‹ Traité de chimie générale et expériméntale, avec les applications aux arts a la médecine et à la pharmacie; (volume 2)Chapitre 80 sur 95 · BAU · texte numérisé non relu

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solation et la combinMsi>D| et pendant long-temps on a oonlbnda avec de «implet dissolutions de véritables oombinaisons. Les combinaisons comme les dissululions se font en proportions fixes; nais voici ce qui peut permettre de les distinguer. Bans les combinaisons chimiques, les proportions demeurent les uièiues dans une foule de circonstances» à moini de décomposition ; il existe entre œs proportions les mêmes rapports qu'entre les équivalens, et les composés possèdent des propriétés constantes. Les dissolutions présentent des propriétés toutes différentes : les proportions du dissolvant et du corps dissous varient avec les circonstances, notamment avec la température, elles ne peuvent par cela même présenter les rapports que l'on observe entre les équivalens et leurs propriétés varieut avec les circonsUuoes; cependant il faut dire que la solubilité d'une substance dans une autre est toujours en proportions fixes pour des circonstances détermbiées et que, eu outre, elle présente aussi fort souvent des maxima et des minima fort remarquables, ceci deviendra bientôt évident à l'aide d'exemples. Dans bien des circonstances l'eau peut d'abord se combiner avec le corps qui se trouve en présence avec elle, et le composé formé peut s'y dissoudre ensuite. Cela a été fort souvent confondu avec une simple dissolution, et Test bien certainement encore dans une foule de circonstances, faute de moyens convenables, pour distinguer ces cas particuliers ; cependant il faut dire qu'avee l'aide d'analyses, de poids spécifiques, de points d'ébullition bien observés, et de déterminations de la solubilité dans une certaine étendu»,- on est parvenu à en reconnaître plusieurs d'une mauière indubitable. Sous le point de vue cryptoristique, la solubilité peut différer de la combinaison chimique en ce que celle-ci s'opère généralement dans Tintéricar des molécules, tandis que celle* là s'opère entre les molécules.

' SoiubUité des gaz dans teaik-^heê quantités de gaz que l'eau peut dissoudre dans les mêmes circonstances, sont excessivement variables. A la température de + i5* et a 76* c. de pression barométrique, un volume d'eau dissout:

Azote 0,^016

Hydrogène o,ot6

Oxygène 0,037

Gazoléfiant o,xa5

Protoxyde d'azote ' o,5oo euv.

Bioxyde d'azote. • o,70o '

Acide carbonique 1,000

Chlore a,o6o

Sulfure hydriquiï 4,53o

Acide sulfureui 37,000 à + »o<*

Gaz ammoniac • . • • • 43o,ooo

Gaz cblorbydrîque 4<>o,ooo

Gazfluoborique 700,000

Lorsque les gaz sont simplement tUssous dans Peau leur soUibUUé wwie en raison dirtcio de la oression, — Ainsi le gaz carbonique qui ne parait nullement combiné avec Teau se dissout dans ce liquide en quantité double^ triple ou quadruple, si Ton double, si l'on triple ou si l'on quadruple la pression.

Lorsque deux gaz sont mélangés Us se dissolvent dans l'eau proportiofmellement à lemr solubilité et proportionneUemeni à leur masse^ «- Ainsi Ji'eau, mise en pré* sence de volumes égaux de gaz carbonique et de gaz chlore, dissoudrait uo demi-

4^0 HTVftMiNB.

voluiM èe fm cirbMiii|tt« «t t fol. o9o dt ebloft* 8i li néltngé pumsk était fonné d«l deux piiliei dâ gai ctrboniqiie cooir« ttn« de chlore , un Tohme d^era diaidttdfiit s/S d« foliiiM de gec earbooiqae et 0,687 à» eklore ; e'est-è^dire que l*«tu disioadrait les deux tien du tolumê de git ctrbonique qu'elle prend lorsqoe et git est ien} , «l le tien letileiiient du chlore qu'elle prend lorsqu'elle ii*agit que mreegix.

n réittlte de le proposition prudente qne, hriqu'tm gaz^ mime des maint sotn* êieif eêttnquMtiié âuen eûntiJérable peur poupoir être comidérée comme iWmtie^ H députée complètement un ùutre gaz. Ceux qtil font utage dci eaux minéralfs gafeoiei fiietices ont sou? ent oecatiott de tiiire la remarque que cet eaux perdent corn* ptétcment le gax carboniqne qu'elles contiennent lorsqu'on les laisse au conlaet de rair; les gaz qui composent ce dernier fluide, quoique très peu solobfcs, déplacent eomplétement le gaz carbonique^ et l'eau perd entièrement la propriéfé de

Lorsque l>m dianflSs de l'ean chargée d*nA gaz qtieUê tient em dUêolmûm^ die abandonne complètement ce gaz à la température de l'ébullltion. Gela pent être obwrré bellement pour tons les gaz que Teatt ne fait réellement que disaoïidre^lels que le gaz earboniqucy le gaz chlore, etc.

Lorsque l'eau absorbe un grand nombre de fois son volume d*nn gaz qnelconqne, il est éminemment probable que le gaz est eo partie combiné et en partie dissm: «I Ton thaulle une dissolution concentrée de gaz flooborlque, elle ne perd par TébttUitlon que le cinquième entiîon'du gaz qu'elle contient, le reste est retenu atee une grande force et dans un Yéritabteétat de combinaison. Si Ton chauffe une dissolution concentrée de gaz chlorhydrique, elle perd o,i65 du gaz quelle cootieot et le reste se trouve uni si intimement à Teau qu'il permet d'en élerer le point d*ébttllition jusqu'à 4- > > o^i ^t que le composé qu'ils forment ensemble pent dittiUcr entièrement sans altéralion.

Il est probable que le gaz ammoniac s'unit à l'eau par une Téritable combinaison, puisque la dissolution concentrée que forment ces deux corps est en proportions définies. Cependant, lorsque l'on ehauffe la dissolution du gaz ammoniac, ce pu, est entièrement chassé par la cbaleur.

£n résumant ce qui est relatif à la sokibilité des gaz, on voit que cette partie de la chimie est assez avancée et que Ton possède même plasieun lois très remarquables qui lui sont propres. On voit aussi que la première de ces lois n'est pas sans analogie avec celle qui est relative aux mélanges gazent, que les liquides se ooatiportent, en outre, comme les corps solides, poreux, et qu'il résulte de cette comparaison que les gaz dissous dans les liquides paraissent être simplement Interposés dans les espaces libres qui existent entre leurs molécules. Cependant, comme j'ai acquis la conviction intime que les gaz se condensent au contact des corps, il est éminemment probable que leur densité est changée dans ces circonstances par Taction réciproque de ces deux sortes de corps ; cela est même démontré jusqu'à l'évidence pour les gaz dont l'eau dissout plus que son propre volume.

Solubilité des liquides dans teati, — Les connaissances que Ton possède sur cet objet sont très peu étendues : on sait seulement qu'il est des liquides qui s'unissent à l'eau en toutes proportions, tels que le sulfate hydrique, l'azotate hydrique, l'acéute hydrique, l'alcool, l'esprit de bois; on lait qu'il est d'autres liquides qu'elle dissout en quantités notables ; mais non en proportions déterminées, tels que les étheia fea g^éral $ qnH en est d*autres qui s'y dissolvent en très petites quantités.

eomme tes Mies voUtâes^ par «temple, et qu'il en est enfin qu'elle né dissout point, eomme les huiles fixes. Du reste, on connatt à peine quelques sotubilités d'une manière approximatiTe et Ton ignore complètement les lois de ces réac* tions.

Solubilité des corps solides, — On a fait beaucoup plus d'expériences sur la S(h Ittbtiité des corps solides que sur celle des corps liquides ; cependant on n'est encore arrivé à aucune loi générale. La solubilité des corps solides dans Teau varie communément arec la température et dans le même sens que la température; mais cette règle souffre de nombreuses exceptions. Ainsi la plupart des sels sont plus so- Inbles 4 chaud qu'à froid ; cependant le set marin présente presque la même solubilité à -|* 13*89 et à -|-- 109*^ 73; la faible augmentation de ta solubilité de ce sel à la température élevée de + T09* 7) peut être expliquée par la dilatation de Tenu et par l'agrandissement de ses interstices inter-moléculaires. Le sulfate de soude anhydre présente une irrégularité singulière : il offre un maximum de solubilité à + 3S°, et au-delà de ce terme, sa solubilité diminue à mesure que Ton chauffe. Il parait aussi que la solubilité du sel marin augmente au-dessous de o^, et qu'il en est de même pour l'azotate de soude.

