AMMONIAQUE
Ammoniac j gaz ammoniae.
Ae H3 = ai2,5 = 4 volumes.
L'^ipmoniaque est un gaz incolore qui possède une odeur des plus vives. Même mêlé avec une assez grande quantité d'air, il ne peut pénétrer dans l'organe olfactif sans déterminer une vive douleur. Cependant il n'excite point le larmoiement. Lorsqu'il est mêlé avec une très grande quantité d'air , son odeur est alors la même que celle de l'urine putréGée.
Le poids spécifique du gaz ammoniac = 0,5912. Son indice de refraction = i,ooo385 (Dulong).Ce gaz peut être liquéfié par une forte pression. Cette opération peut se faire facilement en chauffant du chlorure d'argent ammoniacal dans un tube à deux branches, comme celui qui a été indiqué p. 487* Le liquide obtenu a un poids spécifique d'environ 0,76, et il réfracte la lumière plus que l'eau ne peut le faire.
Composition et analyse* -^ i volume de gaz ammoniac contient 1/2 volume d'azote et i volutne i;a d'hydrogène. On peut faire l'analyse de ce gaz en le décomposant par Toxygène dans un eudiomètr^. Si l'on mêle ensemble des volumes ipeu-près égaux, mais exactement mesurés, de gaz ammoniac )et de gaz oxygène, et qi|e l'on mette le feu au mélange dans un eudiomètre à mercure, il disparaît un volume de gaz égal à i,a5 de celui du gaz ammoniac. Si Ion absorbe par le phosphore le gaz oxygène qui n'a point été employé à la oomboatijon de l'hydrogène et qui est mêlé avec l'azote, on trouve ^'il reste un yolum^ de ce gaz égal & la moitié du gaz am-
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moniac. La différence entre le volume de l'aaote et celui du mélange d'aaôte et d'oxygène donne le volume non employé de ce gas; on trouve ainsi quHI en a fallu les trois quarts du volume du gaz ammoniac, et que ce dernier contenait le double d'hydrogène ou i voK 5.
Admettons que l'on opère sur les proportions suivantes 6
Gaz ammoniac loo
Gazoïygène . • xoo
Yolqne après riiiflaiiiaMti<» du mélange. . Yoluiiie aprèi l'aclioii du pl^ospboro» ou asot€
Oxygène iiMi emf.kiyé.
loo — a5 = 75. 75 X a = hydrogène brûlé = i5o.
100 parties de gaz ammoniac sont donc formées de 5q parlies d*azote et de i5o parties d'hydrogène. Ce résultat peut «tre vériGé en calculant le poids spécifique de ce gaz par celui de ses élémens.
i;a poids spécifique de l'axole. « . . = 0,4860 z et i/a poidi spécifique de Fhydrogèpe = 0,1 o3a
Poids spécifique du gaz ammoniac. • • = 0^5899 ^'expérience a donné 0,5912.
Réactions. — Le gaz ammoniac résiste à la température du rouge sombre; mais si on le fait passer au travers d'un tube de porcelaine rempli de fragmeus de pième matière, afin de retarder sa marche , il se décompose en aiote et en hydrogène. Une longue série d'étincelles électriques produit le même effet. Cette expérience peut être faite commodément dans un eudiomètre dont on fait communiquer i;ne armi^re a?ec |e conducteur d'une machine électrique ^ et l'autre armure aveîc le réservoir commun.
Ea mettant la machine en aotion, i\ so dégage oonstammciU
5oâ AXOTB.
