‹ Traité de chimie générale et expériméntale, avec les applications aux arts a la médecine et à la pharmacie;Chapitre 16 sur 102 · DOUBLE SUBSTITUTION · texte numérisé non relu

DOUBLE SUBSTITUTION

mais cette opinion que l'on ne saurait aujourd'hui ni démontrer, ni détruire, n'est pourtant pas admissible dans le cas de la réaction d'un sel et d'un corps binaire, comme dans le cas précédent, où l'azotate a^entique se trouve décomposé par le cUomre sodique : dans cette réaction , la substitution a évidemment Ueu entre les métaux seulement , quoique l'un des deux corps soit un sel dans toute l'acception du mot. Si , par analogie, on passait du cas où le fait se démontre facile* ment à celui de la décomposition mutuelle de deux sels, on serait tenté de penser que l'échange a lieu entre les radicaux des oxydes qui entrent dans leur constitution et non entre ces oxydes y comme on le pense généralement : ainsi , l'azotate barytiqne et le sulfate potassique.

Az Oe Ba t Az Oe | Ba

Ce fiût étant démontré , tous les sels deviennent comparables aux composés binaires : opinion qui paratt très plausible; car la plupart de ces sortes de composés se comportent dans les réactions exactement comme les sels proprement dits.

Dans la théorie qui admet que certains composés hydriques sont des addes, l'opinion précédente tend à démontrer que les acides hydratés sont comparables aux hydracides, par exemple, que SOi, HO ou son ^al SO4 H, se comporte comme Cl H ', cette opinion a été émise par H. Davy, eUe a été appuyée par les travaux de Dulong, et elle a été discutée par M. Dumas, dans ses leçons de philosophie chimique.

Une foule de faits , appartenant aux doubles décompositions, a passé pour de simples décompositions, parce qu'en général on négligeait le r6le joué par les élémens de l'eau. Ainsi , on regardait la production de l'acide azotique, dans la réaction de l'acide sulfurique sur l'azotate potassique, comme une simple élimination d'un acide par un autre acide ; nuiis le phénomène est beaucoup plus compliqué. Quoi qu'il en soit, il y a une double décomposition dans laquelle Taxotate potassique, mis en présence du sulfate hydriqar, donne lieu à de l'azotate hydrique et à du sulfate potas5U|ne, qui s'unît avec du sulfate hydrique non dccompost-. Dans la réaction des bases alcalines sur les sels niélalliques par voie huniide, on admettait aussi une simple décom|K)$ition par la-

86 aÉAGTioirs chimiques.

quelle un oxyde était ëliminë par un autre oxyde; mais, il n'en est point ainsi : ce sont des hydrates qui réagissent sur des sels, et cela donne lieu à une double décomposition bien déterminée ; ainsi : l'hydrate potassique et Pàzotate mercurique réagissant l'un sur l'autre, donnent lieu à de l'hydrate mercurique et à de l'azotate potassique.

J'adopte entièrement les vues qui viennent d'être exposées, parce qu'elles sont parfaitement en harmonie avec les faits, et je me baserai sur elles pour adopter une nomenclature. .

Circonstances dans lesquelles se produisent les doubles décomposilions.

' Les doubles décompositions peuvent ^oiçévet dans des circonstances fort distinctes les unes des autres, et donner ainsi lieu à une foide de cas particuliers dont je vais énumérer les principaux.

1** Double substitution opérée en présence d'un dissolvant.

a. Entre deux composés solubles et dissous, donnant deux corps composés solubles , mab dont un demeure indissous.

Ex. : Chlorure potassique et aioUite sodique , aul&te mapnéagne et eblerure sodique.

i. Entre deux composés solubles et dissous, donnant lieit à un composé insoluble ou peu soiuble*

Ex. : Tous les composés solubles de baryte, de stroatiane» decbattXi avec les carbonates et les sul&tes solubles y etc. « ete.

c. Entre deux composés dissous, donnant lieu à deux composés insolubles.

Ex. : Chlorure barytique et sul&te ai|;entique.

d. Entre deux composés, dont un dissous et lautre insolubie, donnant lieu à de nouveaux produits, dont un solable et l'autre insoluble.

Ex. : RéactioD des hydrates et des carbonates potassique et sodique sur les composés salins insolubles, tels que le sulfate barytique y le sûl£its strontique, etc.

a'^ Double substitution opérée par voie sèche, sous l'influence d'une variation de température*

LOI DB BBEVHOLI.BT. 87

ê. Entre deux composés fixes^ donnant lieu i àa% pr»« doits fixes.