Ces résultats^ si extraordinaires qu'ils semblent au premier abord, peuvent trouver une explication : il parait qu'ils sont dus à une modification survenue dans la constitution des sels, et que, par une simple différence de température» même au sein de Teau , il peut arriver des changemens dans leur hydratation , comme les exemples suivans semblent le prouver. Si l'on fait cristalliser du sulfate de soude dans Teau à la température ordinaire, on obtient ce sel avec dix équivalons d'eau contre un de sel anhydre; mais si on le fait cristalliser à + 33* il cristallise sans retenir d'eau en combinaison; le sel marin qui reste anhydre dans l'eau depuis 0° jusqu'à -|- X09'* se combine avec de l'eau à une température inférieure à o**, et probablement qu'il en est de même de l'azotate de soude. On sait encore que plusieurs sels, tels que les sulfates septemhydratés de zinc et de magnésie cristallisent avec des formes différentes à -{- iS», à -^ ^^ ou So» et à 4- 5i^5. La modification de la constitution moléculaire de ces corps peut même être rendue évidente par un phénomène physique irrécusable : M. PeJouze a vu qu'en faisant chauffer une dissolution d'azotate de fer, elle changeait de couleur et qu'elle reprenait sa couleur primitive par le refroidissement.

Cela étant, il n'est donc pas étontiant que la solubilité des sels présente de l'irrégularité, car, selon la température^ il peut se fidre que leur composition puisse changer. '

La solubilité des sels dans l'eau est une chose fort importante à connaître, parce qu'elle peut trouver de nombreuses applications dans les arts et dans la prescription des médicamens magistraux. Il est an moins utile de connaître leur maximum de solubilité à la température ordinaire et vers + ioo<>; car on saura par là que tout ce qui serait au^^lelà de ces quantités demeurerait sans se dissoudre.

M. Gay-Lussac a indiqué un moyen graphique très commode de représenter la solubilité des sels. Pour cela il établit une ligne d'abscisses qu'il divise en parties égales représentant les divers degrés de la température. Sur cette première ligne il élève des ordonnées ou des lignes qui lui sont perpendiculairei . Ces ordonnées sont aussi divisées en parties égales représentant les quantités pondérales des sels dissous^ esprimées en oentièmes du poids total du sel el du dbu>lt«nt, 8i, sur les ordon*

472 HTDROG&NB.

nëet , on marque les points oorrespondâns aux quantités des sels dissous, et si Pon fait passer une ligne par ces diCférens points, elle fait connaître ^tes les quantités intermédiaires avec un degré d^approxiowtion suffisant, et elle indique immédiatement la marche de la solubilité^ c'est à-dire la régularité ou rirrc^ularilé qu'elle peut présenter.

L'exemple ct-cootre pourra donner une idée de ce moyen graphique employé pour exprimer la solubilité des sels.

Point d'ébulUtion de l'eau change par les corps qu*elle tient en. dissoùuSoa^ — Les matières solides que Teau peut tenir en simple dissolution, retardent son poiot d'ébuUition. Cela a toujours lieu, quelque minime que soit la quantité de ces matières; aussi n*y art-il que Teau pure qui bouille à + xoo^. Les matières qui ss comportent ainsi à Tégard de Teau sont principalement celles qui sont salines. Lorsqu'elle en est complélemeni saturée elle conserve une lem|iérature constante et qui peut être fort élevée. Jusque dans ces derniers temps on n*a eu que fort pea de renseignemens sur ce sujet qui présente cependant beaucoup d'iniérèt. H. Legrand nous a fait connaître la manière dont 1 7 sels se comportent avec Teau.

On trouvera dans le tableau suivant un résumé des observations de cet expérimentateur.

Nomi dM Mis. QwDlili de mI dut Fobt d'èMIilMik

too p. d*«iv.

Chlorate de potasse 61, 5 io4,ao

Chlorure de baryum 60,1 zo4,4o

Carbonate de soude ^ • . 48,5 xo4,65

Phosphate de soude. . . • . . • • 111,6 106,60

Chlorure de potassium. •..••• 5^,4 zo8,3o

Chlorure de sodium. ....•••, 4 r,s xoS,4o

Chlorure ammonique. 88,9 xi4,ao

Tartrate neutre de potasse. • * • • • 296,9 ti4i76

Azotate de potasse. 335,i x 15,90

Chlorure de strontium. « <i7»5 1 17,85

Azotate de soude. • • ^ 2^4,8 1 a 1,00

Acétate de soude. ....••• 209,0 xa4|37

Carbonate de potasse 2o5,o x35,oo

Azotate de chaux. . . . , . ... 36a,a x5i,oo

— d*ammoniaque. 2084,0 x64,x3

Acétate dépotasse ••• 798,2 169,00

Chlorure de calcium 325,o I79»^<> (0

Le point d'ébullition de Tenu est loin d'être proportionnel aux quantités des na-

(i) jinn. de cidm, etdephjrt,jt, lix, p. 4a3. Dan» le travail de M.Legrandlei points d'ébuUition ne sont iodiqués que par leur excès au-dessus de celui de l'eiH placée d'abord dans le vase où l'on fusait oisuite l'expérience. Jen'ai cru devoir adop* ter aucune correction à cet ^rd; car il serait possible qucle même retardent été observé pour la dissolution sa|ine. Les points d'ébuUition sont donc donnés pour 100*,

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tjièret qn*é^ renfeme. Si Ton confirait das ooorbei, en prenant les retards observés ponr ordonnées» et les quantités des sels oorrespondans pour absdsies^ on rencontre autant d'irrégularités que celles qui ont pu èlre obsenrées pour la solubilité des sels à divenes températures.

De la combinaiêon de l'eau aweo divenes matières, — L'eau peut s*unir directe* ment avec une foule de corps et quelquefois stcc une énergie extrême. Souvent Tunion a lieu avec élévation de température et même avec bruit ; au moins c*est ce que l'on observe lorsqu'on la met en contact avec l'acide snifurique anhydre ou l'adde pbospborique également anbydre.

Ne connaissant point avec certitude la manière dont les parties les plus intimes de la matière sont disposées les unes i Tégard des autres, on ne peut juger de la constitution de ces corps que par comparaisou« Eu raisonnant ainsi on trouve que Tenu peut jouer le rôle qui est attribué aux acides ou celui qui est attribué aux bases» selon ks circonstances. Combinée avec les acides, elle forme de véritables sels hydriques dont les propriétés peuvent être fort distiuctes, selon les proportions du' composé; combinée avec les bases ou les oxydes métalliques, elle donne lieu à des Itfdrates qui sont encore de véritables sels. Quelquefois elle se comporte encore comme les bjdracides; car, mise en présence de certains métaux elle perd l'bydrogène qu'elle contient et Toxygène s'unit au métal, de même que le radical d'un hydradde quelconque nurait pu le faire: mais, dire que Teau 4e comporte comme un hydradde, c'est dire qu'elle se comporte comme un oxyde; car les bydracides ne se distinguent par rien des autres composés binaires.

Les élémens de l'eau p<ibvent être retenus avec une énergie très variable par les corps auxquels ils sont unis. Les bydrates de potasse et de soude retiennent Teau à une température excessivement élevée, d'autres corps, au contraire, Tabaudonnent à la température ordinaire. Tels sont la plupart des sels bydrates : carbonate, sulfate et borate de soude. Les substances qui abandonnent ainsi Teau, de limpides qu'elles sont ordinairement, deviennent opaques en se couvrant d'une matière pnlvéralente. Lorsqu'une substance possède cette propriété on dit qu'elle est e/fio» rescente. Jl est, au contraire^ des substances qui absorbent l'humidité de l'atmoapbère et s'y unissent avec une énergie variable; ces substances sont dites bfgroseopiqnes. Le carbonate de potasse, l'acétate de potasie, le foie de soufre sont très kfgroseopiques» Lorsque cette prppriété va jusqu'à déterminer la liqué&ction des corps solidô, on dit que ces corps sont déUquescens, Les composés qui vien« nent d'être cités sont tous fygroseopiques et déUqueseens.

