‹ Traité de chimie générale et expériméntale, avec les applications aux arts a la médecine et à la pharmacie; (volume 2)Chapitre 59 sur 95 · SIGNES CHIMIQUES · texte numérisé non relu

SIGNES CHIMIQUES

mières articulations de chlore et de chrome ; on emploie St

Sur stannum (étain), Sr pour strontium ^ Ca pour calcium, t pour cadmium^ Zu pour zinc, Zr pour zirconium, etc. Le tableau suivant donne les noms, les symboles et les poids relatifs correspondans des 55 élëmens chimiques rangés par ordre alphabétique :

AlumÎDtuni. ....... Al i7i»>7

Antimoine Sb. « . . • z6ia,go

Argent ' • • • Ag* ; • • • i35i,6c

Arsenic. * As 940*08

Azole N ou Az. • • i77i04

Baryum. ....... Ba 856,03

Bismuth Bi 3660,74

Bore B i36,3o

Br6me Br 978,30

Cadmium Cd 696,77

Calcîam. Ca a56,oa

Carbone; ' C. . . • '•' 75^00

Cérium Ce. ... . 674,69?

Chlore Cl 44«>t^2»

Chrome Cr 35i,8a

Cobalt Ce 368,99

Colombium ou Tantale. . . . Ta 11 53, 71

Cuivre. . . ' Cu 395,69

Étain. •;...... Sn 735,^9

Fer. ..••••••. Fe. .... 339,10

Fluor FI. ... • a33,8o

Glucyniom ou Béryllium. . . G ou Be. . . 33i,a6

Hydrogène. H x2,5o

Iode • . • • I x579,5o

Iridium Ir ia33,5o

Lanthane. La. ... . X

Lithium Li 8o,33

Magnésium. ...... Ma x 58,35

Manganèse Mn. .... 345,88

Mercure (Hydrargyrum). . « Hg. . « . . xa6S,8a

Molybdène « Mo 598,59

Nickel Ni 369,67

Or(Aurum). .;.... Au 3486,03

Osmium. ••.•.•.. Os 1944,48

Oxygène. .. . . . . . . O ou. . . . 100,00

PalUidiuro Pa 665,90

Phosphore. ..... . P 399,3 c

Platiuc . . . Pt 1333,89

Plomb Pb i39i,5o

ij,/ Poiassium <KaUum). . . . . K ou Po. . . 489,93

fthodtum, Rh «5i,38

Diôitized by

noTATiON. SaS

Sélénium 8« 494,58

Silicium • . . Si a??»^!

Sodium (Natrium). . . • . So ou Na. . • 290,89

Soufre S aoi,T6

Strontium Sr 547,18

Tellure Te 401,06

Thorioium Th. « . , . 744,90

Tilane. Ti 3o3,66

Tuogstène ou Wolfram. . . TnouW. . . ii83,oo

Uraniom U 74^987

Taoadiom Y 856,89

Titrium. ..*.... Y 4oa,Si

Zinc. Zo 4o3,a3

Zirconiom Zr 4>o,ao

La théorie atomique fait que Ton a souvent attribué à quelques signes chimiques une valeur différente de celle qu'ils ont dans le tableau précédent*

MM. Dumas, Thenard, Péligot^ Laurent, Malaguti adoptent les valeurs suivantes :

Carbone. C» . ^ . . • 37,5o

Hydrogène H 6,a4

Chlore Cl. . '. . . . aai,3a

Brome. . . «. Br 489,15

Iode. 1 7S917S

MM. Berzélius, Liebig et les autres chimistes allemands , M. Pelouze eu France , adoptent les mêmes nombres, a cela près qu'ils donnent au carbone un poids double du précédent ou 75, comme dans le tableau , p. 3a4*

Il est bien entendu d'ailleurs que les signes précédens ayant nne valeur une fois moindre que ceux du tableau général doivent être écrits deux fois au lieu d'une, pour que les proportions chimiques n'en soient point altérées. Cela est rendu sensible par les exemples snivans ;

^ équÏTalcM. AlomM.