curcutna, bleuit le ppier rouge de lournesol, verdit le sirop de violettes, sature complètement les acides et forme avec eux des sels généralement cristallisables. Le chlore la décompose en développant de la lumière et en faisant entendre une espèce d'explosion : il se produit du cblorure ammonique, et de IV zote est mis en liberté. L*iode donne naissance à de Tiodure dV Bote fulminant et à de l'iodure ammonique. Le zinc la décompose avec dégagement d'hydrogène (Se forme-t-il de l'ammo* niaque zinciqUe?.*.. La grande analogie existante entre le zinc et l'hydrogène permet de le penser). Elle ne fait naître aucon précipité dans les dissolutions des sels à bases d'alcalis, f|uelque peu sûluble que soit leur base, môme dans ceux de chaux. Les alcalis, au contraire, décomposent tous les sels ammoniacaux et mettent l'ammoniaque en liberté. Cette base salifiable pre'ciplte généralement les oxydes de la formule Aj O5 à l'état d'hydrates, tels que les oxydes d*aluminium, de fer, de chrome. Elle décompose les sels de cuivre, de zinc, de cadmium, de nickel, de cobalt, d'argent, dont elle précipite les oxydes à l'état d'hydrate. Elle redissout ces oxides si on l'ajoute en quantité suffisante. Il faut que les sels d'argent soient parfaitement neutres pour précipiter par rammoniaque; s'ils sont acides^ elle ne les trouble point. Les sels de magùésie et de cobalt sont dans le même cas, et môme^ lorsqu'ils sont très neutres, elle ne précipite qu'une partie de la base qu'ils contiennent et forme un sel double avec le reste. Avec le chlorure d'or, elle donne naissance à de l'or fulminant. Avec les sels de bi-oxide de mercure, elle donne naissance à des sels doubles. Avec le chlorure de platine , ^^ 7 ^ ^"^ décomposition incomplète et formation d'un sel double. Agitée avec les corps gras neutres, elle les solidifie et paraît les saponifier; mais celte action n'a pas été bien étudiée, quoiqu'elle soit connue depuis très long- temps*
Préparation* — On obtient le gaz ammoniac en décomposant un sel ammonique par la chaux. On emploie ordinairement le chlorure* Dans celte réaction, il se produit du chlorure calciqtie ^ de l'eau et de l'ammoniaque , comme l'égalité suivante l'indique :
Cl Az H4 + Ca O = Cl Ca + HO + Ai H3.
L'çpération peut être faite dans une fiole de verre, où l'oa
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introduit le mélange des deux matièred pulvérisées. LVgalitë précédeute indique que le chlorure ammouique exige un peu plus que la moitié de son poids de cliaux pour être décomposé y mais on emploie un excès de cette base pour que la réaction soit plus facile, et l'on en recouvre encore le mélange afin de dessécher le gaz. On chauffe le vase de verre et Ton ft* cueille le gaz sur le mercure*
Lorsque l'on veut obtenir le gaz dissous dans Teau , on opère sur une plus grande quantité de matière à-la-fois, et il est convenable d'employer une cornue de terre et un fourneau ft réverbère ; car il faut chauffer assec fortement' sur la fin de l'opération : cela tient à ce que le chlorure de calcium qui se produit retient le gaz ammoniac eh combinaison*
On fait arriver le gaz dans un appareil de Woolf ^ et l'otl à soiu de ne mettre que peu d*eau dan« le premier fiUicon, et de n'y faire plonger le tube que d'une très petite quantité , afin d'arrêter les produits entraînés par le gaz, et pour éviter que le liquide ne remonte dans la cornue en cas d'absorption.
Usages. — Les usages de l'ammoniaque liquide sont très nombreux. On 9'ça sert fréquemment dans les laboratoires de chi-
So4 AZOTE.
mie, comme d'un excellent réactif et comme d'un agent chimique très utile dans une foule d'opérations. Dans les arts, elle sert pour dissoudre l'orpiment, pour conserver la matière nacrée des écailles d'ablettes employée pour faire les fausses perles, pour nettoyer l'argent, dans plusieurs opérations de la teinture, etc. L'ammoniaque liquide est aussi employée très fréquemment en médecine; elle fait partie de l'eau de Luce. On l'emploie à l'intérieur contre l'empansement des ruminans, contre la morsure des serpens venimeux ; mais c'est toujours à faible dose et après l'avoir étendue de beaucoup d'eau. On la fait respirer dans les pertes de connaissance, dans la syncope. Dans cette circonstance, il faut n'employer que le boucbon d'un flacon humecté d'ammoniaque et ne Tapprocber des narines que pendant un temps très court; car il en pourrait résulter des accidens graves. C'est surtout à l'extérieur que l'on emploie l'ammoniaque. Après l'avoir mêlée avec de l'huile, elle forme un Uniment très excitant qui est employé avec succès dans les douleurs rhumatismales et dans une foule d'autres maladies. Ce Uniment, applique sur la peau en quantité un peu considérabl», y fait naître très rapidement une ampoule. Aussi , dans les cas pressans , on peut remplacer avantageusement les cantbarides par un Uniment ammoniacal.
Composée ammoniacaux.
L'ammoniaque peut entrer en combinaison et donner naissance à des composés fort remarquables. Avec les acides anhydres, elle donne des produits particuliers sans analogie avec les sels métalliques; avec l'Intervention de l'eau, elle donne des sels comparables aux sels de potasse et de soude.
Les sels ammoniacaux seront étudiés après ceux de potasse et de litbine. Pour compléter ThUtoire de l'ammoniaque, il faudra Toir encore tous les sels ammoniacaux décrits dans la partie organique de la chimie.
Après l'étude de l'ammoniaque , on peut passer à celle des signes cbimiques, comprenant la nomenclature et la notation , page 3o5.
UYOEOÏOBS. 5o5