EiL. : Sulfate barydqne ou itnmtique, STec le chlorure calcique.

/• Entre deux produits non volatils, au moins sans decomposition, donnant lieu à un produit volatil. £x« : Chlorure fodique et tuliate smmonique.

Loi de BerlhoUet.

Bêrthollet a fait connaître d'une manière générale tons les cas dans lesquels une double substitution s'opère entre les élémens de deux composés solubles et dissous. Le résultat des observations de ce savant peut être formulé ainsi : Larêqu^ùn mêle dmtxsels en dissolution dans PeaUj et ^que^ par leurriac" tionj il peut se former un sel soUAle et un sel insoluble^ ou deux sels insolubles y ces sels se décomposent toujours ^ c^esP^irdlre que Faeide de tun s'empare de la base de tauirsj ei rée^ro^ quement, à moins qu'il ne puisse se former un sel double soÛMe, ce qui arrive rarement (i). Cette formule porte le nom de loi de Bêrthollet.

Les doubles décompositions peuvent encore avoir lieu lors mime que les sels ne sont point insolubles, mais seulement lorsque l'un de ceux qui peuvent résulter de la réaction ne peut demeurer dissous faute d*une quantité suffisante de dissolvant.

Ce cas rentre nécessairement dans les précédens, d'autant phs qu'il n'y a peut-être pas de composé salin absolument in* lolublie.

Les râictions qui sont comprises sons la lettre dj ont été étudiées par Dulong. Ce savant , ainsi que Bêrthollet , attriboe la formation des nouveaux produits à la force de cohésion. Ce sont toujours les produits qui présentent le plus de oohMon, selon les circonstances dans lesquelles on opère, qui M forment de préférence aux autres ; mais dans ce genre de réaction, la double décomposition n'est pas toujours complète, elle a des limites qui résultent de Téipdlibre des forces

(1) Muai de siaiique chimique^ première partie, p. 98 et miW. *->* Now^têt ^tAtnktt wr Us lois de tafftnilé, dans les Mémoires de rinstitui (xSo6), et les ^im. die cAôim , t. uxvi, p. Sou; t. ustxk, p. iSi et ssS; t. sisiTiu,p. S ctiil

88 HRACTIOnS CHIMIQUES.

qui sont en présence (Voyez Ann. de chimie^ X. 8a, p. 273 et suiv.).

Lois de la substitution.

Les lois auxquelles le pbënomène de la substitution est assujetti sont absolument inconnues. Dans la théorie corpuscidaire , on comprend a?ec la plus grande facilité que les élémens d'un système moléculaire puissent être remplacés par des élémens d'une autre nature ; mais on ne connaît nullement la relation qui enchaîne cette action avec la cause qui la produit. Ainsi , on sait que le cuivre se substitue à l'argent dans les dissolutions salines, que le fer se substitue au cuivre, que le zinc se substitue au fer, dans les mêmes circonstances^ mais on ne sait nullement pourquoi la réaction a lieu, et l'on ne saurait dire comment Targent ne décompose pas les sels de cuivre. Les lois qui régissent le phénomène de la substitution sont donc absolument inconnues. C'est aujourd'hui uo problème de la dynamique moléculaire des plus intéressans à résoudre, (i)

P&OPOaTIORS GHIHIQUBS.

En voyant les corps composés si différens des élémens qui les constituent , et se présentant toujours les mêmes lorsqu'ils sont purs, on pense qu'il faut nécessairement que ces élémens s'y trouvent dans un rapport déterminé; car sans cela un pea plus ou un peu moins d'un des élémens changerait la nature et l'aspect du corps composé. Cette simple observation conduit à priori à la connaissance des proportions chimiques. Cepen-

(i) M. Dtimas a bit connoitre des règleg relatives aux substitutions; maisca règles ne représentaient que quelques cas particuliers de ce genre de réaction; car elles nVaient trait qu'aux composés d'origine organique. Les voici telles qu'il b a posées :

« I** Quand un corps hydrogéné est soumis.À l'action déshydrogénante du chlore, du br^Qy de l'iode , de l'oxygène, etc., pour chaque atome d'hydrogène qu'il penl, il gagne un atome de chlore, de brome, d'iode, et uu demi-alooe d'oxigèoc. •

« «^ Quand le corps hydrogéné renferme de Toxygène, la même règle s'oliserve sans modification.