Les différentes proportions d'ean qui font partie d'un même corps n'y semblent pas toutes uni^ avec la même éneirgie, car il y en a une partie qui peut s'en aller à une température mférieure à -f- 'oo* ^^ une partie qui peut y rester unie an*dessns de cette température. Gela a conduit |es chimistes à admettre que l'eau s'u« ait aux corps de différentes manières; ils donnent le nom d'eau de enstaUisation à celle qui abandonne les combinaisons à + loo®, et ils donnent le nom titeau de constitution à celle qui résiste à cette température. On distingue encore l'eau miterposie^ qui ne fait nullement partie des corps et qui occupe seulement leurs interstices.

simplement ajoutés an ret9r4 obsepré. Ce retard en aucune droonstance n'a dé-

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8tiiifoalolrntr^MfetBOuniéléaMiitpaiM« •'•muigtr èê

mum diffireiitM à9m m mène eompoié, on peut dira qot eette quetUon ne pent èlraJDgée ptr de ihnplet variai ioni de la tenpératura; car, d*uDe part, il est des composéi auui peu stables que les composés hydriques et peur lesquels on ne pent refuser d'adnettra que leurs élémens soient unis eemBo ceux des autres corps, tels sont le pretoiyde et le protosulfura de meroure hydratés, et, d*nne antre part, de ce que lea dernières proportions d*eau d'un composé résistent plus que les premières à Taetion de la ehalenr, cela ne vaut peint dira qu'elles étaient unies aotrcuMOt que les premières; car, par une éléYation de température, elles ont pu entrer dans nn nouvel état de combinaison , tandis que lat autres abendoonent le composé. Quoi qu'il en soit, Tétude bien approfondie de la oonservntion des lypes>chtmiqttei, dans une foule de réactions où les proportionf d'ean sont rartabies, conduit à ad- ■ettre que Teau eu ses élémens peuvent entrer de plusieurs manières différentes dans un méoM eemposé.

Sûàstûtices Jéecmpûsées par Cemu. -*- Quelques substances ne peuvent eiistcr au contact de Tean sans se détruira. L'acide atotosique est dans ce cas ; mis en présence de l*eatt, il donne naissance à dn bi-o«yde d*aaore et à de Taiotate hydrique; les chlorures de phosphore sont transformés par Teau en dilorora hydrique et en phosphite ou en phosphate hydrique ; le protochlorure d*antlmoioe et Taxolate bismulhiqne, les cristaux des chambres de plomb que Pon obtient dans la préparttien du sttlfiite hydrique, sont encora dans le même eu.

Substances qui décomposent Peau, ^- A voir le grand nombra de sabstaeces susceptibles de décomposer l'eau , on pourrait demeurer étonné que la composition de Teau fût demeurée si long-temps sans élra découverte; mais, c'est qu'en réalité la plupart de ces corps ne snnt connus que depuis que l'on sait décomposer Teau. Le chlore décompose l'eau , surtout sous l'influence solure : il s'unit & lliydrogène en produisant du chlorura hydrique et déplace l'oxygène. Le potassium et le sodium décomposent Teau à la température ordinaire, en s*emparant de l'oxygène qu'elle renferme et en déplaçant Thydrogène. ïje fer, te zinc, le manganèse, etc. , agissent encore de la même manière, mais à une température plus éieTée. P^, p. 291.

Eaux naturelles. — Dans tout ce qui précède, Teau a été supposée pure; mais il n'en est jamais ainsi dans la nature ; celle même qui tombe sous forme de pluie, entraînant avec elle ta poussière qui se trouve dans l'atmosphère et les différentes matières que les vents y transportent ne peut ètra pore. Toujours en contact avec di* verses matières minérales, l'eau en dissont des quantités variables, selon leur nature et selon le temps pendant lequel elle agit.

Sous le point de vue de réconomie, les eaux sont distinguées en eaux potaNat et en eaux minérales.

Les eaux potables sont celles qui ne renferment que peu de matières étrangères et dont nous faisons un nsage continuel comme bots6on ou pour faire entre nos alîmens. Une eau pour être potable doit, eomme il vient d*être dit, contenir peu de matières étrangères; elle doit être aérée, c'est-à-dire quVIle doit renfermer, entant que possible d'oxygène et d'azote, elle peut aussi contenir du gaz carfooniqne sans que cela soit nuisible, tu eaux ne doivent point se troubler quand on les chauffe, ou, au moins, elles doivent se troubler fort peu. Il faut qu'elles cuisent farilenent les graûaw des léguaineuaes, telles que les pois, leslentUles, lotof- Gots, les fèves. Si elles ne possédaient pomt cette dernière qualité, et si Ten élut

forcé dVn faire usage, on la leur donnerait saos ineoaYénieDt é» y ajoutant un peu de bi-carbonate de soude ; c*est au moins ce que j'ai expérimenté plutieun fois. Le meilleur moyen de Térîfier facilement si une eau est polable^ en admettant qu'elle ne contienne aucune substance nuisible, est d'en puiser une quantité quelconque el de la soumettre à une température un peu inférieure à + loo**, pour qu'elle ne lionille pas, jusqu*» ce qu'elle soit eomplétement évaporée, et de peser le résidu solide qu'elle aura abandonné. Le poids de ce résidu doit s'élever tout au plus à lifioo* du poids de la masse totale, au moins est-ce là la plus forte quantité de résidu que donnent lea eaux potables de Paris par l'èvaporation.

Il est évident que, en outre de celte observation, les eaux potables devront, autant que possible, n'avoir ni mauvaise odçur ni mauvaise saveur, et l'on sait en outre communément les juger en cbercbant à y dissoudre du savon : si le savon s'y dissout bien, cela est une preuve qu'elles ne renferment que peu de sels calcaires, magoésiens ou ferreux; s'il s'y dissout mal, te sera le contraire. Si les eaux doivent être employées à savonner, et si le savon ne s'y dissout point parce qu'il est décomposé par les sels calcaires qu'elles renferment, on peut les rendre propres au savonnage «q détruisant d'avance ces sela par l'addilioa du earboaale de potasse ou par une lessive de cendres, ou par celle du carbonate de soude, qui les trana* forme en sels de potasse ou de soude qui ne peuvent nuire au savonnage, excepté s'ils étaient en trop grande quantité; dans ce cas ils rendraient le savon in< joluble.

La nature des eaux potables a une telle importance qu'elle dépasse sans aucun doute les botnes de l'bygièoe , car elle étend son aotioo au-delà des individus, et peut aller jusqu'à modifier l'espèce humaine.

Lorsque les eaux ne sont point d'une excellente qualité, et que l'on est forcé d'en faire usage, il est important de les purifier autant que possible. Pour cela, il sera convenable de les recevoir dans de grands réservoirs, de les y laisser dépo« ser et de les filtrer ensuite. Si elles renferment des matières organiques et si elles répandent une mauvaise odeur, on devra les mettre en contact avec du charbon pulvérisé et les filtrer après, ou bien les filtrer au travers du charbon animal en gros grains , fortement calciné. Cette dernière condition de la préparation du charbon est nécessaire pour qu'il ne soit point empreint d"huile cmpyreumatique inlîecie, ni de earbonate d'ammoniaque. Les filtres les plus convenables sont ceux qui filtrent de bas en haut; ceux-là peuvent servir plus long-temps sans se nettoyer, parce que le dépdt des matières solides ne se fisit point è leur surface , ils ne r^ tiennent que les matières qui sont eng<igées dans leurs interstices.

Dans les arts, on a quelquefois besoin de modifier la nature des etux dont on frit oaage, mais lea moyens à employer ne peuvent être exposés id, car ils d^^dent des matières contenues dans les eaux et des usages avxqwia on lea dentoe.

Les eaux minérales sont aussi variables que les terrains qu'elles traversent ; laa matières qu'elles renferment sont de natures très diverses et en quantités beaucoup plus considérables que celtes des eaux potables. La nature de ces matières les a fait diviser «n plusieurs groupes ; mais il est impossible de lea déerire ici, car elles se ratlacbcnt à des produiU qui seront étudiés plus lard*

Purification de Veau. — Leâ besoins de la cliimie et de la médecine exigent que Ton débarrasse l'eau des matières qui la rendent impure. Pour cela, on la distille dans un

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al&mbic ordinaire muDÎ de son serpentin , mais sans employer de bain -marie (^. p. 365 et 366).