Oxyde de carbone. . . . CO = CjO jt 175,0

▲dde carbonique. . . . CO2 =r aCO = 375,0

Bî-carbnre d*hydrogène. CH == aCH = 87,5

Eau HO = H2O = xza,5

Chlorure hydrique. .. . Cl H = aCIH =? 455, ^

Les faits de la chimie s'accumulant tous les jours , on sent

3a6 SIGNES CHIMIQUES.

le besoin de les réunir et de les grouper, afin de gënéraliaer. Ce besoin m'a conduit à adopter une nomenclature dont les noms pussent convenir à des séries chimiques tout entières, la même nécessité se fait sentir pour la notation. En effet , n'y a-t-il pas un avantage immense à représenter par un seul signe une suite de corps de natures différentes qui se comportent tous de la inème manière et qui peuvent exister dans un système moléculaire, en lui laissant toujours le même caractère? Pénétré de la nécessité d'établir une notation plus générale que celle que nous possédons , je me servirai dans la suite de cet ouvrage de symboles tirés de l'alpbabet grec, pour représenter des séries tout entières de corps isodynamiques.

Voici les signes adoptés :

Q représente les oxoïdes proprement dits.

S représente la même série, moins l'oxygène , pins le chrênie, I0 mangenèse, le molybdène, le tungstène et le vanadiam.

X représente les chloroides.

O les axotides (de phosphore).

2i les bondes (de silicium}.

r les aluminides ou glucides, et les corps donnant des oxydes isonoi^hes ayec l'alumine.

Kt les cassiterides.

iZv zinc,' magnésium.

Ilv fer, manganèse^ calcium, magnésium.

n calcium^ strontium, baryum, plomb.

2^ sîdéracés. fer, cobalt, nickel.

kl sImIm^ I ^^ potassium, ammonium, ««mcei» • • I Af sodium, argent.

XX argent, cuivre.

Xf or, argent, mercure.

Ilr , pUtine, palladium.

C'est dans les deux articles snivws et surtout dans Pétude de la chimie par groupes j qu'il sera facile de reconnaître les avantages immenses que peut présenter une notation générale.

Votaftîoii def compoaéf ehimlqaef .

Les corps composés sont représenta par les symboles des élémens qui entrçnt dans leur constitution. Comme chaque signe d'un corps élémentaire représente une quantité relative et déterminée de matière, on répète les signes autant de

HOTATION. 3a^

fois qu'il le faut pour conserver les rapports pondéraux qui existent entre les ëlëmens des corps. On sentira la possibilité de réaliser cette proposition , si l'on songe que chaque signe rej^ésente un équivalent d'une matière déterminée, et que les équivalens s'appliquent à la composition de tous les corps définis. Mn représentant 345 parties de manganise , O représentant loo parties d'oxygène y Mn O sera le protoxyde de manganèse ; le bi-oxyde de ce métal contenant une fois plus d'oxygène que le protoxyde, Mn O -J- O représentera le bi-oxyde; mais pour abréger, on emploie un exposant inférieur ou supérieur, comme dans le symbole suivant ; Mn 0% ou Mn O^. La première notation est préférable à la seconde ^ parce que cette dernière est usitée en algèbre avec une tout autre signification : Mn O, est au même titre l'acide manganique, et Mna O7 est l'acide byper-manganique. Plusieurs composés, placés à la suite les uns des autres, doivent être séparés parle signe pln5 , on a ainsi : Mn Oa -|~ ^^ ^^ ^^ bi-oxyde de manganèse, plus chlorure de sodium.