» 3* Quand le corps hydrogéné renferme de l'eau , celle-ci perd son hydrogène sans que rien ne le remplace , et , à partir de ce point , si on loi enlève une noovelle quantité d'hydrogène, celle-ci est remplacée comme précédemment. »

PAOPO&TIOM8 l>OH0A&A.LB8 DBS GOMBIVAlSOKS. 89

dant, oeB faits ëvidens dont elles découlent, quoique fortifiées encore par les formes cristallines qui annoncent une symétrie et un arrangement auxquels le nombre des parties oonsti* tuantes ne saurait être étranger , n'ont pas frappé tous les esprits, et des sarans ont pu douter de leur réalité ', ce n'est que lentement, péniblement, et par le secours de la balance, que la fixité des proportions chimiques a été démontrée.

Les proportions chimiques qui font connaître les rapports dans lesquels les élémens sont unis dans les corps composés forment une des parties les plus intéressantes de la chimie, non-seulement sous le point de vue de la science en général , niais encore sous celui des applications; car ce qu'il importe le plus i un fabricant, c'est de pouvoir calculer le rendement et la valeur de ses produits.

Les proportions faisant connaître la composition de tous les corps, peuvent être exprimées en poids, car tous les corps sont pesans ; les proportions des corps dont les élémens sont sons forme de fluide élastique , peuvent être exprimées en volumes, mais ce n'est point toujours d'une manière parfaite* ment exacte.

I. L'ensemble des proportions chimiques repose sur cette donnée fondamentale : il existe un rapport déterminé entre les poids des parties constituantes des corps»

a. La proposition précédente était facile à déduire de la simple observation des faits, mais il n'en est pas de même de la suivante, qui ne pouvait être admise sans avoir été sanctionnée par l'eipérience : si [on représente par un nombre déterminé et constant la quantité pondérale iun corps^ qui peut s'unira tous les autres corpsj U résulte de la proposition précéeedentej que tous les poids des autres corps peuifent aussi être rq^réseniés par des nombres déterminés et constans; mais de plus, si ces autres corps viennent à se combiner les uns avec les autresj on Pxmvera qu^ils sont unis dans des rapports déterminés par ces mêmes quantités fixées à l'égard de tun d^ entre eux seulement» Ainsi , en prenant l'oxygène pour terme de comparaison, et en faisant son pdidsrrs loo, on trouve qu'il peut s'unir i 101 parties pondérales de aqi^fre et a 339 parties pondérales de

go RÉACTIONS CHIMIQUES.

fer 5 en outre ^ si l'on unit le soufre au fer, on trouve qa'ik forment ensemble un composa dans lequel le poids du sonfie est à celui du fer : : 901 : SSp. Il en serait de même pour tons les autres corps,

3. Lorsque deux corps peuvent s*wiir en pludêur$proporUoiay si Von fait que Vun à! eux demeure en quantité^ constante^ les quantités de F autre corps sont des multiples ou des sous^mul" tiples les unes des autres.

Cette troisième proposition, qui porte le nom de loidespnh portions multiples^ était nécessaire pour que la deuxième fat vraie ; car, sans la relation qu'elle indique, la fixité des rapports dans lesquels les corps se combinent n'eût point i\i universelle.

L^azote, dans les composés qu'il forme avec l'oxygène, offre un exemple remarquable de proportions multiples : 177 parties de ce corps peuvent s'unir à 100, 200, 3oo et 4oo par ties d'oxygène, même à 5oo parties, en admettant la poasilM- Kté de l'existence de l'acide azotique anbydre.

Les propositions précédentes peuvent être considérées comme les lois qui régissent les proportions dans lesquelles les corps se combinent. Il résulte de leur ensemble, que ces mêmes proportions peuvent être représentées par des nombres déterminés et invariables. Ces nombres portent le nom de nombres proportionnels.

Les nombres proportionnels ont l'avantage immense de permettre de trouver, par le calcul, le rendement de tontes les opérations chimiques qui sont suffisamment connues.

Pour qui a médité les simples notions de l'arithmétique, le résultat suivant ne sera qu'un corollaire facile i saisir des propositions précédentes.

Les nombres proportionnels des corps composés sont entre eux comme les sommes ties nombres proportionnels des élémens qui les constituent.

