il bout vers 100 degrés, s'enflamme par l'approche d'un corps en ignition, et brûle avec une flamme blanche en répandant d'abondantes vapeurs d'acide tellureux. Il s'altère promptement à l'air.
Une dissolution alcoolique de telluréthyle abandonnée au contact de l'air en absorbe rapidement l'oxygène et se convertit en oxyde de telluréthyle. C'est une masse poisseuse, difficilement cristallisabîe, qui se décompose par la concentration en laissant dégager du telluréthyle. Les corps avides d'oxygène, tels que 1 acide sulfureux, réduisent facilement l'oxyde de telluréthyle et mettent le radical en liberté.
Nous nous contenterons d'indiquer ici les formules des principaux composés formés par le telluréthyle. On a
Telluréthyle (radical) C8H,0Te3,
Oxyde de telluréthyle C8H,0Te2, 0*
Sulfure de telluréthyle C8H'°Te2, S2,
Fluorure de telluréthyle. . . . C8Hl0Te2, FP,
Chlorure de telluréthyle .... C8 H,0Te2, Cl2,
Oxychlorure de telluréthyle. C*H,0Te2, Cl2, C8H,0Te2, O2,
Bromure de telluréthyle. ... C8H"Te2, Br3,
Oxybromure de telluréthyle. C8H"Te2, Br2, C8H,0Te2, 0J,
148 AZOTITE D'ÉTHYLE.
Iodure de telluréthyle C8H,0Te*, P,
Oxyiodure de telluréthyle. . . C$H,0TeJ, P, C«H,0TeJ, O5,
Sulfate de telluréthyle C8H,0TeJ, O*, SO>, HO,
Oxalate de telluréthyle. .... C»HlfTe», O*, C'0\ HG.
Je reviendrai sur ces produits dans un chapitre que je. consacrerai tout entier à l'histoire des radicaux.
ÉTHSRS COMPOSÉS.
AZOTITE D'ÉTHYLE (ÊTHER AZOTEUX).
Éq. = 937,5 ou 75.
§ 11 28. Ce composé, découvert par Kunckel en 168 1, se forme par Faction de l'acide azoteux ou de l'acide azotique sur l'alcool.
Le meilleur procédé pour l'obtenir consiste à faire passer un courant de gaz nitreux dans de l'alcool du commerce, en condensant le produit dans un récipient convenablement refroidi. On agile l'éther impur avec son volume d'eau, puis, après l'avoir décanté, on le rectifie sur du chlorure de calcium.
A l'état de pureté, c'est un liquide jaune pâle, d'une odeur de pomme de reinette fort agréable et tout à fait caractéristique. Sa densité est de 0,947 à i5 degrés. La densité de sa vapeur est égale à a, 627. Il bout à 17 degrés et produit un froid considérable par son évaporation, si bien que lorsqu'on le verse sur de l'eau et qu'on souffle légèrement dessus, il en détermine aussitôt la solidification. Il exige environ 5o parties d'eau pour se dissoudre. Il se dissout en toutes proportions dans l'esprit-de-bois, l'alcool et l'éther.
L'éther azoteux se décompose spontanément à la longue; cette décomposition est rapide en présence de l'eau ; il se forme dans cette circonstance une grande quantité d'acide malique.
Lorsqu'on fait passer l'éther azoteux à travers un tube de porcelaine chauffé au rouge, il se décompose en produisant de l'eau, du carbonate et du cyanhydrate d'ammoniaque, une matière huileuse et des gaz, qui consistent en azote, bioxyde d'azote, oxyde de carbone et hydrogène carboné; il se dépose, en outre, une petite quantité de charbon.
Suivant M. Kuhlmann, ses vapeurs, chauffées à 400 degrés, en
AZOTATE D'ÉTHYLE. 149
présence de l'éponge de platine, donnent du bioxyde d'azote. A une température plus élevée, on obtient du gaz des marais, de l'oxyde de carbone, de l'acide cyanhydrique, de l'ammoniaque et du charbon.
Le sulfhydrate d'ammoniaque le décompose énergiquement; il se produit de l'eau, de l'ammoniaque et de l'alcool ; du soufre se dépose. La réaction s'explique au moyen de l'équation
(AzO3, C4H50) + 6SH = C4HB024-2HO + AzH3-{-6S.
La composition de l'éther azoteux est représentée par la formule
AzO', C4HsO= 4 vol. vap.
AZOTATE D'ÉTHYLE (ÊTHER AZOTIQUE).
Éq.= 1 1 37 , 5 ou 91. *
§H29. Ce composé s'obtient en soumettant à l'action d'une douce chaleur un mélange de 1 volume d'acide azotique concentré et de 2 volumes d'alcool auxquels on ajoute une petite quantité d'azotate d'urée pour éviter la production des vapeurs nitreuses. On purifie le produit distillé en le lavant avec une dissolution légèreraenfalcaline, le faisant digérer sur du chlorure de calcium et le rectifiant ensuite.
L'azotate d'éthyle possède une odeur douce et suave ; sa saveur fortement sucrée laisse un arrière-goût d'amertume : sa densité est de 1,112 à 17 degrés. Il bout à 85 degrés; sa vapeur brûle avec une flamme blanche. Lorsqu'on le chauffe à une température un peu supérieure à son point d'ébuliition, il détone avec violence. *
Une dissolution aqueuse de potasse, même concentrée, n'exerce aucune action sur l'azotate d'éthyle; une dissolution alcoolique l'altère rapidement, il se sépare bientôt de cristaux de nitre.
Lorsqu'on le dissout dans de l'alcool ammoniacal et qu'on dirige dans la liqueur un courant d'acide suifhydrique en chauffant légèrement, il se dépose du soufre, et l'on obtient de l'ammoniaque et du mercaptan, ainsi que l'exprime l'équation suivante :
C4 Hs AzO« -H 10 SH = 8 S 4- 6 HO 4- Az H3 + C4 H6 S".
Éiher azotiqoe. Mercaptan.
i5o ACIDE ÉTHYLPHOSPHOREUX.
SULFITE D'ÉTHYLE (ÉTHER SULFUREUX).
Éq.= 1735 oa i38.
§ 1130. Ce composé se forme par la réaction du protochlorure de soufre sur l'alcool absolu : on n'a pu, jusqu'à présent, l'obtenir d'une manière directe en faisant réagir l'acide sulfureux sur l'alcool.
Cet éther est liquide, incolore, très-limpide; son odeur rappelle celle de la menthe : il bout à 160 degrés. Sa densité est de 1,106 à zéro degré. Il brûle avec une flamme bleuâtre, l'air humide le décompose. L'action du chlore sur l'éther sulfureux est très-vive ; on obtient des cristaux de sesquichlorure de carbone, en même temps qu'il se forme un mélange d'acide chlorosulfurique et d'aldéhyde perchlorée. La composition de ce produit est représentée par la formule
S20*, aC4H»0=4vol.vap.