Lorsqu'un corps com^é doit être répété plusieurs fois, <m le fait précéder par un chiffre qui sert de multiplicateur, comme un coeiBcient algébrique. Ces sortes de coefficiens multiplient les symboles et leurs exposans; ainsi, a Mn Os veut dire deux fois MnOs^. c'est-à-dire 2» Mn + 4 O. L'effet des coefficiens . s'arrête généralement au plus prochain signe : -(-, — , = ou X> mais, pour éviter les équivoques, lorsque plusieurs composés sont multipliés par un même coefficient, il est convenable de les réunir entre deux paranthèses, comme dans cet exemple : 2 (Cl Ca + SO5 + H O).

La notation peut jusqu'à un certain point représenter les idées systématiques, relatives à l'arrangement des parties constituantes des corps ; par exemple, à la rigueur SO4 H représente exactement le sulfate hydrique ; mais si l'on veut que ce composé soit formé d'acide sulfurique et d'eau, on peut le noter ainsi : SOs, HO» Si l'on adoptait la théorie des hydracides de Davy, on l'écrirait ainsi : SO4, H. Pour représenter l'opinion de M. Persoz, il faudrait écrire : SOa, O, HO. Voici donc quatre opinions différentes représentées d'une manière assez nette , en faisant intervenir des modifications dans la position des signes.

La notation la plus usitée en chimie minérale est celle qui

3d8 SIGNES CHIMIQUES.

repose sur l'opinion que les sels sont formes d'acides et de bases. On emploie alors une virgule que Ton place entre l'acide et la base; si le compose est plus compliqué, tel que l'alun, par exemple, on sëpare les sels qui le forment par un point et une virgule, comme on le voit dans cet exemple SO,, KO; (SOs),, Ala 03524 HO.

VotatîoB det eompocéf ttnSammat des torpB îfodymunîqaes en ; les «as des autres*

Dans les composés cbimiques et surtout dans les substances minérales, il arrive souvent qu'un ou plusieurs cquivalens d'une matière déterminée peuvent se trouver remplacés par des fractions très variables d'équivalens de diverses matières ; mais la somme de ces fractions doit donner autant d'entiers qu'il doit y avoir d'équivalens. Gela s'observe principalement parmi les silicates et surtout cbez les grenats , les épidotesj les pyroxènes^ les amphiboles, etc. Dans les composés non oxygénés, on voit souvent aussi l'arsenic et l'antimoine se réunir pour compléter une formule déterminée. Ces divers corps, qui se remplacent ainsi, s'écrivent à la suite les uns des autres entre deux parenthèses ou les uns au-dessus des autres après une accolade.

Le grenat peut être représenté ainsi :

(Si O3) 3> (^h O3, Fe2 O3, Mn^ O3, Cr2 O3), 3(Ca O, Bfa O, Fe O, Ma O).

ou

AI3 O3 > / Ca O.

FcîOs ( , ) MaO.

j MnaOs ( "* J FeO.

l CraOs / ( ainO.

 l'aide des signes généraux , on peut représenter les grenats beaucoup plus facilement :

a Si O3, AX3 Os, Ma O.

En admettant que la silice même peut être remplacée par l'alumine et ses isodynamiques, la formule devient seulement:

Votation de Tozygène par des poinls.

Pour rendre les formules plus simples et plus faciles à saisir dans leur ensemble, on a indiqué chaque ^tome ou équivalent

aSiOa I

HOTATIOK. 3^9

d'oKygéoe par un point que l'on a placé au«des6us du signe représentant le corps avec lequel il se trouve combiné. Les exemples qui suivent suffiront po*ir faire comprendre cette notation : t

Mn • on Mo O protoxjde de manganèse.

lin ou Mn Oa bi-K)xyde de manganèse.

Mn ou Mn O3 acide mangani'que.

S K QU SO3 KO sulfate de potasse.

C Ca ou CO2, Ca O. • • carbonate de chaux. Az Na ou Az O5, Pïa O. . azotate de sonde.

Lorsque deux atomes ou deux équivalens d*un même corps se trouvent unis à Toxygène, on emploie un symbole barré en travers pour l'indiquer.

Gr vaut Gr2 Os. • oxyde de chr6me.