L'intelligence de cette proposition est facile , car si l'on considère deux corps composés, soit l'oxyde de ploinb et le sulfure de zinc, il est évident que les poids de ces deux composés sont entre eux comme les sommes de leurs élémens ; en d'antres termes, que si 100 parties d'oxygène sont unies i 1294 parties de plomb, et si aoi parties de soufre sont unies à 4<^ parties de zinc, que le poids de l'oxyde de plomb eera A

LOI Dl WHHEBL. 9I

celni An sulfure de sine : : loo + ^^94 < soi -f- 4o3 y ou : : 1894 : 6o4*

Partant des données prëcëdentes, il semble que rien n'est plus simple que d'établir une table des nombres proportion* nels; car il parait au premier aperçu qu'il suffirait que l'expérience eût fait connaître dans quels rapports les corps se combinent, pour que ce résultat pût être atteint. Cependant il se pr^ente une difficulté qui naît des proportions multiples 1 puisque deux corps peuvent se combiner en plusieurs pro« portions, à laquelle de ces proportions s'arrètera-t-on pour établir une pareille table ? On sent donc qu'en pareille cir* constance, où l'expérience ne peut plus guider le chimiste, il est libre de choisir ; il pourrait même paraître que le choix à faire n'aurait pas beaucoup d*importance, et que l'on pourrait simplement se borner à adopter ce qui est le plus convenable, selon l'usage des nombres proportionnels. Il en est réellement ainsi pour ceux qui veulent demeurer entièrement dans le domaine de l'expérience ; mais lorsque l'on veut faire coïncider ensemble toutes les données scientifiques relatives aux pro« portions chimiques, afin de rechercher comment les molécules sont constituées, cela ne suffit plus : il faut discuter les faits et remonter s'il se peut jusqu'à la source même des proportions chimiques.

Les lois qui régissent la composition pondérale des corps n'ont pas d'al>ord été connues dans tout leur ensemble. Â dater des travaux de Wenzel, publiés en 1777, jusqu'à l'essai des proportions chimiques de M. Berzélius, qui ont couronné l'œuvre, il existe, comme on le voit, une période de plus de quarante années. Wenzel , Richter , Proust , Dalton , Berzé- Uns , Gay-Lussac, sont les savans à qui l'on doit presque tout ce que l'on sait sur ce sujet.

Iêw de Ut eompoflîtîoii des seb , on loi de TFenxel.

Les découvertes de Wenzel, qui ont précédé les autres, concernaient la composition des substances salines. U constata que deux sels solubles, neutres aux réactifs colorés, susceptibles de se décomposer mutuellement , donnaient naissance, par une doiéle décomposUion^ à deux nouveaux sels également neutres, et il tira parti de ce phénomène remarquable pour déterminer la composition d'un grand nombre de sels. Il est évident, en

9SI HiACTIONS GHIMIQUBS.

effet 9 que , si Pou connaît la oomposition des deux sels employës, et que, si Ion sait en outre combien il faut de chacun d'eux pour se décomposer mutuellementi on peut en déduire, par le calcul, la composition des deux sels formés , puisqu'il y a simplement échange entre leurs élémens j qui restent en mêmes quantités. Par exemple, loo parties pondérales d'azotate barytique contiennent 4^Vj 44 d'acide et 58^, 56 de base; il £iut, pour décomposer entièrement ce sel, 66^^ 77 de sulfate potassique, contenant les élémens de 3op, 68 d'acide sulfurique et de 36p, 09 de potasse. Or, lacide azotique venant à s'unir à la potasse, et l'acide sulfuriqne à la baryte, on aura 77P, 53 d'azotate potassique, formées de .41^9 44 d'adde azotique et de 36p,o9 de potasse, et 89P, a4 de sulfate barytique, formé de 3op,68 d'adde et de S8p, 56 de baryte.

D'où:

Azotate baryUque 100,00 j y ^

El sulfate potassique 66,77 î '™™'"'* >w,77

Donnent :

Azotate potassique 77«53 ; ,, ^^

EtsuUatebarytkiue IgM \ '"^^^ '^^'^^

Cet exemple, mis sous une autre forme, donnerait :

Acide azotique Barjle

Acide sulfurique ^^^"^^v^^^ Potasse 3o,68 ^^ — ^ 36,09

On voit ici que 4^^9 44 d'acide azotique peuvent saturer 58p,56 de baryte et 36p, 09 de potasse, et que 3op, 68 d'acide sulfurique saturent exactement les mêmes quantités de bases; or, en généralisant, et l'on est en droit de le faire puisque la neutralité après la double décomposition subsisterait encore avec d'autres sels, on peut dire qu'i7 existe une suUe de rapports constans entre les poids des bases qui saturent une même quantité d'un acide quelconque^ et qu'il y a aussi une suite de ^rapports constans entre les quantités de diifers acides qui saturent une quantité constante d'une base quelconque.