' Les premières portions d'eau obtenue seront rejetées , parce qu'elles peuvent être ammoniacales, et parce qu'elles ont servi à laver toutes les parties de l'appareil et notamment le serpentin que l'on ne peut nettoyer commodément. On ne poussera pas non plus trop loin la distillation, dans la crainte que l'eau ne renferme des matières oi^aniques et qu'elle ne donne des produits nuisibles.

L'eau distillée doit être conservée dans des flacons bouches en verre, si l'on veut qu'elle demeure privée d'air ou des corps que renferme l'atmosphère, tels que l'acide carbonique, l'ammoniaque, le sulfure ammonique , comme cela est utile lorsque l'on travaille sur quelques matières altérables, telles que la matière colorante du bois de campéche, découverte et désignée sous le nom A^hématine par M. Chevreul. Sans cela, l'eau distillée peut être conservée dans une grande fontaine de grès, bien couverte et munie d'un robinet d^étain sans alliage de plomb.

Essai de Vecui distillée. — On s'assure de la pureté de l'eau distillée par plusieurs moyens réunis : en l'évaporant pour voir si elle ne laisse aucun résidu , et en y ajoutant plusieurs réactifs qui ne doivent point la troubler. Le premier essai se fait facilement et rapidement en en plaçant quelques gouttes sur une lame de platine nette et brillante, et en l'évaporant a la flamme d'une lampe à alcool. Cette eau ne doit laisser sur le platine aucune trace, même visible à la loupe. Les rcacd£i que Ton emploie le plus communément sont, Teau de chaux, l'eau de baryte ou Vacétate tri-ploinbique qui dénotent l^

présence de Pacide carbonique en la troublant; le chlorure de baryum 9 qui indique la présence des sulfates; raaM>tate d'argent, qui démontre la présence des chlorures; l'oxalate ammonique, qui décèle la chaux. Le bi-chlorure de mercure et le sulfate de zinc peuvent faire reconnaître la présence des matières organiques ; mais pour cela il faut attendre quelque temps, car les précipités que ces réactifs font naître n'apparaissent que très lentement. II est peut-être inutile d'ajouter que tous les réactifs qui viennent d'être ajoutés doivent être employés à Tétat de dissolution aqueuse.

Usages de Peau, — - Les usages de l'eau sont si multipliés et tellement connus qu'il serait fort difficile et peut-être superflu de les rappeler tous. Dans ^économie domestique^ elle est employée comme boisson, pour faire cuire nos alimens, pour laver des objets de différentes natures. Â l'état solide, et en la mêlant avec du sel marin, ellç permet d'obtenir une basse température employée pour préparer les alimens à la glace. Dans les arts, elle peut servir comme moteur, lorsqu'elle est en mouvement; elle est le dissolvant général; elle sert de véhicule pour la teinture ; à l'état de vapeur, sa force élastique fait qu'on l'emploie comme moteur, ou bien elle sert pour transmettre la chaleur, pour échauffer, pour pénétrer les substances, pour les dissoudre. Dans la partie pratique de V économie sociale^ elle sert pour le transport des bâtimens de guerre et du commerce. Enmédeeine^sesussLfies sont on ne peut plus multipliés. C'est le véhicule général auquel on confie la plupart des agens thérapeutiques , elle fait partie de toutes les boissons et de toutes les potions; c'est elle qui, retenue par les substances mucilagineuses, est l'émoUient par excellence. Elle tempère l'ardeur de la fièvre, ou bien, donnée à une température asses élevée, et tenant en dissolution quelque substance aromatique ou sucrée qui lui retirent son action nauséeuse, elle augmente la quantité de chaleur du corps, et détermine une sueur qui peut être fort abondante. Â l'état de glace, on l'applique sur diverses parties du 'corps, notamment sur la tête dans les maladies inflammatoires des organes qui sont renfermés dans la cavité crânienne* Dans ces derniers temps, quelques médecins allemands ont prétendu en faire un agent thérapeutique général, une espèce de remède universel, propre à tous les maux, et ils put doirn^ le nom d^tydrotudopathie & cette singulière rnéde*

4j9 RTMiaftÂiii.

ciofi) mais l'etii n'a pat besoin de potaëder d^amst nienreilleufes qualités pour qae l'on apprécie son immense ntilitë, pour que nous sachions qu'elle est indispensable à notre eiistence. Toutefois, il faut le dire, dans tous ces systèmes de thérapeutique enfantés par Papp&t des richesses ou par le fanatisme de l'ignorance, il y a toujours quelque chose de Trai dont les hommes sages peuvent tirer parti pour être utiles & l'humanitë.

BI-OXTDE d'HYPROGÂFE.

Eau oxxffénée*

Lliydrogèns et rox^isiMi t'uaiiMBt «a deux praportion» p^iv fonaer dsoiMpoêés particuliers; Tun d'eux est Veau on le protoxyde d^hydrogèoM^ Faulre «t Veau oxygénée ou le bi-oxyde ^hydroglne. Ce dernier corps a été découvert es i8x8 par M. le baron Thenard. Il mérite une attention toute spéciale, non-scolement parce qu*il ajoute quelque chose à l*histoire dt l'eau, mais parce qnli pré- •enle une foule de réactions d'un ordre tout parlicnUer, qui sont le type des ph»nomènes catalytiques (^. p. ai 6),

Propriétés physiques. — L*eau oxygénée est un liquide incolore et inodore; appliqué sur ta langue, il fait éprouver des picotemens et il la blanchir, il détruit également la couleur de l'épiderme. La tension de ce liquide est plus 6ibfe qiB celle de l'eau ; c'est pour cela qu'il se concentre dans le vide, nuiîs en aièine temps il se vaporise et il finirait par y disparaître conplétt ment ; soumis à une température de — 3o® pendant trois quarts d*beare, U ne se soliJifie point. Son pmds spécifique est de i,45a lorsqu'il est aussi concentré que podsible.

L'eau oxygénée ne pent être consenrée à la température ordinaire; exposée â «ne température plus 'élevée, elle est rapidement et complètement décomposée ce eau et en gax oxygène. Mise en contact avec le papier de tournesol , ello finit pir le décolorer.

Composition et analyse, ^- Le bi oxyde d'hydrogène, comme son nom Tindique, contient une fois plus d'oxygène que l'eau, qui est le protoxyde d'hydn^ène, pour la même quantité de ce dernier corps. Le symbole de l'eau étant HO^ odui dn lîoxyde d'hydrofène est HOi. Il est foraaé de volumes égaux d'bydrogèno et d'oxygène mesurés a l'état gazeux. En poids 9 pour i partie d'hydrogène , il yen a i€ d'oxygène. L'eau la plus chargée d'oxygène que Ton puisse obtenir contient 475 fois son volume de ce gaz à la température de-|- 14**, et sous la pression de o.'*76.

L'analyse dn bi-oxyde d'hydrogène est on ne peut plus simple k h\xt\ elle exige cependant i^ mains exercées aux manipulations. Le bi-oxyde d'hydrogène est introduit par succion dans une ampoule à deux {loinls que Ton aeeUe ensnste I flamme d'une alumette. On détermine alors le poids de 1 eau oxygénée, puis en rompt les pointes de l'ampoule sous l'eau distillée, on tient compte de l'eau qui s'y ajoute et Ton a ainsi de l'eau oxygénée étendue dans une quantité d'eau détenninée. Une partie de cette eau est alors introdoite dans on t«be gradué ftsnrté et rempli de mwcure, «rit avec une pipette courbe graduée, soit au moyca d*«ae nouvelle ampoule que l'oo brise dsns le ttibs fiadlié « l'aide d'oM tnfuetls 4e

BI-OXTDIS mrpROGBKE. 4^9

vwM. On introduis ensuite du Jii-oijde d« manipAàM 4»P> «9 t«be la^s mirer la baçueiie de irerre, le bi-oxyde d'hydrogène se décompose^ Toxygèoe devient libre, ou relire la baguette de verre et on mesure exactement ce gai:. Gonnaisiant la température et la pression auxquelles il se trouve soumis, on en détermine le poids par le calcul» Pour cela^ on réduit son volume à o»** et à o/>96 de pression barométrique, puis on le multiplie par le poids de l'oxygène que peut oontegir l'unité de volume du tube gradué à la même tempéraiure et à la même pression {F. p. 417).

Le bi-oxyde d'bydrogéne peut être décomposé par le contact d'une foule de corps, et leur simple présence peut suffire pour déterminer cette action dans la plupart des cas; car souvent ils n*éprouvent pas la moindre altération. En gêné» raly leur action est d*autant plus énergique qu^ils sont plus divisés.

