‹ Traité de chimie générale et expériméntale, avec les applications aux arts a la médecine et à la pharmacie;Chapitre 34 sur 102 · DU · texte numérisé non relu

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44,5 li

La première colonne du tableau précédent indique les noms des fluides élastiques dont les poids spécifiques ont été déterminés. Il y en a sans doute quelques-uns qui auront échappé aux recherches qui ont été faites pour les rassembler*, mais il doit y en avoir fort peu, ayant consulté les travaui de tous les savans qui se sont occupés de ces sortes de travanx.

Il était difficile d'établir une classification oonvenable entre tous les fluides compris dans ce tableau ; mais ils ne sont point encore en assez grand nombre pour que Ton ne puisse les troo* ver facilement. Les corps élémentaires ont été placés les premiers, puis les composés d'origine inorganique, rangés par groupes selon l'analogie indiquée par leur composition. En* suite on a réuni les divers carbures d'hydrogène, qui sont aujourd'hui fort nombreux, et dont l'çtude approfondie devra

THÉORIE DES FLUIDES ÉLASTIQUES. l5j

jeter une vive lumière sur la constitution des corps. Viennent après les composés d'origine organique, que Ton a réunis au* tant que possible, en se fondant jsur l'identilc de leur type moléculaire. Les, dérives d'un corps ont toujours été placés après luiy pour faire ressortir les modifications qu'il a éprouvées, soit par la substitution, soit par la combinaison.

La troisième colonne fait connaître la composition d'un volume de vapeur. Cela n'a pu être évidemment fait que pour les corps composés et pour ceux dont les élémens sont gazéifiables. Cependant, afin d^établir la même chose pour la nombreuse sme des corps organiques, on a admis bypothétiquement le poids spécifique de la vapeur de carbone, qui n'existe point en réalité, et cela en supposant, comme M. Gay-Lussac Ta fait, qu'un volume de gaz carbonique est formé d'un volume d'oxygène et d'un volume de vapeur de carbone condensés en un seul. Toutefois , le poids de cette vapeur a été déduit du nombre proportionnel du carbone, et non point en soustrayant le poids spécifique de Toxygène de celui du gaz carbonique. Cette colonne représente seulement la composition élé« mentaire des fluidf'S élastiques et non leur composition réelle oc leur constitution; ainsi, il est possible que le gaz carbonique et le gaz chloro-carbonique soient produits par la pénétration moléculaire du gaz oxyde de carbone, soit avec le gaz oxygène, soit avec le gaz chlore, et non point par l'union de leurs élémens , carbone, oxygène ou chlore \ mais cela ne pouvant être établi que pour un petit nombre de corps, on a été obligé d'y renoncer pour former l'ensemble du tableau. Encore n*c;st-il pas débfiontré que le carbone, l'oxygène et le chlore ne doivent pas se comporter comme Toxyde de carbone et le chlore pour former le gaz chloroxycarbonique.

Dans cette troisième colonne chaque lettre capitale repré* sente un volume de fluide élastique et non point un équivalent

La quatrièmecolonne indique les poids spécifiques des fluides élasiiques comparés à celui de l'air pris comme unité. Partout on a inscrit les nombres donnés par rexpérience, les nombres calculés pouvant en être déduits facilement, et le contraire ne pouvant avoir lien. Il y aurait sans doute des corrections à faire à tous ces uombies, en appliquant à leur détermination le coeflici'.nt de la dilalallou i\v$ gnz tel qu'il a été déterminé

l6o PHÉNOMÈNES DE l'aCTION CHIMIQUE.

quantités de chaleur développées dans la combustion des corps , et d'en déterminer les lois. Lavoisier, Crawford , de Rumford , Despretz, Dulong et Hess s'y sont livrés avec ardeur ; mais on n'a point encore formulé de loi certaine a cet égard.