Il résulte de la loi de Wenzel que, si Von détermine les rapports dans lesquels toutes les bases se combinent à un méiue acide, et les rapports dans lesquels tous les acides se conibi-

LOI DB WBHZfit. 93

nent à une même base, qu'on en peut déduire facilement la composition de tous les sels que ces bases et ces acides peuvent fermer en s'iinissant ensemble, en ramenant toutes les quantités pondérales à un même terme de comparaison.

La baryte étant le terme de comparaison, les bases suivantes deviennent:

Baryte = f,ooo

Stroniiaoe = 0,718

Cbanx, • • • • • =: 0,37»

PMasse = 0,616

Sonde. • . . • • =: 0,408

Si Ion établit les rapports qui existent entre la capacité de salaration des acides, l'acide sulfurique étant Tunité , on a :

Acide sulfurique = t ,000

— azotique. .... = i,35o

— chlorique. .... = 1,880 ». chromiqae. . . , • = i,3oo

— flumgafliqiie. . . . = 1,9188

Si l'on cherche maintenant quelle est la' quantité de baryte qui peut saturer une partie d'acide sulfurique, et que, en laissant toutes les bases dans les rapports indiqués ci-dessus on les ramène i cette quantité de baryte , on aura des nombres pro« portionnels qui seront tels , que la quantité trouvée d'un des acides quelconques pourra saturer toutes les bases, et que la quantité indiquée d'une des bases quelconques pourra saturer tous les acides. Ce résultat deviendra sensible si l'on jette les ycQx sur le tableau suivant:

Adde nlforiqne. . 1,000 ^^,-^^^^^^^^__^^^^^^^^^>- 1,909 baryte.

— aiotîqne . . i,35o -^^^^^^^^^^^> 1,371 strootîane,

— chlorique. . 1,880 ^g^^g^^^g^^^^ 0,710 chaux.

— clirainique . i,3oo ^^^^^^^^^^^- 1,177 polasie,

— Baogaoique. i,a88 ^^^^^ ^^^^^. 0,779 «oude.

Ce tableau démontre que , si Ton a déterminé exactement U composition des cinq sels que 1 acide sulfurique, par exemple, peut former avec les bases qu'il indique, et que, si l'on a déterminéégalement la composition des quatre autres sels que les quatre acides restans peuvent former avec une des bases, en tout 9 sels , on en peut déduire exactement la composition des aS sels que tous ces acides et ces bases peuvent former en i^nnissant ensemble. Aujourd'hui que tous ces rapports ont

§4 RBAGTI01I8 GHIMIQUIBS.

éié établis avec beaucoup de soin, quand on découvre un acide ou une base, il suffit de déterminer leur capacité de satura-tion relativement k une base ou à un acide bien connu, pour en déduire exactement la composition de tous les leb qu'ils peuvent former,

La découverte de Wenzel est applicable à tous les corps qui peuvent se décomposer mutuellement par une double ' substitution , et notamment à ceux qui ont une composition plus simple que les sels, tels que les composés binaires. Ainsi :

Le protochlorure de phosphore se décompose par Peau, et donne de Tadde - phosphoreux et du chlorure hydrique.

Le proto-sulfure de fer est décomposé par le chlorure hydrique , et douée da protochlornre de fer et du sulfure hydrique.

Le chlorure mercurique est décomposé par Tiodure potaiiîquey et donne de riodure mercurique et du chlorure potassique , eie.

Si l'on applique la loi de Wenzel à ces réactions, on peut déterminer non-seulement la composition de bien des composés binaires,, mais encore on peut déterminer les rapports qui existent entre les quantités pondérales des élémens qui se combinent, et de là, arriver à la connaissance des proportions de toutes les combinaisons possibles.

En faisant varier les conditions arithmétiques de l'application de la loi de Wenzel , on peut résoudre une foule de problèmes des plus intéressans. Il suffit, dans tous les cas de ce genre , que Ion connaisse la composition et la quantité de deux composés, pour en déduire celle des deux autres , aussi bien celle des corps soumis à la décomposition, que celle des corps produits.

