‹ Traité de chimie générale et expériméntale, avec les applications aux arts a la médecine et à la pharmacie;Chapitre 53 sur 102 · APPLICATIONS DE LA CHIMIE · texte numérisé non relu

APPLICATIONS DE LA CHIMIE

U n'est point de sciences dont les applications soient plus nombreuses ni plus utiles que celles de la chimie. Tout ce qui nous entoure, étant composé ou pouvant entrer en combinaison y réclame le concours de ses lumières. Son heureuse influence s'étend partout , depuis les opérations les plus humbles de l'économie domestique jusqu'aux arts les plus sublimes.

Il n'y a point encore un siècle que la chimie a introduit de l'exactitude dans ses méthodes d'expérimentation , et déjà les sciences naturelles et Tindustrie ne sauraient se passer de son appui. Ce qu'elle ne perfectionne pas, elle l'explique , et souyent elle donne naissance à de nouveaux produits, dont la création a pour résultat d'augmenter la fortune publique en puisant à de nouvelles sources des richesses jusqu'alors inconnues. Il découle des applications de la chimie que le bien-être de la société s'est accru par elles, soit en permettant des économies sans rien retrancher des produits usuels, soit en créant de nouveaux élémens pour le commerce, soit enfin en donnant k Tintelligence humaine la satisfaction de pénétrer plus avant dans les secrets de la nature.

La chimie peut être appliquée aux sciences naturelles, à la médecine , à l'agriculture et aux arts. Je vais m'elForcer de donner une esquisse rapide de ces applications.

▲VPLICATION DS LA GHIHIS AUX SCIBUCXS NATUHBLLBS.

La chimie fait connaître la composition des minéraux et des roches qui constituent le globe. C'est elle qui fait reconnaître les métaux utiles, quelles que soient les formes qu'ils revotent par la combinaison ^ elle les pénètre, les désagrège et nous en décèle la composition exacte. Elle a été et est encore aujourd'hui presque Tunique base sur laquelle on s'appuie pour les classer. Elle indique avec netteté la formation de certaim* produits, et vient ainsi en aide aux spéculations des géologues. C'est par elle que l'on a pu juger que l'atmosphère avait dû contenir une quantité considârable d'acide canonique à une époque qui a de beaucoup précédé les dernières révolutions

APFLICÂTIOICS DR LA CHIMIB. 333

do globe. CVsl la chimie qui nous dévoile la composition des eaaxmiDérales,c*est par elle que nous avons pu avoir des idées Dettes et précises sur la constitution de l'atmosphère et sur le rôle immense que l'air joue dans la végétation et la respiration. La botanique a pu être éclairée par la chimie , c'est cette dernière science qui fixe la composition des tissus élémentai* res et qui leur assigne souvent des caractères qui permettent de les distinguer avec facilité. C'est la chimie qui apprécie la nature des fécules, des gommes, des sucres, des résines, des 9acs gommo-résineux , des sucs laiteux , des cires v^étales ; c'est par elle que l'on a pu isoler les principes médicamenteux an vénéneux que certains végétaux renferment ; c'est sur les données qui en découlent que M. De Candolle a pu s'appuyer pour écrire sa théorie des propriétés des médicaraens et même pour créer quelques nouvelles familles de végétaux.

La zoologie, comme la botanique, réclame le concours de la chimie, soit pour fixer la composition des tissus élémentaires, soit pour étudier celle des fluides, tels que le sang , la bile, la lymphe, etc.

La physiologie, bien plus que toutes les autres parties des sciences naturelles, ayant les êtres organiques pour objet, a reçu de la chimie des notions sans lesquelles elle serait demeurée à jamais imparfaite. C'est à cette science que Ton doit l'explication de la respiration et de la nutrition des végétaux; c'est elle qui nous révèle comment certains produits peuvent se former, comment plusieurs parties d'un même végétal, com* ment plusieurs végétaux voisins par leur organisation , peuvent renfermer un même produit, ou les modifications d'un même radical. L'huile d'amandes amères, l'amygdaline, l'acide benzoïqne ; les huiles volatiles , les camphres présentent des exemples curieux des modifications que la chimie est parvenue i saisir et à nous dévoiler.