Corps décomposaat k higovféU d'hjfdrogème sans subir d'aitération.

Les eorps susceptibles de décomposer le bi-oxyde d'hydrogèoe , kans éprouver aucun changement appréciable, sont assez nombreux. On compte parmi eux Tar* geot, le platine, Tosmium, For, le palladium, le rhodium, l'iridium. Le. charbon, le bi-oxyde de manganèse, le sesqui-oxyde de cobalt, le massicot, agissent avec une grande énergie; le plomb, te bismuth, lesiiydrates de potasse et de soude et bien des sels encore^ exercent une action da même ordre, mais beaucoup moins mariuée. Il est remarquable que la fibrine et l'albumine animale, qui se confondent par tant de propriétés physiques ou chimiques, peuvent être distinguées par le bi-oxyde d'hydrogène : la fibrine le décompose et l'albumine n'agit point sur lui.

Corps cUcomposant U hl^oxjde cFfydrogène en /emparant de l'oxygène qu'il abandonne.

Les corps qui décomposent le bi-oxide d'hydrogène, en s*enpartnt de l'oxygène qu'il contient, sont assez nombreux ; ce sont en général des sulfures et des oxydes sur-oxydables. Le sélénium, le sulfure jaune d'arsenic, l'acide arsénîeux, le sulfure de mofybdènc, le sulfure de cuivre, le sulfure d'antiasoine, le sulfure de plomb, le Itrotosulfure de fer, in protoxydes de nanganése, de fer, d'étain, de cobalt, appartiennent à ce groupe. Il est d'autres corps qui ont pu, par ce mode de réaction, donner des oxydes nouveaux ; c'est la chaux y l'hydrate de bi-oxyde de cuivre et rhydnite d'oxyde de zinc

Corps décomposant U binucyde ^Ivfdroghit ea se décomposant euso-mémes^

Les pins remarquables des corps de ce groupe sont l'oxyde d'argent, le bi-oxyde de plomb, Toxyde d'or et l'oxyde de nercure.

Arec l'oxyde d'argent, la réaction est si violente qu*il apparaît de la lumière dans robscatité.

Corps retardant la décomposition du ùi-^oxyde dkfdrogène,

La plupart des sels hydrique», que l'on nomme vulgairement des acides, relardent la décomposition du bi-oxyde d'hydrogène. Cependant lorsque ces sels, ou des acides proprement dits , ne sont point au maximum d'oxygénation , ils peuvent le déoomposer ; tel est l'acide lulfureux qui passe à Tétat de sulfate hydrique tu a'empanat d'une punie de l'uiygèM du binayde.

48o AVOTB*

Dans tottles \tâ rétctioiu qui précèdent, le bMzyde dliydragène ii*ett {miol déf^ composé en ses élémens, ThydrogèDe et Toxygine, meis en oxygène et en een.

Il fiiudrait ajouter à l*bisloire dn bî-oxyde d'hydrogène la Ibte des coffis qui ne le décomposent point ; mais eetle liste serait loofioe et nécessairement ineom* plète. On pourra consulter a oet égard le Tlraitéde efSbnie de M. le baron Thenardy tom. i*', pag 479»

Préparation du biH>3^de d'kfdroghu.

M. le baron Thenard a préparé le bî-oxyde d'hydrogène en fisîsant réagir le bi-oxyde de baryum et le chlorure hydrique. Il s'opère une double déoompoaitioa par laquelle il se produit du bi-oxyde d'hydrogène et du chlorure de baryum :

Ba<h+ClH = aBa + H02.

On peut enlever le chlorure de baryum qui reste dans la liqueur par du sal&te d'argent qui donne naissance à du sulfate de baryte et à du cblomre d'argent « tous deux insolubles et renfermant les élémens du chlorure de baryum.

Cl Ba + SO4 Ag = Cl Ag + SO4 Ba.

Mais pour obtenir un produit plus concentré, avant d'employer le sulfate d'argent, ou peut régénérer le chlorure hydrique par Temploi du sulfate hydrique, qui donne en même temps naissance à du solfote barytique insoluble. On peut alois ajouter du nouvel oxyde de baryum et répéter celte addition jusqu'à ce que l'on ait obtenu la concentration désirée.

Pour que cette expérience réussisse, il faut opérer dans ,un bain de gbee et employer des produits d'une pureté absolue ; car la plus petite quantité d'oxyde de manganèse ou de fer existante dans le bi-oxyde de barynra, détruirait le bi-oxyde d'hydrogène à mesure qu'il se produirait.

II y a quelques années que M. Pelouze a trouTé un autre procédé beaueoop plus simple et qui réussit fiacilement , même avec du bi-oxyde de baryum iar* pur. Pour cela, il ajoute du bi-oxyde de baryum eu poudre fine à du fluorure hydrique : il se produit du bi-oxyde d^hydrogène et du fluorure de barynn iiisoldile:

FI H + Ba Oa = FI Ba + OH3.

En opérant dans un bain de glace aTec des produits refiroidts d'avinée» Topéiation réussit facilement : il ne s'agit plus que de filtrer la liqueur au travers d'ans toile, traitée par de l'eau acidulée et parfaitement lavée à l'eau distillée.

AZOTB.

Syn. air viciée mofette atmosphérique^ septone , alcaUgene^

nitrogene.

Al = X7S s a volumes.

L'azote est un gaz permanent, incolore et inodore , comme rozygène et l'hydrc^ène , mais qui se distingue de ces deux gaz pr une foule de propriété* 11 existe libre dam l'air | dont

il forme un peu moins que les quatre cinquièmes ; k Tétat de combinaison y il fait partie d'une foute de matières animales, dnn assez grand nombre de matières végétales et principalement des graines nutritives. On le rencontre encore dans les azotates et dans les produits ammoniacaux nalurels. Lavoisier le découvrit en 1775, en décomposant l'air atmosphérique. Son nom vient de l'a privatif des Grecs et de Ço?, vie. Ce nom lui a été donné parce qu'il ne peut entretenir la respiration , quoiqu'il fasse partie de l'air atmosphérique , et parce que les animaux que l'on y plonge y sont asphyxiés et périssent promptement.

Le poids spécifique du gaz azote est de 0,9720, selon MM. Boussingault et Dumas. Son équivalent déduit de cette valeur = 175,99. Déduit de la loi de Prout, il serait réduit à 175 ou i4 fois le poids de l'hydrogène et les y/S de celui de loxygène. Selon Dulong, l'indice de réfraction de ce gaz est un peu plus fort que celui de l'air ou de i,oo3oo. Sa chaleur spécifique est égale à celle de l'air dans toutes les circonstances. ' L'azote se distingue nettement de l'oxygène et de l'hydrogène par la manière dont il se comporte avec un corps embrasé. Il ne s'enflamme point et il n'entretient pas la combustion : une allumette enflammée que l'on y plonge s'éleint subitement.

L'azote ne se combine directement avec aucun corps , si ce n'est avec l'oxygène , et encore n'est-ce que très lentement et sous l'influence d'une foule d'ëtinceiles électriques ; aussi ces denx corps se trouvant dans Vm^ il se forme toujours une petite quantité d'azotate hydrique dans les pluies d'orage, par ' leur réaction en présence de l'eau (v. azotate hydriquej. Quoi qu'il en soit, on connaît une assez grande quantité de composés azotés y mais leur origine est presque constamment dans les produits organiques , et ce n'est point par la combinaison directe de l'azote qu'on les obtient. En général l'azote est caractérisé par ses propriétés négatives.

Lorsque l'on veut reconnaître de l'azote dans une matière organique , on la mêle avec un peu d'hydrate potassique et on la chauffe dans un petit tube de verre scellé à une extrémité. Si elle en contient, il se dégage de l'ammoniaque que l'on reconnaît à la propriété qu'elle possède de rougir une petite bande de papier jaune de ciitcuma) que l'on a mouillée et que

l'ou a maintenue dans la partie supérieure et ouyerte du tube* Lorsque les matières sont riches en azote, on peul négliger l'addition de la potasse , mais lorsque le contraire a lieu, celte addition est indispensable pour détruire les sels ammonia* eaux qui seraient sans action sur le papier de curcuma.

