AIR MARIN
santés pour que la langue puisse le reconnaître. Il n'est pas rare de rencontrer des cristaux très-ténus de ce sel, fixés aux feuilles des arbres sous la forme de givre ou d'une gelée blanche.
D'après M. E. Marchand (de Fécamp), qui a fourni sur ce sujet des indications précieuses, l'air marin, dont tous les jours la thérapeutique apprécie l'importance, ne contiendrait pas seulement du chlorure de sodium^ mais encore des acides suifhydrique, iodhydrique, bromhydrique combinés à l'ammoniaque et à la chaux, puis des matières organiques. «: Les vents, agitant, fouettant, divisant souvent avec violence l'onde salée, en détachent, à leur tour, dit M. £. Marchand i, de nombreuses vésicules saturées de ces mêmes principes. Les sels qui communiquent à l'eau des mers ses propriétés spécifiques sont alors transportés au sein des nuages, et entrent en proportion variable au nombre des éléments que l'analyse permet de constater dans la pluie et les neiges. > Ce sont ces considérations qui font supposer à M. E. Marchand que la neige et les pluies doivent toujours retenir en proportion sensible les principes salifères des mers.
Depuis longtemps on s'est demandé si l'atmosphère marine^ ne contenait pas une quantité d'acide carbonique" supérieure à celle de l'atmosphère terrestre, et Vogel avait admis que l!atmosphère de la mer Baltique, pris à une lieue du rivage, contenait moins d*acide carbonique que l'atmosphère ordinaire, enfin que la proportion de cet acide diminuait à mesure qu'on s'éloignait des continents.
Ce sujet a été contrôlé par M. Thorpe 2, dans l'île de Man, à une égale distance des côtes d'Angleterre, d'Ecosse et d'Irlande avec de l'air recueilli à 4 h. du matin et à 4 h. du soir, c'est-à-dire aux époques de minimum et de maximum de température, et il est arrivé à formuler les conclusions suivantes :
1" L'influence de la mer dans nos latitudes en absorbant l'acide carbonique de Tatmosphère n'est pas aussi grande que cela semblait résulter des anciennes expériences de Vogel.
2** La mer ne produit point dans nos latitudes une augmenta-
1. E. Marchand. Des eaux potables en général, etc. {Mémoires de l'Académie de médecine, et tirage à part, p. 17).
2. E. ïhorpe. Chemical New*s i8€5, t. XII, n* 316, 22 décembre», p. 297,
tion de la proportion d'acide carbonique dans Tair, comme l'avait trouvé M. Lewy pour l'atmosphère au-dessus de l'océan atlantique près de l'équateur.
3* Les dilTérences observées par M. Lewy entre l'air du jour et de la nuit dans l'Atlantique ne sont point perceptibles dans l'atmosphère de la mer d'Irlande.
Â9 Au mois d'août 1865, la moyenne de la proportion d'acide carbonique dans Tair, au-dessus de la mer d'Irlande, était 3,08 vol. sur 40,000 vol. d'air, minimum 2,92, maximum 3,32.
L'atmosphère marine dépose parfois sur le littoral une telle quantité de chlorure de sodium qu'elle rend à peu près Improductives des étendues considérables de terre arable.
Le sol où ce phénomène s'accomplit se recouvre alors d'efflorescences auxquelles on donne, dans le midi de la France, le nom de Salant,
D'après une analyse de M. Paul Bérard, le salant qui s'était formé dans la plaine d'Agde (Hérault) avait pour composition centésimale.
Surface. 30 centim. de profondeur.
Sulfate de chaux 0,176 0,051
Chlorure de sodium 6,163 0,761
Sulfate de magnésie 0,227 0*129
M. Bérard considère que l'on rendrait à cette terre sa fertilité en la drainant de manière à permettre aux eaux pluviales d'entraîner ces sels qui sont, en effet, très-solubles.