Xkm de l'aoUon des métaux aar lea aelf, ou loi de &îehter.

Après Wenzel, Richter s'occupa aussi de la composition des sels i mais les résultats auxquels il parvint furent loin d'être exacts. Seulement il porta une attention toute particulière sur la décomposition des sels par les métaux. Il remarqua que, dans ce phénomène, il j avait une simple substitution d'un métal à un autre, et que tous les autres élémens des sels n'é«

Srouvaient aucune modification dans leurs proportions ; en 'autres termes , que tétat de neuiraUté des sds m dissolution

LOIS »B aiGHTim. 95

ne change point lorsquon en sépare le métal par un autre métal qui le remplace,

ndëcoule de Tobservation de Richter cflHl existe un rapport constant entre la quantité £an acide et la quantité dH oxygène tun oxyde quelconque qui lui est uni. En effet , si l'on considère an sel comme étant formé par la réunion d'un acide et d'un oxyde métallique , formé lui-même d'oxygène et de métal, l'acide et l'oxygène de l'oxyde demeurent dans un rapport invariable , tandis que le métal seul peut varier. •

Il découle encore de cette loi que tes différences que l'on observe entre les poids de diverses bases qui peuvent saturer une même quantité d'un acide déterminé, sont les mêmes que celles qui existent entre les poids des métaux qui entrent dans ces mêmes sels.

Si l'on détermine les rapports qui existent entre les quantités pondérales des métaux qui peuvent se substituer les uns aux autres, on trouve que ces quantités sont entre elles exactement comme celles que l'on peut déduire de la décomposition mutuelle des composés binaires ; et cela doit être, puisqu'elles représentent les diverses quantités de plusieurs métaux qui peuvent s'unir à une quantité constante d'oxygène.

Application de la loi de Richter à V analyse des oxydes^ -« La loi de Richter a été appliquée de la manière la plus heu- l

reuse à l'analyse des oxydes métalliques; elle permet de connaître exactement leur composition sans employer Vanalyse 1 directe ni même la synthèse. En effet, si, d'après cette loi, on connattle rapport qui existe entre la quantité d'un acide dé-> terminé et l'oxygène d'un des oxydes qui peuvent le saturer , on sait que cette quantité est la même pour tous les autres j oxydes; il suffit donc de connaître ce rapport et la quantité d'une I base qui sature un acide pour déterminer exactement sa composition. Par exemple , la chaux n'a jamais été analysée; maïs on sait que, dans les sulfates, la quantité d'acide est à celle de ^'oxygène des oxydes qu*ils contiennent , comme Soi : 100; on sait en outre que dans SSj parties de sulfate de chaux il y en a Soi d'acide et 356 de chaux: or, dans 356 parties de chaux, il y en a 100 d'oxygène et a56 de calcium*

^ HBACTIOirS r.HIMIQITBS.

&ot du rapport de l'élémeiit négalîr de Faeide à l'élémeiit oépHàl et de la base , on leî de Betxélîitf .

M. Bcrzélius a été plus loin que Richter : non-seulement il a vérifié la découverte de ce chimiste , mais j prenant les sels dans Taoception la plus étendue, et considérant que l'acide et la base qui les forment contiennent presque toujours un élément commun, il a trouvé qu'il existait constamment un rapport simple entre la partie de cet élément attribuée à l'acide et celle qui est attribuée à la base. Voici comment il a formulé sa découverte : Des atomes (molécules) composés du premier or" dre^ auxquels VéUmerU électro- négatif est commun^ se combi' nent toujours dans des proportions telles , que le nombre des atomes de Vêlement électro^négatif de Vun est un multiple par un nombre entier de ce même nombre dans Fauire (i). Ces multiples sont les nombres^ : a, 3, 4» 5, 7. On voit dans le tableau suivant de nombreux exemples de l'application de celte loi :

1 : I Ctrbomitet. — Sulfites. — Sélénites. — Tellnrites. — Stannalei. — lilf natet« — Yanaditei.

3 : I Sulfotei.— Séléniates. -- Telliirates. — Yanadates. ^ Melybdalet. —

Tungitalei. — Chromâtes. — Uangaoatcs. — Ferrâtes? — Oialates, -^ Aiotites. — Phosphites. — Anéaites. — Aatimoaites. — Borates. — Silicates. — > Aluminales. — Taotalales. — Aurates.

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