L'azote est une fois moins soluble dans l'eau que Toxygène ^ elle n'en dissout que les o ,0 x 6 de son volume i aussi l'air qu'elle tient en dissolution est- il plus oxygéné que Tair atmosphérique. Extraction de l'azote. — L'azote peut être extrait de l'air ou de l'ammoniaque. Pour isoler Tazote contenu dans l'air, on emploie le phosphore ou le cuivre qui peuvent s'unir à l'ozy* gène et le mettre en liberté.

Premier procédé^ par le phosphore. «^-Ge procédé est simple et très facile à pratiquer. Les vases dont on se sert sont une cloche de verre et une assiette. On met un peu d'eau dans l'as* siette, et sur Teau on fait flotter un large bouchon portant an milieu une coupelle à essais d'or et d'argent; dans cette coupelle, on place un petit morceau de phosphore auquel on met le feu, et l'on recouvre le tout avec la cloche de verre. Le phosphore brûle d'abord vivement, s'empare de l'oxygène del'airetrasote est mis à nu. II se produit des vapeurs blanchea très épaisses; mais, en moins dune heure, elles disparaissent et Tuoteest assez pur pour les expériences ordinaires. U suffit de plonger tout l'appareil dans une grande cuve à eau , et de transvaser le gaz.

Au commencement de l'opération , l'air se dilate et il en sort une partie de la cloche. Bientôt après , il y a une dimi*

nution de volume et de l'air extérieur rentre dans l'appareil. Gela ne gène en rien l'opération.

Si l'on voulait purifier TaioCe ainsi obtenu, il faudrait emplojer la potasse pour absorber le peu d'acide carbonique qu'il pourctit contenir, et y plonger des cylindres de phosphore humide pour absorber les traces d'oxygène qui pourraient s'y trouva 9 mais il arrive, dans ce cas, que l'azote retient de la vapeur de phosphore; car si on le mêle avec de l'oxygène, il ^oime des vapeurs blanches et devient lumineux dans l'obscurité.

COMPOSÉS D AZOTE ST B OXYCiHB. 483

Si Ton voulait du gaz sec, on le recueillerait sur le mex^ cure 'j mais avant il serait convenable de dessécher l'air sur lequel on se proposerait d'opérer , en tenant un morceau de chaux vive sous la cloche pendant quelques heures.

Deuxième procédé j par le cuwre. — Ce procédé donne un gaz plus pur que le précédent. Il consiste à faire passer de l'air dans un tube contenant du cuivre chauffé au rouge : Toxjgène est absorbé et l'azote devient libre.

Pour obtenir ce gaz très pur, on le fait d abord passer dans un tube rempli de fragmens àe ponce imprégnés de sulfate hydrique concentré, pour absorber l'eau qu'il contient, puis dans un tube contenant des fragmens d'hydrate potassique pour absorber l'acide carbonique. Quant au courant d'air, on le détermine à laide d'un ballon où Ton a raréfié lair par l'action d'une machine pneumatique , ou bien à Taide d'un vase rempli d*eau, que l'on fait écouler lentement. Ce dernier procédé ne peut être employé que pour avoir du gaz azote humide.

Troisième procédé ^ par V ammoniaque, — Ce procédé, qui n'est point usité , consiste à faire arriver un courant de chlore dans de l'ammoniaque liquide : il se dégage de l'azote.

On peut encore obtenir de l'azote en chauffant ensemble dans une cornue de verre un mélange d'azotite de potasse et de chlorure ammonique. Il se produit du chlorure potassique, de l'eau et de l'azote , comme l'indique cette égalité :

AzH4 Gl + Az04K = GlK + 4HO+ftAz.

Il se forme, en outre, un peu d*acide azotovique. Les principaux composés binaires de l'azote, sont ceux qu'il forme avec l'oxygène , avec l'hydrogène et avec le carbone.

Composés £ azote et d^oaygène.

On compte ordinairement cinq composés d'azote et d'oxygène, mais en réalité, il n'y en a que quatre; car l'un d'eux , Pacide azotique , que l'on considère comme tel, n'existe qu'à l'état de combinaison saline avec les bases. En admettant l'existence de ces cinq composés , pour une quantité constante d'a« zote , les quantités d'oxygène sont multiples les unes des autres pu les nombres i , 2, 3, 4 et 5, et offrent ainsi un des exemples

484 AZOTS.

)«s pins remarquables des proportions mulliples. Voyez ce qai a été dit à ce sujet, p. 90 et i45.

Si deux Tolames de gaz azote ou une proportion de ce corps se combinent successivement à i, a, 3, 4 et 5 volumes ou proporlioni d'oxygène, il en résulte les composés suivans:

f Oxygène 100 ou t toI. = a vol. de protoxyJe d*a2ote. i — . 9 00 ou « vo I. =. 4 vol. de bi-oxyde d 'azoïe. Axote 1 7$ ou X «0! . + < ^- 3oo on 3 vol. = x vol. adde azoteux. ( i)

— 400 ou 4 vol. = 4 vol. d*acide azotosîque.

— 5oo ou 5 vol. =1 X vol. d*adde azoliq. anbyd. (i)

Gaz nitreux déphlogisUqué ^ oayde éC azote, oxydule d azote, oxyde nitreux.

AX O ss X75 ss X ToluUMi.

Le protoxyde d'azote est un gaz incolore et inodore; son poids sp^ifique trouve par expérience est de 1,5^699 selon Dniong; son indice de réfraction est de i,ooo,5o3, selon le même savant. Soumis en même temps à une forte pression et à un abaissement considérable de température, il se liquéfie. On verra plus loin comment on peut lobtenir dans cet état.

Le gaz protoxyde d*azote a été découvert par Priestley , en 177a. Depuis , il a été l'objet des recherches de plusieurs sa- Tans , tels que BerthoUet , Davy, Gay-Lussac et Thenard*

Composition et analyse. — Un volume quelconque de protoxyde d'azote contient un volume d'azote égal au sien et an demi-volume d'oxygène. Cela peut être prouvé de plusieurs manières différentes : en le détruisant par l'hydrogène dans un eudiomètre ou en le faisant réagir sur des substances très combustibles qui mettent l'azote en liberté.

Si l'on introduit dans un eudiomètre un volume de protoxyde d'azote et environ une fois et demie autant de gaz hy* drogène et que l'on enflamme le mélange par une étincelle électrique, il disparaît un volume de gaz égal à celui du prot-

(1) Les modes de condeosatkm de IWide azoteux et de Tacide azotique sont Ileafpr AxOs

inconnus. Il est probable qa*OD volume du premier est et qa*an voloac du

* a ou 4 ^

Kcoqdci.'

^ou((

PROTOXTDE d'azote. 4^^

oxyde d'azote; le reste est un mélange d'hydrogène et d a- £ote, auquel on ajoute de l'oxygène pour connaître par la combustion la quantité d'hydrogène qui n'a point été employée dans la première expérience, et par suite, c^Ile de lazote. loo p« de protoxyde d'azote et i5o p< en volume de gaz hydrogène donneraient les résultats suivans :

Protoxyde d'azote loo

Gez hydrogène. . i5o

Mélange. . aSo

Résidu après la oombostion t5o

Oo y m^e oxygène 5o

Ensemble aoo

Après la combustion il reste i a5

Différence 75

Donc, hydrogène d'abord employé lOO parties , et oxygène restant mêlé à Tazote, a5 parties (v. p. 4^6), loo parties d'hydrogène représentent 5o p. d'oxygène et le dernier mélange restant contient lOO parties d'azote, puisqu'il occupe mS parties, et qu il en contient a5 d'oxygène. Donc, loo parties de gaz protoxyde d'azote contiennent loo parties d'azote et 5o parties d'oxygène condensées. En réduisant, un volume de protoxyde d'azote contient un volume d'azote égal au sien et un demivolume d'oxygène.

Si l'on fait passer un volume de protoxyde d'azote exactement mesuré dans une petite cloche courbe préalablement remplie de mercure, et si l'on y in-

troduit ensuite du sulfure de baryum solide, ou de l'étain, et si l'on cliauffe , le gaz est décomposé : l'oxygène est absorbé par le corps combustible et l'azote est mis en liberté. Après le refroidissement, on trouve que le volume de ce gaz est égal à celui du protoxyde d'azote employé, et cela suffit pour établir la composition du gaz,si Ton a recours à son poids spécifique. En effet, si du poids spécifique du gaz protoxyde d'azote, on retranche celui de l'azote, le reste est égal à la moitié du poids spécifique de l'oxygène.

