IODURE DE MÉTHYLE
11 résulte d'expériences que j'ai faites conjointement ave* M. Riche, que l'étain attaque rapidement l'iodure de raéthyle dans des tubes scellés à la lampe. Il se forme un liquide qui ne tarde pas à se concréter en une masse de cristaux magnifiques. Ce produit n'est autre chose que l'iodure d'un radical que nous désignerons sous le nom de stanméthyle et sur lequel je reviendrai plus tard. Ce radical est exprimé par la formule
C2H3Sn.
Il forme différents composés qu'on peut représenter par les formules
Iodure de stanméthyle C3H3Sn. I,
Chlorure de stanméthyle C2H3Sn, Cl,
Oxyde de stanméthyle C2H3Sn, 0,
Sulfate de stanméthyle C2H3Sn, 0, S0\
Azotate de stanméthyle C2H3Sn, 0, AzO\
Le stanméthyle est en outre accompagné d'un second radical que je décrirai d'une manière détaillée dans un chapitre spécial.
Lorsqu'on expose au soleil un mélange d'iodure de méthyle et de mercure métallique, le volume de ce métal diminue d'une manière notable, et des cristaux blancs ne tardent pas à se déposer sur les parois du vase. Au bout d'une semaine, la liqueur se prend en une masse de paillettes qu'on purifie par des cristallisations dans l'éther. Ce produit, dont on doit la découverte à JL Frantland, est l'iodure d'un radical auquel il a donné le nom de mercuro-méthyle \ Sa composition est exprimée par la formule
C2H3Hg.
Ce radical forme une série de combinaisons binaires et salines parfaitement définies.
Une dissolution alcoolique d'ammoniaque attaque rapidement l'iodure de méthyle à la température de ioo degrés. Il se forme, d'après les expériences de M. Hofmann, une série d'ammoniaques composées, sur lesquelles nous reviendrons quand nous nous occuperons de l'étude des bases organiques. La composition de l'io-
IODURE DE MÉTHYLE. i85' dure de méthyle est représentée par la formule
C'H3I^4vol. vap.
§ M 63. A Tiodure de méthyle se rattache un composé désigné sous le nom à'iodoforme qui n'en diffère qu'en ce que 2 molécules d'hydrogène se trouvent remplacées par a molécules d'iode.
Ce produit s'obtient par l'action de l'iode et des alcalis caustiques ou carbonatés sur l'esprit-de-bois, l'alcool, l'éther, l'acétone, le sucre de canne, le glucose, la dextrine, etc. Les proportions les plus convenables pour la préparation de ce produit sont :
1 partie d'iode;
1 parties de carbonate de soude cristallisé ; 1 partie d'alcool ; et 10 parties d'eau.
On commence par faire dissoudre le carbonate dans l'eau, puis on ajoute l'alcool, on chauffe le mélange à 60 ou 80 degrés, et Ton y projette Tiode par petites portions jusqu'à ce qu'il soit complètement dissous et que la liqueur soit décolorée. L'iodoforme apparaît vers la fin et le dépôt augmente à mesure que la liqueur se refroidit. On filtre alors la liqueur; on chauffe de nouveau l'eau mère à 80 degrés, et, après avoir fait dissoudre une proportion de carbonate de soude égale à la précédente et ajouté une nouvelle dose d'alcool, on fait passer un courant rapide de chlore, afin que par cette agitation continuelle l'iode, mis à nu, se mêle promptement au liquide. Lorsque l'opération est bien conduite, l'iode se trouvant en léger excès pendant toute sa durée, l'iodoforme se produit en abondance. Suivant M. Filhol, à qui l'on doit cette méthode, on peut substituer au carbonate de soude le borax ou le phosphate de soude, mais ces sels donnent de moins bons résultats. ♦
La composition de l'iodoforme est exprimée par la formule
CJHF.
Lorsqu'on distille ce corps avec du sublimé corrosif, il se dégage un liquide rouge foncé qu'une lessive de potasse décolore complètement. A l'état de pureté, c'est un liquide faiblement ambré qui
#i8fi AZOTATE DE MÉTHYLE.
prend à l'air une teinte rose. Il a pour formule
C'HCl'L
Le brome donne un composé semblable
C'HBr'I.
CYANURE DE MÉTHYLE. Éq. = 5i2,5 ou 41.
§ 1164. Ce composé s'obtient en soumettant à la distillation un mélange de sulfométhylate de potasse et de cyanure de potassium parfaitement desséchés On l'obtient pareillement en distillant de l'acétamide avec de l'acide phosphorique anhydre.
C'est un liquide incolore, doué d'une odeur cyanhydrique et aromatique, bouillant à la température de 77 degrés. La densité de sa vapeur est égale à i,45. Une dissolution concentrée de potasse l'attaque vivement à la température de l'ébullition ; de l'ammoniaque se dégage en abondance, et l'on obtient un acétate alcalin pour résidu. Cette réaction, analogue à celle que produit l'acide cyanhydrique, s'exprime au moyen de l'équation
C4HaAz-f-K04-3HO:-AzH5+C4H3Os, KO.
La composition du cyanure de méthyle est exprimée par la for-
§.M65. Ce composé s'obtient en introduisant dans une cornue f>o grammes de nitre en poudre, auxquels on ajoute un mélange de 100 grammes d'acide sulfurique concentré et 5o grammes d'esprit-de-bois. La chaleur qui se développe est suffisante pour que la réaction puisse s'accomplir d'elle-même d'une manière complète. Le produit distillé lavé à l'eau, puis séché sur du chlorure de calcium, est finalement rectifié au bain-marie.
A l'état de pureté, c'est un liquide incolore, d'une odeur faible et éthérée. Sa densité est de 1,18a. La densité de sa vapeur est de 2,640. Il bout à 66 degrés. Il est neutre, et brûle avec une flamme * jaune. Sa vapeur détone avec violence quand on la chauffe au-
C'Az, C2H5 = C4H3Az = 4vol.vap.
AZOTATE DE MÉTHYLE. Éq. ==962,5 ou 77.
ACÏDE MÉTHYLSULFUREUX ET MÉTHYLSULFITES. 187
dessus de i5o degrés. Peu soluble dans l'eau, cet éfcher se dissout en forte proportion dans l'alcool et l'esprit-de-bois.
Une dissolution alcoolique de potasse le convertit en azotate de potasse et en esprit-de-bois.
La composition de l'azotate de méthyle est exprimée par lafcrmule
AzO5, C'H'O.
§ 1166. En traitant la brucine par de l'acide azotique de concentration moyenne, il se dégage un produit gazeux à la température ordinaire, condensable dans un mélange réfrigérant qui paraît être Tazotite de méthyle
AzO3, C'H30. '
ACIDE MÉTHYLSULFUREUX ET MÉTHYLSULFITES.
§ 1167. Lorsqu'on fait agir l'acide azotique sur le bisulfure de méthyle, le sulfocyanure ou le mercaptan méthylique, on obtient un composé particulier qu'on désigne sous le nom d'acide met/nisulfureux.
C'est un liquide épais, incolore, inodore, qui ne se décompose qu'à une température supérieure à i3o degrés.
Cet acide est fort énergique, il forme des sels parfaitement déterminés et très-stables.
Sa composition est exprimée par la formule
CWS'O^aSO1, C'H30, HO.
Les méthjrlsulfites sont solubles et cristallisantes. La calcination les décompose en charbon, sulfure, oxyde de carbone et gaz fétides qui contiennent du soufre. Ces sels sont représentés par la formule générale