J^2 ^aut Ah O3. . alumine.

Pe ^ut ^^^ O3. . sesqui-oxyde de fer.

La notation précédente est usitée uniquement en chimie minérale; la cUmie organique ne se prêtant que difficilement à son emploi.

M^Mdou de l'OKjgène par dea rapporte miiBérûiaea.

Les formules des silicates naturels étant quelquefois fort longues 9 on a imaginé de ne représenter Toxygène par aucun signe particulier , mais d'eu indiquer les quantités relatives , soit pas des modifications dans les lettres représentant les ëquivalens que Ton y suppose combinés, soit par des exposans qui n'expriment alors que des rapports numériques.

Dans ce mode de notation, les protoxydes sont représentés par des petites lettres italiques et les sesqui-oxydes ou les oxydes correspondant à Talumine, le sont par des lettres capitales; ainsi, yi0, mn représentent les protoxydes de fer et de manganèse ; Fe et Mn indiquent les sesqui-oxydes des mêmes métaux. Avec ce mode de notation, la fonnule à'w grenat à base de chaux serait : SH^ Alca^

330 SIGRBS CHIMIQUES.

Dans ce genre de notation l'eau se représente toujours par Aq^ premières lettres èHaqua qui est le nom de l'eau en latin.

* SquatBons ohimîqaet.

La notation chimique , imaginée par M. Berzélius, a ^ nonseulement lavantage de représenter la composition des corps ,. mais elle permet d'en discuter la constitution avec une grande facilité, et elle s'applique aussi très heureusement à toutes les réactions chimiques. Pour ce dernier genre d'application, on fait usage des signes ordinaires de l'algèbre , et l'on met les produits en équation. Gela est très facile, si l'on songe qu'une quantité donnée de matière sous une forme quelconque ne peut diminuer ni augmenter en rien , quels que soient les changemens qu'elle éprouve dans son arrangement. Or donc, si l'on a d'une part plusieurs substances propres à donner lien à une réaction , les produits de cette réaction représenteront d'autre part tout autant de matière, seulement ses parties élémentaires seront disposées d'une autre manière. Gela permet donc d'établir une équation qui représente d'un côté les produits employés, et de l'autre côté les produits obtenus. Les premiers produits étant séparés des seconds par le signe de î'égalilé, ou =.

En général, les équations chimiques sont très faciles , elles n'exigent, pour être bien comprises, que les plus simples notions de l'arithmétique.

Les exemples suivans en donneront une idée suflBsante.

Déeompasiiùm de taxoiate depiomà par la chaleur,

Aiotate de plomb. Oiyde de plomb. Adde uotorfqae. Oxygine.

AxOs.PbO = PbO + AzOa + G

Décomposition muiueih du êtdfure tTantimoine et du chlorure hydrique,

SulAiK d'a&iijaoilM. GUoraie hydrique. Chlorar» d'antiiDoiBe. ; SaUiiie h jdriqw.

Ss Sb + 3 Cl H = eu Sb. + 3 S H

Héaetion par thhc humide du chromaie de potasse et de Pazotate de plomb,

Chramale de potaa*. Aiolate de plomb. Chiomate de plomb. Aiotaie de poiMi.

GrOs^KO + Âx05,PbO = Cr03,PbO + Az O5, KO

NOTATION. 33l

Kéaciwn du sul/atê hydnque et du chlorate de potasse,

Cbramaie Sulfiile Sulflite Bjper-chloraie Ban. Acide

de poiaflw. hydrique. de poiaiae. de potane. ehloroùqae.

3(ÇlOs,KO) + a SO3 HO = a(S03, KO) + Cl Oi,KO + a HO + a Cl O4

Ces sortes d'équations embrassent toutes les réactions chimiques, et elles donnent même la preuve que ces dernières sont complètement connues. On trouvera avec la table des ëquivalenS;! à la fin de la chimie générale, de nombreuses applications des équations chimiques.

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