Poids spédâque du gaz protoxyde d'azote Poids spécifique du gaz azote ....

= r,5a69 Dtff^renoe ou i;a poids spécifique de Toxygèoe = o,55/i9

Or, en substituant les volumes aux poids spécifiques , on trouve la composition indiquée (voy. p. JiiS).

Réactions chimiques. — * La propriété la plus remarquable du gaz protoxyde d'azote est d'entretenir la oombustion avec presque autant d'énergie que l'oxygène; mais lorsqu'on le mêle avec le bi-oxyde d'azote , il n'en change point la couleur, et cela le distingue de l'oxygène qui donne immédiatement nais* sance à des vapeurs rouges d'acide azotosique. D'une autre part, il se dissout dans l'eau qui peut en prendre environ 0,5 à la température et sous la pression ordinaires. Cette propriété est rendue très sensible en fermant avec la main une éprouvette à demi remplie de ce gaz et d'eau , et en l'agitant fortement : une partie du gaz se dissout, et la pression de l'air peut maintenir alors l'éprouvette contre la main en sens inverse de la direction de la pesanteur. L'oxygène n'est point assez soluble dans l'eau pour donner un semblable résultat.

Exposé à l'action d'une température élevée , le protoxyde d'azote se décompose et donne naissance à de l'azote et à de l'acide azotosique. Cette expérience peut être faite facilement en faisant passer ce gaz au travers d'un tube de porcelaine incandescent, rempli de fragmens de porcelaine, pour retarder sa marche, et pour l'échauffer plus sûrement par la multiplication des points de contact.

4 AzO = A1O4 + 3 Az,

Le phosphore brûle vivement dans le gaz protoxyde d'azote; le charbon y brûle assez bien, mais le soufre n'y brûle qu'avec difficulté et lorsque la température est suflisamment élevée. L'hydrogène phosphore brûle dans le protoxyde d'azote lorsque l'on y met le feu.

Le gaz protoxyde d'azote peut être respiré pendant une 00 deux minutes sans danger. Il est absorbé rapidement et détermine une espèce d'extase* Si son usage était prolongé plus longtemps , il pourrait en résulter des inconvéniens assez graves. Les animaux que l'on y plonge paraissent d'abord très nis et très animés , mais bientôt ils s'affiiiblissent et périssent. Des tétards de grenouilles grises que l'on a immergés dans de l'esn chargée de ce gaz, s'y agitent avec vivacité, mais en une demiheure ils sont épuisés et ils meurent.

Préparation du protoxyde d^azote. — Rien n'est plus simple

BI-OXTDB I>'aZOTB. 48^

ni plas facile à préparer que ce gaz; Pour cela il suffit de chauffer de l'azotate ammonique dans une petite fiole munie d'un tube convenable.

L^azotate ammonique fond à i49^ et se décompose à 1760 66^ en donnant uniquement pour produits de Teau et du protoxyde d'azote*

AMOtaie ammonique. Maa^ Pniùâyde éPûMOte. AsO«,ÂxH4 = 4H0 + aAtO,

Pour préparer le protoxyde d'azote liquide , on fait usage d'un procédé ingénieux imaginé par Faraday. On choisit un tube de verre épais , on le soude à la lampe à une extrémité , on y introduit de l'azotate ammonique^ on le ferme complètement et on le plie par le milieu comme un A renversé. Si l'on chauffe la branche qui contient l'azotate ammonique, et si l'on plonge l'autre dans un mélange réfrigérant, le gaz s'y liquéfie à mesure qu'il se produit sous l'influence de la pression déterminée par sa propre élasticité. A -f- 70, l'élasticité de la vapeur de ee liquide s'élève jusqu'à 5o atmosphères.

Gaz nitreiix^ deiUoxyde dPazote^ oxyde d azote ^ oxyde nitrique. Az Oa= 375 = a vol.

Le bi-oxyde d'azote est gazeux à la température ordinaire. Sa découverte est due à Haies; mais il a été l'objet des recherches de plusieurs chimistes, tels quePriestley, Davy, Gay-Lussac, Vauquelin et M. Péhgot.

Propriétés physiques. — Le gaz bi-oxyde d'azote est incoloré, son odeur n'est point connue , car il change de nature aussitôt qu'il est au contact de l'air. Son poids spécifique est de lyoSpo. Son indice de réfraction ^^ i,ooo;^o3. Sa chaleur spécifique r-

1,2^7 fK>us un volume constant ^ ou iyi6 sous une preâsion constante.

Composition et analyse. — Le bîoxyde d'axole est formé de volumes ëgaux de gaz d'oxygène et de gaz azote sans condensation. Cela est prouvé par son poids spécificpie 5 car

Azote I ^ome • • • . s 0.9720

Oxygène i to! = i,«o57

a volumes bi-osyde d'azote =: 9,0777

Or, I* ^ = 1 .o38S, poids spécifique du gaz bt-oxyde d*azote.

On fait l'analyse de bi-oxyde d'azote comme celle du protoxyde , en le chauffant dans une cloche courbe contenant du sulfure de baryum : l'oxigène est absorbé et, après le refroidissement, on trouve que le volume de l'azote restant n*occape que la moitié du volume du gaz employé. V. p. 485 et p. 4iS. Réactions chimiques, — Le gaz bi-oxyde d'azote soumis à une température élevée se décompose en azote etenacideazotosique : a Âz O2 = Az 04 -{- Az. Mis en contact avec l'air ou avec l'oxygène, à l'instant même il absorbe autant d'oxygène qu'il en contient et se change en acide azotosique, gaz d'une couleur rouge et possédant une odeur caractéristique. Aussicelte propriété fait-elle qu'il n'y a pas de gaz plus facile à reconnaître que le bi-oxyde d'azote. Ce gaz n'entretient point la combustion : cependant le phosphore peut y brûler. L'eau dissout 0,06 de ce gaza -j- i5' et à 76" de pression barométrique. Une dissolution aqueuse de sulfate de protoxyde de fer dissout le gaz bi-oxyde azote en prenant une couleur rouge-brun foncée. Cette propriété est mise en usage pour séparer le bi-oxyde d'azote des gaz avec lesquels il se trouve mélangé, lorsque toutefois ces gaz sont sans action sur le sel employé.

Pf^paration. — On prépare le bi-oxyde d'azote en disant

réagir i'azoUte hydrique mâle avec un volume d'eau égal au sien sur du mercure.

Pour cela on opère dans une fiole surmontée d'un tube propre à recueillir ce gaz- La réaction peut avoir lieu à la tenipérature ordi-

▲GIDB AZOTBUX. 4^9

naireen étë; mais il est souvent indispensable de l'aider en chauffant le mélange; il se produit de l'azotate de mercure fixe qui reste dans la fiole et du bi-oxyde d*azote gazeux que Ton recueille par les moyens ordinaires.

Azotate hydrique. Mercure, Atotate tte meremre. Bî-ca^de d'azote, 4(Az06H) + 3Hg = SAsOe^Hg + Az O3.

On substitue quelquefois le cuiyre au mercure ; mais avec ce mëtal on n'a jamais de gaz pur, il se trouve toujours mélangé d'azote et de protoxyde d'azote.

ACIOB AXOVBVZ.

jicide nitreux.

As O3 = 475*

L'acide azoteux , connu depuis long-temps à letat de convbinaison dans les nUrUes ou les azotites^ a été obtenu pour la première fois par Dulong en faisant réagir l'un sur l'autre le bi-oxyde d'azote et l'oxygène en proportions convenables à — ao°« Pour cette opération on introduit ces deux gaz chacun dans un gazomètres différent, et on le fait passer au travers d'un même tube plié en U et plongeant dans un mélange réfrigérant. On fait en sorte que le volume du bi-oxyde soit quadruple de celui de l'oxygène pour satisfaire à cette condition :

* Az O 3 (4 volumes) + O (t iNdome) = Az O3.

On produit ainsi unliquide extrêmement volatil, bouillant à. une température assez basse pour que l'on ne puisse le conserver que dans des tubes scellés par la fusion du verre. Ce liquide est incolore à — ^ ao*", et d'une couleur verte à la température ordinaire. Mis en contact avec l'eau, il sa déonnpose immédiatement en donnant du gaz bi-oxyde d'azote et de l'azotate hydrique; phénomène qui est représenté par l'équation suivante :

3 Az O3 HO =: Az Os, HO + ft AzO).

La décomposition que l'acide azoteux éprouve au contact de Feau est cause que l'on ne peut le combiner directement avec les bases, et que l'on ne peut le retire^ de$ sek qui le reiiferment.