C'est la chimie qui a expliqué le double phénomène de la respiration et de la chaleur animale ; c'est elle qui nous a dit comment le sang noir dès veines était transformé en sang ronge artériel. C'est par ses efforts ince&5ans que l'on expliquera «ans doute une grande prtie de la nutrition et du déve« loppement organique des animaux , les essais tentés dans cette direction étant déjà fort avancés.

334 knuQàTuas db la ghimib«

APPLICATION DB LA GHIMIB AUX SCIBNGBS MiDIG/OiBS.

Les différentes branches dont se. compose la médeoine ont été considérablement éclairées par les lumières de la chimie; mais il reste encore beaucoup plus à faire que l'on n'a fait jusqu'à présent. Ce n'est que depub peu de temps que l'on s'est élancé dans cette voie, et une ample moisson est offerte aux jeunes médecins laborieux qui voudront la parcourir; en même temps qu'ils acquerront de la célébrité, ils rendront ser* vice à l'humanité.

Les différens produits morbides ont été soumis à quelque examen chimique, mais beaucoup moins qu'ils n'auraient dû l'être , la médecine organique a produit à-peu-prës tout ce qu'elle pouvait produire par l'examen direct j la pathologie attend d'immenses perfectionnemens du concours de l'examen microscopique et de la chimie.

Le diagnostic, le pronostic deviennent plus certains, lorsqu'ils peuvent emprunter quelques notions à la chimie ; c'est par elle que l'on reconnaît les qualités du sang, que l'on décèle les produits étrangers introduits dans les urines, que Ton distingue le pus du mucus, etc.

La thérapeutique, plus que tontes les autres branches de la médecine, a été éclairée par la chimie. La découverte des principes médicamenteux des végétaux a permis d'isoler des médicamens tout ce qui, les rendant répugnant, nuisait à leur action et à l'étude de leurs propriétés.

C'est surtout dans le traitement des empoisonnemens qœ la chimie triomphe. Elle atteint le poison quelquefois jusque dans les parties les plus intimes de nos organes, et le plus souvent elle peut le rendre absolument inerte.

La pharmacie a été grandement simplifiée ; ïe$ médicamens sont mieux préparés, plus actifs, d*un emploi plus sûr et d'une meilleure conservation que par le passé.

Cependant, il faut le dire, il y a quelquefois des erreurs commises : l'envie d'avoir des médicamens de mieux en mieux préparés a fait que souvent ils ont été considérablement altérés, et bien loin de valoir ceux que Ton avait voulu perfectionner. C'est ce qui arrive au kermès, dont la composition est loin d*ètre toujours la même, lorsqu'on le prépare par les divers procédés que l'on a successivement indiqués.

▲PPUGAT10K8 DE LA CBIUB. 335

▲PPLIGATlOir VK LA GHIMIB ▲ L'AGEIGULTUftl.

L'agriculture n'est pas sans emprunter des secours à la chimie^ et, aujourd'hui, l'agriculteur édairë éprouve le besoin d'interroger une science qui peut lui révéler des secrets qu'une longue pratique et la tradition n'ont pu lui apprendre.

La chimie indique la nature du sol et des engrais, et elle pennet ainsi d'y apporter les modifications conyenables pour obtenir les résultats désirés; mais c est surtout dans l'exploitation industrielle des produits agricoles que l'agriculteur trouve à faire de nombreuses applications des connaissances chimiques* L'extraction de la fécule , la fabrication du sucre de fécule, celle du sucre de betteraye, la fermentation, la prépa« lation des eaux-de-vie, l'amélioration des vins communs , et bien d'autres arts encore , ont été fécondés par les connais** sauces chimiques*

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