ÉTAT NAISSANT. I
capillaires plus étroits. Le coefficient de condensation dépend et de la nature des corps poreux et de la nature du fluide élastique. Cela est démontré par les expériences de de Saussure sur la condensation des gaz dans les pores de divers cbarbons, et par les phénomènes de contact (V. Catalftie^ p. ai6}.
He 1*11111110100 de l'état naissant sar les réactions chîmî<iaes.
Les cbimistes ont remarqué depuis fort long-temps que les éiémens des corps étaient beaucoup plus aptes à se combiner lorsqu'ils sortaient d'un composé pour entrer dans un autre, que lorsqu'on les prenait à l'état de liberté. Il y a même des réactions qui ne peuvent avoir lieu sans cette condition. On dit alors que les corps sont à Cêtat naissant. Parmi les réactions où l'on peut admettre que l'état naissant a quelque influence, on peut distinguer celle où des composés nouveaux naissent par la destruction d'un composé plus compliqué, et celle où les corps se combinent directement. Dans le premier cas vient se ranger la production du sulfate hydrique : l'acide sulfureux et l'oxygène , ne réagissent point l'un sur l'autre, ou au moins que d'une manière fort lente, même en présence de l'eau; mais si l'on fait intervenir de l'acide hypo-azotique au lieu d'oxygène, et de l'eau en certaine quantité, les corps se combinent; si la quantité d'eau augmente, le composé se détruit: il en résulte du sulfate hydrique , du bi-oxyde d'azote et de Tadde hypo-azotique. Au deuxième cas appartient, par exemple, la préparation de l'éther chlorhydrique : le bi-car« bure d'hydrogène et le gaz chlorhydrique ne se combinent point directement; mais si on s'arrange de manière à ce qu'ils se produisent en présence l'un de l'autre , ou à ce que l'un d'eux au moins se sépare du composé qui le retenait inactif , il en résulte de l'éther chlorhydrique.
Dans la théorie que j'admets, on explique facilement comment l'état naissant peut faciliter les réactions. La tendance qu'ont les corps à se combiner en pareille circonstance tient à ce que les molécules sont divisibles et à ce que la réaction s'exerce entre leurs éiémens. Si elles avaient le temps de se former et si elles se formaient réellement, la force qui retiendrait réunies entre elles les différentes parties similaires qui les constituent ne permettrait plus leur séparation.
Dans bien des circonstances on a expliqué, pr l'état nais-
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sant) des rëaction3 qui appartenaient à la substitution et qui ne pouvaient avoir lieu que parce qu'il fallait d'avance un système moléculaire déterminé et tout formé. Dans la formation . de l'éther chlorhydrique , ce pourrait bien être le chlore qui prît simplement la place de l'oxygène de l'éther hydrique qui se produit en même temps. De plus , il se formerait de l'eau.
On a encore attribué à l'état naissant des réactions qui ne lui appartenaient qu'en admettant, sur la constitution des corps, certaines théories qui peuvent n'être point vraies; ainsi, si l'éther chlorhydrique n'est point formé par la réunion directe d'un bi-carbure d'hydrogène et du chlorure hydrique, l'explication qui vient d'être donnée est fausse et ne convient point au phénomène.
Le peu de mots qui précèdent suffit pour démontrer qu'il faut être sobre quand on veut expliquer les phénomènes des réactions chimiques , et qu'avant que cette prétention soit bien fondée, il faudra avoir des idées bien nettes et bien précises sur la constitution réelle des corps.