490 AKOTB»

Axotites.

Les azotites sont des sels formés par la réunion de Tadde azoteux avec les différentes bases* Leur formule générale est Az Os, AO ou Âz O4 A, V. acide azotosique. Leur caractère principal est de donner des vapeurs rouges, lorsqu'aprës les avoir réduits en poudre on les met en contact avec l'adde sulfurique, sans y ajouter ri^n autre chose.

AGIDB AZOTOSIQU».

Jcide nitreux^ adde kjrponUrique^ acide nitroso-nUrique^ gaz rutilant. Azotide,

Az O4 = 575 = 4 volumes.

Jusqu'en 1 8 1 6^ l'acide azotosique a passé pour un gaz permanent. C'est DuloDgqui fit voir à cette époque que le gaz rutilant n'était rien autre chose que la vapeur d'un liquide particulier qui toutefois avait déjà été observé par M. Berzélius et par M. Gay-Lussac.

L'acide azotosique est solide et sans couleur à — ^o% à — ao^, il est liquide et incolore; mais à mesure que l'on élève la température, il passe par des nuances insensibles depuis le jatme fauve jusqu'au jaune orangé le plus foncé; à — iC" il est fauve clair; à o<» sa teinte est jaunâtre ; à la température ordinaire elle est déjà très foncée* Ce liquide a un poids spécifique de 1 ,4s I . Il bout à -f- ^S"", sous une pression égale à 76 *^ de mercure, et donne une vapeur rbuge jaunâtre très foncée dont la teinte est {presque noire à une température élevée. Le poids spécifique de cette vapeur = 1,7a. D'où l'on déduit qu'elle contient un volume d'oxygène et un demi- volume d'azote condensés en un seul volume, comme le calcul suivant le démontre.

I volame d'oïygène = x,ioJ)7 x;a volume d*azote = ' 0,4860

L'acide azotosique supporte une très haute température sans

(i) La différence euti*e le calcul et l'obserTation est assez grande; mais eSe efll cependant dans des limites qui ue permettent pas d'interpréter la compositio& de Tacide azotosique d'une autre manière.

ACIDE AZ0T06IQUB. 49 <

se décomposer. Lorsqu'on le met en contact avec une grande quantité d'eau, il se change rapidement et presque entièrement en azotate hydrique et unbi-oxyde d'azote (3 ÂzO^ -|- 2 HO = a AzOs^HO 4" AzOs). Si l'acide est en excès, au contraire, il donne naissance à un composé verdâtre lorsqu'on y ajoute de l'eau, et ne laisse point dégager de bi -oxyde d'azote.

L'acide azotosique 8*unit directement avec le mercure pour former un azotite. Mis en contact avec iin sulfure alcalin dissous , il en précipite le soufre en donnant encore naissance à an azotite.

Il résulte de ces deux réactions que l'acide azotosique pourrait être considéré comme un élément chimique si 1 on n'en connaissait pas d'ailleurs la composition , et que les azotites devraient être considérés comme des composés binaires formés de AzOa plus un métal , car AzO,,AO = azotite = AzO^A* L'acide azotosique vient justifier la théorie des hydracides de Davy, et donne l'exemple d'un radical composé que l'on peut isoler. En agissant sur les sulfures, il en déplace simplement le soufre et SA -|- AzO^ = S -|- AzO^A. Quelques composés particuliers de la diimie organique permettent aussi d'adopter cette manière de voir. C'est ce qui fait que l'on a pu donner un nom simple à l'adde azotosique et qu'on l'a appelé azotide.

L'acide azotosique ne se combine point avec les bases sans se partager en acide azoteux et en acide azotique qui donnent naissance à un azotite et à un azotate. Ce mode de réaction a lieu tout aussi bien à sec et à une température élevée, conune cm peut le voir avec le baryte, qu'à la température ordinaire et en présence de l'eau. Dans cette réaction deux équivalens d'acide azotosique donnent un équivalent d'acide azoteux et un équivalent d'acide azotique : 2 AzO^ = AzO^ -|- AzOs.

La manière dont cet acide se comporte en présence des bases a porté les chimistes à admettre qu'il n'est point un degré particulier d'oxygénation de l'azote, mais un composé d'acide azotique et d'acide azoteux anhydres. L'acide azoteux se combinant d'ailleurs avec d'autres acides, et notamment avec l'acide sulfurique, cette opinion est très plausible. C'est même à cause de cette manière d'envisager le corps dont il s'agit ici que je lui ai donné le nom d'acide azotosique qui représente i lui seul les mots acidum azotosum et acidum azoUcum , et le synonyme ocwfe nitroso^rUtrique.

49^ AXOTE.

Les deux opinions qui viennent d'être exposées sur la oonstîtutloi) de Tacide azotosique ne s'accordent point parfaitement entre elles ; car si Tacide azotosique = AzOs, AzO», on comprendra difficilement comment il donne un azotite en agissant sur le mercure. Cependant, je ne repousserai aucune de ces deux opinions, et, vu le rAle que lecompo8<^en question joue dans certains composés organiques , je suis prêt à admettre qu'il se comporte de plusieurs manières fort distinctes , selon les circonstances dans lesquelles on le place.

Analyse, — On détermine la composition de l'acide azoto* sique en faisant passer sa vapeur dans un tube fortement chauffé dans lequel on a introduit de la planure de cuivre et en recueillant le gaz qui s'échappe. Le cuivre s'oxyde et l'azote est mis en liberté. L'augmentation de poids du cuivre et le volume de r^zote permettent d'établir la composition de l'acide azotosique telle qu'elle a été donnée.

Préparation, — On prépare l'acide azotosique en décomposant l'azotate de plomb bien sec par la chaleur. Les produits de la réaction sont de Toxyde de plomb 6xe, de l'acide azotosique très volatil et de l'oxygène, gaz permanent. L'opération peut être faUe dans une cornue de verre ; mais on réussira mieux en employant une cornue de terre. A cette cornue on adapte une allonge pour recevoir les parcelles d'azotate de plomb qui peuvent être entraînées par la décrépitatjon ou autrement; à cette allonge on ajuste un ballon surmonté d'un tube en U renversé dont la branche libre plonge dans une éprouvette étroite placée au milieu d*un mélange réfrigérant.

C'est dans cette éprouvette que la videur se condense. L'oxygène se dégage par le haut de l'éprouvette à laquelle il est

bon d'àââptemn boachon et un tube droit tris élevé povremporter les vapeurs que legas pourrait entraîner*

On chauffe la cornue et l'on arrête l'opération lorsqu'il ne sort plus d'oxygène par le tube destiné à le conduire bors de l'appareil. On s* apercevra facilement de cela en approchant une allumette en ignition de l'extrémité libre de ce tube : s'il se dégage de l'oxygène, elle brûlera ayec vivacité.

L'acide azotosique doit être conservé dans un flacon bien sec, bouché à l'émeri et dans un endroit dont la température est peu élevée.

AzOs = 675.

* L^acide azotique auhydre n'a jamais été isolé. Cet acide n est connu qu'à Pétat de combinaison saline. Le composé que tous les chimistes nomment encore acide nitrique et acide azotique est Y azotate hydrique.

Eauforte^ esprit de nitre^ acide du salpêtre^ acide du nitre^ acide nitrique^ adde azotique.

Az Os, HO = Al 06 H = S87,5.

L'azotate hydrique est liquide à la température ordinaire ; mais il peut être solidifié à — 4o^. Il est incolore et possède une odeur faible, particulière, odeur due à des vapeurs qu'il répand constamment et que l'on rend très sensibles par l'approche d'une baguette de verre couverte d'ammoniaque liquide* Son poids spécifique est égal à i,5âi, et il entre en ébuUitionà 4-86».

L'azotate monohydrique est souvent coloré en jaune par la présence de l'acide azoteux. Gela peut provenir de l'action de la lumière, ou de son mode de préparation, comme on le verra bientôt. Dans ce dernier état, l'azotate hydrique a un poids spécifique =s à i,5aA à + f^^\ Faction de la chaleur enchâsse Pacide azoteux, le rend incolore, et réduit son poids spécifique à i,5ai.

L'azotate hydrique contient o,i4 deau; mai/; lorsqu'on Augmente celte quantité d'eau jusqu'à o,4o> oo pbUrat ua )i*

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