Recherches de iMÇoisier. — Lavoisier pensait que tous les corps étaient le produit de la combinaison de matières particulières avec le calorique, qu'il substantifiait. Partant de cette idée, il considérait les gaz comme contenant le plus de calorique relativement à leur masse qui est toujours fort petite si ou la compare à celle des corps solides , même les moins denses , pris sous le même volume dans les circonstances ordinaires de pression et de température. En se basant sur celte hypothèse, il a pensé déterminer, à très peu de chose près, la quantité totale de calorique combiné à l'oxygène, en unissant ce gaz au phosphore avec lequel il forme lacide phosphorique, corps solide occupant un volume excessivement faible, relativement à celui de l'oxygène qui concourt i sa formation. Cherchant ensuite combien le carbone et l'hydrogène développaient de chaleur par leur combustion, il déterminait celle qui était restée inhérente à l'oxygène, parce qu'en se combinant avec ces corps , il ne pouvait perdre qu'une partie du calorique qu'il contenait, attendu que le produit de la combustion est gazeux de part et d'autre.

Voici les principaux résultats trouvés par Lavoisier à l'aide du calorimètre de glace :

Une partie de phosphore fond eo brûlant dans l'air à o® 100,0000 de glace. Une partie de charbon fond id, id. 96,5000 iW.

Une part, dliyd. en poids fond îd. id, 995,5895 id. {i)

Aujourd'hui que Ion connaît, avec une exactitude suffisante, les proportions en volume cl; en poids des combinaisons, la théorie de Lavoisier ne peut être soutenue ; car, dans la combustion du charbon, le volume de l'acide carbonique qui se produit est sensiblement le même que celui de Toxygène qui ne pourrait point perdre de calorique en cette circonstance, et il devrait au contraire y avoir un abaissement de

(i) Trahi éiément, de cA/rniV, 1789, 1. 1", et nJém. de l'Acad. des scifMca^ année 1780.

BB LA TEMPÉRAJURE. l6l

température produit par la dîlatatien du carboné qui^ de solide, devient gazeux. Cette théorie ne rendrait nuiiemeni compté de l'élévation de température très considérable qui a iieu dans la combinaison rapide de Thydrogène et du chlore, qui se fait à volumes égaux et sans aucune diminution dans le produit de la combinaison ; elle ne permet point non plus de comprendre comment deux corps solides, le soufre et le plomb, par exemple, peuvent devenir incandescens par le seul fait de la combinaison, et en donnant lieu à un produit solide. Sans aucun doute, les fluides élastiques, en changeant d*état, abandonnent toujours une certaine quantité de chaleur ; mais cette quantité de chaleur est loin de représenter celle qu'ils peuvent développer dans la combinaison : le mouvement moléculaire qui a lieu en cette circonstance est probablement la cause de ce phénomène.

Lavoisier pensait en outre que les corps composés devaient donner, dans leur combustion, des quantités de chaleur proportionnelles à celles que pouraient donner leurs élémens s'ils étaient isolés. Cette opinion ne s'est point vériflée par la suite. Recherches de Crawford. — Crawford(i), dans l'intention de rechercher les sources de la chaleur animale , a entrepris une longue suite d*expe'rienccs sur la capacité calorique des corps, et sur la quantité de chaleur qu'ils développent dans la corn* bastion.

Ces derniers résultats sont les moins nombreux. Voici ce qu'il a obtenu :

Cbalenr commiinîquée par la combustioD d'un demidrachme de cire blanche. si4>a <7»79^

— par la combustion d*Dn demi drachme de suif. »4»o z 7*674

— par hi combustion d'un demi-drachme de la

neiUcare huile. a9,3 16,496

— par la combasUond'oadcmidrachme de char-

boa de bois X7>x . Xttt6o7

La première colonne de ce tableau exprime en dixièmes de degrés de Téchelle de Fahrenheit, la température communiquée à 3i liv. 7 onces troy. — La deuxième colonne indique le nombre de grammes d'eau dont la température se-

(t) Expenmmtts and oâsûrvathfU on animal heat and t/t€ inflammation of ^^nmémiièU Ifodies; hj A. Crawford, vf èdit U^ndon , 1788.

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